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Éducation

De moins en moins de jeunes sans diplôme

Données 15 juillet 2016

9 % des 18-24 ans ont quitté l’école avec, au maximum, le brevet. Ils étaient 41 % en 1978. Article extrait du Centre d’observation de la société.

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En 1978, 41 % des jeunes de 18 à 24 ans avaient quitté le système scolaire avec au mieux le brevet de fin de troisième et ne suivaient aucune formation. Ils sont qualifiés par le ministère de l’Éducation nationale de ’sortants précoces’ (voir la définition en encadré). Depuis, la proportion a été divisée par quatre et s’établit à 9,3 % en France en 2015 selon les données publiées par Eurostat. Cela concerne environ 80 000 jeunes par an.

Si l’on observe les évolutions de longue période, l’élévation du niveau de qualification de la population et la diminution de la part des peu diplômés sont nettes. La description souvent faite d’un système scolaire produisant de l’échec en masse est trompeuse. Parmi les 9,3 % de sortants précoces, une partie a continué au lycée mais sans obtenir le bac. La population d’illettrés parmi les jeunes est inférieure à 5 % [1].

Les difficultés de ceux qui n’arrivent pas à décrocher un titre scolaire, notamment en matière d’insertion professionnelle, n’en restent pas moins importantes. Depuis les années 1980, le monde du travail a élevé ses exigences du fait de l’évolution des technologies, mais surtout de la persistance d’un chômage massif. Les candidats à l’embauche sont nombreux et les entreprises privilégient les plus diplômés. D’où un effet de file d’attente et de déclassement de la jeunesse. Par ailleurs, depuis le milieu des années 2000, la part des sortants précoces ne diminue plus guère, autour de 10 % [2]. Cette évolution coïncide avec une diminution des dépenses d’éducation [3] de notre pays rapportées au PIB.

Deux questions se posent. La première est celle de la qualification des jeunes : comment s’assurer que tous soient mieux formés, alors que notre système est parmi les plus sélectifs ? En mettant l’accent sur le tri des meilleurs, l’école française tend à accorder moins d’importance que celle d’autres pays à ceux qui ne réussissent pas à suivre le rythme. La seconde est celle de la place faite par les employeurs aux diplômes en regard d’autres critères comme la compétence personnelle, le fait d’avoir eu des activités non scolaires par exemple. [4]

      
Jeunes au faible niveau de formation en Europe
Unité : %
2005
2015
Evolution (en points de %)
Espagne 31,020,0- 11,0
Italie 22,114,7- 7,4
Portugal 38,313,7- 24,6
Union européenne 15,711,0- 4,7
Royaume-Uni 11,510,8- 0,7
Norvège17,8*10,2- 7,6
Belgique12,910,1- 2,8
Allemagne 13,510,1- 3,4
France 12,59,3- 3,2
Finlande 10,39,2- 1,1
Grèce13,37,9- 5,4
Danemark 8,77,8- 0,9
Autriche9,37,3- 2,0
Suède 10,87,0- 3,8
Irlande12,56,9- 5,6
* 2006. Personnes de 18 à 24 ans dont le niveau d'études ne dépasse pas le premier cycle du secondaire et qui ne suivent aucune formation.
Source : Eurostat (données extraites le 6 juillet 2016) - © Observatoire des inégalités
Qui sont les ’sortants précoces’ ?
On mesure la part de jeunes de 18 à 24 ans ayant un faible niveau de formation de trois façons différentes. Selon le ministère de l’Education nationale, les jeunes ’sans qualification’ sont ceux qui ont interrompu leurs études au mieux au niveau de fin de troisième ou de première année de CAP ou de BEP (environ 40 000 jeunes par an). Ils ont arrêté leur scolarité à ce moment.
Le ministère utilise de plus en plus le concept européen de ’sortants précoces’ : ceux qui, de 18 à 24 ans, ont au mieux le brevet de fin de troisième et ne suivent aucune formation par ailleurs (environ 80 000 jeunes). Ils peuvent avoir poursuivi leur scolarité après la troisième.
Certaines études portent sur les jeunes ’sans diplôme’ : elles incluent les jeunes sans qualification et tous ceux qui sont allés jusqu’à l’année de terminale du lycée sans obtenir le baccalauréat (environ 140 000 jeunes). Ces jeunes n’ont pas de titre scolaire mais une grande partie dispose de compétences nettement supérieures à ceux qui ont dû arrêter l’école en troisième. Cette donnée souvent mise en avant dans le débat public exagère donc le phénomène.

Article extrait du Centre d’observation de la société.

Photo / DR


[1Voir ’L’illettrisme diminue, mais la société est plus exigeante’, Centre d’observation de la société, 15 mai 2014.

[2La baisse de 2013 étant liée à une rupture de série.

[4Sur ce sujet, voir Les sociétés et leurs écoles. Emprise du diplôme et cohésion sociale, François Dubet, Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout, Seuil, 2010.


Date de première rédaction le 15 juillet 2016.
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