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L’enseignement supérieur se féminise lentement

Données 25 mai 2021 https://www.inegalites.fr/L-enseignement-superieur-se-feminise-lentement - Reproduction interdite

59 % des étudiants sont des étudiantes. Les filles représentent 70 % des étudiants des filières lettres et sciences humaines à l’université et seulement 28 % des élèves ingénieurs.

Éducation Femmes et hommes Filles et garçons Éducation

La féminisation de l’enseignement supérieur est une très vieille histoire. Elle plonge ses racines il y a un siècle, dans les années 1920-1930, quand les filles intègrent les lycées, puis l’université. Déjà, en 1960 (donnée la plus ancienne disponible, il s’agit de générations nées vers 1940-1942), les filles représentent 43 % des étudiants des facultés. Leur part augmente encore jusqu’au milieu des années 1990 pour atteindre 56 %, au-delà de la parité. Depuis trente ans, cette part évolue peu. Un équilibre semble être établi.

Lecture : en 2019, 58 % des étudiants de l'université sont des étudiantes.
Source : ministère de l'Enseignement supérieur – © Observatoire des inégalités

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Filles et garçons ne font cependant pas les mêmes études. Dans les filières où les garçons sont les plus présents, la présence des filles augmente à un rythme très lent. Entre 2000 et 2019, leur place a très peu évolué dans les classes préparatoires aux grandes écoles par exemple. Au rythme actuel, l’égalité serait atteinte dans 40 ans. La part des filles n’a progressé que d’un point, de 41,2 % à 42,5 %, dans les grandes écoles entre 2006 et 2016 selon une étude récente [1], ce qui conduirait à une égalité dans six décennies. Au sein des formations d’ingénieurs, elle a progressé de 22 % à 28 % entre 2000 et 2019. Une hausse qui nous amène à une parité dans 60 ans. Enfin, pour la filière des études sportives, c’est encore pire, car il faudrait attendre la fin du siècle.

Même si les filles sont de plus en plus nombreuses dans les filières scientifiques au lycée – elles représentent 47,5 % des élèves –, elles continuent à se destiner aux filières dites « féminines » : les lettres, la santé, les formations sociales et paramédicales en particulier. Depuis 2000, les filles ont très nettement accru leur présence en médecine et pharmacie, où elles représentent les deux tiers des élèves. Elles sont devenues majoritaires dans les écoles de commerce et ont continué à investir le droit et l’économie (60 % des étudiants). Leur présence est restée stable en langues et sciences humaines, où elles composent 70 % des promos.

Ces évolutions résultent d’orientations scolaires. Le ministère de l’Éducation nationale se contente d’inciter les filles à s’orienter vers les filières masculines, jamais les garçons à opter pour les filières féminines. Mais les choix se nouent bien avant l’orientation. Ils dépendent de facteurs très profonds, des rôles sociaux des filles et des garçons depuis la petite enfance, influencés par leur éducation familiale, scolaire, et plus généralement, de la représentation du rôle des femmes et des hommes dans la société [2] Par ailleurs, il faudrait se demander si les jeunes filles n’ont pas aussi de bonnes raisons d’éviter certaines filières plus « rentables » en termes de position sociale, mais pas forcément en termes de qualité de vie.

Lecture : en 2019, 42,3 % des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles sont des filles.
Source : ministère de l'Enseignement supérieur – © Observatoire des inégalités

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Lecture : en 2019, 28,4 % des étudiants en école d'ingénieur sont des femmes.
Source : ministère de l'Enseignement supérieur - © Observatoire des inégalités

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Lecture : la part des femmes parmi les étudiants en formation d'ingénieur est passée de 22,2 % en 2000-2001 à 28,4 en 2019-2020, soit une progression de 6,1 points.
Source : ministère de l'Enseignement supérieur – © Observatoire des inégalités

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Photo / CC BY NC ND Camille Stromboni


[1« Quelle démocratisation des grandes écoles depuis le milieu des années 2000 », Cécile Bonneau, Pauline Charousset, Julien Grenet et Georgia Thebault, Institut des politiques publiques, Rapport n° 30, janvier 2021.


Date de première rédaction le 19 mars 2010.
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