Comment évoluent les hauts salaires ?
Les hauts salaires ont connu deux décennies fastes, entre 1994 et 2014. Mais au cours des dix dernières années, l’évolution semble stabilisée. Sauf pour les grands patrons.
Publié le 30 juin 2026
https://www.inegalites.fr/evolution-hauts-salaires - Reproduction interditeLe salaire qui permet d’entrer dans les 10 % les mieux rémunérés du secteur privé est passé de 3 875 euros en 1994 à 4 285 euros en 2024 selon l’Insee [1]. Soit, en 30 ans, une progression de 11 % (inflation déduite), ce qui équivaut à 410 euros mensuels supplémentaires en euros de 2024.
Les seuils d’entrée dans les 5 % et le 1 % des salariés les mieux payés ont un peu moins augmenté en pourcentage sur cette période de 30 années : + 7 % et + 6 %. Mais pour le 1 % du sommet, cela représente au moins 590 euros mensuels supplémentaires. C’est deux fois plus que l’élévation du salaire médian constatée sur la même période.
Lecture : en 2023, il faut un salaire net supérieur à 9 798 euros par mois pour se situer dans le 1 % le mieux payé du privé.
Source : Insee – © Observatoire des inégalités
Les très hauts salaires ont connu deux décennies fastes, entre 1994 et 2014. Le seuil du 1 % le plus payé a progressé de plus de 900 euros mensuels en 20 ans. Au cours de la dernière décennie, le seuil des 10 % les mieux rémunérés a continué de progresser. Mais les salaires du sommet de l’échelle ont cessé de gagner en pouvoir d’achat à partir de 2018 et ont augmenté moins vite que l’inflation au cours des dernières années. Les très hauts salaires sont en effet composés d’une part variable (primes, bonus) qui peut varier fortement à la baisse ou à la hausse d’une année sur l’autre selon la conjoncture et la performance de l’entreprise.
| Évolution des salaires selon leur niveau Unité : euros constants | ||||
|---|---|---|---|---|
| Salaire médian | Seuil des 10 % les mieux rémunérés | Seuil des 5 % | Seuil du 1 % | |
| 1994-2004 | + 73 | + 144 | + 151 | + 436 |
| 2004-2014 | + 98 | + 216 | + 251 | + 485 |
| 2014-2024 | + 68 | + 50 | - 43 | - 331 |
| 1994-2024 | + 239 | + 410 | + 359 | + 590 |
Source : calculs de l'Observatoire des inégalités d'après l'Insee – © Observatoire des inégalités
Ce repli n’a pas empêché les rémunérations de quelques grands patrons d’atteindre des sommets inédits au cours des dernières années. En se concentrant sur le sommet le plus haut des salaires, l’évolution des dernières années reste très favorable : les 1 000 postes les mieux rémunérés ont perçu 115 000 euros par mois en 2023, soit 19 000 euros mensuels de plus qu’en 2019 [2]. Et les 100 plus hauts salaires ont dépassé 300 000 euros par mois, soit un gain de 25 000 euros mensuels par rapport au niveau d’avant la crise sanitaire du Covid-19.
| Évolution des très hauts salaires Unité : euros constants | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Nombre de salariés du privé | Salaires mensuels nets 2019 | Salaires mensuels nets 2023 | Évolution entre 2019 et 2023 en euros | Évolution entre 2019 et 2023 en % | |
| Top 10 % | 1,8 million | 4 333 | 4 302 | -31 | -1 |
| Top 1 % | 175 000 | 10 249 | 10 219 | -30 | 0 |
| Top 0,1 % | 17 500 | 26 479 | 27 066 | 587 | 2 |
| Top 1 000 | 1 000 | 95 280 | 114 584 | 19 304 | 20 |
| Top 100 | 100 | 287 418 | 312 458 | 25 040 | 9 |
Source : Insee – © Observatoire des inégalités
Photo / CC Hunters Race
[1] Il s’agit du niveau minimum, à ne pas confondre avec le salaire moyen de la tranche.
[2] Voir « Très hauts salaires : les salariés les mieux rémunérés de leur génération en 2022 étaient déjà dans le haut de l’échelle salariale quinze ans auparavant », in France portrait social - Édition 2025, Insee Références, Insee, novembre 2025.
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