Depuis les années 1980, la part des revenus perçue par le 1 % le plus riche augmente
Depuis le début des années 1980, la part des 10 % les plus riches dans l’ensemble des revenus est repartie à la hausse. Les inégalités augmentent par le haut, portées notamment par l’enrichissement du 1 % le plus riche.
Publié le 11 juin 2026
https://www.inegalites.fr/evolution-revenus-riches - Reproduction interditeEn France, les 10 % les plus riches reçoivent plus d’un tiers du total des revenus avant impôts selon les évaluations du World Inequality Database (WID) [1] pour l’année 2023. Le niveau est le même qu’en 1945. De la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’en 1960, la part reçue par les 10 % les plus riches est passée de 31 % à 38 %. La très forte croissance des revenus à cette période a donc d’abord profité aux plus aisés. Ensuite, on a assisté à un retournement de tendance : jusqu’au début des années 1980, la part des revenus perçue par les 10 % les plus riches a régulièrement diminué pour passer de 38 % à 28 % du revenu national, au bénéfice des classes moyennes et populaires. Le faible niveau du chômage et la forte implantation syndicale ont conduit, à cette époque, à de fortes hausses des salaires : en mai 1968, les accords de Grenelle ont par exemple eu pour conséquence une hausse de 35 % du salaire minimum.
Au début des années 1980, une nouvelle période commence : la part du revenu global en faveur des plus riches repart à la hausse, de 28 % en 1982 à 35 % en 2008. La crise économique de 2008 affecte les revenus financiers des plus riches. Depuis, leur part dans le revenu global évolue en dents de scie, sous l’effet notamment de l’instabilité des marchés financiers. Selon les estimations du WID, l’indicateur atteint 34 % en 2023 : les plus riches ont retrouvé le même niveau qu’à la sortie de la Seconde Guerre mondiale.
Source : World Inequality Database – © Observatoire des inégalités
La progression du 1 % le plus riche
Tout se joue au sommet de l’échelle. L’enrichissement du 1 % le plus riche, quasi continu depuis le milieu des années 1980, explique la majeure partie de l’évolution sur longue période de la part dans le revenu national perçue par les 10 % du haut.
La part du 1 % le plus riche représentait 6,9 % de l’ensemble du revenu national en 1983, à son point le plus bas. En 2008, elle atteint 12,1 %, après plus de 20 ans de hausse. Après la crise financière, les revenus du 1 % du sommet retombent aux alentours de 10 % en 2012. Mais, depuis, la progression des dividendes versés aux actionnaires fait repartir cette part à la hausse. À 11,8 % de l’ensemble des revenus en 2023, la part du 1 % le plus riche remonte au niveau de 2008, le plus haut atteint depuis la Seconde Guerre mondiale.
| Et après impôts ? |
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| L’impôt sur le revenu n’est pas déduit des données de cette section : après impôts, la part des riches est moindre. On ne sait malheureusement pas dire réellement quelle est l’évolution de la part du niveau de vie après impôts perçue par les plus riches sur une aussi longue période de 40 ans. L’Insee, en effet, ne publie de données que depuis 1996 pour les 10 % des revenus supérieurs et ne diffuse pas de séries longues pour la part du 1 % le plus riche. |
Photo/ CC Buchen Wang
[1] Les revenus des individus sont établis en divisant le revenu du ménage par le nombre d’adultes de plus de vingt ans, sans tenir compte des enfants à charge.
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