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Villes riches, villes pauvres : le revenu des habitants

Données 23 novembre 2012

L’Observatoire des inégalités présente son classement des villes où les habitants sont les plus riches et des villes où ils sont les plus pauvres parmi les 200 plus grandes villes de France. A Neuilly-sur-Seine, le revenu médian par habitant est 4,5 fois plus élevé qu’à Roubaix.

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A Aubervilliers, en banlieue parisienne, la moitié de la population vit avec moins de 10 800 euros pour une personne (hors prestations sociales). A Boulogne-Billancourt, à quelques kilomètres, la moitié des habitants dispose de moins de… 30 800 euros, soit 20 000 euros de plus. Après avoir publié le classement des villes inégalitaires (voir notre article Le palmarès des villes françaises les plus inégalitaires), l’Observatoire des inégalités présente celui du revenu médian, celui qui partage la population en deux (autant gagne moins, autant gagne plus) pour les 200 plus grandes communes (voir « notre méthode »).

Les villes où la population a le revenu médian le plus élevé

Les 16 premières villes de notre classement d’après le revenu médian par habitant, sont situées dans la région parisienne, la plupart dans les Hauts-de-Seine. On y trouve de grandes agglomérations, comme Boulogne-Billancourt et Paris, mais aussi bon nombre de communes de plus petite taille comme Meudon ou Suresnes. En tête de notre classement figure Neuilly-sur-Seine, commune où la population est de loin la plus aisée de France pour les villes de cette taille. Le revenu médian - 44 000 euros par an – y est supérieur de 44 % à Boulogne-Billancourt, qui arrive en seconde position. Il est 2,5 fois plus élevé qu’à Brest, ville du milieu de notre classement (17 500 euros de revenus annuels).

Marcq-en-Barœul, dans la banlieue lilloise, est la première commune hors Ile-de-France de notre classement avec la 17e position, Caluire-et-Cuire, proche de Lyon, arrive 21e. Parmi les autres villes qui se situent hors de la région parisienne, on trouve des communes du sud-est comme Aix-en-Provence, Saint-Raphaël, Antibes ou Six-Four-les-Plages et du sud-ouest comme Pessac, Anglet, Mérignac. Pour partie, ces communes attirent des retraités aisés qui viennent s’y établir une fois leur vie professionnelle terminée.

Les villes où la population est la plus pauvre

Tout en bas de l’échelle, le revenu médian est très inférieur : il se situe entre 10 et 15 000 euros annuels. Roubaix, dans le Nord, affiche seulement 9 540 euros par personne, La Courneuve en Seine-Saint-Denis 10 420 euros, Vaulx-en-Velin dans le Rhône 11 821 euros... Neuilly-sur-Seine mise à part, c’est trois fois moins que les villes du haut de notre classement. On trouve là aussi beaucoup de communes de la région parisienne (la moitié des 20 villes du bas de l’échelle), ce qui illustre la force des inégalités au sein de ce territoire. Le revenu médian est deux fois plus élevé à Suresnes (27 200 euros) qu’à Gennevilliers (13 500 euros), villes situées à 10 km l’une de l’autre… On trouve par ailleurs un certain nombre de communes de la région Nord-Pas-de-Calais (Roubaix, mais aussi Boulogne-sur-Mer ou Tourcoing) et du Rhône (Vaulx-en-Velin ou Vénissieux).

Il faut utiliser ces données avec précaution car elles n’intègrent pas les prestations sociales et tendent à minimiser les revenus des plus pauvres (voir « notre méthode »), mais elles illustrent les inégalités qui existent au sein du territoire français. Le revenu ne préjuge pas des inégalités à l’intérieur des villes. Neuilly-sur-Seine et Roubaix, situées aux extrêmes de notre classement, sont aussi les villes les plus inégalitaires. Dans la première, les riches sont démesurément riches, mais on y trouve aussi des populations démunies. Dans la seconde, la pauvreté est beaucoup plus accentuée, selon les données publiées par le bureau d’études Compas (voir
Premières estimations du taux de pauvreté des plus grandes communes de France), le taux de pauvreté au seuil de 60 % y atteint 46 % : mais cela n’empêche pas qu’y vit aussi une population très aisée.
Les villes dont le revenu médian est le moins élevé sont celles qui souffrent actuellement de la crise, où le chômage est élevé. La part de la population peu qualifiée y est plus importante, certaines souffrent en particulier des difficultés de l’industrie. Bien souvent, ce sont ces villes qui depuis les années 1970 ont mis en place des politiques de développement du logement social pour loger les catégories populaires et moyennes, et qui aujourd’hui font aussi face à des difficultés financières pour répondre aux besoins sociaux des habitants.

Téléchargez les données pour les 200 plus grandes villes de France métropolitaine

Notre méthode :

Nous avons retenu dans notre classement les 200 villes les plus importantes par leur population. Nous les avons ensuite classées selon le revenu médian annuel par personne (revenu qui sépare l’effectif en deux, autant gagne moins, autant gagne plus). Attention : il ne s’agit pas de revenus moyens. Les données utilisées sont issues des données fiscales 2010 de l’Insee. Elles ne comprennent pas les impôts payés et les prestations reçues. Elles tendent donc à surestimer les revenus réels des plus riches et à minimiser ceux des plus pauvres. Sans modifier radicalement ce palmarès, la prise en compte des coûts du logement réduirait une partie de ces écarts. Elle mettrait aussi en lumière l’ampleur des difficultés que rencontrent les habitants les plus démunis à se loger là où les loyers sont les plus élevés.

Photo / © Dmitry Nikolaev - Fotolia.com


Date de première rédaction le 23 novembre 2012.
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