Observatoire des inégalités
Bouton menu

Contre les inégalités, l’information est une arme

Bouton soutenir
Emploi

3,4 millions de salariés précaires en France

Données 7 octobre 2016

La France compte 25,8 millions d’emplois, occupés par 22,9 millions de salariés et trois millions d’indépendants. 13 % des emplois, soit 3,4 millions de personnes, ont un statut précaire.

Emploi Précarité

Les trois quarts des emplois sont des contrats à durée indéterminée du privé (59 %) et de fonctionnaires dans le public (16 %) selon les données 2015 de l’Insee. 13 % des emplois ont un statut précaire, ce qui représente 3,4 millions de personnes. Il s’agit principalement de contrats à durée déterminée (7,5 % du total des emplois) et des intérimaires (2 %).

L’évaluation du niveau de la précarité n’est pas facile. Les apprentis et une partie des personnes en contrat aidé reçoivent une formation. On pourrait les compter à part, même si leur contrat de travail est effectivement précaire. En revanche, les données de l’Insee n’intègrent pas les précaires non salariés dont une partie, surtout la moins qualifiée, est soumise aux aléas des contrats au jour le jour (voir encadré). Elles masquent aussi le fait que, malgré leur contrat à durée indéterminée, une partie des salariés les moins qualifiés, notamment dans les PME, sont peu protégés des fluctuations économiques. Enfin, ces données moyennes cachent l’impact de la précarité pour les jeunes (voir notre article L’évolution de la précarité de l’emploi selon l’âge).

Dans une période de chômage de masse, le statut de la fonction publique et le diplôme constituent une protection essentielle qui permet de se projeter dans l’avenir. La précarisation des statuts ne se généralise pas. Le marché du travail se fissure en deux univers opposés : des instables qui passent de CDD en intérim (surtout des jeunes peu qualifiés) et des salariés qui occupent des emplois stables (fonctionnaires, salariés qualifiés).

Et les trois millions d’indépendants ?
11,5 % des emplois - trois millions au total - sont occupés par des indépendants : ils ne perçoivent pas de salaire mais vendent leur production (biens ou services). À l’intérieur de cet ensemble - dont on parle peu -, les inégalités sont extrêmes, aussi bien en matière de précarité que de niveau de vie. Quoi de commun entre l’artisan maçon soumis aux aléas du bâtiment et le chirurgien de renom dont la clientèle est assurée (voir notre article Les inégalités de revenus des travailleurs indépendants) ? À l’évidence, il faudrait intégrer une partie des indépendants les moins qualifiés au sein des emplois précaires.
Répartition de l'emploi selon le statut
Nombre
en milliers
Répartition de l'emploi total
en %
Ensemble25 844100
Non-salariés2 98211,5
Salariés22 86188,5
* Dont salariés en contrat à durée indéterminée19 48975,4
- du privé15 28859,2
- du public4 20116,3
Contrats précaires3 37213,0
* Dont intérimaires5652,2
* Dont apprentis3651,4
* Dont CDD du privé1 3355,2
* Dont CDD du public5832,3
* Dont stagiaires et contrats aidés du privé2931,1
* Dont stagiaires et contrats aidés du public2310,9
Population active occupée de 15 ans et plus. Lecture : parmi l'ensemble des actifs occupés, 13 % ont un statut précaire. France métropolitaine.
Source : Insee - Données 2015 - © Observatoire des inégalités

L’évolution de la précarité de l’emploi

La hausse de la précarité s’est faite en plusieurs temps. Le taux d’emploi précaire a augmenté principalement dans les années 1980 et 1990, passant de 4,8 % des personnes en emploi en 1984 à 12 % en 2000. Il est ensuite resté stable jusqu’au milieu des années 2010 mais a recommencé à s’élever dans les années récentes. La part des travailleurs concernée par l’emploi précaire est passée de 12,1 % en 2014 à 13,6 % en 2017. Sur les trente dernières années, les phases de diminution ne compensent pas, loin s’en faut, les phases de progression.

Ces évolutions mélangent des facteurs conjoncturels et structurels. À long terme, les modifications de l’organisation du travail ont poussé à la flexibilité et développé les contrats courts. Ces derniers sont devenus la règle pour les jeunes et les moins qualifiés. À plus court terme, la précarité se développe dans les phases de reprise économique : tant que les entreprises sont dans l’incertitude, elles embauchent en contrats courts. Il est trop tôt pour savoir si la phase actuelle de progression de l’emploi précaire constitue un nouveau palier ou si elle correspond à la logique d’une phase de reprise économique.

Part de salariés en CDD, intérimaires et apprentis parmi les personnes en emploi.
Source : Insee - © Observatoire des inégalités

      

Pour en savoir plus :

- Le temps partiel subi en France
- Les travailleurs pauvres en France

Photo / © jolly - Fotolia.com


Date de première rédaction le 27 novembre 2012.
© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

Affiner
Emploi


Autres thèmes

> Revenus, patrimoine, pauvreté > Éducation > Lien social et politique > Conditions de vie > Catégories sociales > Âges et générations > Femmes et hommes > Europe > Français et étrangers > Territoires > Monde

Sur le même sujet

Données 25/04/2019
Un million de chômeurs de longue durée
Données 12/04/2019
Chômage : les non-qualifiés en première ligne
Données 12/02/2019
Le taux de chômage selon le diplôme et l’âge
Données 17/01/2019
Dans la fonction publique, les femmes restent souvent des exécutantes
Données 28/05/2018
Horaires de travail : la France flexible des peu qualifiés
Données 25/05/2018
Travail pénible : les ouvriers à la peine
Analyses 24/05/2018
Les maîtres du temps prospèrent grâce aux flexibles
Propositions 19/04/2018
Entreprises - Agir où se crée la richesse
Données 10/10/2017
Chômage : les jeunes aux premières loges
Données 27/06/2017
Les maladies professionnelles touchent les moins qualifiés