Un quart des agences immobilières acceptent de discriminer
Un quart des agences immobilières acceptent de discriminer les candidats noirs et arabes lorsqu’un propriétaire leur demande de sélectionner un locataire « de type européen ». Et autant sont prêtes à se rendre complices de discrimination en laissant faire le propriétaire. Résultats d’un testing effectué par SOS Racisme.
Publié le 23 juin 2026
https://www.inegalites.fr/testing-logement-discrimination-agences-immobilieres - Reproduction interdite24 % des agences immobilières acceptent de trier les dossiers de location qu’elles proposent aux propriétaires pour exclure les candidats perçus comme noirs ou arabes, selon une enquête menée en 2025 par téléphone par SOS Racisme auprès de 198 agences [1]. Les membres de l’association se font passer pour des propriétaires et demandent aux agences de ne garder que des locataires de type européen pour « éviter les problèmes de voisinage ». En plus des agences qui acceptent de discriminer ces candidats et candidates, il faut en ajouter 24 % qui laissent au propriétaire la possibilité de faire ce tri. Au total donc, selon l’association, près de la moitié des établissements interrogés valident le fait de discriminer sur la base de l’origine, ou acceptent de s’en rendre complices.
Ces chiffres ne doivent pas être mal interprétés : ils ne signifient pas que, dans la pratique, les candidats subsahariens ou maghrébins sont discriminés dans la moitié des cas. Dans cette expérience, 100 % des propriétaires sont racistes, alors qu’une minorité de la population l’est effectivement. Mais ce testing démontre que la moitié des agences interrogées est prête à suivre les consignes discriminatoires de leurs clients, en dépit de la loi.
Déjà, lors des éditions précédentes de cette enquête, l’association avait conclu à des proportions similaires. En 2019, 53 % des agences testées acceptaient un traitement discriminatoire des candidatures ou s’en rendaient complices. Après avoir légèrement reculé en 2022 (48,5 %), la proportion est quasiment inchangée en 2025.
Ces données en disent long sur la persistance de pratiques racistes en France et des difficultés que rencontre une partie de la population pour accéder au logement du fait de ses origines. Ces discriminations s’ajoutent à l’effet des bas niveaux de rémunération et des contrats de travail précaires, notamment pour les jeunes. Elles se traduisent par une recherche de logement plus longue et plus stressante. Et par un risque accru de relégation dans des logements moins bien situés ou moins confortables.
Source : SOS Racisme – Données 2025 – © Observatoire des inégalités
Photo / © Solstock
[1] Persistance des discriminations raciales dans le logement », SOS Racisme, janvier 2026
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