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L’accès à la médecine inégalement réparti dans le monde

La Grèce dispose de 67 médecins pour 10 000 habitants alors que l’Éthiopie n’en compte que deux. Les écarts d’accès aux soins sont immenses entre les pays riches et les moins bien lotis, situés pour la plupart en Afrique.

Publié le 25 juin 2026

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Modes de vie Santé

En Éthiopie, au Mozambique ou en Tanzanie, pays parmi les plus peuplés d’Afrique, on ne trouve qu’un ou deux médecins pour 10 000 habitants, selon les données 2024 de l’Organisation mondiale de la santé. L’accès à la médecine y est considérablement plus difficile qu’en France où l’on compte 40 de ces professionnels de santé pour 10 000 habitants.

Les pays riches se caractérisent par un nombre de médecins supérieur à 25 pour 10 000 habitants. Avec 67 médecins en Grèce, 60 au Portugal, 46 en Allemagne, ou encore 44 en Espagne, l’Europe occidentale occupe le haut du classement. La Russie et l’Argentine se distinguent également, avec 51 médecins pour 10 000 habitants. Les pays riches des autres continents sont un peu moins dotés. On trouve 29 médecins pour 10 000 habitants au Canada, 27 aux États-Unis et 26 au Japon. Dans ces trois pays, la densité médicale n’est guère plus élevée qu’en Chine (28) ou au Brésil (25), mais le nombre d’infirmiers est nettement plus élevé qu’en Europe.

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En Afrique, les médecins sont beaucoup plus rares. En dehors de l’Algérie, qui compte 17 médecins pour 10 000 habitants, les autres pays de ce continent se situent tous en dessous de la barre de dix : seulement quatre médecins pour 10 000 habitants au Nigeria, trois au Mali ou en Côte d’Ivoire par exemple. Et même un seul au Mozambique ou au Cameroun. Les Philippines, le Bangladesh et l’Indonésie en comptent également moins de dix pour 10 000 habitants.

Lecture : le Cameroun compte un médecin pour 10 000 habitants.

Source : Organisation mondiale de la santé – Données 2024 (*2023, **2022) – © Observatoire des inégalités

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Cette pénurie reflète un moindre budget consacré à la santé et à la formation médicale, qui se traduit dans l’ensemble du système de soins. Même si bien d’autres facteurs jouent en matière de santé, comme l’hygiène, l’alimentation, les conditions de travail, etc., le manque de moyens médicaux a des conséquences. Les pays d’Afrique connaissent une plus forte mortalité infantile et des épidémies plus fréquentes (sida, tuberculose, etc.), ce qui réduit de façon considérable l’espérance de vie.

Ces données n’offrent qu’un aperçu des inégalités d’accès aux soins. Certes, on a une chance supérieure d’être mieux soigné dans un pays qui compte 40 médecins pour 10 000 habitants que dans un autre qui en compte 20 fois moins, mais le nombre n’est pas forcément toujours synonyme de qualité dans le domaine de la santé. Dans les pays où les médecins sont nombreux, l’accès aux soins peut être inégal lorsque l’assurance maladie est en grande partie privée, comme aux États-Unis. Il faudrait aussi tenir compte de l’implantation géographique des praticiens : certains habitants de zones rurales doivent parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver une infirmerie avec des soins de base limités.

Certains États pallient en partie l’absence de docteurs en médecine en formant des professionnels dédiés à des tâches précises, telles que la vaccination, le suivi de grossesse ou encore la distribution de médicaments, contre le paludisme par exemple. Mais ces mesures ne font pas tout. Il faut aussi disposer de médicaments à des prix abordables et de spécialistes pour les maladies les plus graves.

Photo / CC Destiny Deffo, Wikimedia Commons

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Date de première rédaction le 13 juin 2013.
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