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Emploi

Travail pénible : les ouvriers à la peine

Données 25 mai 2018

53 % des ouvriers qualifiés ont un rythme de travail strictement contrôlé contre 24 % des cadres supérieurs. 63 % des ouvriers non qualifiés déclarent subir des nuisances sonores sur leur lieu de travail, contre 7 % des cadres. Les conditions de travail n’ont pas grand-chose à voir entre les métiers les moins qualifiés et le haut de la hiérarchie.

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Les salariés sont mieux protégés qu’hier face aux risques, mais la pénibilité du travail n’a pas été réduite. La part de salariés dont le rythme de travail est strictement contrôlé [1] ne diminue pas. Elle est même passée de 31,6 % à 35,2 % entre 2005 et 2016, selon le ministère du Travail [2]. Pour l’essentiel, il s’agit d’ouvriers (la moitié sont concernés) qui voient au quotidien leurs gestes commandés par un rythme de travail imposé par une machine ou par la surveillance de la hiérarchie. Ces contraintes sont moins répandues chez les professions intermédiaires et les employés administratifs, dont beaucoup travaillent dans le secteur tertiaire, mais elles concernent tout de même 35,1 % des premières et 30,3 % des seconds. Les employés de commerce et de services ont ressenti la plus forte hausse de ces contraintes au cours des dix dernières années, + 9,3 points entre 2005 et 2016 (de 19,9 % à 29,2 %), contre + 3,6 points pour l’ensemble des personnes interrogées.

* Connaître au moins trois contraintes parmi les suivantes : le déplacement automatique d’un produit ou d’une pièce, la cadence automatique d’une machine, d'autres contraintes techniques, la dépendance immédiate vis-à-vis des collègues, des normes de production à satisfaire en une journée, une demande extérieure, les contraintes ou surveillances permanentes exercées par la hiérarchie et un contrôle ou un suivi informatisé. Lecture : en 2016, 53,4 % des ouvriers qualifiés subissent des contraintes de rythme de travail.
Source : ministère du Travail - © Observatoire des inégalités

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Qui est soumis au rythme d’une machine ?

Au cours des quarante dernières années, la part de salariés soumis au déplacement automatique d’une machine est passée de 3 % à 8 %. La proportion de ceux qui sont soumis à la cadence d’une machine a augmenté d’un point sur la période (de 6 à 7 %). La part de ceux qui travaillent à la chaîne a progressé de 2,8 % en 1984 à 4,6 % en 2016.

Globalement, la part des salariés qui travaillent sous contrainte automatique (déplacement d’une pièce ou d’un produit, rythme d’une machine) a presque doublé entre 1984 et 2016, de 6,8 % à 12,4 %. Le travail automatisé a progressé dans toutes les catégories, mais massivement il touche les ouvriers, dont la part qui travaillent ainsi est passée de 16,8 % à 32 %. Par définition ce type de tâche est quasiment inexistante chez les cadres, mais elles touchent tout de même 7 % des professions intermédiaires et 8,8 % des employés.

Travail à la chaîne : travail répétitif selon une cadence déterminée sur un produit qui, soit se déplace devant la personne, soit lui est transmis par son voisin, sans que soient constitués entre eux des stocks-tampons.
Source : ministère du Travail - © Observatoire des inégalités

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Travail sous contrainte automatique : rythme de travail soumis à la cadence d'une machine ou dépendant d'un déplacement automatique d'un produit ou d'une pièce. Lecture : en 2016, 32 % des ouvriers travaillent sous contrainte automatique.
Source : ministère du Travail - © Observatoire des inégalités

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Pénibilité physique

La pénibilité physique au travail concerne essentiellement les moins qualifiés. Si un tiers de l’ensemble des salariés déclarent subir au moins trois contraintes physiques [3], c’est le cas de près des deux tiers des ouvriers non qualifiés, contre 6 % de cadres. La part des salariés qui subissent ces pénibilités a augmenté de près de quatre points entre 2005 et 2016 chez les ouvriers qualifiés, passant de 57,2 % à 60,8 %. La hausse s’est faite pour l’essentiel entre 2005 et 2013.

* Connaître trois contraintes physiques parmi les suivantes : rester longtemps debout, rester longtemps dans une posture pénible, effectuer des déplacements à pied longs ou fréquents, devoir porter ou déplacer des charges lourdes, subir des secousses ou des vibrations. Lecture : en 2016, 63,4 % des ouvriers non qualifiés sont soumis à une contrainte physique.
Source : ministère du Travail - © Observatoire des inégalités

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Qui porte des charges lourdes et qui travaille dans le bruit ?

En 2013 (dernière année disponible pour ces données), 41 % des salariés déclaraient porter ou déplacer des charges lourdes, deux points de plus qu’en 2005. Les deux tiers des ouvriers sont dans ce cas, contre 12,8 % de cadres supérieurs. Près des deux tiers des ouvriers non qualifiés affirment subir des nuisances sonores au travail, c’est-à-dire n’entendre une personne placée à deux ou trois mètres qu’à condition qu’elle élève la voix, contre 6,6 % des cadres supérieurs, soit presque dix fois plus.


Source : ministère du Travail - © Observatoire des inégalités

Graphique        Données

*Salarié déclarant entendre une personne placée à 2 ou 3 mètres à condition qu'elle élève la voix.
Source : ministère du Travail - © Observatoire des inégalités

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Qui travaille dans un environnement hostile ?

En 2016, près d’un salarié sur trois subit des nuisances liées à son environnement de travail telles que la poussière, la fumée, ou encore le contact avec des produits dangereux. Parmi eux, plus de deux tiers des ouvriers non qualifiés, et presque autant d’ouvriers qualifiés, exercent leur métier dans la saleté, contre à peine un cadre supérieur sur dix. La moitié des ouvriers sont au contact de produits dangereux, contre 13,3 % des cadres. Les employés administratifs sont très peu à être concernés (5,3 %).

Nuisances liées à l'environnement du travail
selon la catégorie socioprofessionnelle
Unité : part de la catégorie en %
2005
2013
2016
Respirer des fumées ou des poussières
Cadres 12,711,09,1
Professions intermédiaires23,123,022,4
Employés administratifs16,614,212,7
Employés de commerce et services 27,124,826,3
Ouvriers qualifiés65,866,465,6
Ouvriers non qualifiés61,265,967,1
Ensemble32,429,230,1
Être en contact avec des produits dangereux
Cadres 12,413,513,3
Professions intermédiaires25,527,527,0
Employés administratifs6,84,85,3
Employés de commerce et services30,430,831,8
Ouvriers qualifiés49,952,148,6
Ouvriers non qualifiés45,050,453,6
Ensemble28,230,728,9

Source : ministère du Travail - © Observatoire des inégalités

Photo / © maxhalanski - Fotolia.com}


[1C’est-à-dire connaître trois contraintes de rythme de travail parmi les suivantes : le déplacement automatique d’un produit ou d’une pièce, la cadence automatique d’une machine, d’autres contraintes techniques, la dépendance immédiate vis-à-vis des collègues, des normes de production à satisfaire en une journée, une demande extérieure, les contraintes ou surveillances permanentes exercées par la hiérarchie et un contrôle ou un suivi informatisé.

[2« Quelles sont les évolutions récentes des conditions de travail et des risques psychosociaux ? », ministère du Travail, Dares Analyses n° 082, décembre 2017.

[3Parmi : rester longtemps debout, rester longtemps dans une posture pénible, effectuer des déplacements à pied longs ou fréquents, devoir porter ou déplacer des charges lourdes, subir des secousses ou des vibrations.


Date de première rédaction le 23 septembre 2014.
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