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Les inégalités sociales sont fortes dès le collège

Données 31 août 2017

58 % des élèves des sections pour jeunes en difficulté au collège sont issus de catégories sociales défavorisées, 2 % sont enfants de cadres supérieurs. Selon le milieu social, la réussite des élèves au collège est très inégale.

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Dès l’entrée en sixième, les élèves ne sont plus sur un pied d’égalité. Plus de 20 % des enfants d’inactifs et plus de 10 % des enfants d’ouvriers ou d’employés ont redoublé, contre à peine 3 % des enfants de cadres supérieurs, selon le ministère de l’Éducation nationale (données 2015). Une partie des écarts puise son origine plus tôt, à l’école maternelle et au primaire.

Part d'élèves en retard à l'entrée en sixième selon l'origine sociale
Unité : %
Garçons
Filles
Agriculteur8,85,3
Artisan, commerçant9,26,6
Cadre3,12,1
Profession intermédiaire6,54,7
Enseignant2,62,0
Employé9,97,6
Ouvrier14,611,7
Retraité15,112,5
Inactif24,220,6
Ensemble10,98,6

Source : ministère de l'Éducation nationale - © Observatoire des inégalités - 2015

Dans les classes adaptées, 90 % d’enfants de milieux populaires

Les élèves ne suivent pas les mêmes filières. Les enfants d’ouvriers, d’employés et d’inactifs représentent près de 90 % des élèves des sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) [1], contre 53 % des jeunes qui suivent un enseignement général (données 2014). Les enfants de cadres supérieurs représentent 2 % des élèves de Segpa, dix fois moins que leur part dans l’enseignement général.

Répartition des collégiens selon la filière et la catégorie sociale
Unité : %
Enseignement général
Enseignement pour élèves en difficulté (Segpa)
Agriculteurs21
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise116
Cadres supérieurs212
Professions intermédiaires135
Employés1714
Ouvriers2744
Inactifs928
Total100100

Source : ministère de l'Éducation nationale - Données 2014 © Observatoire des inégalités

En fin de troisième, 10 % des élèves de milieux très favorisés ont déjà redoublé, 3,5 fois moins que les élèves de milieux défavorisés. La part d’élèves de milieux défavorisés en retard en fin de troisième a nettement baissé entre 2004 et 2013 (de 53 % à 35 %), mais l’écart avec les élèves de milieux très favorisés se maintient. Cette évolution reflète surtout un recours moindre au redoublement, qui a fait preuve de sa faible utilité, mais n’est pas réellement remplacé par des moyens nouveaux de rattrapage. Une partie plus importante qu’auparavant des jeunes termine le collège avec des lacunes, comme le montrent les évaluations réalisées en troisième ou seconde.

Évolution de la part d'élèves en retard en troisième selon la catégorie sociale
Unité : %
2004
2013
Très favorisée1910
Favorisée3117
Moyenne3823
Défavorisée5335
Total3924
Élèves de troisième, Segpa inclus, enseignement public et privé. Lecture : en 2004, 19 % des élèves de troisième très favorisés avaient un an de retard ou plus.
Source : ministère de l'Éducation nationale - © Observatoire des inégalités

Les résultats au brevet reflètent aussi l’origine sociale. Certes, le taux de réussite est en moyenne de 86,4 %, mais il varie de 80,8 % à 96,5 % selon que l’élève a un parent ouvrier ou cadre supérieur. Le score des enfants d’enseignants frôle les 100 %.

Taux de réussite au brevet des collèges selon l'origine sociale
Unité : %
Taux de réussite
Agriculteurs exploitants93,7
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise89,0
Cadres supérieurs96,5
- dont professeurs et assimilés97,9
Professions intermédiaires91,6
- dont instituteurs et assimilés96,8
Employés86,2
Ouvriers80,8
Ensemble86,4

Source : ministère de l'Éducation nationale - © Observatoire des inégalités - 2015

Les inégalités scolaires entre milieu sociaux se construisent avant le collège, mais celui-ci est un moment clé pour l’avenir des jeunes de milieu populaire en particulier. La coupure marquée avec le primaire dans la façon d’enseigner, l’académisme des enseignements (calqués sur l’enseignement universitaire), la fréquence des évaluations et bien d’autres facteurs défavorisent les plus défavorisés. Les modules de soutien scolaire mis en place ne peuvent pas grand-chose face à l’ampleur des écarts. Du coup, une partie des jeunes décrochent et attendent l’âge de fin de scolarité obligatoire faute de solution adaptée pour eux ou faute d’avoir été soutenus.

La fin de collège est un point de bifurcation essentiel dans le parcours éducatif. C’est au moment du passage en seconde, à l’âge de 15 ans, que le système scolaire sépare les jeunes d’une classe d’âge : 85 % des enfants de milieux favorisés continuent en seconde générale et technologique, deux fois plus que les enfants de milieux défavorisés. Une partie de ces derniers sont contraints d’opter pour des filières professionnelles et un avenir qu’ils ne souhaitent pas.

Contrairement à ce qui est souvent affirmé, le collège (comme l’école en général) n’augmente pas les inégalités : il joue un rôle essentiel pour les milieux populaires. Mais, faute d’avoir été adapté à la massification scolaire et modernisé, il laisse se développer progressivement les écarts de réussite scolaire.

Accès en seconde générale et technologique selon l'origine sociale
Unité : %
Origine sociale favorisée
Origine sociale défavorisée
Ecart en points
Rapport
Rapport des chances
196777,823,054,83,411,7
198577,526,750,82,99,4
199487,840,147,72,210,7
200084,639,045,62,28,6
201284,842,442,42,07,6
Pour les années, il s'agit de suivi des élèves entrés en sixième cinq ans plus tôt. Certains ont redoublé.
Source : Cnesco d'après ministère de l'Éducation nationale et Ined - © Observatoire des inégalités
Le rapport des chances : il compare les chances d’accès en seconde d’une catégorie à une autre. Les chances d’une catégorie donnée sont mesurées par le rapport entre la part de ceux qui accèdent en seconde et de ceux qui n’y accèdent pas. Par exemple, pour un enfant d’origine sociale favorisée, la « chance » d’accéder à la seconde en 1967 est de 77,8 % (part de ceux qui y accèdent) divisé par 22,2 % (part de ceux qui n’y accèdent pas), soit 3,5. Pour un enfant d’origine défavorisée, elle est de 23 % divisé par 77 % = 0,30. Le rapport de chances est de 3,5 divisé par 0,3 = 11,7.

Photo / © drivepix - Fotolia


[1Ces sections accueillent les collégiens présentant des difficultés scolaires ’graves et durables’.


Date de première rédaction le 18 novembre 2010.
© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

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