Culture et loisirs : chacun ses goûts ?
Que ce soit pour la culture, le sport ou les vacances, tout le monde n’a pas les mêmes pratiques. Est-ce un choix ou une contrainte ? Quelles sont les inégalités qui se cachent derrière ? Extrait de « C’est pas juste ! », notre ouvrage pour tout comprendre sur les inégalités à partir de 11 ans.
Publié le 20 octobre 2026
https://www.inegalites.fr/Culture-et-loisirs-chacun-ses-gouts - Reproduction interditePourquoi certaines personnes aiment aller au musée ou faire de la danse classique, alors que d’autres préfèrent les jeux vidéo ou le rap ? De très nombreux facteurs influencent nos pratiques, et en premier lieu notre milieu social d’origine. D’abord parce que, pour certaines pratiques, il faut avoir de l’argent. Mais pas seulement : les habitudes que nous a données notre famille, et nos parents en particulier, jouent un rôle important. Par exemple, si enfant on a visité régulièrement des musées, on s’y rendra plus facilement une fois adulte.
Qui préfère quoi ?
D’autres facteurs jouent, comme l’âge. Les jeunes sont les plus nombreux à aller au cinéma, à écouter de la musique ou à faire du sport. Par contre, les plus âgés vont davantage au musée ou au théâtre. Le lieu où on habite est aussi important : quand on habite dans une grande ville, on a plus de choix en matière d’activités culturelles. Nos goûts et notre histoire personnelle ont un impact sur nos choix. L’école, les amis, les gens qu’on rencontre, ou même tout simplement le hasard peuvent nous conduire à découvrir de nouvelles pratiques, à pousser la porte d’une salle de concert ou à pratiquer d’autres activités.
T’as la réf ?
Chaque pratique culturelle a ses propres codes. Ils sont composés de différents éléments : le vocabulaire, les références, les symboles, etc. On ne les connait pas forcément et ils ne sont pas toujours faciles à comprendre. Par exemple, pour le rap, si on ne comprend pas le verlan, c’est dur de saisir le message de l’artiste. Ou si on n’a jamais appris à connaitre l’opéra, il peut être difficile de l’apprécier. Quand on connait ces codes, on est plus à l’aise pour comprendre certaines œuvres. On les apprend à l’école, mais surtout à travers un ensemble de pratiques : la famille, les loisirs (visites, lectures, voyages à l’étranger, etc.), les réseaux sociaux, les discussions avec son entourage, etc. Bien sûr, on peut très bien être touché par une œuvre sans en avoir toutes les clés.
La culture avec un grand « C »
Quand on parle des pratiques culturelles, on parle souvent de musique classique, de peinture, d’opéra, de théâtre... Bref, la culture avec un grand « C ». La société classe les pratiques et les œuvres culturelles selon une hiérarchie : un roman de Victor Hugo est plus valorisé qu’un manga par exemple. Pareil pour un morceau de Mozart face à une chanson d’Aya Nakamura. C’est vrai que certaines œuvres ont plus de valeur artistique que d’autres : un dessin d’enfant n’est pas équivalent à un tableau de Picasso.
UFCulture : Bach vs Jul
Cela ne doit pas nous empêcher de critiquer ces hiérarchies. Elles sont souvent imposées par les catégories sociales favorisées pour montrer que leurs pratiques sont « supérieures ». En plus, elles évoluent dans le temps : certaines œuvres ou pratiques culturelles autrefois dévalorisées ne le sont plus aujourd’hui. Par exemple, le jazz est maintenant écouté surtout en haut de la hiérarchie sociale alors qu’à l’origine, au début du XXe siècle, c’était la musique des catégories populaires noires américaines.
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Ce texte est extrait de C’est pas juste !, notre ouvrage pour tout comprendre sur les inégalités à partir de 11 ans
C’est pas juste ! Tout comprendre sur les inégalités.
Sous la direction de Louis Maurin et Constance Monnier, édition de l’Observatoire des inégalités, novembre 2025.
Illustrations : Antoine La Fay
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