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Le confort des logements augmente mais les inégalités se creusent

La part des logements humides, bruyants ou difficiles à chauffer diminue. Mais les progrès sont plus rapides pour les plus aisés que pour les plus modestes : les inégalités de confort de logement se creusent. Extrait du Centre d’observation de la société.

Publié le 3 mars 2023

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Modes de vie Catégories sociales Environnement Logement

Pas moins de 11 % des Français, soit 7,5 millions de personnes, trouvent [1] que leur logement est humide, selon les données 2019 de l’Insee. 18 %, soit 12 millions, estiment qu’il est bruyant. Enfin, 23 % déclarent qu’il est difficile à chauffer, soit plus de 15 millions de personnes.

Certes, le confort des logements tend à s’améliorer en France sur longue période. Si trop de ménages vivent encore dans l’insalubrité, la part des logements sans salle de bain ou toilettes a beaucoup diminué, de 39 % en 1973 à moins de 1 % aujourd’hui. Entre 2004 et 2019, la part de logements jugés bruyants a diminué de 24 % à 18 %. Même si les évolutions sont lentes, on rénove et on construit des logements de meilleure qualité.

Pour autant, la mauvaise qualité de l’habitat persiste, avec des logements situés aux abords de sources de bruits importants (routes, voies de chemin de fer, aéroports, etc.), mal insonorisés, mal ventilés et dotés d’un système de chauffage ancien, parfois très coûteux. Avoir un toit, une salle de bain et des WC, hier un luxe pour beaucoup, n’est plus suffisant au XXIe siècle.

Ces améliorations masquent aussi des écarts énormes selon le niveau de vie. Les 20 % les plus aisés sont trois fois moins nombreux que les plus modestes (6 % contre 19 %) à vivre dans un logement qu’ils jugent humide. Et encore, les données de l’Insee – publiées par tranche de revenus trop grossières (20 %) – ne permettent pas de juger de la qualité des logements des personnes les plus pauvres ou les plus aisées. Elles minimisent ainsi les écarts. Chez les 20 % du haut de l’échelle, la part de logements bruyants a été divisée par deux entre 2004 et 2019, passant de 22 % à 12 %. Chez les 20 % aux revenus les plus faibles, la baisse n’a été que de trois points, de 27 % à 24 %. Les inégalités se sont donc creusées. C’est encore pire pour le chauffage. Chez les plus modestes, la part de ceux qui estiment que leur logement est difficile à chauffer a augmenté de 33 % à 36 % entre 2004 et 2019, alors qu’elle s’est réduite pour toutes les autres catégories.

Ces chiffres permettent d’en savoir plus sur une partie des inégalités environnementales dont on parle beaucoup aujourd’hui. Ces données concernent l’environnement immédiat, du logement. Ces inégalités donnent la mesure de l’ampleur des investissements nécessaires pour assurer à tous de bonnes conditions de vie. Les ménages aux plus faibles revenus n’ont pas les moyens financiers de les prendre en charge en totalité. La collectivité a d’autant plus intérêt à les soutenir qu’en le faisant, elle fait d’une pierre deux coups : elle améliore la qualité de vie des personnes concernées et réduit les consommations d’énergie.

Part des personnes qui déclarent leur logement trop bruyant
selon le niveau de vie
Unité : %
2004
2019
Évolution
20 % les plus modestes27,424,5- 2,9
Les 20 % à 40 %25,318,9- 6,4
Les 40 % à 60 %23,717,1- 6,6
Les 60 % à 80 %21,316,8- 4,5
20 % les plus aisés21,911,6- 10,3
Ensemble24,017,8- 6,2
Lecture : en 2019, 24,5 % des personnes appartenant aux 20 % les plus modestes déclarent que leur logement est trop bruyant.
Source : Insee – Données 2019 – © Observatoire des inégalités
Part des personnes qui déclarent leur logement humide
selon le niveau de vie
Unité : %
2004
2019
Évolution
20 % les plus modestes21,118,9- 2,2
Les 20 % à 40 %16,812,7- 4,1
Les 40 % à 60 % 12,211,2- 4,1
Les 60 % à 80 %13,18,1- 5,0
20 % les plus aisés10,86,0- 4,8
Ensemble14,911,4- 3,5
Lecture : en 2019, 18,9 % des personnes appartenant aux 20 % les plus modestes déclarent que leur logement est humide.
Source : Insee – Données 2019 – © Observatoire des inégalités
Part des personnes qui déclarent leur logement difficile à chauffer
selon le niveau de vie
Unité : %
2004
2019
Évolution
20 % les plus modestes33,136,3+ 3,2
Les 20 % à 40 %28,225,8- 2,4
Les 40 % à 60 % 23,321,3- 2,0
Les 60 % à 80 % 19,317,6- 1,7
20 % les plus aisés17,314,4- 2,9
Ensemble24,323,2- 1,1
Lecture : en 2019, 36,3 % des personnes appartenant aux 20 % les plus modestes déclarent que leur logement est difficile à chauffer.
Source : Insee – Données 2019 – © Observatoire des inégalités

Article extrait de « Humidité, bruit, chauffage du logement : le confort s’améliore mais les inégalités demeurent », Centre d’observation de la société, 4 novembre 2022.

Photo / © Evgen Prozhyrko


[1Ces données sont déclaratives. Elles reflètent le jugement des personnes interrogées sur leur logement.

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Date de première rédaction le 3 mars 2023.
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