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Revenus, patrimoine, pauvreté

Riches, pauvres et classes moyennes : comment se situer ?

Données 31 janvier 2019

Comment situer les catégories populaires, moyennes et aisées en fonction de leurs revenus et de la taille du ménage ? À quel niveau est-on riche, pauvre ou moyen ? Les estimations de l’Observatoire des inégalités.

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À partir de quel niveau de revenu est-on riche ou pauvre, appartient-on aux classes « populaires », « moyennes » ou « aisées » ? Cette question centrale est très souvent laissée dans le vague. L’Observatoire des inégalités considère comme appartenant aux classes moyennes les personnes situées entre les 30 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches. À l’intérieur des catégories populaires, nous distinguons les personnes pauvres, en fixant le seuil de pauvreté à la moitié du revenu médian (la moitié de la population touche moins, l’autre moitié davantage). Au sein des couches aisées, nous distinguons une population « riche » en utilisant comme seuil le double du revenu médian [1]. Nous avons réalisé nos calculs à partir des données 2016 de l’Insee. Il s’agit de revenus mensuels après impôts et prestations sociales, qu’on nomme « le revenu disponible ».

Selon nos estimations, le seuil de pauvreté vaut 781 euros par mois pour une personne seule [2], 1 518 euros pour un couple sans enfant et 1 999 euros pour un couple avec deux enfants. Les catégories populaires (les 30 % les plus modestes) rassemblent ceux qui touchent moins de 1 265 euros par mois pour une personne, 2 468 euros pour un couple sans enfant et 3 302 euros pour un couple avec deux enfants. Le niveau de vie mensuel des classes moyennes est situé entre 1 265 et 2 275 euros par mois pour une personne seule, entre 2 468 et 4 423 euros pour un couple sans enfant et entre 3 302 et 5 743 euros pour un couple avec deux enfants. Les catégories aisées se situent au-dessus de ces niveaux. Si on fixe le seuil de richesse au niveau du double du revenu médian, on devient riche à partir de 3 125 euros mensuels pour une personne seule, 6 072 euros pour un couple sans enfant et 7 995 euros pour une famille avec deux enfants.

Les frontières que nous établissons sont bien sûr discutables. Il s’agit bien de revenus après impôts et prestations sociales et non des seuls salaires. Pour le commun des mortels, le revenu, c’est le salaire (voir encadré) et la notion de revenu « disponible » n’est pas toujours simple à comprendre. Notre seuil de pauvreté est bas : le plus souvent, les statisticiens utilisent le seuil à 60 % du niveau de vie médian et non celui à 50 % que nous retenons ici. Notre définition purement monétaire (le revenu) des catégories populaires est restrictive. La définition sociologique, par le biais des professions, englobe en général l’ensemble des employés et des ouvriers. Ils représentent la moitié des actifs et non seulement 30 % de la population comme nous le faisons ici. Nos catégories « aisées » rassemblent des ménages aux revenus très inégaux, des cadres supérieurs aux PDG de multinationales et la limite supérieure de notre graphique (qui semble être de 9 000 euros) devrait être bien plus haute. Le seuil de richesse pourrait être déterminé autrement, en utilisant par exemple la notion de patrimoine. Enfin, ces données ne prennent en compte ni le niveau de patrimoine détenu, ni le coût du logement [3] ou des transports, qui réduisent les niveaux de vie et dépendent des territoires où l’on vit.

Le premier intérêt de nos estimations est d’éviter de mélanger des revenus par personne avec ceux de ménages de formes différentes : des célibataires, des couples, des familles, etc. Connaître le niveau de vie médian « pour un adulte » n’est pas très parlant pour la plupart des ménages au sein desquels il peut y avoir deux revenus, un ou plusieurs enfants. Ces seuils permettent aussi de dresser les contours des différentes catégories de revenus (populaires, moyennes, aisées). Même s’ils sont critiquables, ils permettent d’ouvrir un débat.

De quels revenus parle-t-on ?
Les données qui se rapprochent le plus de ce qu’un ménage peut vraiment dépenser sont fournies par l’Insee, via les déclarations d’impôts. On y trouve l’ensemble des revenus : les salaires, mais aussi les revenus du patrimoine ou des indépendants par exemple [4]. L’Insee en retire les impôts directs (impôt sur le revenu et impôts locaux) puis y ajoute les prestations sociales (comme les allocations logement). On mesure alors des revenus que l’on nomme « disponibles ».

Il faut ensuite tenir compte de la composition des ménages : personnes seules, familles monoparentales, couples sans enfants, etc. [5]. Le plus souvent, on utilise pour cela des systèmes de parts fictives (dites « unités de consommation ») qui permettent de comparer les ménages entre eux. Mais alors, les revenus ne correspondent pas à la réalité des ressources réellement perçues, que nous publions ici. Dans nos données, nous mesurons ce que chaque type de ménage touche vraiment.

Photo / © elavuk81 - Fotolia.com


[1Une définition qui vaut celle du seuil de pauvreté. Voir notre article « À quel niveau de vie est-on riche ? ».

[2Donnée qu’il ne faut pas confondre avec le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian pour « l’équivalent d’une personne seule », qui est un calcul théorique. Dans notre article, il s’agit de ce que touchent vraiment les personnes seules. Voir notre article « Les seuils de pauvreté en France » pour en savoir plus.

[3Difficile à intégrer dans la mesure où il faudrait savoir si la localisation du logement est subie ou choisie.

[4À noter toutefois : les revenus qui ne sont pas déclarés (possibilité ouverte aux non-salariés) échappent par définition au calcul.

[5On pourrait encore affiner, par exemple en tenant compte du nombre d’enfants présent dans chaque famille.


Date de première rédaction le 7 avril 2014.
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