Hommes et femmes



Les inégalités de salaires hommes-femmes : état des lieux

29 janvier 2013 - A temps plein, les hommes gagnent 16 % de plus que les femmes. Tous temps de travail confondus, l’écart est de 31 %...


L’état des lieux

Le salaire mensuel net moyen des hommes est de 2 263 euros pour un équivalent temps plein, celui des femmes de 1 817 euros (données 2010). Les hommes perçoivent donc, en moyenne, un salaire supérieur de 25 % (en équivalent temps plein) à celui des femmes. Ou, ce qui revient au même, les femmes touchent en moyenne 80 % du salaire des hommes, donc inférieur de 20 % (voir plus bas notre encadré méthodologique sur la façon de mesurer l’écart). L’écart mensuel moyen est de 446 euros, soit presque un demi Smic.


Plus on progresse dans l’échelle des salaires plus l’écart entre les femmes et les hommes est important, les premières étant beaucoup moins nombreuses dans le haut de l’échelle. Toujours en équivalent temps plein, le niveau de salaire maximal des 10 % des femmes les moins bien rémunérées représente 91 % du salaire maximal des 10 % des hommes les moins bien rémunérés (1 096 euros pour les femmes contre 1 199 euros pour les hommes). Le salaire minimum des 10 % des femmes les mieux rémunérées équivaut à 77 % du salaire minimum des 10 % des hommes les mieux rémunérés (soit 2 815 euros pour les femmes contre 3 665 euros pour les hommes). Si l’on prend en compte les 1 % les mieux rémunérés, c’est encore pire : les femmes touchent au mieux un salaire équivalent à 64 % de celui des hommes (les femmes gagnent au mieux 5 635 euros contre 8 798 euros pour les hommes). Au niveau médian   des salaires, elles se situent à 86 %, soit un écart de 260 euros par mois.

Ecarts de salaires par sexe en fonction du salaire
Salaires mensuels nets équivalent temps complet
Unité : euros
Ensemble
Hommes
Femmes
Ecart en euros
Equivalence du salaire des femmes par rapport à celui des hommes
10 % des salariés gagnent moins de1 1421 1971 096- 10192 %
20 % ...1 2751 3481 202- 14689 %
30 % ...1 3961 4821 300- 18288 %
40 % ...1 5251 6221 403- 21986 %
50 % ...1 6751 7821 527- 25586 %
60 % ...1 8621 9841 686- 29885 %
70 % ...2 1112 2661 903- 36384 %
80 % ...2 5102 7342 212- 52281 %
90 % ...3 3173 6632 812- 85177 %
95 % ...4 2864 7973 489- 1 30873 %
99% ...7 6548 7985 635- 3 16364 %
Salariés équivalent temps complet du secteur privé et semi-public. Lecture : le salaire maximum des 90 % des femmes les moins bien rémunérées, ou le salaire minimum des 10 % les mieux rémunérées, équivaut à 77 % du salaire maximum des 90 % des hommes les moins bien rémunérés, ou du salaire minimum des 10 % des hommes les mieux rémunérés.
Source : Insee, DADS - données 2010


Qu’est-ce qu’un salaire en « équivalent temps plein » ?
Les salaires en équivalent temps plein permettent de prendre en compte les emplois à temps complet et à temps partiel. On transforme un salaire obtenu à temps partiel en déterminant à quel niveau il aurait été si l’emploi avait été à temps plein.

Les écarts dépendent aussi de la catégorie sociale

L’inégalité des salaires entre hommes et femmes est la plus forte chez les cadres (29,1 %) et donc parmi les salaires les plus élevés. A l’inverse, l’écart le plus faible se trouve parmi les employés (8,4 %), une catégorie majoritairement féminisée.



De l’écart total à l’écart « toutes choses égales par ailleurs » (données 2009)

1- L’écart total : les femmes touchent 24 % de moins

Tous temps de travail confondus (on ne transforme pas les salaires obtenus en temps partiel en équivalent temps complet), les salaires féminins valent en moyenne 76 % des salaires masculins, selon les données 2009 publiées par le ministère du travail (Les écarts de salaire entre les hommes et les femmes, Dares Analyses n°16, ministère du travail, mars 2012.). Les femmes touchent donc 24 % de moins (100 % -76 % = 24 %) que les hommes. Vu autrement, les hommes touchent 31 % de plus (100 divisé par 76, voir notre encadré méthodologique).

Dans quel sens mesurer les inégalités hommes-femmes ? Un peu de mathématiques appliqués aux inégalités

L’écart de salaires hommes-femmes est, dans l’immense majorité des cas, même par les féministes, présenté du point de vue masculin. On mesure combien les femmes touchent de moins que les hommes. Dans notre calcul, les hommes touchent 100, les femmes 76, ce sont les chiffres de la Dares. Elles perçoivent donc 100-76 = 24. 24 en moins rapporté aux 100 des hommes, cela fait 24 % en moins. Rien n’empêche de voir les choses autrement, du point de vue des femmes. Si l’on rapporte les 24 aux 76 des femmes, cela fait 24/76 = 31 %. Les hommes touchent 31 % de plus que les femmes. C’est simplement que les pourcentages ne sont pas réversibles, car ils ne s’appliquent pas à la même base de départ. Baissez un prix de 50 % pour un bien de 100 euros, vous l’avez à 50 euros. Augmentez-le de 50 %, et le voilà à 75 euros (car 50 % de 50 euros = 25 euros).
Entre hommes et femmes, aucune des deux méthodes n’est plus « juste » ou meilleure. Mais il est frappant de constater que celle qui aboutit au chiffre le plus faible s’est imposée dans le débat public.

2- L’écart pour des temps complets : les femmes touchent 14 % de moins

Le premier facteur explicatif des inégalités de salaires provient des différences de temps de travail. Les femmes sont cinq fois plus souvent en temps partiel que les hommes : leur revenu tous temps de travail confondu est logiquement inférieur à celui des hommes. De plus, le temps de travail des hommes est aussi accru par les heures supplémentaires qu’ils effectuent plus souvent que les femmes. Pourtant, en comparant des salaires à temps complet, les femmes perçoivent encore 14 % de moins (ce qui revient à dire que les hommes touchent 16 % de plus).

3- L’écart à poste et expérience équivalents : les femmes touchent 9 % de moins

Si l’on tient compte des différences de statut d’emploi (cadre, employé, ouvrier), d’expérience, de qualification (niveau de diplôme) et de secteur d’activité (éducation ou finance) environ 9 % de l’écart demeure inexpliqué selon les données de l’Insee.

Cette différence de traitement se rapproche d’une mesure de la discrimination pure pratiquée par les employeurs à l’encontre des femmes. Cependant, d’autres facteurs non mesurés ici peuvent entrer en jeu et justifier partiellement ce phénomène, à l’instar de la situation familiale, du domaine du diplôme possédé ou des interruptions de carrière. La discrimination pure serait de l’ordre de 6 ou 7 %.


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Date de rédaction le 29 janvier 2013

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