Les chiffres-clés sur les riches en France
4,8 millions de personnes sont riches en revenus. Elles vivent avec plus de 4 292 euros mensuels après impôts pour une personne seule. Par ailleurs, 3,4 millions de ménages sont riches en patrimoine. Synthèse et chiffres-clés du « Rapport sur les riches en France, édition 2026 ».
Publié le 2 juin 2026
https://www.inegalites.fr/Les-chiffres-cles-sur-les-riches-en-France - Reproduction interdite4,8 millions de personnes sont riches en France. Elles vivent avec plus du double du niveau de vie médian, c’est-à-dire au moins 4 292 euros par mois pour une personne seule, 6 438 euros pour un couple sans enfant ou 10 730 euros pour un couple avec deux adolescents. Ces seuils de richesse s’entendent une fois l’impôt sur le revenu payé.
Les riches représentent 7,5 % de la population en 2023 (dernière année disponible). Après un pic à 9 % en 2011, le taux de richesse fluctue entre 7 % et 8 % de la population depuis dix ans, selon nos estimations.
Au-dessus du seuil de richesse, les revenus grimpent haut. 5 % touchent plus de 4 905 euros par mois pour une personne seule et 1 % gagne plus de 7 512 euros après impôts. Au sommet des revenus, une poignée de grands patrons gagnent plusieurs centaines de smic.
Franchir le seuil de richesse n’est pas donné à tout le monde. Il faut une rémunération élevée : 74 % des actifs riches sont des cadres supérieurs du privé ou du public et 13 % sont chefs d’entreprise. L’âge joue aussi : 73 % des riches ont plus de 45 ans. En effet, les salaires des cadres augmentent avec l’avancée de leur carrière. Ils ont souvent accumulé un patrimoine qui leur rapporte. Et lorsqu’ils atteignent la cinquantaine, leurs enfants volent de leurs propres ailes. 35 % des riches vivent dans l’agglomération parisienne, où se trouvent les directions des grandes entreprises et des administrations.
Des conditions de vie confortables
Vivre au-dessus du seuil de richesse, c’est accéder à des conditions de vie privilégiées. Parmi les 10 % les plus riches, trois quarts partent en vacances chaque année. 40 % font appel à des services domestiques (ménage, garde d’enfant, jardinage, etc.). 88 % sont propriétaires de leur résidence principale.
Les riches ont des logements plus vastes : 30 % de surface supplémentaire en moyenne dans l’agglomération parisienne et 45 % dans les grandes villes de province. Même en région parisienne où le mètre carré est plus cher, seuls 8 % des riches vivent dans un logement exigu, soit 3,5 fois moins que le reste de la population.
Richesse en patrimoine
Nous estimons à 11 % la part de ménages riches en patrimoine, qui possèdent plus de 820 400 euros, notre seuil de fortune situé au quadruple du patrimoine médian (endettement non pris en compte).
Ce seuil mériterait d’être détaillé selon l’âge tant le patrimoine se constitue au fil de la vie, au gré de l’épargne et des héritages éventuels. Parmi les plus de 50 ans, pour détenir quatre fois le patrimoine médian de sa tranche d’âge, il faut posséder au moins un million d’euros par ménage.
Environ 6,5 % des ménages français sont millionnaires. Mais seulement 0,6 % des ménages paient l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). En considérant la population qui possède 1 000 fois plus, on compte 145 milliardaires. Les grandes fortunes atteignent des sommes colossales que l’on peine à se représenter. La famille Hermès, par exemple, détient une fortune qui dépasse la valeur de tous les logements de Marseille.
Revenus et patrimoine vont bien ensemble
82 % des ménages situés dans les 10 % les plus riches en patrimoine appartiennent aux milieux sociaux favorisés : ce sont des cadres supérieurs, des professions libérales, des chefs d’entreprise et des retraités de ces métiers. Et 91 % ont plus de 40 ans.
Le plus souvent, revenus élevés et patrimoine confortable s’accordent bien. De hauts revenus permettent d’épargner : en moyenne, les ménages aisés mettent 33 % de leurs revenus de côté et se constituent ainsi un patrimoine.
Symétriquement, un patrimoine élevé rapporte. Un ménage situé au seuil des 10 % les plus riches peut compter sur 4 000 euros par an en moyenne de revenus du capital (des loyers et intérêts encaissés par exemple), l’équivalent de presque trois mois de smic. Il faut atteindre le centième le plus riche pour que ces revenus du patrimoine deviennent une ressource majeure, tant les dividendes sont concentrés aux mains des gros actionnaires. Le 1 % le plus riche perçoit en moyenne 140 000 euros par an de son travail et 85 000 euros de revenus du patrimoine.
Le décollage des hyper-riches
Au cours des 30 dernières années, les inégalités de revenus et de patrimoine se sont accrues par le haut. Une fois l’inflation prise en compte, le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches a progressé de 24 % entre 1996 et 2023. Surtout, leur niveau de vie moyen a progressé de 40 %, deux fois plus vite que pour les 10 % les plus pauvres, sous l’effet de l’envolée des revenus des super-riches. Les revenus du patrimoine financier du 0,1 % le plus riche ont été multipliés par quatre entre 2003 et 2022, au bénéfice de quelques milliers de ménages du sommet de l’échelle.
En termes de patrimoine également, plus on grimpe sur l’échelle des fortunes, plus l’évolution récente est spectaculaire. Le seuil d’entrée dans les 10 % les plus fortunés a progressé de 15 % entre 2015 et 2024. Il a grimpé de 24 % pour le seuil du 1 % le plus doté. Au sommet, les 500 plus grosses fortunes de France ont vu leur valeur globale multipliée par 6,6 au cours des 20 dernières années.
Anne Brunner,
Directrice des études de l’Observatoire des inégalités
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Rapport sur les riches en France, édition 2026. |
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