Les inégalités de salaires femmes-hommes se réduisent lentement
Les écarts de salaires entre les femmes et les hommes se réduisent. Mais l’égalité salariale est encore loin. Au rythme actuel, il faudrait encore environ 25 ans pour annuler l’écart à temps complet. Extrait du Centre d’observation de la société.
Publié le 3 mars 2026
https://www.inegalites.fr/Les-inegalites-de-salaires-femmes-hommes-se-reduisent-lentement - Reproduction interditeDans les années 1960, les hommes gagnaient en moyenne presque 60 % de plus que les femmes pour des temps complets (sans tenir compte des salariés à temps partiel) [1]. Petit à petit, l’écart s’est réduit, pour atteindre 15 % en 2023, selon l’Insee. Le mouvement prend de l’ampleur à partir des années 1970, quand les générations de femmes scolarisées après la Seconde Guerre mondiale arrivent sur le marché du travail. Cette tendance va se poursuivre par la suite un peu plus lentement à partir du milieu des années 1980.
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Au rythme du rattrapage des cinq dernières années, il faudrait encore près de 25 ans pour que la rémunération des femmes à temps complet atteigne celle des hommes. Les nouvelles générations de femmes sont de plus en plus diplômées et accèdent davantage à des postes à responsabilité mieux payés (elles représentent 42 % des cadres supérieurs), mais la progression reste lente. Pendant le même temps, l’emploi féminin peu qualifié se développe avec des rémunérations rarement supérieures au smic. La dévalorisation des femmes sur le marché du travail est d’autant plus forte qu’elles sont plus diplômées que les hommes, surtout pour les plus jeunes. Cela fait déjà 40 ans que l’on compte plus de femmes de 25 à 49 ans diplômées de l’enseignement supérieur que d’hommes. Parmi les personnes en emploi, la part des femmes disposant d’un diplôme supérieur à bac + 2 est plus élevée que celle des hommes depuis le début des années 2000.
Source : Insee – © Observatoire des inégalités
Ces données pour des temps complets demeurent incomplètes. Elles masquent l’effet du temps partiel [2], aux trois quarts féminin. Le revenu salarial (le salaire, tous temps de travail confondus) des hommes demeure supérieur de 29 % à celui des femmes. Pour partie, le temps partiel résulte d’un choix, mais environ un quart des femmes dans ce cas souhaiteraient travailler davantage. La moyenne des salaires cache par ailleurs des écarts qui s’élèvent avec le niveau de rémunération. Le salaire médian des hommes dépasse celui des femmes de 10 % en équivalent temps plein. Mais celui du 1 % du haut de l’échelle est supérieur de 36 %.
Les femmes rattrapent difficilement leur retard du fait de trois facteurs. Même si on en compte de plus en plus parmi les cadres supérieurs, les femmes restent largement sous-représentées aux postes de direction. L’écart est aussi le résultat de l’ampleur des inégalités entre le haut et le bas de la hiérarchie globale des salaires en France. Enfin, les métiers au sein desquels la part des femmes est plus importante (dans le secteur de l’aide à la personne par exemple) disposent de rémunérations en moyenne plus faibles.
| Inégalités de salaires entre les hommes et les femmes selon le niveau de rémunération | ||||
|---|---|---|---|---|
| Hommes en euros | Femmes en euros | Rapport femmes/hommes en % | Ecart femmes-hommes en euros | |
| Salaire médian (la moitié gagne moins, l’autre plus) | 2 275 | 2 068 | + 10 | - 207 |
| Seuil des 10 % les mieux payés | 4 607 | 3 875 | + 19 | - 732 |
| Seuil du 1 % le mieux payé | 11 413 | 8 392 | + 36 | - 3 021 |
| Seuil du 0,1 % le mieux payé | 32 220 | 19 232 | + 68 | - 12 988 |
Lecture : le salaire médian des hommes est supérieur de 10 % à celui des femmes.
Source : Insee – Données 2023 – © Observatoire des inégalités
| Discrimination : 4 % d’écart pour les mêmes emplois |
|---|
| Il ne faut pas confondre l’écart de salaire et les discriminations salariales. Dans ce dernier cas, on compare deux salariés de sexe différent pour un même poste et un même temps de travail. Si on tient compte de tous ces facteurs, on obtient une évaluation de la discrimination salariale de l’ordre de 4 % pour des postes équivalents, en défaveur des femmes. Mais les discriminations peuvent se loger en amont : par exemple, ce qui fait que les femmes s’orientent vers tel ou tel secteur d’activité, qu’elles optent pour le temps partiel, etc. |
Photo / jacoblund sur Istock
[1] Nous rapportons l’écart de salaire entre les femmes et les hommes au salaire des femmes pour mesurer combien les hommes touchent en plus. L’Insee préfère le rapporter à celui des hommes, ce qui montre alors combien les femmes touchent en moins.
[2] Voir « La part d’actifs à temps partiel diminue depuis 2015 », Centre d’observation de la société, 5 janvier 2024.
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