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Les jeunes et l’éducation

Analyses 25 février 2009

La jeunesse a bénéficié de l’allongement des durées de scolarisation des années 1960 au milieu des années 1990 et le niveau des élèves n’a cessé de s’élever. Toutefois, le niveau de diplôme atteint par les jeunes est toujours très lié au milieu social. Une analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Éducation Ages et générations
Qui sont les jeunes ?

Cet article fait partie d’un dossier, réalisé par l’Observatoire des inégalités en partenariat avec Jeunesses en régions, qui dresse le portrait des 15-30 ans, aux premières loges de la crise de l’emploi et du mal logement.

Pour beaucoup, l’âge de la jeunesse est marqué par une grande transition : le passage de l’école à l’emploi [1]. A 15 ans, toute la jeunesse est sur les bancs de l’école, c’est même une obligation en France. A 30 ans, 0,5 % sont encore scolarisés, et ceux qui jouent les prolongations trop longtemps ne sont pas forcément bien vus, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays. En France, il faut sortir relativement rapidement des études, et surtout avec un titre scolaire prestigieux… Si on observe la jeunesse par le biais du prisme des générations, celle-ci a largement profité de l’allongement des durées de scolarisation des années 1960 au milieu des années 1990.

Contrairement aux discours récurrents depuis le XIXe siècle, le niveau des jeunes ne cesse de s’élever. C’est notamment pour avoir su former sa jeunesse que la France figure parmi les pays les plus productifs au monde et les plus grands exportateurs par habitant de la planète. Il n’en demeure pas moins que photographiée à un instant T, la jeunesse se présente sous des jours très divers. Entre 15 et 30 ans, on s’en doute, les situations n’ont souvent rien à voir. A 19 ans, déjà un tiers des jeunes n’est plus scolarisé. Le plus souvent, ils exercent un emploi, rarement durable, ou sont au chômage. Certains ont d’ailleurs déjà connu le monde du travail via l’apprentissage (depuis plusieurs années). Pas grand-chose de commun avec les jeunes qui à cet âge amorcent leur « carrière » dans l’enseignement supérieur, en entrant à l’université ou dans une classe préparatoire aux grandes écoles.

L’assimilation de la jeunesse à l’univers étudiant est largement erronée. Au mieux, à 20 ans, 40 % d’une génération se trouve à l’université. Que certains quitteront rapidement car il s’agissait d’un choix d’attente, avant d’entrer sur le marché du travail. A 23 ans, un jeune sur cinq est encore scolarisé dans le supérieur. Les études longues sont donc loin d’être généralisées. Le rapport à l’école dépend pour une bonne part du milieu social d’origine. A 18 ans, 9 % des enfants d’ouvriers sont à l’université, contre 45 % des enfants de cadres. Les trois-quarts des élèves de classes préparatoires sont issus des professions intermédiaires ou de cadres supérieurs. La « lutte des places » reste particulièrement vive en France, et à ce jeu, ceux dont les parents sont les plus diplômés, qui sont déjà « passés par là », réussissent le mieux.

Ce jeu n’est pas une mécanique. D’une part, parce que la pression est parfois tellement forte dans un pays où le diplôme est sacralisé, qu’une partie des plus favorisés finissent par craquer, quel que soit les atouts que leur offre leur environnement. D’autre part, parce que le « handicap » du milieu social n’est pas insurmontable. Même s’ils sont peu nombreux, et même s’ils doivent redoubler d’efforts, des enfants d’ouvriers et d’employés sont présents dans les filières de prestige. Pour partie, la sélection s’effectue en quelque sorte « au bluff » : les moins favorisés des jeunes intériorisent le fait de ne pas réussir dans telle ou telle filière et n’osent tout simplement pas faire le pas de s’y inscrire ou de tenter un concours qui leur semble a priori hors de portée, alors qu’il ne l’est pas forcément compte tenu de leur niveau scolaire. Malheureusement, le système d’orientation français, au lieu d’inverser cette tendance, l’accompagne plutôt…

Les jeunes filles sont-elles meilleures à l’école ?

La thèse selon laquelle les filles réussissent mieux à l’école que les garçons est désormais devenue une sorte de lieu commun. Est-ce si vrai que cela ? Les filles réussissent mieux en français dans les petites classes, ont plus souvent leur bac et une licence, voire un master. On compte plus de filles que de garçons à l’université. Mais quand on creuse, on s’aperçoit que les garçons ont de meilleurs résultats en mathématiques au primaire, écart qui s’estompe en troisième. Au lycée, ils sont beaucoup plus représentés dans la filière S (scientifique), qui conduit aux filières les plus sélectives de l’enseignement supérieur. A l’université, les garçons sont moins nombreux que les filles, mais obtiennent plus souvent un doctorat. Les filles représentent les trois-quarts des classes préparatoires littéraires, mais seulement 30 % des scientifiques. Elles ne représentent qu’un gros quart des élèves en école d’ingénieur.

Des chiffres repères


L’origine sociale des élèves de la 6ème aux classes préparatoires



La scolarisation des jeunes à 18 ans, en fonction de leur origine sociale



Photo / © Eugenio Marongiu - Fotolia.com


[1Même si le modèle d’activité est généralisé, il n’est pas unique. Une partie des jeunes, et notamment des filles, n’entre pas sur le marché du travail


Date de première rédaction le 25 février 2009.
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