Riches, pauvres et classes moyennes : comment évoluent les revenus en France ?
En vingt ans, les 10 % les plus aisés se sont nettement enrichis. Les revenus des classes moyennes ont moins progressé. Ceux des 10 % les plus pauvres ont stagné.
Publié le 20 juillet 2026
https://www.inegalites.fr/Riches-pauvres-et-classes-moyennes-comment-evoluent-les-revenus-en-France - Reproduction interditeComment évolue le niveau de vie en bas, en haut et au milieu de l’échelle des revenus ? Les vingt dernières années [1] ont été très bénéfiques pour les plus riches, tandis que le niveau de vie des plus pauvres a stagné. Mais ces évolutions n’ont pas été linéaires.
Depuis le milieu des années 1990, le niveau de vie des classes moyennes (apprécié ici par le niveau de vie médian [2]) a augmenté de 16 % une fois la hausse des prix déduite, pour dépasser 2 200 euros par mois pour une personne seule, selon les données 2024 de l’Insee. Cela représente 300 euros mensuels de plus qu’en 2004 et 3 600 euros annuels. Contrairement à un discours très médiatisé, il n’y a donc pas d’appauvrissement des classes moyennes. Mais il est vrai que la période 2008-2018 a été marquée par un long palier.
Le niveau de vie moyen des 10 % les plus pauvres n’a quasiment pas évolué en 20 ans. Ils gagnaient 850 euros par mois en 2004, ils touchent 830 euros en 2024. Cette longue période de stagnation au bas de l’échelle des revenus contraste avec les décennies précédentes. Elle nourrit au sein des classes modestes le sentiment d’être écartées du progrès.
Les 10 % les plus riches touchent en moyenne 6 400 euros par mois. Leur niveau de vie s’est accru de 24 %, soit un gain annuel de 15 000 euros (1 250 euros mensuels) en 20 ans, une fois l’effet de l’inflation pris en compte. Cette hausse représente à elle seule l’équivalent d’un an et demi de revenus au bas de l’échelle. L’amélioration du niveau de vie des plus aisés s’est produite en deux étapes : de 1996 à 2011, puis de 2017 à 2024 (après une période de hausses d’impôts en 2012 et 2013).
Au total, l’écart entre le haut et le bas de la distribution des revenus annuels a augmenté de 15 000 euros entre 2004 et 2024. Alors que les couches moyennes et aisées continuent à voir leurs niveaux de vie s’élever, ceux du bas de l’échelle stagnent, voire reculent par moments, depuis plus de 20 ans. En refusant de s’attaquer à la fracture des revenus, on nourrit un mécontentement social d’ampleur.
Source : Insee – © Observatoire des inégalités
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Photo / Olesya Tsinskaya sur Unsplash
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