Contre les inégalités, l’information est une arme. L’Observatoire des inégalités a besoin de votre soutien.

Faire un don
Données

De moins en moins de jeunes sans diplôme

8 % des 18-24 ans quittent l’école sans aucun diplôme ou seulement avec le brevet des collèges. Ils étaient 41 % dans ce cas en 1978. La part des jeunes peu diplômés a été divisée par cinq en 45 ans. Extrait du Centre d’observation de la société.

Publié le 6 janvier 2026

https://www.inegalites.fr/De-moins-en-moins-de-jeunes-sans-diplome - Reproduction interdite

Éducation Échec scolaire

En 1978, 41 % des jeunes de 18 à 24 ans avaient quitté le système scolaire avec, au mieux, le brevet de fin de troisième et ne suivaient aucune formation (ils sont qualifiés de « sortants précoces »), selon le ministère de l’Éducation. En 45 ans, cette proportion a été divisée par cinq. 7,6 % des 18 à 24 ans sont dans ce cas en 2023 selon l’Insee. L’évolution est considérable, même s’il ne faut pas oublier que des dizaines de milliers de jeunes quittent encore le système scolaire chaque année avec un bagage faible. Parmi ces sortants précoces, une partie a continué au lycée sans toutefois obtenir le baccalauréat.

Personnes de 18 à 24 ans ayant au plus le brevet et qui ne suivent aucune formation. Rupture de série en 2003.
Lecture : en 2023, 7,6 % des jeunes de 18 à 24 ans ayant terminé leurs études ont le brevet comme seul diplôme ou n'ont aucun diplôme.

Source : ministère de l’Éducation nationale – © Observatoire des inégalités

Graphique Données

La description souvent faite d’un système scolaire produisant en masse de l’échec est trompeuse : la proportion de 18-24 ans en grave difficulté à l’écrit est de l’ordre de 5 %, et la part d’adultes illettrés a été divisée par deux en 20 ans. Au niveau européen [1], la France fait mieux que ses plus grands voisins (Allemagne, Italie et Espagne), mais dans de nombreux pays, le taux de sortants précoces est inférieur à 7 % (comme en Pologne, Grèce ou Irlande).

Ce contenu vous intéresse ? Soutenez les travaux de l’Observatoire des inégalités.

Je fais un don

Sur longue période, la diminution de la part de jeunes ayant seulement le niveau du brevet est nette. Elle a surtout été forte entre les années 1970 et 1990, et s’est nettement ralentie depuis. Remarquons tout de même que depuis 2010, elle a baissé de 11 % à 7,6 %. Beaucoup reste à faire pour que chaque jeune sorte de l’école avec un bagage suffisant.

Part de sortants précoces en Europe
Jeunes de 18 à 24 ans
Unité : %

Croatie2,0
Irlande2,8
Grèce3,0
Pologne4,1
République tchèque5,4
Portugal6,6
Pays-Bas7,0
Belgique7,0
Suède7,2
Slovaquie7,5
France7,7
Autriche8,1
Bulgarie8,2
Union européenne9,4
Finlande9,6
Italie9,8
Hongrie10,3
Danemark10,4
Allemagne12,9
Espagne13,0
Roumanie16,8
Personnes de 18 à 24 ans ayant quitté prématurément l'école et qui ne suivent aucune formation.
Lecture : 2 % des jeunes Croates âgés de 18 à 24 ans sont sortis du système scolaire et n’ont qu’un faible niveau de diplôme.
Source : Eurostat – Données 2024 – © Observatoire des inégalités

Les difficultés de ceux qui n’arrivent pas à décrocher un titre scolaire sont considérables. Depuis les années 1980, le niveau de qualification de la population a progressé, mais les exigences du monde du travail aussi, sous l’effet de l’évolution des technologies et surtout de la persistance d’un niveau de chômage élevé. Les candidats à l’embauche sont nombreux et les entreprises privilégient les plus diplômés. D’où un effet de file d’attente et de déclassement [2] d’une partie de la jeunesse. Ceux qui n’ont pas de titre scolaire sont relégués tout au bout de cette file.

Deux questions se posent. La première est celle de la qualification des jeunes : comment s’assurer que tous soient mieux formés ? En mettant l’accent sur le tri des meilleurs, l’école française tend à accorder moins d’attention que dans d’autres pays aux élèves qui ne réussissent pas à suivre le rythme des enseignements. Au collège, une partie des jeunes en échec scolaire attendent d’avoir 16 ans et disparaissent ensuite des radars. Réduire encore la part des sortants précoces imposerait de déployer des efforts conséquents entre les classes de sixième et de troisième pour ne perdre personne en route.

La seconde question est celle de la place faite aux diplômes par les employeurs en regard d’autres critères, comme la compétence personnelle, le fait d’avoir des activités non scolaires, etc. Une partie des difficultés des moins qualifiés est liée à la valeur sur-dimensionnée qui est accordée au titre scolaire et à son emprise dans la société [3].

Extrait de « En quarante ans, la part de jeunes sortant de l’école sans diplôme a été divisée par cinq », Centre d’observation de la société, 12 novembre 2025.

Photo / Eliott Reyna sur Unsplash


[1Les données ne sont pas exactement comparables avec les données nationales.

[2Voir « Des générations de plus en plus souvent déclassées », Centre d’observation de la société, 14 avril 2023.

[3Sur ce sujet, voir Les sociétés et leur école. Emprise du diplôme et cohésion sociale. François Dubet, Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout, Seuil, 2010.

L’Observatoire des inégalités a besoin de vous

L’Observatoire des inégalités est indépendant, il ne dépend pas d’une institution publique. Il n’accepte ni la publicité ni le financement de grandes entreprises.

Nous sommes financés principalement par les dons de milliers de personnes qui nous soutiennent ponctuellement ou régulièrement.

Avec votre soutien, nous continuerons de produire une information de qualité et à la diffuser en accès libre. Chaque contribution, grande ou petite, compte. C’est le moment de nous aider. Merci.


Faire un don
Date de première rédaction le 29 avril 2019.
© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

Sur ce thème