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Un million de chômeurs de longue durée

Données 25 avril 2019

Passer par la case chômage est une chose, y rester longtemps a des conséquences beaucoup plus graves sur le niveau d’indemnisation, les relations sociales et l’état psychologique des personnes qui se trouvent ainsi éloignées de leur univers professionnel.

Emploi Chômage

Parmi les chômeurs, près d’un million de personnes cherchent du travail depuis un an au moins, selon les données de l’Insee à fin 2018. Ce phénomène concerne 40 % des chômeurs en France métropolitaine. Rapporté à la population active, le taux de chômage de longue durée est de 3,4 %. Le nombre de chômeurs de longue durée avait fortement augmenté après la crise financière de 2008. Il a pratiquement doublé, passant de 681 000 fin 2008 à un pic de 1 233 000 fin 2016. En 2018, pour la deuxième année consécutive, le chômage de longue durée recule significativement et retrouve le niveau de la fin des années 2000.

Chômage au sens du Bureau international du travail (BIT). Au 31 décembre.
Source : Insee – © Observatoire des inégalités

Graphique        Données

En tenant compte des demandeurs d’emploi qui ont une activité réduite
Le chômage de longue durée mesuré par l’Insee (selon la définition du Bureau international du travail) en donne la vision la plus stricte, le cœur du chômage de longue durée. Pour l’institut, il suffit d’avoir travaillé une heure dans la semaine de l’enquête pour ne plus être comptabilisé comme chômeur. Pôle Emploi inclut dans le chômage de longue durée les personnes qui ont exercé le mois précédent une activité réduite (contrats courts, temps partiel) mais poursuivent leur recherche d’emploi. L’organisme établit ainsi à 2,7 millions le nombre de demandeurs d’emploi depuis un an ou plus en 2018. Un tiers d’entre eux est inscrit à Pôle Emploi depuis trois ans ou plus. Selon l’indicateur de Pôle Emploi, la tendance ne s’est pas retournée et le nombre de demandeurs d’emploi qui cherchent un emploi sans travailler ou en exerçant une activité réduite poursuit son augmentation. En 2018, ils sont un million de plus qu’en 1998.

Le taux de chômage est bien plus souvent commenté que sa durée. Pourtant, celle-ci est au moins aussi importante. Passer par la case chômage est une chose. Si l’on n’y reste que peu de temps, il peut s’agir d’une transition entre deux emplois, entre deux univers professionnels, la conséquence d’un déménagement, etc. C’est rester longtemps sans emploi qui pose le plus problème : les conséquences sont bien plus graves, sur le niveau d’indemnisation, les relations sociales et l’état psychologique des personnes qui se trouvent ainsi éloignées de leur univers professionnel.

Photo / CC By Lulu97417 via Wikimedia Commons


Date de première rédaction le 16 octobre 2015.
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