Hommes et femmes



Les inégalités de salaires hommes-femmes : état des lieux

29 janvier 2013 - Tous temps de travail confondus, les hommes gagnent 35 % de plus que les femmes. Près de 11 % des écarts de salaires entre les deux sexes sont inexpliqués et relèvent d’une discrimination « pure ».


Le salaire mensuel net moyen des hommes est de 2 389 euros pour un équivalent temps plein en 2013, celui des femmes de 1 934 euros, soit un écart de 455 euros, presque un demi Smic. Les hommes perçoivent donc, en moyenne, un salaire supérieur de 34,6 % (en équivalent temps plein, voir encadré ci-dessous) à celui des femmes. Ou, ce qui revient au même, les femmes touchent en moyenne 83,7 % du salaire des hommes, ou ont un salaire inférieur de 16,3 % (voir plus bas notre encadré méthodologique sur la façon de mesurer l’écart).


Qu’est-ce qu’un salaire en « équivalent temps plein » ?
Les salaires en équivalent temps plein permettent de prendre en compte les emplois à temps complet et à temps partiel. On transforme un salaire obtenu à temps partiel en déterminant à quel niveau il aurait été si l’emploi avait été à temps plein.

Plus on progresse dans l’échelle des salaires, plus l’écart entre les femmes et les hommes est important, les premières étant beaucoup moins nombreuses dans le haut de l’échelle. Toujours en équivalent temps plein, le niveau de salaire maximal des 10 % des femmes les moins bien rémunérées est inférieur de 8 % à celui des hommes (1 154 euros pour les femmes contre 1 254 euros pour les hommes). Le salaire minimum des 10 % des femmes les mieux rémunérées est inférieur de 22 % à celui des hommes (soit 3 036 euros pour les femmes contre 3 892 euros pour les hommes). Au niveau médian   des salaires, les femmes gagnent un salaire inférieur de 14 %, ce qui représente un écart de 263 euros par mois.

Ecarts de salaires selon le sexe et le niveau de salaire
Salaires mensuels nets en équivalent temps complet
Unité : euros
Hommes
Femmes
Ensemble
Ecart (en euros)
Ecart (en %)
10 % des salariés gagnent moins de1 2541 1541 200- 100- 8
20 % ...1 4151 2681 342- 147- 10
30 % ...1 5591 3741 471- 185- 12
40 % ...1 7091 4851 609- 224- 13
50 % ...1 8821 6191 772- 263- 14
60 % ...2 1001 7941 974- 306- 15
70 % ...2 4052 0292 244- 376- 16
80 % ...2 9212 3682 682- 553- 19
90 % ...3 8923 0363 544- 856- 22
5 % des salariés gagnent plus de5 0303 7564 526- 1 274- 25
1 % ...9 2536 0538 061- 3 200- 35
Ensemble2 3891 9342 202- 455- 19
Salariés en EQTP du privé et des entreprises publiques, y compris les bénéficiaires de contrats aidés. Sont exclus les apprentis, les stagiaires, les salariés agricoles et les salariés des particuliers employeurs. Lecture : 50 % des femmes ont un salaire inférieur à 1 619 euros par mois (en équivalent temps plein).
Source : Insee - Données 2013 - © Observatoire des inégalités

Les écarts dépendent aussi de la catégorie sociale

L’inégalité des salaires entre les sexes est la plus forte chez les cadres, donc parmi les salaires les plus élevés : les femmes gagnent 26,3 % de moins que les hommes. A l’inverse, l’écart le plus faible se trouve parmi les employés (- 9,3 %), une catégorie majoritairement féminisée.

Ecarts de salaires selon le sexe et la catégorie sociale
Salaires nets mensuels moyens en équivalent temps complet
Unité : euros
Hommes
Femmes
Ensemble
Ecart (en %)
Cadres supérieurs et chefs d'entreprise salariés4 3803 4694 072- 26,3
Professions intermédiaires2 3942 0682 254- 15,8
Employés1 7141 5681 612- 9,3
Ouvriers1 7361 4411 686- 20,5
Ensemble2 3891 9342 202- 19,0
écart cadres/ouvriers2 6442 0282 386
rapport cadres/ouvriers2,52,42,4
Salariés en EQTP du privé et des entreprises publiques, y compris les bénéficiaires de contrats aidés. Sont exclus les apprentis, les stagiaires, les salariés agricoles et les salariés des particuliers employeurs. Lecture : les femmes cadres supérieurs gagnent 26,3 % de moins que les hommes cadres (en équivalent temps plein).
Source : Insee - Données 2013 - © Observatoire des inégalités

1- L’écart total : les femmes touchent 25,7 % de moins que les hommes

Tous temps de travail confondus (temps partiels et temps complets rassemblés), les salaires féminins valent en moyenne 74,3 % des salaires masculins, selon les données 2012 du ministère du Travail [1]. Les femmes touchent donc 25,7 % de moins (100 %-74,3 % = 25,7 %) que les hommes. Vu autrement, les hommes touchent 34,6 % de plus (100 divisé par 74,3, voir notre encadré méthodologique).

Dans quel sens mesurer les inégalités hommes-femmes ? Un peu de mathématiques appliqués aux inégalités

L’écart de salaires hommes-femmes est, dans l’immense majorité des cas, présenté du point de vue masculin. On mesure combien les femmes touchent de moins que les hommes. Dans notre calcul, les hommes touchent 100, les femmes 74,3, ce sont les chiffres de la Dares. Elles perçoivent donc 100-74,3 = 25,7. 25,7 en moins rapporté aux 100 des hommes, cela fait 25,7 % en moins. Rien n’empêche de voir les choses autrement, du point de vue des femmes. Si l’on rapporte les 25,7 aux 74,3 des femmes, cela fait 25,7/74,3 = 34,6 %. Les hommes touchent 34,6 % de plus que les femmes. C’est simplement que les pourcentages ne sont pas réversibles, car ils ne s’appliquent pas à la même base de départ. Baissez un prix de 50 % pour un bien de 100 euros, vous l’avez à 50 euros. Augmentez-le de 50 %, et le voilà à 75 euros (car 50 % de 50 euros = 25 euros).
Entre hommes et femmes, aucune des deux méthodes n’est plus « juste » ou meilleure. Mais il est frappant de constater que celle qui aboutit au chiffre le plus faible s’est imposée dans le débat public.

2- L’écart pour des temps complets : les femmes touchent 16,3 % de moins

Le premier facteur explicatif des inégalités de salaires provient des différences de temps de travail. Les femmes sont quatre fois plus souvent en temps partiel que les hommes : leur revenu tous temps de travail confondu est logiquement inférieur à celui des hommes. De plus, le temps de travail des hommes est aussi accru par les heures supplémentaires qu’ils effectuent plus souvent que les femmes. Pourtant, en comparant des salaires à temps complet, les femmes perçoivent encore 16,3 % de moins.

3- L’écart à temps de travail et métiers équivalents : les femmes touchent 12,8 % de moins

Si l’on tient compte des différences de tranches d’âges, de type de contrat, de temps de travail, de secteur d’activité et de taille d’entreprise, environ 10,5 % d’écart demeure inexpliqué selon les données du ministère.

Cette différence de traitement se rapproche d’une discrimination pure pratiquée par les employeurs à l’encontre des femmes. Cependant, d’autres facteurs non mesurés ici peuvent entrer en jeu et justifier partiellement ce phénomène, à l’instar de la situation familiale, du domaine du diplôme possédé ou des interruptions de carrière.


Photo / © apops - Fotolia.com

Notes

[1Ségrégation professionnelle et écarts de salaires femmes-hommes, Dares Analyses n°082, ministère du Travail, novembre 2015.

Date de rédaction le 29 janvier 2013

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