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Dix millions de Français modestes n’ont pas les moyens de partir

Les Français sont de moins en moins nombreux à indiquer qu’ils n’ont pas les moyens de partir une semaine en congé. Mais les écarts demeurent entre milieux sociaux. Environ dix millions de personnes modestes n’ont pas assez d’argent pour quitter leur domicile le temps de vacances.

Publié le 30 juin 2026

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Modes de vie Catégories sociales Culture et loisirs

De moins en moins de Français indiquent qu’ils n’ont pas les moyens de s’offrir des congés une semaine par an hors de chez eux. Ils étaient 34,8 % en 2004 et ne sont plus que 21,2 % en 2024, près de quatorze points de moins, selon l’Insee. La situation s’est améliorée pour les catégories modestes : parmi les ménages appartenant aux 20 % des plus bas revenus, la part de ceux qui déclarent ne pas avoir les moyens de partir une semaine a baissé de 64,3 % à 47,6 % au cours de la période. Le même indicateur est passé de 10,8 % à 2,3 % chez les 20 % les plus aisés. Le phénomène est d’autant plus remarquable que ces 20 années ont été marquées par plusieurs crises économiques et une aggravation de la pauvreté.

La tendance va dans le bon sens, mais d’importantes inégalités perdurent. Suivant l’indicateur utilisé, l’analyse que l’on peut faire de l’évolution n’est pas la même. D’un côté, l’écart entre la part de ceux qui disent ne pas avoir les moyens de partir chez les classes aisées et celle des classes modestes a légèrement diminué, de 53,5 points à 45,3 points entre 2004 et 2024. De l’autre, le rapport entre ces deux indicateurs est passé de 6 à 21. En 2024, la part de ceux qui disent ne pas avoir les moyens de partir parmi les 20 % les plus modestes est 21 fois plus élevée que celle des 20 % les plus aisés. En 2004, le même rapport était de six.

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Ces données appellent plusieurs remarques. Tout d’abord, il s’agit d’enquêtes déclaratives subjectives. Comment peut-on appartenir aux 20 % les plus riches et estimer ne pas avoir les moyens financiers de partir une semaine en vacances ? Jusqu’en 2019, l’Insee posait la question « avez-vous les moyens de partir si vous en éprouvez le besoin ? », ce qui pouvait être interprété de diverses manières. Depuis 2020, la question posée est plus précise [1]. Il ne s’agit pas de mesurer le taux de départ en vacances, qui ne dépend pas que des revenus, mais bien la part de ceux qui sont privés de départ des raisons financières. Cela explique probablement que les plus aisés déclarent désormais en quasi-totalité (à 2 % près) pouvoir se permettre un voyage.

Ensuite, ces données sont loin de mesurer toutes les inégalités. Entre rendre visite quelques jours à sa famille à proximité et partir cinq semaines, voire plus, en alternant des voyages à l’étranger, dans la famille et aux sports d’hiver, il y a « vacances » et « vacances ».

Enfin, même si la part de ceux qui disent ne pas avoir les moyens de partir baisse, ceux-ci demeurent nombreux. Si l’on se concentre sur les 20 % les plus modestes (treize millions de personnes), cela signifie que près de six millions d’entre eux n’ont pas les moyens de s’offrir une semaine de vacances. Si on ajoute ceux qui se situent dans la tranche des 20 % à 40 % des moins aisés, on arrive à un total de près de dix millions de personnes. L’image d’Épinal des congés payés pour tous de 1936 et les embouteillages massifs du « chassé-croisé » de fin juillet-début août masquent le fait que des millions de personnes seules, de familles ou de personnes âgées restent toute l’année chez elles, faute de moyens pour se mettre au vert, découvrir d’autres territoires, pratiquer de nouvelles activités de loisirs, etc.

Rupture de série en 2020.
Lecture : parmi les 20 % les plus pauvres, 47,6 % des ménages déclarent ne pas avoir les moyens de se payer une semaine de vacances hors du domicile en 2024.

Source : Insee – © Observatoire des inégalités

Graphique Données

Photo / CC Vidar Nordli Mathisen


[1« Les moyens financiers de votre ménage vous permettent-ils de vous payer une fois par an une semaine de vacances en dehors de chez vous, y compris les séjours en résidence secondaire, dans la famille ou chez des amis ? »

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Date de première rédaction le 1er juillet 2021.
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