Quelle est la répartition de la population française selon la couleur de peau ?
65 % de la population française se déclare perçue comme « blanche ». Mesurer la couleur de peau de la population est délicat, mais permet de questionner la représentation des origines, par exemple à l’Assemblée nationale. Une analyse extraite du Centre d’observation de la société.
Publié le 17 août 2026
https://www.inegalites.fr/Quelle-est-la-repartition-de-la-population-francaise-selon-la-couleur-de-peau - Reproduction interditeQuelle est la couleur de peau de la population vivant en France ? Répartir la population de cette manière n’est ni simple ni anodin. En pratique, on n’imagine pas un enquêteur du recensement de l’Insee mesurer lui-même la couleur des personnes. Une grande partie de l’exercice est subjective. Par ailleurs, la France interdit l’enregistrement de fichiers administratifs comportant ce critère, compte tenu des dangers que cela pourrait représenter s’ils étaient utilisés pour définir des politiques publiques par exemple.
Même si les travaux sont rares, il n’est pas interdit de réaliser des enquêtes sur le sujet auprès de la population. Ainsi, selon un sondage réalisé par l’Ifop en août 2025 [1], les deux tiers de la population se disent perçus comme « blancs » par le reste de la population, 6 % comme « noirs », 7 % comme « arabes ou maghrébins » et 1,2 % comme « asiatiques ».
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20 % n’entrent pas dans ces catégories : 3,3 % pensent être perçus comme « métisses », 3,6 % issus d’autres origines et 13,2 % ne savent pas ou ne veulent pas répondre à la question. Il ne faut pas sous-estimer le refus d’être catégorisé et la difficulté de répondre pour les personnes issues de parents d’origines différentes : en conséquence, l’exercice lui-même n’a pas toujours de sens en soi. Il est probable que s’il fallait absolument choisir une case, la part des personnes « non blanches » serait supérieure, sans doute autour de 25 % en additionnant les personnes perçues comme « noires », « arabes ou maghrébines », « asiatiques » et « métisses ».
Faute d’enquêtes similaires antérieures, Il n’est pas possible de mesurer des évolutions. Au cours des dix dernières années, la part de la population immigrée dans la population vivant en France a augmenté de 9 % à 11 %. Environ la moitié des immigrés récents sont originaires d’un pays d’Afrique : la part des personnes perçues comme « non blanches » a donc très probablement légèrement progressé ces dernières années, sans doute de l’ordre d’un point de pourcentage.
Source : Ifop – Données 2025
La collecte de données sur la couleur de peau des personnes, sujet politiquement très sensible, doit se faire avec la plus grande précaution. Elle est pourtant importante. Par exemple si l’on veut mesurer la représentation des minorités visibles dans les médias ou en politique. Un simple coup d’œil au trombinoscope de l’Assemblée nationale [2] fait apparaître environ une trentaine de députés et députées [3] qui peut être perçue comme « non blanche », soit 5 % de l’ensemble et entre quatre et cinq fois moins que la proportion non blanche de la population totale. Ces données permettent aussi de mieux mesurer la part non négligeable de la population potentiellement victime de racisme et de discriminations.
Extrait de « La répartition de la population française selon la couleur de peau », Centre d’observation de la société, 13 avril 2026.
Photo / Rich Smith sur Unsplash
[1] « Racisme, antisémitisme, état des lieux des violences et des discriminations à caractère racial en France », Ifop, 9 avril 2025.
[2] Voir le site de l’Assemblée nationale : https://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/liste/photo
[3] Un exercice intéressant à faire car il permet à la fois de mesurer la sous-représentation de ces minorités, mais aussi la difficulté du classement selon la couleur de peau.
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