La pauvreté selon le sexe
Les taux de pauvreté féminin et masculin sont quasiment identiques. On considère en effet qu’au sein d’un couple, les revenus du ménage sont partagés à égalité. Pour comprendre la précarité d’une partie des femmes, il faut s’intéresser à leurs ressources individuelles.
Publié le 10 décembre 2024
https://www.inegalites.fr/La-pauvrete-selon-le-sexe - Reproduction interdite8,8 % des femmes sont pauvres contre 8,7 % des hommes, selon les données 2024 de l’Insee au seuil de pauvreté de 50 % du niveau de vie médian. La faiblesse de l’écart n’a rien d’étonnant car l’Insee mesure les revenus disponibles à l’échelle des ménages, non sur la base des revenus des femmes d’un côté, des hommes de l’autre. On considère que les membres d’un ménage partagent leurs ressources. Une femme sans revenus qui vit avec un cadre qui touche 5 000 euros par mois n’est pas considérée comme pauvre. Le fait que les femmes sont plus souvent au foyer ou à temps partiel, et que leurs rémunérations sont en moyenne plus faibles, appauvrit autant les femmes que leurs conjoints, puisque leurs revenus sont partagés pour l’institution statistique. En réalité, pour l’essentiel, cet écart vient des faibles niveaux de vie des familles monoparentales, essentiellement constituées de femmes seules avec enfant(s).
| Pauvreté selon le sexe | |||
|---|---|---|---|
| Nombre de personnes pauvresen milliers | Taux de pauvretéen % | Part dans la population pauvreen % | |
| Femmes | 2 901 | 8,8 | 52 |
| Hommes | 2 699 | 8,7 | 48 |
| Ensemble | 5 599 | 8,8 | 100 |
Source : Insee – Données 2024 – © Observatoire des inégalités
Ces données ne permettent pas d’apprécier la pauvreté selon les ressources individuelles des hommes et des femmes. Si on considère les personnes actives, les 10 % les femmes les plus pauvres disposent de 455 euros de revenus par mois (hors prestations sociales et impôts, données Insee 2021) contre 650 euros pour les hommes, qui reçoivent donc 42 % de plus. Cet écart tient notamment au fait que les femmes sont plus souvent en temps partiel, qu’elles sont plus nombreuses à ne pas avoir travaillé l’ensemble de l’année et que celles qui sont au chômage touchent des indemnités plus faibles en moyenne. Chez les retraités, les 10 % des femmes qui ont les pensions les plus faibles reçoivent au mieux 450 euros, mais les hommes 950 euros, plus de deux fois plus. Ceci est lié aux carrières féminines plus souvent incomplètes et à l’écart de rémunération en fin de carrière entre femmes et hommes. L’Insee ne communique pas le détail des revenus pour les inactifs et inactives.
Il est complexe de mesurer la pauvreté selon le sexe. On pourrait distinguer deux formes. D’un côté, la pauvreté des niveaux de vie réels, ce avec quoi un ménage vit concrètement et qui détermine ses conditions de vie comme le fait l’Insee, en prenant en compte le fait que les ménages partagent la majeure partie de leurs ressources, vivent dans le même logement par exemple. De l’autre, la pauvreté des ressources individuelles, en prenant alors en compte les revenus propres de la personne : non pas ce avec quoi vivent vraiment les personnes mais ce qui leur revient individuellement. Cette deuxième mesure représente notamment ce qui reste aux individus quand le couple se sépare, avant prestations sociales, et donne un indicateur de l’autonomie économique des personnes, et notamment des femmes.
Photo / © Angèle Schmidt
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