Plus de femmes dans les conseils municipaux, mais avec des responsabilités souvent limitées
Un maire sur cinq est une femme. Les conseils municipaux se féminisent depuis les années 2000. Mais les femmes restent minoritaires aux postes les plus élevés. L’analyse de Valérie Schneider de l’Observatoire des inégalités.
Publié le 3 février 2026
https://www.inegalites.fr/femmes-dans-les-conseils-municipaux - Reproduction interditeLes élections municipales se profilent : elles auront lieu les 15 et 22 mars prochain. En ce moment même se décide qui figurera ou non sur les listes et à quelle place. L’enjeu de la féminisation des élus porte à la fois sur la part des femmes, notamment dans les plus petites communes, mais aussi sur les postes qu’elles occuperont. Depuis les dernières élections municipales de 2020, 41,5 % des élus sont des femmes, contre 39,2 % à la suite des élections de 2014, selon une étude de la Caisse des Dépôts [1]. Les femmes gagnent lentement leurs places à cet échelon de la politique locale. La parité n’est pas très loin d’être atteinte en ce qui concerne les conseillers municipaux (hors maires et adjoints), qui comptent 45 % de femmes.
Malgré ces progrès, les femmes se heurtent toujours à un plafond de verre. Elles restent très peu nombreuses à exercer les plus hautes fonctions exécutives : les postes de maires sont encore occupés par 82 % d’hommes. Les femmes à la tête de grandes villes comme Paris, Nantes, Strasbourg ou encore Poitiers masquent cet écart. Seulement 36 % des adjoints au maire sont des femmes, malgré une progression de 5,2 points par rapport à la situation qui prévalait avant les élections municipales de 2020, et elles sont souvent en charge de délégations comme l’action sociale ou la petite enfance, avec moins de pouvoirs qu’aux finances, aux transports, à la sécurité, etc. par exemple.
Une parité portée par des lois successives
Si les femmes sont élues plus massivement aux élections municipales, cette évolution ne s’est pas faite naturellement. Il a fallu, à partir des années 2000, une succession de lois sur la parité, destinées à promouvoir une plus grande égalité dans l’accès des femmes aux responsabilités politiques pour que la présence des femmes s’améliore, à l’échelon municipal en particulier.
En juin 2000, une première loi a ainsi imposé la présence de trois hommes et trois femmes par tranche de six candidats sur les listes des candidats aux municipales dans les communes de 3 500 habitants et plus. Une loi de janvier 2007 est ensuite venue renforcer la parité en obligeant une stricte alternance homme/femme dans la composition des listes (ce que l’on appelle le « scrutin de liste paritaire »), toujours dans ces mêmes communes. En mai 2013, le législateur a étendu ce dispositif aux communes de 1 000 habitants et plus. Les règles paritaires ont été légalement renforcées (liste par alternance des sexes) six ans après pour l’élection des adjoints des communes de 1 000 habitants et plus, ce qui explique en partie l’augmentation du nombre de femmes adjointes au maire après les élections de 2020.
Ce contenu vous intéresse ? Soutenez les travaux de l’Observatoire des inégalités.
Enfin, une loi de mai 2025, visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales, généralise le scrutin de liste paritaire à toutes les communes, quelle que soit leur taille, y compris donc dans les plus petites. Cette mesure s’appliquera en mars prochain. Comme les précédentes lois, elle suscite des réticences de la part d’une partie du personnel politique – surtout masculin – mais, au bout du compte, elle devrait encore améliorer la place des femmes, notamment en milieu rural. On compte en effet 33,1 % de femmes élues dans les communes de moins de 100 habitants, 35,4 % dans celles de 100 à 199 habitants, 37,3 % de 200 à 499 habitants, 40,4 % de 500 à 999 habitants (données janvier 2021 de l’Insee).
En 25 ans, les différentes lois ont fait progresser la parité entre les femmes et les hommes. Elles renouvellent aussi le personnel politique en faisant émerger de nouvelles candidates. Compte tenu de la division des tâches dans notre société, on peut imaginer une meilleure prise en compte de certains domaines dits « féminins », comme la santé ou l’accueil de la petite enfance. Encore ne faudrait-il pas y cantonner les élues. Pour autant, rien ne dit que les politiques publiques mises en œuvre iront vers plus de justice, femmes et hommes n’étant ni meilleurs ni moins bons en la matière. Enfin, plus on progresse vers la parité des places, plus il devient important d’observer comment ces dernières sont réparties, en termes de domaine ou de niveau de responsabilité.
Valérie Schneider
| Évolution de la part des femmes parmi les élus municipaux Unité : % | ||
|---|---|---|
| 2020, avant les élections | 2020, après les élections | |
| Maires | 15,4 | 17,5 |
| Adjointes au maire | 34,6 | 36,4 |
| Conseillères municipales | 42,8 | 45,1 |
| Ensemble | 39,2 | 41,5 |
Source : Caisse des Dépôts
Photo / Claude Trung-Ngoc sur Wikimedia Commons
[1] « L’évolution de la place des femmes dans les conseils municipaux lors des élections de 2020 », Questions Politiques Sociales – Les études n° 45, Caisse des Dépôts, septembre 2025.
© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)


