Jeunes ou vieux : qui est pauvre en Europe ?
Les enfants et les jeunes adultes sont les plus touchés par la pauvreté en Europe. Dans certains pays du Nord, les enfants sont mieux protégés. En Allemagne et au Portugal, les personnes âgées aussi sont touchées.
Publié le 19 mai 2026
https://www.inegalites.fr/Jeunes-ou-vieux-qui-est-pauvre-en-Europe - Reproduction interditeLes taux de pauvreté [1]varient du simple au double en Europe, de 9,2 % en République tchèque à 21,7 % en Bulgarie, selon les données 2023 [2] d’Eurostat. Les situations sont également hétérogènes quand on observe la pauvreté selon les tranches d’âge. Les taux de pauvreté des plus jeunes (19 % pour les enfants de moins de 16 ans et 21,5 % pour les jeunes de 16 à 24 ans) et des personnes âgées de 65 ans ou plus (16,6 %) sont plus élevés que ceux de l’ensemble de la population en Europe, tous âges confondus.
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Les enfants
19 % des enfants de moins de 16 ans sont pauvres en Europe. Les pays du Nord affichent les taux les plus bas : 10 % au Danemark et 11 % en Finlande. L’Espagne (29,2 %), la Bulgarie (27,2 %) et la Roumanie (25,7 %) ont les taux les plus élevés. En France, le taux de pauvreté des enfants (21,2 %) se situe juste au-dessus de la moyenne européenne [3].
Les enfants pauvres le sont parce qu’ils vivent dans une famille pauvre. Soit parce que les revenus de leur famille sont trop faibles (bas salaires, chômage, précarité, temps partiel, etc.), soit parce que leur famille ne dispose que d’une seule source de revenus (le cas d’une famille monoparentale par exemple) ou que les membres de la famille sont nombreux à se partager des revenus insuffisants. Les États européens qui offrent un niveau de protection sociale plus élevé réduisent en partie cette pauvreté liée à la situation familiale.
Source : Eurostat – Données 2023 – © Observatoire des inégalités
Les jeunes adultes
Le taux de pauvreté des 16 à 24 ans est de 21,5 % en moyenne en Europe. En France, 22,2 % sont pauvres, niveau légèrement supérieur. La Belgique (12,6 %), la République tchèque (14,4 %), ou encore l’Autriche (16,4 %) se distinguent avec les taux les plus bas. Plus d’un quart des jeunes adultes grecs vivent sous le seuil de pauvreté. Les pays du Nord sont également en queue de peloton parce que les jeunes quittent plus tôt le domicile parental (voir encadré).
Le taux de pauvreté des jeunes adultes est largement supérieur à celui de la population tous âges confondus dans la plupart des pays européens. Cela s’explique notamment par les difficultés que rencontrent les jeunes adultes pour trouver un emploi, en particulier un emploi stable : les jeunes ont une probabilité plus grande d’occuper des postes précaires (à durée déterminée ou à temps partiel). Ces jeunes sont également davantage exposés au chômage. Même si celui-ci a eu tendance à baisser en Europe, celui des jeunes adultes reste malgré tout à un niveau élevé : il est de près de 15 %, contre 6 % pour l’ensemble des Européens selon l’Insee [4]. Le taux de chômage des moins de 25 ans atteint même 26,5 % en Espagne.
Lecture : 12,6 % des 16-24 ans sont pauvres en Belgique.
Source : Eurostat – Données 2023 – © Observatoire des inégalités
| Ces comparaisons sont en partie discutables, notamment en raison des différences de méthodologie. Certains pays ne prennent pas en compte les étudiants, dans leurs calculs des taux de pauvreté, tandis que d’autres le font. Dans les pays du nord de l’Europe, les étudiants ont souvent un logement indépendant et sont inclus dans les statistiques sur les revenus, alors que l’on mesure mal les aides qu’ils reçoivent de leurs parents. De ce fait, ces pays affichent mathématiquement des taux de pauvreté importants. |
Les adultes en âge de travailler
14,1 % des Européens âgés de 25 à 49 ans sont pauvres. Les taux de pauvreté les moins élevés sont observés en République tchèque (7,8 %), aux Pays-Bas (9,2 %), en Finlande (10,7 %), ou encore au Danemark (11,5 %), des niveaux bien en dessous de la moyenne européenne. Les taux les plus élevés concernent les Bulgares de cette tranche d’âge (19,1 %), suivis des Espagnols (18,8 %), des Italiens (18,2 %), ou encore des Grecs (17,8 %). Avec un taux de pauvreté de 13,5 %, la France fait un peu mieux que la moyenne européenne.
Dans la catégorie d’âge supérieure (50-64 ans), soit les actifs en fin de carrière, on constate au niveau européen à peu près la même proportion de personnes pauvres (14,5 %) que chez les 25-49 ans. Mais les taux grimpent bien au-delà dans certains pays, comme en Grèce où le taux (18,8 %) est trois fois plus élevé qu’au Danemark, le pays où la part des 50-64 ans pauvres est la plus faible (5,8 %). De même, 17,8 % des Italiens et 17,6 % des Roumains âgés de 50 à 64 ans sont pauvres.
Lecture : 7,8 % des 25-49 ans sont pauvres en République tchèque.
Source : Eurostat – Données 2023 – © Observatoire des inégalités
Les personnes âgées
16,6 % des Européens âgés de 65 ans ou plus sont pauvres. Le taux est le plus faible en République tchèque (8,3 %). Avec respectivement 10,9 % et 12,4 % de personnes âgées pauvres, la Suède et la France se distinguent car les seniors y sont mieux protégés de la pauvreté que les autres tranches d’âge. À l’inverse, la Bulgarie (25,5 %), le Portugal (21,1 %) et l’Allemagne (19,4 %) affichent des taux particulièrement élevés.
Au Portugal et en Allemagne, les taux de pauvreté des seniors sont ainsi 1,3 fois plus élevés que la moyenne constatée dans chacun de ces pays tous âges confondus. Tous les pays n’offrent pas le même niveau de pension de retraite, ni ne garantissent de prestations minimales aux plus âgés, comme cela est le cas en France en particulier.
Source : Eurostat – Données 2023 – © Observatoire des inégalités
| La pauvreté en Europe Unité : % | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ensemble | Moins de 16 ans | De 16 à 24 ans | De 25 à 49 ans | De 50 à 64 ans | 65 ans ou plus | |
| République tchèque | 9,2 | 13,4 | 14,4 | 7,8 | 8,1 | 8,3 |
| Belgique | 11,4 | 14,1 | 12,6 | 10,0 | 10,0 | 12,2 |
| Danemark | 11,6 | 10,0 | 26,5 | 11,5 | 5,8 | 11,1 |
| Pays-Bas | 12,1 | 13,6 | 21,4 | 9,2 | 10,0 | 12,4 |
| Finlande | 12,6 | 10,6 | 27,3 | 10,7 | 10,3 | 12,1 |
| Pologne | 13,8 | 13,3 | 18,4 | 11,8 | 14,6 | 15,2 |
| Autriche | 14,3 | 17,7 | 16,4 | 12,5 | 12,1 | 16,3 |
| Hongrie | 14,3 | 17,3 | 19,0 | 11,0 | 13,2 | 16,1 |
| Suède | 14,8 | 18,1 | 23,2 | 14,8 | 11,5 | 10,9 |
| Allemagne | 15,5 | 15,0 | 23,4 | 12,6 | 12,9 | 19,4 |
| France | 15,9 | 21,2 | 22,2 | 13,5 | 15,2 | 12,4 |
| Portugal | 16,6 | 17,0 | 18,8 | 12,9 | 15,6 | 21,1 |
| Italie | 18,9 | 22,8 | 22,0 | 18,2 | 17,8 | 17,6 |
| Roumanie | 19,0 | 25,7 | 24,1 | 16,5 | 17,6 | 16,4 |
| Grèce | 19,6 | 21,4 | 26,7 | 17,8 | 18,8 | 18,8 |
| Espagne | 19,7 | 29,2 | 23,2 | 18,8 | 15,7 | 16,9 |
| Bulgarie | 21,7 | 27,2 | 26,2 | 19,1 | 15,8 | 25,5 |
| Union européenne | 16,2 | 19,0 | 21,5 | 14,1 | 14,5 | 16,6 |
Source : Eurostat – Données 2023 – © Observatoire des inégalités
Photo / © Petko Ninov
[1] Part de la population qui vit sous le seuil de pauvreté. Le seuil de pauvreté est fixé dans chaque pays en proportion du niveau de vie médian national (le revenu qui sépare la population en deux, la moitié recevant moins, l’autre plus). En conséquence, les seuils de pauvreté sont différents selon les pays.
[2] Nous datons les données de l’année précédente par rapport à Eurostat car l’organisme européen indique la date de collecte des données et non celle de perception des revenus utilisés pour déterminer les taux de pauvreté.
[3] La moyenne européenne est à considérer avec précaution car elle est arithmétique : chaque pays compte de la même façon, quelle que soit sa population.
[4] « Emploi, chômage, revenus du travail », Insee Références, édition 2025, Insee, juin 2025.
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