Commandez le « Rapport sur la pauvreté en France »                              X Fermer
Bouton menu

Contre les inégalités, l’information est une arme

Bouton soutenir

Conditions de vie : quels sont les signes extérieurs de richesse ?

Analyses 20 août 2020 https://www.inegalites.fr/Conditions-de-vie-quels-sont-les-signes-exterieurs-de-richesse - Reproduction interdite

Concrètement, quels sont les éléments du mode de vie qui distinguent du lot commun ? Ils dépendent des revenus, mais pas uniquement. L’analyse de Louis Maurin, extraite du Rapport sur les riches en France.

Revenus et patrimoine Riches

En pratique, cela veut dire quoi, être « riche [1] » ? L’Observatoire des inégalités a fixé à 3 500 euros net par mois pour une personne le seuil de richesse, correspondant au double du niveau de vie médian. Avoir de l’argent permet de bien vivre, de profiter des bienfaits de la société de consommation : posséder une habitation spacieuse, bien équipée, pouvoir partir en vacances où l’on veut et quand on veut, etc. Essayons de décrire les contours de la richesse que l’on nommera la « richesse en conditions de vie », comme l’Insee le fait pour la pauvreté [2]. Quels sont les éléments des conditions de vie qui font que l’on vit au-dessus du reste de la population ? Bien sûr, ces éléments dépendent des revenus, mais – comme pour la pauvreté – pas exclusivement.

On peut considérer que les « vrais » riches sont ceux qui ont un train de vie hors du commun, c’est-à-dire la poignée d’individus qui font partie du 1 % ou 0,1 % des revenus les plus élevés. On décrira alors ceux qui disposent d’hôtels particuliers, de yachts, ou encore de jets privés. C’est le choix de nombreux médias qui, selon la couleur politique du lectorat visé, cherchent soit à vendre du rêve, soit à faire détester ces très riches. Ce n’est pas l’option de l’Observatoire des inégalités. Cette haute bourgeoisie qui vit dans l’opulence ne représente pas grand monde, au fond. Elle a un train de vie extraordinaire qui dépasse notre conception de la richesse.

Nous avons décidé de nous placer un niveau en dessous, du côté de celui de la France qui vit très bien, sans s’inquiéter des fins de mois, mais qui ne vit pas forcément non plus dans le luxe extrême. L’exercice reflète logiquement notre subjectivité. Le lecteur comprendra que nous cherchons d’abord à susciter la réflexion sur le sujet plutôt qu’à déterminer des critères définitifs. Pour autant, ce travail n’est ni plus ni moins arbitraire que celui qui détermine la pauvreté en conditions de vie, issue de travaux de l’Insee, et qui est rarement discutée. Voici quelques exemples de la richesse en conditions de vie parmi tant d’autres. Ils ne sont pas exclusifs ni de valeur égale. En faut-il un seul ou plusieurs ? À chacun de se positionner.

Avoir un grand logement

L’habitat constitue le cœur des conditions matérielles de vie. Qu’est-ce qu’un logement de « riche » ? On peut commencer par prendre en compte sa superficie. La surface moyenne d’un logement est en France de 40 m2 par personne. Chez les ménages « aisés » [3], elle est de 54 m2 (données Insee 2013). Nous pouvons donc estimer que l’on est riche quand on vit dans environ 60 m2 pour une personne seule et appliquer ensuite un système de parts, parce que l’on n’a pas besoin du double de surface quand on vit en couple, par exemple. On pourrait choisir une demi-part pour la seconde personne, ce qui aboutirait à 90 m2 (60 m2 + 30 m2) pour un couple.

À noter : Paris nous pose un problème particulier. Contrairement aux autres villes, une personne que nous considérons comme riche, avec des revenus d’au moins 3 470 euros par mois, ne peut pas se loger dans une surface équivalente à 60 m2 dans le secteur marchand, compte tenu du niveau des loyers. Il faut en effet débourser au moins 1 500 euros par mois pour une telle surface. Cela en dit long sur les prix parisiens et de l’impact sur le pouvoir d’achat que subissent ceux qui y résident, par rapport au reste de la population française. Pour être riche du point de vue du logement à Paris, il faut des revenus beaucoup plus élevés qu’en province. La capitale, avec ses deux millions d’habitants, n’est pas la France. Dans une ville comme Tours par exemple, 800 euros suffisent pour obtenir un 60 m2.

L’Insee définit aussi des normes de « peuplement » d’un logement, non pas à partir de sa surface, mais du nombre de ses pièces. Un peuplement « normal » correspond à une pièce de séjour [4], plus une pièce pour le couple, une chambre supplémentaire par personne célibataire de 19 ans ou plus, une chambre pour deux enfants s’ils sont du même sexe ou s’ils ont moins de sept ans, sinon une chambre par enfant. On pourrait considérer comme riches les personnes qui vivent dans une habitation en « sous-peuplement très accentué », si l’on reprend l’expression de l’Insee : c’est-à-dire celles qui disposent de trois pièces de plus que la norme mentionnée ci-dessus. Par exemple, un couple sans enfant à charge qui habite dans un cinq-pièces. C’est le cas de 39 % des personnes qui vivent en maison individuelle, mais de moins de 4 % de celles qui habitent dans un appartement. Plus d’un cinquième de la population – 6,6 millions de ménages – serait alors « riche en logement » selon les données 2013 de l’Insee. Cette population est constituée pour une bonne part de personnes âgées dont les enfants ont quitté le domicile et qui n’ont pas déménagé pour un logement plus petit. Plus du tiers des 65 ans ou plus peuvent être considérés comme riches selon cette norme, contre 6 % des moins de 30 ans. Le nombre de pièces d’un logement dépend le plus souvent du niveau de revenu, mais 12 % des ménages qui appartiennent au quart des revenus les plus faibles vivent dans un « logement de riche ». C’est toutefois le cas de 40 % de ceux du quart le plus riche.

Une belle voiture, prendre l’avion…

« Tout le monde a une Rolex. Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, c’est qu’on a quand même raté sa vie  », indiquait il y a plus de dix ans le publicitaire Jacques Séguéla. Être riche, est-ce posséder une montre Rolex dont le modèle le moins cher coûte environ 3 500 euros ? C’est, là encore, une conception haut de gamme de la richesse que, d’ailleurs, une partie des plus aisés (surtout les diplômés) méprisent : ils trouvent même cela « bling-bling ». La consommation des riches, c’est autre chose.
Pour la plupart des Français, avoir une belle (et chère) voiture est sans nul doute le premier signe extérieur de richesse. Si l’on observe le type de voiture, et pas seulement la puissance, 3 % des ménages disposent d’une berline classée comme très haut de gamme (comme une BMW série 5 ou 6) et 7 % une automobile haut de gamme (catégorie qui comprend les plus grosses voitures françaises comme la Renault Talisman ou la Peugeot 508), selon l’étude annuelle sur le parc automobile des ménages français réalisée par Kantar-TNS (données 2018). 11 % possèdent un 4x4 ou un SUV, mais une partie de ces véhicules ne sont pas considérés comme haut de gamme. Selon leur date de construction, ces types de véhicule n’ont pas la même valeur marchande, mais ils remplissent la même fonction : se distinguer de la masse des automobilistes par un signe extérieur de richesse.

Toujours dans les transports, le fait de prendre l’avion est aussi un élément qui classe. Malheureusement, la question n’intéresse guère la statistique publique puisqu’on ne dispose que de données de 2008 du ministère des Transports à ce sujet. À l’époque, la moitié de la population la moins aisée effectuait moins de 0,2 vol par an en moyenne, soit un voyage tous les cinq ans. En revanche, les 10 % les plus riches prenaient l’avion au moins 1,2 fois chaque année, toujours en moyenne. Douze ans plus tard, les chiffres sont sans aucun doute supérieurs, mais les écarts doivent être de même niveau. D’autre part, entre un aller-retour pour Londres à bas prix et un Paris-New York en classe affaires, le tarif n’est pas le même. Le seuil de richesse se situe sans doute dans le fait d’utiliser régulièrement l’avion pour ses congés, par exemple.

Enfin, on pourrait s’intéresser aux codes vestimentaires. La garde-robe constitue un élément qui clive dans la vie de tous les jours. Comment est-on riche en vêtements ? Montrer que l’on porte des marques ne suffit pas, au contraire. Celles-ci sont surtout affichées par les jeunes des milieux populaires. La distinction vestimentaire pratiquée par une partie des riches se fait plutôt par le type d’habits portés, leur coupe, leurs couleurs, leurs détails, et moins par le logo de la firme qui les a produits. L’habit fait le moine. Être riche, c’est aussi en avoir l’apparence, savoir « maîtriser » sa garde-robe : porter le bon habit au bon moment et de la bonne façon. La « faute de goût » déclasse. Malheureusement, on manque de travaux récents sur le sujet [5].

Loisirs, congés

Pour les riches, les congés sont synonymes de départs en vacances, de repos, de dépaysement, d’activités ludiques et sportives diverses. En la matière, partir lors des vacances d’hiver est un élément qui situe à un niveau supérieur sur l’échelle sociale : seuls 17 % des Français partent au moins une fois tous les deux ans à cette période. Il y a partir et partir : 8 % prennent la direction des sports d’hiver, et on pourrait y ajouter – mais la part n’est pas mesurée – ceux qui partent pour une destination lointaine se ressourcer au soleil. Être riche, c’est partir où on veut, quand on veut, sans avoir à se soucier de le prévoir longtemps à l’avance pour notamment éviter des tarifs qui grimpent au dernier moment.

Un autre élément de la distinction côté congés réside dans le fait d’être propriétaire d’une résidence secondaire. On s’y détend, on s’y retrouve en famille ou avec des amis. On entretient ainsi un réseau de relations, autre signe distinctif de la richesse. On compte 3,5 millions de résidences secondaires en France, soit un dixième de l’ensemble du parc du logement. Au total, 15 % des ménages sont propriétaires d’au moins un autre logement (qu’ils peuvent louer) et 5 % d’une résidence secondaire, selon les données 2013 de l’Insee. Les deux tiers de ces derniers figurent parmi le quart de la population la plus riche, mais 14,6 % appartiennent aussi à la moitié des ménages les moins aisés.

De nombreuses pratiques de loisirs classent aussi. D’abord les sports. Parmi les 15 ans et plus, 40 % pratiquent la course ou la marche à pied selon l’enquête 2018 sur les pratiques sportives de l’Injep-Crédoc [6], mais seulement 2 % des sports aériens et 3 % l’équitation par exemple, des sports qui distinguent car ils demandent très souvent des moyens financiers élevés et un savoir-faire technique poussé (sports aériens, automobile, nautisme, etc.). Le lieu de pratique organise aussi le tri : entre le club-house huppé et le terrain de tennis municipal ouvert à tous, le public n’est pas exactement le même. Tous les milieux sociaux n’ont pas non plus les mêmes sorties culturelles. Lors de l’enquête menée en 2008 par le ministère de la Culture, 4 % des Français étaient allés à l’opéra dans l’année, 6 % à un concert de jazz et 7 % à un concert de musique classique. Parmi les cadres supérieurs, les proportions étaient respectivement de 13 %, 17 % et 21 %. Dans ce domaine, ce n’est pas l’argent qui compte le plus : ces secteurs culturels très subventionnés proposent des entrées dont les tarifs peuvent être équivalents à ceux d’autres types de concerts, bien plus populaires. Ce qui est en jeu, c’est le milieu social, ses parents, ses amis, l’habitude que l’on a prise souvent jeune de ce type de pratique culturelle dont on connaît les codes. Au passage, sports et loisirs sont aussi des occasions de rencontres où l’on se montre, où l’on se transmet des informations utiles et qui contribuent, via des réseaux, à la reproduction sociale.

Se faire servir, disposer d’un réseau

Se faire servir constitue une marque de richesse qui, à l’origine, désignait la puissance. Bénéficier de la présence d’une personne à domicile pour exécuter à sa place les travaux domestiques que l’on ne souhaite pas faire (en particulier le ménage) est un attribut de la richesse. De fait, les plus aisés sont ceux qui utilisent le plus les emplois de service à domicile. Au total, 13 % de la population en profite (données 2011 du ministère du Travail), mais seulement 5 % des 10 % les plus pauvres, contre 25 % des plus riches. Le problème est que ces chiffres mélangent l’assistance aux personnes âgées, les gardes d’enfant à domicile ou les femmes de ménage. On ne sait guère dire qui emploie une femme de ménage plusieurs heures par semaine, par exemple.

Le fait de disposer d’un réseau de connaissances, d’amis, de relations familiales, constitue aussi une forme de richesse, même si elle est bien plus complexe à cerner. Cela permet d’échanger, de pratiquer des loisirs, mais aussi de se rendre des services : des tuyaux pour les stages des enfants, le travail, les vacances, etc. Le « piston » est l’un des éléments de l’intégration dans le monde du travail, et les classes aisées en jouent de façon virtuose. Ce réseau se cultive, on l’a vu, par le biais des congés, des loisirs, des « dîners » en ville, mais aussi via ses relations professionnelles.

Bénéficier d’un réseau de qualité dépend de sa position sociale : les diplômés et les personnes aisées se disent moins souvent isolés que les autres [7]. En moyenne, les cadres supérieurs ont plus d’amis que les autres catégories socioprofessionnelles [8]. Un constat qui ne fait pas tout. Ce n’est en effet pas à la quantité de personnes que l’on connaît que se mesure la force du lien social. La course aux « amis » artificiels sur les réseaux sociaux par exemple le montre bien. Les cadres supérieurs fréquentent d’ailleurs désormais moins ces réseaux virtuels que les autres catégories sociales. Il n’est pas simple de créer un indicateur de richesse dans ce domaine.

Maîtriser son temps

Pouvoir maîtriser son temps, c’est aussi maîtriser sa vie, et cela représente sans nul doute l’une des formes de richesse les plus clivantes [9]. Cet atout joue à tous les niveaux : avoir des marges de manœuvre dans ses horaires de travail par exemple, les connaître à l’avance et non d’une semaine à l’autre, avoir un emploi stable, ne pas travailler quand les autres sont en congé ou en week-end, etc. Être riche, c’est pouvoir contrôler tout cela. Ceux qui peuvent maîtriser leur temps occupent, dans le public ou dans le privé, les emplois les moins pénibles physiquement et disposent des revenus pour profiter du temps dont ils disposent plus librement. Ils vivent dans une société flexible dont ils jouissent pleinement car elle répond à leurs ordres. Les stables achètent les services et le temps des flexibles qui ont besoin d’exercer ces activités pour en tirer leurs revenus.

Dans une société marquée par la précarité, bénéficier d’un statut de fonctionnaire, et donc d’un emploi garanti, est un élément clé de maîtrise de l’avenir. 3,8 millions de salariés, soit environ 14 % des emplois, sont concernés. Parmi eux, un gros tiers dit de « catégorie A », les agents publics les mieux rémunérés. Certes, tous sont loin de vivre avec 3 500 euros net mensuels (notre seuil de richesse). Certains travaillent la nuit ou le week-end. Mais, dans l’ensemble, ils conjuguent un bon niveau de vie et une capacité à se projeter dans l’avenir. C’est aussi le cas de la plupart des cadres des entreprises ou des associations. Ils ne sont pas protégés par leur statut, mais par leur niveau de diplôme, qui leur facilite une reconversion en cas de coup dur.

Détenir un capital culturel élevé

Comme l’observent les sociologues, le diplôme de l’enseignement supérieur constitue une forme de capital culturel. C’est un patrimoine déterminant, d’abord parce qu’il permet à ceux qui en détiennent un d’accéder à des positions sociales favorisées, surtout en France où le titre scolaire joue un rôle majeur. De plus, les diplômés le transmettent pour partie à leurs enfants en leur donnant les codes de l’école. Ceci passe par des moyens actifs (leur expliquer les devoirs), mais surtout par un grand nombre de canaux plus subtils (le langage, les voyages, les loisirs, etc.). Cette transmission est, comme un héritage en argent, décisive dans la reproduction dans le temps de la richesse et des inégalités. Pour partie, le capital monétaire et le capital culturel sont liés. Le diplôme peut, dans certains cas, s’acheter : certaines formations privées sont peu regardantes sur le niveau des nouveaux élèves pourvu qu’ils aient l’argent pour les suivre. De même, tout du long de la scolarité, le niveau de vie compte : avoir une chambre à soi, des cours et des préparations d’examen privés, se faire payer des stages de langue à l’étranger, etc., constituent des facteurs de réussite.

En France, parmi les personnes de 25 ans et plus, un peu plus de la moitié a, au mieux, un niveau BEP ou CAP. On pourrait considérer que les fortunés sont ceux qui détiennent un diplôme supérieur à bac + 2, soit 18 % de la population. Cette définition paraît trop large : le titulaire d’une seule licence généraliste de l’université n’est pas détenteur d’un attribut qui le classe nettement au-dessus du lot. Les « riches » dans ce domaine seraient plutôt représentés par la fraction de titulaires d’un diplôme bac + 5. Malheureusement, l’Insee ne nous donne pas les moyens d’observer l’ensemble de la population de manière plus fine d’un point de vue du niveau de diplôme.

Le diplôme, capital scolaire, n’est pas le seul attribut du capital culturel. La fréquentation et la connaissance des œuvres de la culture classique en sont d’autres. Peinture, littérature, sculpture, musique… : le fait d’assister à des représentations, de visiter des musées, de lire certains livres, voire de détenir chez soi des créations originales, est aussi un signe de distinction sociale. Les riches par la culture le font remarquer plus ou moins ouvertement à ceux qui ne le sont pas par l’usage de références à leurs connaissances et à leurs pratiques. Cette forme de patrimoine culturel se raconte et se vit au quotidien. Elle a un caractère particulier : elle ne se transmet pas et ne s’acquiert pas, ou très partiellement, par les études, mais par la famille, par une multiplicité de voies plus ou moins formelles à l’occasion des loisirs, en discutant avec ses amis, en approchant les œuvres régulièrement, etc. Le capital culturel se reproduit donc plus facilement de génération en génération.

L’élévation du niveau d’études a contribué à harmoniser le langage, qui semble moins clivant aujourd’hui qu’hier. La variété et le type de vocabulaire employé offrent néanmoins une signature invisible pour ceux qui n’en ont pas les codes. Le nombre et le type de mots maîtrisés sont des formes de patrimoine, même s’il est bien difficile de fixer le seuil de la fortune dans ce domaine. Sans doute, être capable de s’exprimer couramment dans une seconde langue – le plus souvent l’anglais – constitue un élément de capital culturel qui distingue, sauf pour les immigrés originaires des pays en développement.

Un voile pudique

Autant les conditions de vie des pauvres sont auscultées chaque année (l’Insee publiant même un tableau de bord), autant on a du mal à obtenir des données sur les signes extérieurs de richesse. Notre enquête montre que, de la même façon que la pauvreté, la richesse n’est pas uniquement monétaire. Un certain nombre de pratiques distinctives dans le domaine de la consommation ne reposent pas uniquement sur le niveau de revenu. La maîtrise de son travail, de ses congés ou de son temps de vie est tout aussi importante. Resterait un travail systématique à faire (qui relève davantage de la recherche que de l’action de l’Observatoire des inégalités) pour décrire en détail les pratiques des classes aisées et montrer comment elles sont (ou pas) liées entre elles et associées à un certain niveau de revenu.

Ce texte est extrait du Rapport sur les riches en France, première édition – 2020. Sous la direction d’Anne Brunner et Louis Maurin, édition de l’Observatoire des inégalités, juin 2020.

AJOUTER AU PANIER Voir le sommaire

Photo / DR


[1Dans cet article, nous ne distinguons pas ce qui relève du patrimoine (un logement, une voiture) de ce qui est consommé dans l’année (des vacances, prendre l’avion, etc.).

[2Voir « Taux de pauvreté en conditions de vie et de difficultés par grande dimension. Données annuelles de 2004 à 2018 », Insee, octobre 2019.

[3Le seuil de revenu des ménages aisés de l’Insee est légèrement inférieur au nôtre : 1,8 fois le niveau de vie médian contre deux fois pour nous.

[4La cuisine vaut une pièce si elle fait plus de 12 m2.

[5Voir tout de même « Des enfants distingués. Goûts vestimentaires et distinction sociale dans les familles de classes moyennes et supérieures », Martine Court, Enfances Familles Générations, n° 31, 2018.

[6« Baromètre national des pratiques sportives 2018 », coll. Notes & Rapports, Injep, Janvier 2019.

[7« Qui se sent seul, et pourquoi ? », Centre d’observation de la société, juin 2018.

[8« D’où sont mes amis venus ? », Insee Première n° 613, Insee, octobre 1998.

[9« Les maîtres du temps prospèrent grâce aux flexibles », Louis Maurin, Observatoire des inégalités, 24 mai 2018.


Date de première rédaction le 20 août 2020.
© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

Notre actu


Rapport sur la pauvreté en France 2020-2021

Newsletter

Espace jeunes

illustration espace jeune

Un outil original pour comprendre les inégalités

Publication



Rapport sur les riches en France

Formation

1er février 2021
Les jeunes face aux inégalités

Voir toutes les formations

Actualités de l'Observatoire

Quand on veut, on peut ? C’est le thème du Prix « Jeunesse pour l’égalité » 2021

Boites à outils

Questions clés
Mesurer les inégalités
Lexique
Salaire : êtes-vous riche ou pauvre ?
Patrimoine : êtes-vous fortuné ?
Niveaux de vie : où en est ma commune ?
L’évaluateur des dépenses publiques
Communes : quelle égalité hommes-femmes ?