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Les dix quartiers prioritaires les plus pauvres de France

Données 19 juillet 2016

Les quartiers les plus en difficulté affichent des taux de pauvreté supérieurs à 70 %. Près de deux fois plus que dans l’ensemble des quartiers prioritaires de la ville et cinq fois plus que la moyenne nationale. Notre classement des dix quartiers prioritaires les plus pauvres de France.

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Avec un taux de pauvreté de 87 % [1], le quartier « Résidence Sociale Nicéa » à Nice est le plus pauvre des quartiers prioritaires de France, suivi du quartier « Jeanne D’Arc – Clisson » dans le 13e arrondissement de Paris avec un taux de 74,8 % et « Pous Du Plan », situé à Carpentras dans le Vaucluse, avec un taux de 72,1 %, selon les données 2012 de l’Insee. Ces taux de pauvreté sont sans commune mesure avec la moyenne des quartiers les plus en difficulté [2] (42 %), dont le niveau est déjà considérable.

Le seuil de pauvreté que nous utilisons ici, le seul disponible, est celui à 60 % du niveau de vie médian  . Il représente, en 2013, 1 000 euros pour une personne seule, 2 500 euros pour une famille avec deux enfants de plus de 14 ans. Il ne s’agit donc pas de la « grande pauvreté » mais les taux élevés de ces dix quartiers font apparaître le degré de concentration de la pauvreté dans quelques territoires. Dans l’ensemble des quartiers prioritaires, la moitié des habitants dispose de moins de 1 073 euros par mois pour vivre. Dans notre classement, la moitié vit avec un revenu compris entre 300 et 600 euros mensuels. Un taux de pauvreté de 70 % au seuil à 60 % du revenu médian   signifie qu’une fraction entière des personnes qui habitent dans ces cités vit dans le plus grand dénuement.

Les 10 quartiers prioritaires les plus pauvres de France
Commune
Population en 2010
Taux de pauvreté* en 2012 (en %)
Résidence Sociale NicéaNice (06)2 14087,0
Jeanne D'Arc - ClissonParis 13e (75)1 93074,8
Pous Du PlanCarpentras (83)1 36072,1
Justice - Butte BlancheBezons, Argenteuil (95)1 25069,3
ChevreuxSoissons (02)1 12067,7
Quartier Bas-Vernet Perpignan (66)2 60067,5
Pissevin - ValdegourNîmes (30)15 38066,5
GretteBesançon (25)moins de 2 00065,4
Provinces FrançaisesMaubeuge (59)1 58065,4
Sainte MusseToulon (83)2 46065,4
France métropolitaine. * Seuil de pauvreté à 60 % du revenu médian.
Source : Insee - © Observatoire des inégalités

Les dix quartiers les plus pauvres de France se caractérisent par plusieurs indicateurs communs. La population y est jeune. Dans l’ensemble des quartiers prioritaires français, les moins de 14 ans représentent 24 % de la population. Tous les territoires qui nous intéressent ici sont au-dessus de ce taux : 31,3 % à Argenteuil dans le quartier « Justice – Butte Blanche », 29,8 % à « Pissevin – Valdegour » à Nîmes, ou encore 28,7 % dans le quartier « Jeanne D’Arc – Clisson » à Paris (Insee, données 2011). Seul le premier de notre classement, « Résidence Sociale Nicéa » à Nice fait exception avec une faible part de jeunes (6 %).

Les familles nombreuses sont davantage représentées. La part des ménages de cinq personnes et plus (Insee, données 2012) représente 28 % de la population dans le quartier « Jeanne d’Arc-Clisson » à Paris, 26 % à « Chevreux » à Soissons, un quart à « Sainte Musse » à Toulon. Des taux bien au-dessus de la moyenne de tous les quartiers en difficulté (14 %), déjà près de deux fois supérieure à celle des villes en dehors de ces quartiers. Les familles monoparentales sont aussi plus présentes dans les quartiers les plus pauvres. Elles forment 18 % de la population en moyenne dans les quartiers prioritaires de la ville, mais 27,6 % dans celui de « Provinces Françaises » à Maubeuge, 21,8 % des ménages à « Chevreux » à Soissons (Insee, données 2012).

Les habitants de ces cités très pauvres sont beaucoup moins souvent diplômés. Parmi les personnes ayant quitté le système scolaire, la part de la population sans diplôme ou avec un diplôme inférieur au bac est de 75 % (Insee, données 2010), contre 55 % hors de ces quartiers défavorisés. Dans les quartiers de notre classement, ce taux est en moyenne de 80 %. La part des personnes sans diplôme atteint 86,9 % à « Pous Du Plan » à Carpentras, 83,7 % à « Provinces Françaises » à Maubeuge. Il faut noter que la plupart des diplômés ne restent pas dans leur quartier d’origine une fois intégrés sur le marché du travail.

Notre classement a ses limites. Seuls les quartiers prioritaires de la ville sont considérés ici : il est possible que l’on observe des poches de pauvreté aussi hors de ces quartiers. Certains de nos quartiers comptent très peu d’habitants. Dans les quartiers les plus peuplés de la politique de la ville, la moyenne du niveau de pauvreté peut être trompeuse : si on avait divisé en « sous-quartiers » ces territoires à forte densité de population, on aurait probablement obtenu des taux de pauvreté de l’ordre de ceux qui apparaissent dans notre classement.

Ces quartiers de la grande pauvreté sont loin de l’image qu’on en donne parfois. Le chômage, le travail précaire et la pauvreté y sont beaucoup plus répandus qu’ailleurs mais on n’y vit pas uniquement de l’argent public et de trafics en tout genre. Contrairement aux « cités » qui font la Une des journaux, les quartiers présentés ici ne sont pas forcément situés où on les attend. La moitié se trouve dans le Sud de la France, peu sont en banlieue parisienne ou dans le Nord de la France. Il ne s’agit ni de « ghettos », ni de territoires de non-droit, mais simplement de lieux où vit la population la plus pauvre de France, même s’ils sont parfois très proches de l’extrême richesse, comme c’est le cas dans le 13e arrondissement à Paris.

Méthode
Nous avons trié les quartiers en difficulté par niveau de pauvreté [3] (taux à 60 % du revenu médian   [4]), sans prendre en compte le nombre d’habitants, pour obtenir le classement des dix plus pauvres parmi les 1 296 quartiers prioritaires de France métropolitaine. Ces dix quartiers ont une population comprise entre 1 100 et 2 600 habitants, excepté le quartier « Pissevin-Valdegour » à Nîmes qui en compte 15 400.

Pour en savoir plus :
Lire notre article « Portrait des quartiers en difficulté ».

Photo / DR


[1Le seuil de pauvreté utilisé ici est fixé au seuil de 60 % du niveau de vie médian

[2Nous avons simplifié le terme exact qui est « Quartiers prioritaires de la ville (QPV) ». Ces quartiers sont ceux jugés comme les plus en difficulté par l’Etat. En décembre 2014, les contours des quartiers de la politique de la ville ont été redéfinis en prenant en compte le seul critère du revenu.

[4Seul taux disponible, l’Insee ne diffuse pas le taux de pauvreté à 50 %.


Date de première rédaction le 19 juillet 2016.
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