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Du lycée aux études supérieures : de moins en moins d’enfants d’ouvriers, de plus en plus d’enfants de cadres

Au collège, il y a autant d’enfants d’ouvriers que d’enfants de cadres. Dans l’enseignement supérieur, les enfants d’ouvriers sont deux fois moins nombreux. Comment expliquer leur disparition au fil de la scolarité ? Extrait du Centre d’observation de la société.

Publié le 27 octobre 2026

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Éducation Catégories sociales Système scolaire

Quasiment tous les élèves vont jusqu’en troisième. Tous les milieux sociaux sont donc représentés à la fin du collège comme dans l’ensemble de la population. La sélection se fait par la suite. Du collège à la fin des études supérieures, la part des enfants de cadres augmente et celle des ouvriers s’amenuise [1].

La démocratisation du collège s’est faite dans les années 1970 et 1980. Au collège, enfants de cadres et d’ouvriers représentent une part équivalente de l’ensemble des élèves (environ 23 % chacune), selon le ministère de l’Éducation nationale (donnée 2025-2026). Au niveau du lycée, ce n’est déjà plus le cas. Les enfants d’ouvriers sont surreprésentés dans les filières professionnelles et techniques. En CAP, les enfants de cadres (4,1 %) sont six fois moins nombreux que les enfants d’ouvriers (30,1 %). Par contre, en seconde générale et technologique, on ne compte plus que 17,4 % d’enfants d’ouvriers, contre 32,1 % d’enfants de cadres supérieurs. Et en première et terminale générales, on compte plus de deux fois plus d’enfants de cadres (38,2 %) que d’ouvriers (14,3 %).

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La baisse de la part d’enfants d’ouvriers se poursuit dans l’enseignement supérieur. Des 23 % présents au collège, il n’en reste que 9 % à l’université, 6 % en master et dans les classes préparatoires aux grandes écoles et 2 % au sein des écoles normales supérieures (dites « Normale sup’ »), parmi les plus sélectives. La part des enfants de cadres augmente en revanche : ils forment 37,4 % des étudiants à l’université, 53,7 % en classes préparatoires et 65,2 % dans les écoles normales supérieures. Tout aussi nombreux que les enfants de cadres au collège, les enfants d’ouvriers sont 30 fois moins représentés au sein de l’élite scolaire française.

Les filières de promotion sociale existent toujours en France. En BTS par exemple, les enfants d’ouvriers sont presque aussi bien représentés (21,2 %) qu’au collège, alors que leurs parents sont bien moins nombreux à être allés jusqu’à ce niveau. Sans service public d’éducation, les écarts auraient une tout autre ampleur. En revanche, comme le montrent ces données, notre système est loin de faire ce qu’il devrait pour assurer l’égalité des chances scolaires. Essentiellement parce que l’école française cherche à sélectionner quelques bons élèves plutôt que d’éviter d’en perdre un grand nombre en route.

Lecture : les enfants de cadres représentent 4,9 % des élèves de CAP.

Source : ministère de l’Éducation nationale – Données 2025-2026 – © Observatoire des inégalités

Graphique Données

Photo / Eric Hueber, Wikimedia commons

Extrait de « Du lycée au supérieur : de moins en moins d’enfants d’ouvriers, de plus en plus d’enfants de cadres », Centre d’observation de la société, 1er septembre 2026.


[1] Ces données représentent la situation une année donnée, il ne s’agit pas du suivi dans le temps d’une génération d’élèves.

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Date de première rédaction le 1er septembre 2021.
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