Observatoire des inégalités
Soutenez l'Observatoire des inégalités >>                              X Fermer
Bouton menu

Contre les inégalités, l’information est une arme

Bouton soutenir

Pourquoi certains enfants vivent-ils dans la pauvreté ?

Analyses 4 octobre 2019

Un enfant sur dix vit dans une famille pauvre. Ils subissent le chômage et la précarité de leurs parents. Un risque encore plus grand pour les enfants élevés par une mère seule. Extrait du Centre d’observation de la société.

Revenus et patrimoine Pauvreté

Entre 1,5 million (si on utilise le seuil à 50 % du niveau de vie médian) et 2,7 millions (au seuil à 60 %) d’enfants vivent dans une famille aux très faibles revenus [1]. Un enfant sur dix dans le premier cas, un sur cinq dans le second. Ce qui est loin d’être négligeable.

Pourquoi autant d’enfants sont-ils concernés ? Des données de l’Insee permettent d’y voir un peu plus clair en observant à la fois le type de famille dans lequel ils vivent et l’activité de leurs parents. Pour bien comprendre, il faut prendre en compte deux indicateurs : d’un côté le taux d’enfants pauvres selon le type de ménage (pour chaque type de ménage, on mesure la proportion d’enfants qui vivent dans la pauvreté), de l’autre, la répartition des enfants pauvres selon le type de ménage (on ne considère que les enfants pauvres et on observe dans quel type de ménage ils vivent).

La première cause est le fait d’être élevé par un adulte seul, le plus souvent la mère. Si on utilise le seuil de pauvreté à 60 % (le seul disponible pour étudier le niveau de vie des enfants dans le détail), 40 % des enfants de famille monoparentale vivent dans la pauvreté, contre 15 % des enfants élevés au sein d’un couple. Mais, dans l’ensemble, une faible proportion d’enfants vit dans une famille monoparentale. Si l’on observe, non pas la part d’enfants vivant dans la pauvreté selon le type de famille (graphique ci-dessous), mais la répartition des enfants (tableau ci-dessous), près de 60 % des enfants pauvres vivent au sein d’un couple et un gros tiers dans une famille monoparentale. Un peu moins de 5 % ne sont pas élevés par leurs parents, mais le plus souvent par des grands-parents ou un autre membre de la famille.

La deuxième cause, c’est la situation de leurs parents sur le marché du travail, marquée par la précarité, les bas salaires et le chômage. Le phénomène est massif : environ 70 % des enfants élevés par un ou deux parents au chômage ou inactifs (souvent des mères qui ont décroché de l’activité au vu des conditions d’emploi actuelles) vivent dans la pauvreté. Près de la moitié des enfants concernés n’ont aucun parent en emploi. Plus du quart ont un parent qui exerce une activité professionnelle et un autre inactif ou en recherche d’emploi. Moins de 10 % des enfants vivant dans la pauvreté ont deux parents qui travaillent. Les données de l’Insee ne permettent pas d’entrer dans le détail, mais il est fort probable que parmi ces derniers, une partie non négligeable a un parent qui n’occupe qu’un emploi à temps partiel mal rémunéré.

Les enfants dont les parents ont de faibles ressources mènent une vie différente des autres, notamment en termes de conditions de logement. Ils ont plus de difficultés à étudier dans de bonnes conditions, à accéder aux sorties, aux loisirs, etc. « L’égalité des chances » n’est qu’une chimère pour eux. L’injustice est d’autant plus grande qu’ils ne sont pas responsables de leur sort, leur situation étant liée au fait d’être né au mauvais endroit, du point de vue des revenus.

On ne reviendra pas sur la liberté des couples à se séparer, qui constitue un progrès social majeur, même s’il se paie cher en termes de niveau de vie. C’est donc sur la précarité, le chômage, les bas salaires et le temps partiel subi des parents (notamment des mères) qu’il faudrait agir si l’on veut améliorer le sort de ces enfants.

Enfants mineurs. Seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian. Lecture : en 2016, 40 % des enfants élevés par une personne seule vivent sous le seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian.
Source : Insee – Données 2016 – © Observatoire des inégalités

Graphique        Données

Répartition des enfants en fonction de l'activité des parents
Unité : %
Enfants vivant dans une famille pauvre
Autres enfants
Élevé par des parents en couple58,683,9
Ont chacun un emploi9,962,2
Un en emploi, l'autre au chômage5,95,9
Un en emploi, l'autre inactif21,514,0
Les deux sont au chômage1,90,2
Un au chômage, l'autre inactif10,20,8
Les deux sont inactifs9,20,8
Élevé par une personne seule36,813,7
Qui a un emploi11,611,9
Au chômage10,20,7
N'est pas actif15,01,1
N'est pas élevé par ses parents4,62,4
Ensemble100100
Enfants mineurs. Seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian. Lecture : en 2016, parmi les enfants qui vivent dans une famille pauvre, 21,5 % sont élevés par des parents dont l'un est en emploi et l'autre inactif.
Source : Insee – Données 2016 – © Observatoire des inégalités

Extrait de « Pourquoi certains enfants vivent-ils dans la pauvreté ? », Centre d’observation de la société, 21 juin 2019.

Credit photo / © maximkabb


[1Ils ne sont pas pauvres, seuls leurs parents le sont, voir notre article « Non, les enfants pauvres n’existent pas ».


Date de première rédaction le 4 octobre 2019.
© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

Notre actu


Notre rapport sur la pauvreté en France, de nouveau disponible

Newsletter

Espace jeunes

illustration espace jeune

Un outil original pour comprendre les inégalités

Publication



Rapport sur les inégalités en France, édition 2019

Formation

10 mars 2020
La jeunesse face aux inégalités

Voir toutes les formations

Actualités de l'Observatoire

À quoi servent vos dons ?

Boites à outils

Questions clés
Mesurer les inégalités
Lexique
Salaire : êtes-vous riche ou pauvre ?
Patrimoine : êtes-vous fortuné ?
Niveaux de vie : où en est ma commune ?
L’évaluateur des dépenses publiques
Communes : quelle égalité hommes-femmes ?