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L’école française réussit aux élèves les plus favorisés

Le niveau de compréhension à l’écrit des élèves de 15 ans dépend fortement de leur milieu social. Année après année, la France figure parmi les pays où l’écart entre élèves très favorisés et très défavorisés est le plus grand.

17 janvier 2023

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Éducation Catégories sociales Système scolaire

En France, les élèves de milieux très favorisés obtiennent un score moyen de 550 aux épreuves de compréhension de l’écrit organisées par l’OCDE [1], bien plus que la moyenne des élèves du même milieu pour l’ensemble de l’OCDE, qui est de 534. Ceux de milieux très défavorisés obtiennent 443, score comparable à la moyenne internationale des élèves très défavorisés (445). Avec l’Allemagne, la Hongrie, la Suisse et la Belgique, la France est l’un des pays où l’écart de ces scores entre les milieux sociaux du haut et du bas de l’échelle est le plus important : il est de plus de 100 points. En Italie, en Norvège ou au Japon, l’écart est de l’ordre de 70 points.

Il faut utiliser les enquêtes « Pisa » menées par l’OCDE – très médiatiques – avec une grande prudence. Elles ne portent que sur une petite partie du niveau scolaire. Elles n’évaluent pas la maîtrise de la langue du pays (comme l’orthographe), les langues étrangères, l’histoire-géographie, ni bien d’autres domaines. L’indice de niveau social utilisé par l’OCDE est constitué d’un savant mélange de critères qui vont du niveau de diplôme des parents (déclaré par l’élève) au confort sanitaire de leur logement. Le niveau moyen ne tient pas compte de l’ampleur des inégalités sociales au sein du pays lui-même.

Reste que les enquêtes internationales se répètent et indiquent toutes la même chose depuis plusieurs décennies : la France appartient au club des pays où les inégalités sociales exercent la plus grande influence sur les parcours scolaires. Cette mauvaise position s’explique par un grand nombre de facteurs qui sont connus : faible taux d’encadrement, apprentissages très académiques, évaluations à répétition, dévalorisation des élèves qui échouent, etc. Les enquêtes de l’OCDE montrent que l’école française est formatée pour les enfants des parents diplômés : ils obtiennent les meilleurs scores au niveau international au détriment du niveau global (tous milieux confondus) qui se situe dans la moyenne et surtout du niveau des élèves des milieux les moins favorisés. Au fond, la logique même du système éducatif français nourrit les inégalités, dans une grande indifférence politique.

Score moyen en compréhension de l'écrit
selon le statut économique, social et culturel des élèves
Très défavorisé
Défavorisé
Favorisé
Très favorisé
Ensemble
Écart entre très favorisé et très défavorisé
Hongrie420463489534476113
Allemagne450492518564498113
Belgique 440477512550493109
France443474509550493107
Suisse435469499539484104
États-Unis46048851755850599
Portugal 44848050154349295
Autriche44047549653348493
Pologne46950451856051290
Australie46049051954950389
OCDE44547650053448789
Suède46050152654950689
Pays-Bas44847049553648588
Grèce41744446850245784
Royaume-Uni47149351655050480
Finlande48350953356252079
Danemark46249351454050178
Italie43647448751147675
Irlande48251152755751875
Norvège45949652053249973
Japon46549951753750472
Canada48551253955352068
Élèves âgés de 15 ans.
Lecture : En France, les élèves de milieu très défavorisé obtiennent un score de 443 en moyenne lors de l'épreuve Pisa de compréhension écrite.
Source : OCDE, enquête Pisa – Données 2018 – © Observatoire des inégalités

Photo / © Sturti


[1L’évaluation, connue sous le nom de « Pisa », concerne les élèves âgés de 15 ans dans un très grand nombre de pays du monde. Données 2018. Voir la page du site de l’OCDE consacrée au programme Pisa.

Date de première rédaction le 22 février 2011.
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