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Revenus, patrimoine

La misère persiste en France, l’un des pays les plus riches au monde

Données 5 septembre 2017

La France compte 2,3 millions de personnes vivant avec moins de 672 euros par mois et 1,9 million de bénéficiaires de l’aide alimentaire. La grande pauvreté persiste en France.

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Le seuil de pauvreté le plus utilisé en France, celui à 60 % du niveau de vie médian  , vaut 1 000 euros mensuels pour une personne seule. Sous ce seuil, on trouve à la fois de personnes qui vivent dans la misère, mais aussi des familles modestes qui disposent d’un logement et de conditions de vie décentes. Combien sont réellement les plus pauvres ? Plusieurs méthodes permettent de le savoir : le taux de pauvreté à 40 % du niveau de vie médian  , le nombre d’allocataires des minima sociaux, celui des mal-logés et enfin des bénéficiaires des banques alimentaires. [1].

En France, 2,3 millions de personnes vivent avec au mieux 672 euros par mois pour une personne seule, ce qui correspond au seuil à 40 % du niveau de vie médian  , selon l’Insee (données 2014). Pour elles, il est quasiment impossible notamment de se loger dignement sans des compléments de revenus : l’aide de parents, d’amis, des petits boulots ou du travail non déclaré.

Quatre millions de ménages doivent se contenter de minima sociaux (ce qui représente plus de six millions de personnes si l’on comprend les conjoints et les enfants), selon le ministère des Affaires sociales (données 2015). Si l’allocation adulte handicapé ou le minimum vieillesse atteignent 800 euros mensuels, le montant du RSA socle est de 535 euros pour une personne, 1 145 euros pour un couple avec deux enfants en 2017 [2]. De trop faibles revenus pour vivre, qui contraignent, là aussi, à faire appel à la famille, aux amis, aux associations ou à accepter n’importe quel ’petit boulot’.

Près de 900 000 personnes n’ont pas de domicile personnel, dont plus de 600 000 sont hébergées de façon contrainte chez des tiers, selon la Fondation Abbé Pierre. Parmi eux, près de 70 000 n’ont aucun lien familial avec celui qui les reçoit [3]. 2,8 millions vivent dans des conditions d’habitat très difficiles, 140 000 n’ont pas du tout de domicile. Plus de 10 000 personnes dorment dans la rue selon l’Insee (données 2012).

Comble pour l’un des premiers producteurs agricoles mondiaux, pour manger, près de deux millions de personnes auraient eu recours à l’aide alimentaire en 2015 [4]. Un chiffre sans doute minimisé car il ne concerne « que » les bénéficiaires des 5 000 associations et organismes sociaux partenaires des Banques Alimentaires.

Dans l’un des pays les plus riches au monde, des dizaines de milliers de personnes vivent dans des conditions très dégradées, dorment dans la rue, vivent dans des mobil-homes, des caves. Ces situations sont vécues d’autant plus violemment que cette misère s’intègre dans une société où les niveaux de vie moyens sont très élevés, où les conditions de logement se sont améliorées au cours des dernières décennies et où l’accès à la consommation s’est largement diffusé.

La grande pauvreté en France
Nombre
Personnes vivant sous le seuil de pauvreté à 40 % du revenu médian (Insee - 2014)2 269 000
Personnes sans domicile personnel (Fondation Abbé Pierre - 2017)896 000
- dont personnes hébergées chez des tiers dans des conditions de logement très difficiles643 000
- dont personnes sans domicile* 143 000
- dont habitats de fortune (cabane, camping, etc.)85 000
Personnes en habitat dégradé ou exigu2 819 000
- dont logements inconfortables2 090 000
- dont logements surpeuplés934 000
Personnes bénéficiaires des Banques Alimentaires (Banques Alimentaires - 2015)1 900 000
Allocataires de minima sociaux (Drees - 2015)4 149 100
- dont RSA socle1 945 900
*Personnes qui ont passé la nuit précédant l’enquête dans un lieu non prévu pour l’habitation, une halte de nuit ou un service d’hébergement (hôtel, dortoir ou chambre d’hébergement collectif, etc.).
Source : Insee, Fondation Abbé Pierre, Caf, Banques Alimentaires, Drees - © Observatoire des inégalités

Photo /DR


[1Ces différentes mesures ne sont pas cumulables entre elles car elles se recoupent pour partie.

[2Le RSA est une allocation dite ’différentielle’ : si vous touchez d’autres prestations sociales, elles sont à déduire.

[3Voir le « 22e rapport sur le mal-logement », Fondation Abbé Pierre, janvier 2017. Lire aussi notre article « Quatre millions de mal-logés : de quoi parle-t-on au juste ? ».

[4Les bénéficiaires de l’aide alimentaire via d’autres associations que les Banques Alimentaires ne sont pas comptabilisées ici. Voir « Chiffres réseau Banques Alimentaires 2015-2016 », Fédération des Banques Alimentaires.


Date de première rédaction le 16 octobre 2012.
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