Commandez le « Rapport sur les riches en France »                               X Fermer
Bouton menu

Contre les inégalités, l’information est une arme

Bouton soutenir
Conditions de vie

Le nombre de crimes et délits anti-LGBT augmente

Données 5 novembre 2020 https://www.inegalites.fr/nombre-crimes-delits-anti-LGBT - Reproduction interdite

La police et la gendarmerie ont enregistré 1 900 crimes et délits homophobes en 2019, en forte hausse depuis 2016. Des injures, violences et menaces, qui touchent le plus souvent des hommes jeunes. Extrait du Centre d’observation de la société.

Conditions de vie Orientation sexuelle

Les services de police et de gendarmerie ont enregistré 1 900 crimes et délits anti-LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenres) en 2019 [1]. Ce chiffre est en hausse de 36 % par rapport à 2018 et de 73 % depuis 2016.

Ces données ne signifient pas que nous assistons à une explosion de l’homophobie en France. La hausse est enregistrée sur une trop courte durée (de 2017 à 2019) pour pouvoir parler de tendance de fond. Sur longue période, les Français se disent de moins en moins homophobes [2]. Les enquêtes menées auprès de l’ensemble de la population indiquent que le nombre de personnes qui disent avoir été victimes d’injures homophobes reste relativement stable, au moins jusqu’en 2018 [3].

Lecture : les services de police et de gendarmerie ont enregistré 1 874 crimes et délits à caractère homophobe ou transphobe en 2019.
Source : ministère de l'Intérieur – © Observatoire des inégalités

Graphique        Données

Lecture : environ 149 057 personnes indiquent avoir été victimes d'injures homophobes en France en 2019.
Source : Insee, enquête CVS – © Observatoire des inégalités

Graphique        Données

L’augmentation des faits constatés peut résulter de plaintes plus fréquentes et du fait qu’elles sont plus souvent enregistrées en tant qu’actes anti-LGBT, ainsi qu’en raison de l’évolution de la qualification de certaines infractions [4]. Il n’en demeure pas moins que l’ampleur de l’évolution a de quoi préoccuper, surtout si elle se prolongeait dans les années qui viennent. Elle correspond assez bien à l’évolution des témoignages reçus par l’association SOS homophobie.

Les victimes des actes anti-LGBT constatés par la police sont dans l’immense majorité des hommes (75 %) et bien plus souvent des jeunes. 58 % ont entre 15 et 34 ans, une classe d’âge qui représente 37 % des victimes de l’ensemble des crimes et délits. Seules 1 % des personnes qui subissent ces actes ont plus de 65 ans, contre 12 % des victimes de crimes et délits de toutes natures.

Lecture : 30 % des victimes de crimes et délits à caractère homophobe ou transphobe ont entre 15 et 24 ans, alors que cette tranche d'âge représente 12 % de la population et 16 % de l'ensemble des victimes de crimes ou délits.
Source : ministère de l'Intérieur – Données 2019 – © Observatoire des inégalités

Graphique        Données

Les infractions les plus souvent citées sont majoritairement verbales : dans 33 % des cas, il s’agit d’injures et, dans 18 %, de menaces. Si l’on ajoute les 28,5 % de cas de violences physiques au 1,4 % de viols et agressions sexuelles [5], 30 % des infractions marquent physiquement les victimes. Dans 57 % des cas, les agressions se déroulent dans un lieu public : voie publique (33,5 %), lieux ouverts à tout public (12,9 %), services publics (5,9 %), transports (4,9 %). Cela ne signifie pas qu’elles ont eu lieu dans tous les cas en présence d’autres personnes, mais la présomption est grande.

Lecture : 33,2 % des crimes et délits homophobes ou transphobes enregistrés par les services de police ou de gendarmerie sont des injures.
Source : ministère de l'Intérieur – © Observatoire des inégalités

Graphique        Données

Selon les enquêtes menées auprès de la population, seules 20 % des victimes de menaces ou de violences anti-LGBT déclarent avoir porté plainte, et même seulement 5 % pour les injures. Une très grande partie des actes ne sont pas déclarés à la police, notamment ceux qui se jouent entre proches, dans l’intimité de la famille par exemple. Si l’on se fie aux enquêtes menées auprès de l’ensemble de la population, pas moins de 170 000 personnes se disent victimes d’une injure homophobe chaque année. La société française a encore du chemin à faire pour que l’homosexualité soit acceptée par tous.

Article extrait de « Le nombre de crimes et délits anti-LGBT augmente », Centre d’observation de la société, 23 octobre 2020.

Photo / © Christian Sterk - Unsplash


[1« Nouvelle hausse en 2019 des crimes et délits « anti-LGBT » enregistrés par les forces de sécurité », Info rapide n° 14, Interstats, ministère de l’Intérieur, mai 2020.

[2Voir « Valeurs : l’homosexualité largement tolérée mais pas banalisée », Centre d’observation de la société, 19 juillet 2019.

[3« Les injures sexistes, racistes et homophobes depuis 2006 », Keltoume Larchet, Flash’crim n°27, Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONRDP), janvier 2020.

[4Quand un acte passe de contravention à délit.

[5Les viols et agressions sexuelles sont inclus dans les « autres » de notre dernier graphique.


Date de première rédaction le 5 novembre 2020.
© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

Affiner
Conditions de vie


Autres thèmes

> Revenus, patrimoine, pauvreté > Emploi > Éducation > Lien social et politique > Catégories sociales > Âges et générations > Femmes et hommes > Europe > Français et étrangers > Territoires > Monde

Sur le même sujet

Données 05/11/2020
Le nombre de crimes et délits anti-LGBT augmente
Données 05/11/2020
L’homophobie reste présente dans la société française
Données 29/10/2020
Les handicapés sont plus souvent ouvriers ou employés
Données 23/10/2020
Les milieux sociaux sont inégaux face à la pollution au travail
Le tour de la question 15/10/2020
Handicap et inégalités : les principales données
Données 25/09/2020
Les plus précaires, victimes de discriminations dans l’accès aux soins
Analyses 08/09/2020
Combien compte-t-on de personnes sans domicile fixe en France ?
Données 07/07/2020
Quatre Français sur dix ne partent pas en vacances
Entretiens 03/07/2020
« Les riches sont deux fois plus nombreux à partir en vacances que les pauvres, et cela depuis 30 ans ». Entretien avec Sandra Hoibian, du Crédoc
Entretiens 21/04/2020
« Coronavirus : l’ampleur de la crise à venir dépendra des choix politiques »