Territoires
Emploi
Evolution du taux de chômage par département
Les écarts de taux de chômage entre départements ont eu tendance à se réduire ces dix dernières années. Du fait de la crise financière et économique, c’est le constat inverse qui s’impose depuis 2008.
4,9 % de chômeurs en Lozère, 13,5 % dans l’Hérault, le chômage ne frappe pas tous les territoires avec la même ampleur. Les départements d’Outre-Mer atteignent, quant à eux, des taux supérieurs à 20 % et même 28,9 % pour la Réunion.
Revenus
Villes riches, villes pauvres : le revenu des habitants
L’Observatoire des inégalités présente son classement des villes où les habitants sont les plus riches et des villes où ils sont les plus pauvres parmi les 200 plus grandes villes de France. A Neuilly-sur-Seine, le revenu médian par habitant est 4,5 fois plus élevé qu’à Roubaix.
Le revenu médian mensuel par personne a augmenté de 145 euros en Seine-Saint-Denis contre 362 euros en Haute-Savoie entre 2001 et 2008.
Neuilly-sur-Seine d’un côté, Roubaix de l’autre : deux villes très différentes, mais aussi très inégalitaires. Saint-Nazaire est la plus égalitaire. L’Observatoire des inégalités dévoile le premier classement des grandes villes selon le niveau des inégalités de revenus.
Conditions de vie
Les professions médicales mal réparties sur le territoire
L’offre de santé reste inégale selon les territoires. On compte quatre médecins pour 1 000 habitants en Ile-de-France contre 2,6 en Picardie.
Avec un gain de 3,8 années en dix ans, c’est en Lozère que l’espérance de vie des femmes a le plus augmenté, en Savoie, avec une augmentation de 4,6 années, pour les hommes. Cependant, plus que les territoires, l’espérance de vie dépend davantage de facteurs tels les niveaux de vie, de diplôme, les conditions de travail et des modes de vie.
L’accueil des enfants de moins de trois ans en structure collective propose 12 places pour 100 enfants au niveau national, mais varie de 3 à 33 selon les départements.
Catégories sociales
Les catégories sociales dans les régions et les départements
La région Île-de-France compte 25,7 % de cadres supérieurs, la Basse-Normandie 9,3 %. Le paysage social des territoires français n’est pas homogène.
Zones urbaines sensibles
Le chômage dans les zones urbaines sensibles
Près de 23 % de chômeurs dans les Zones urbaines sensibles (Zus). Un taux deux fois et demi plus important que dans le reste du territoire.
56 % des habitants des zones urbaines sensibles ont une mauvaise image de leur quartier. 16 % considèrent leurs conditions de logement insuffisantes ou très insuffisantes.
Plus de la moitié de la population des quartiers en difficulté ne possède aucun diplôme contre 36 % des résidents hors de ces territoires. Cet écart a des répercussions directes sur le chômage, plus élevé dans les quartiers sensibles.
Divers
La représentation des femmes dans les instances politiques locales
Deux femmes sont présidentes d’un conseil régional, six sont maires d’une ville de plus de cent mille habitants. La parité en politique est loin d’être atteinte au niveau local.
32 % des conseillers généraux sont issus des cadres supérieurs et à peine 1 % des ouvriers. Le grand écart de la représentation politique.
Les aides sociales versées par les départements varient de 347 euros par habitant dans l’Ain à 909 euros à la Réunion.
La part des populations pauvres varie de un à sept au sein des plus grandes villes de France. Il est temps d’agir pour résorber les inégalités territoriales. Le point de vue de Hervé Guéry, directeur du Centre d’observation et de mesure des politiques sociales. Extrait de la Gazette.fr.
Le lobbyisme des élus ruraux débouche sur des transferts massifs de la ville vers le monde rural. Pour le géographe Philippe Estèbe, il faudrait s’intéresser davantage au sort des personnes qu’à l’égalité entre les territoires. Un entretien réalisé par Mathieu Deslandes de Rue 89.
Entre la ville, l’habitat périurbain ou rural, où les niveaux de vie sont-ils les plus élevés ? Le débat sur les niveaux de vie des territoires n’est pas nouveau. Extrait du Centre d’observation de la société.
Aux Etats-Unis comme en Europe, des études tentent de déterminer dans quelle mesure le lieu de résidence dans les villes s’explique par la catégorie socio-professionnelle ou l’origine ethnique des personnes. Un document de travail du Centre d’études de l’emploi.
Les cités sont-elles vraiment des « quartiers de relégation » dont les habitants sont captifs ? Habiter ces quartiers n’a-t-il que des effets négatifs sur l’intégration sociale des individus ? Une analyse de Pierre Gilbert. Extrait de Métropolitiques.
De nombreuses données sur les inégalités spatiales, mais l’accès reste difficile pour le non-spécialiste.
Le site de l’Insee qui présente les données par région dans de nombreux domaines (population, revenus, emploi, etc.).
Site d’informations et d’échanges sur l’égalité hommes-femmes dans la vie professionnelle en région Nord-Pas-de-Calais, mais pas uniquement. Très fourni en données et témoignages.
L’objectif de ce site est de rassembler les informations techniques et juridiques, les initiatives et l’actualité des structures associatives de la région Languedoc Roussillon qui travaillent sur le terrain pour garantir à tous et à toutes un égal traitement dans le monde du travail, de la famille, entre Français et étrangers, entre hommes et femmes, etc.
Présente un rapport annuel de données variées sur les zones urbaines sensibles (Zus) qui permettent d’avoir une meilleure connaissance de ces territoires et de suivre leur évolution.
Où en sont les inégalités dans votre commune, votre département ou votre région ? Emplois, revenus, niveau d’éducation… Les moyennes nationales cachent souvent des écarts considérables entre les territoires.
Le site Inégalités et discriminations a été créé par l’Observatoire des inégalités. L’ambition de ce site est de recenser les études récentes et rigoureuses sur la mesure des discriminations, sans prétendre à l’exhaustivité. Sans réduire l’importance des discriminations, l’objectif de cette plate-forme d’études sur les discriminations est de rappeler que l’intérêt qui y est porté ne doit pas occulter le mécanisme des inégalités sociales.
A l’instar de la situation nationale, le taux d’activité (1) des femmes en Ile-de-France - elles représentent 52 % de la population - s’est fortement accru de 1968 à 2008, passant de 54 % à 79 % mais avec des disparités selon les territoires, comme l’indique un état des lieux chiffré réalisé par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) de l’Ile-de-France, en partenariat avec la préfecture de la région d’Île-de-France, la préfecture de Paris et le conseil régional d’Île-de-France. Ce taux se situe entre 80 et 82 % à Paris et dans les Hauts-de-Seine, il chute à 75 % en Seine-Saint-Denis. Dans ce département, 28 % des femmes ont moins de 20 ans et 20 % d’entre elles sont non diplômées du supérieur, contre 13 % pour l’ensemble du territoire francilien. De même, le taux d’emploi (2) (57 %) y est plus faible que la moyenne régionale (64 %).
40 % des franciliennes occupent des postes d’employées. Les femmes cadres (25 %) sont surreprésentées dans les Hauts-de-Seine (32 %) et à Paris (29 %) - où 50 % des femmes sont diplômées du supérieur contre 46 % pour la moyenne régionale. Quelle que soit leur profession, les femmes gagnent en moyenne 26 % de moins que les hommes en Ile-de-France : 35 % de moins dans les Yvelines, 31 % dans les Hauts-de-Seine. En revanche, l’écart est de « seulement » 17 % de moins pour les femmes de Seine-Saint-Denis. Les écarts sont en effet moins marqués pour les salaires les plus faibles, ce qui est plus fréquent dans ce département.
21 % des franciliennes travaillent à temps partiel contre 8 % des franciliens, quelque soit leur âge, le type d’emploi et le département (même si le taux est plus élevé - 24 % - dans les Yvelines). C’est dans le secteur de l’aide à la personne (ménage, garde d’enfants…) qu’elles sont les plus nombreuses en temps partiel (56 %).
NS
(1) Le taux d’activité est le rapport entre le nombre d’actifs (actifs et chômeurs) et l’ensemble de la population correspondante.
(2) Le taux d’emploi d’une classe d’individu est le rapport entre le nombre d’individus de la catégorie ayant un emploi et le nombre total des individus de cette catégorie – ici les femmes en Ile-de-France.
En Lorraine les jeunes, les seniors, les femmes, les immigrés, les handicapés et les habitants des quartiers des politiques de la ville sont davantage concernés par les inégalités au travail selon une étude de l’Insee Lorraine (1) qui dresse un panorama complet des conditions d’emploi dans la région.
Parmi les jeunes lorrains de 15 à 29 ans, un sur cinq est au chômage, un taux deux fois plus élevé que celui des 30-49 ans. Il s’agit principalement de non diplômés, dont le risque d’être sans emploi est 2,4 fois supérieur aux jeunes qualifiés. La Lorraine compte davantage de jeunes actifs de moins de 30 ans que la moyenne nationale - les études courtes sont plus fréquentes dans cette région - ce qui expose ces jeunes peu qualifiés au risque de se retrouver sans emploi. Pas moins de 41 % des jeunes lorrains disposent d’un emploi sous qualifié, quelque soit leur niveau de diplôme, contre 28 % des plus de 30 ans. 27 % occupent un contrat précaire (CDD ou interim) contre 7 % des plus de 30 ans, 18 % sont à temps partiel dont la moitié sans l’avoir choisi.
Alors que les femmes représentent plus de la moitié de la population des 15-64 ans, elles ne sont que 46 % à être en emploi. Une femme sur huit est femme au foyer, contre seulement un homme sur 700. 32 % de celles qui travaillent sont à temps partiel contre 5 % des hommes. Comme au niveau national, une salariée lorraine gagne en moyenne 19 % de moins qu’un homme.
Enfin, 63 % des immigrés âgés de 15 à 64 ans vivant en Lorraine sont actifs, contre 71 % des non-immigrés de cette même classe d’âge. Ils souffrent aussi davantage de déclassement quand ils ont un emploi : 37 % sont concernés contre 31 % des travailleurs non immigrés.
VS
(1) Discriminations sur le marché du travail : la Lorraine bonne élève, mais peut mieux faire - décembre 2012.
Les inégalités de revenus ont sensiblement le même niveau dans les arrondissements situés à proximité, dans le Nord-Pas-de-Calais, les territoires belges et dans la province belge du Luxembourg, selon les données disponibles dans le tome 1 de l’Atlas transfrontalier (édition 2012-2013) publié par l’Insee dans le cadre d’une coopération transfrontalière entre le Nord-Pas-de-Calais et les régions belges de Wallonie, de Flandre et de Bruxelles-Capitale. Cette étude montre que ces régions, proches les unes des autres, affichent toutes un coefficient interquartile (1) des revenus par ménage, proche de un (données 2009), soit un niveau d’inégalités de revenus semblable.
Toutefois, ces inégalités sont un peu plus marquées en Belgique, excepté dans la province du Limbourg et dans la région de Charleroi, qu’en France ou que dans la province belge du Luxembourg. C’est autour de Bruxelles et de Luxembourg que les écarts de revenus sont les plus élevés en raison d’une forte mixité de populations aisées et d’autres plus modestes. En France, les inégalités de revenus sur le territoire Nord-Pas-de-Calais sont plus fortes dans les arrondissements de Lille, Metz-ville, Valenciennes ou Maubeuge. En Flandre française et dans le nord de l’Aisne et des Ardennes, les populations, plus homogènes par leurs caractéristiques sociodémographiques, font que les disparités de revenus sont moindres.
Le premier tome de cet atlas est consacré à la démographie et à l’habitat. De nombreuses données sont disponibles, notamment sous forme de cartes, sur les revenus, le logement, la mobilité, la structure de la population, etc... Les prochains tomes porteront sur les activités économiques, l’emploi, l’environnement et l’aménagement de cet espace transfrontalier.
VS
(1) Coefficient qui mesure les inégalités de revenus entre les 25 % de la population ayant les plus hauts revenus et les 25 % de la population ayant les plus bas revenus sur l’ensemble de l’espace transfrontalier étudié ici.
Avec 15,7 % de taux de pauvreté en 2009, la région Provence Alpes-Côte d’Azur est la quatrième région de France métropolitaine la plus pauvre, selon une étude de l’Insee. Cette précarité touche davantage les habitants des quartiers prioritaires inscrits en contrat urbain de cohésion sociale (1) : un million de personnes vivent en 2009 dans un de ces quartiers en PACA, soit un habitant de la région sur cinq, contre un sur huit en France métropolitaine.
Plus jeunes, plus souvent au chômage, vivant plus fréquemment au sein d’une famille monoparentale, les habitants de ces quartiers disposent de faibles revenus : le revenu fiscal médian est de 1 010 euros par mois et par personne contre 1 520 euros pour l’ensemble de la population régionale. Le département du Vaucluse est le plus marqué par cette précarité monétaire avec un revenu fiscal médian mensuel de 800 euros. 23,9 % des habitants des quartiers prioritaires de la région déclarent moins de 475 euros par mois, contre 21,7 % en France Métropolitaine.
Mais de fortes disparités existent à l’intérieur même de la région. Par exemple, au sein des quartiers prioritaires, les Zones urbaines sensibles (Zus) concentrent les difficultés avec moins de 750 euros en moyenne par mois pour vivre par personne, contre 1 060 euros dans les autres quartiers prioritaires. Parmi ces quartiers, la région PACA compte 36 quartiers « les plus en difficulté » (dont 25 à Marseille) où résident en majorité des ouvriers et des employés, des familles nombreuses, plus souvent des locataires, des peu diplômés et des inactifs.
La région Paca est aussi surreprésentée dans les quartiers prioritaires « les moins en difficulté » de France métropolitaine. Ainsi, un habitant des quartiers prioritaires de la région sur cinq vit dans un des 66 quartiers de cette classe, contre un habitant sur dix au niveau national. Dans ces quartiers, le revenu fiscal médian s’élève à 1 450 euros par mois, soit un niveau proche de l’ensemble des ménages de la région. La population y est par ailleurs plus âgée, plus diplômée, plus souvent propriétaire et enfin plus active que dans les autres quartiers de la politique de la ville de la région.
NS
(1) Le contrat urbain de cohésion sociale (Cucs) est un contrat passé entre l’Etat et les collectivités territoriales qui engage chacun des partenaires à mettre en œuvre des actions concertées pour améliorer la vie quotidienne des habitants dans les quartiers connaissant des difficultés (chômage, violence, logement...).
Avec un revenu médian déclaré par personne de 1 540 euros par mois, un taux de pauvreté de 11,2 % (contre 13,8 % pour la province en 2009), et un nombre de bénéficiaires du Revenu de solidarité active (Rsa) le plus faible de métropole (39 allocataires pour 1 000 habitants), la Bretagne est la 7e région la plus riche de France, indique une étude de l’Insee.
Les niveaux de vie y sont relativement homogènes : l’écart de revenu entre le premier décile, seuil de revenu en-dessous duquel se situe 10 % de la population, et le neuvième décile, seuil de revenu qui marque l’entrée dans la catégorie des 10 % les plus aisés, est de 25 673 euros, alors qu’il est de 31 155 euros en France métropolitaine.
De même, les familles nombreuses vivent mieux en Bretagne qu’ailleurs, avec un revenu médian déclaré pour les ménages de cinq personnes ou plus de 15 200 euros, le plus élevé de toutes les régions de métropole, soit 700 euros de plus qu’en Rhône-Alpes, deuxième région du classement, et 4 700 euros de plus qu’en Nord-Pas-de-Calais où les familles nombreuses sont les plus pauvres. Cela tient plus au fait que l’activité des deux adultes de la famille est plus fréquente qu’à un niveau de salaires plus élevé : la Bretagne ne se place qu’au 17e rang des régions de France s’agissant des niveaux de salaires versés.
Le revenu plafond des plus pauvres a même augmenté de + 0,6 % en Bretagne, alors qu’il régressait de 1,2 % pour le reste de la France entre 2007 et 2010. Mais cette progression est due à une surreprésentation régionale des petites pensions des retraités, qui tend à dissimuler que les plus jeunes et les plus pauvres, plus souvent en emploi précaire, restent très affectés par la crise.
Enfin, les ménages les plus aisés de Bretagne se concentrent davantage dans les grandes agglomérations ou sur la côte, que dans les territoires plus ruraux.
NS
Les populations modestes résident plus souvent dans les quartiers les plus pollués mais ce n’est cependant pas une « règle » absolue selon les premiers résultats du programme de recherche « Equit’Area » mené par des chercheurs de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), membres de l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset) à Rennes.
En croisant les données socio-économiques d’une population et celles relatives à la concentration du dioxyde d’azote, concernant les agglomérations de l’Ile-de-France, de Lille, de Lyon et de Marseille, cette étude montre par exemple que dans le département des Hauts-de-Seine, la carte des quartiers les plus touchés par les nuisances environnementales se superpose avec celle des quartiers les plus modestes, exception faite des quartiers proches de Paris où réside une population plus favorisée.
Appréhender et comprendre les liens entre inégalités sociales de santé et nuisances environnementales, tel est l’objectif de ce programme scientifique qui s’articule en trois étapes. D’abord décrire les inégalités socio-économiques et territoriales pour un ensemble de pollutions ou de nuisances environnementales et vérifier si ces dernières touchent de manière différenciée les populations les plus défavorisées socio-économiquement. Puis confronter ces inégalités sociales à la distribution spatiale de la mortalité infantile et particulièrement néonatale. Et enfin, examiner si la relation entre le taux de mortalité infantile précoce et un ensemble d’expositions environnementales combinées est socialement différenciée.
Les résultats de cette étude sont mis à jour au fur à mesure notamment sous forme de cartes géographiques sur le site Equit’Area.
VS
La région Rhône-Alpes figure parmi les régions françaises les plus riches derrière l’Ile-de-France et l’Alsace, avec un revenu annuel par unité de consommation (1) de 19 000 euros, supérieur à la moyenne nationale (18 300 euros). Les allocataires du RSA y sont aussi relativement moins nombreux, 4,2 % contre 5,5 % en France métropolitaine. Ces bons indicateurs cachent cependant de fortes disparités selon une étude de l’Insee Rhône-Alpes « Rhône-Alpes : de bonnes conditions de vie mais avec de fortes disparités entre territoires » (La Lettre Analyses - n° 178 - octobre 2012).
Au niveau régional, les 10 % des rhône-alpins les plus modestes ont un revenu annuel de 7 394 euros contre 37 547 euros pour les 10 % les plus riches. En considérant des indicateurs d’inégalités de revenus, d’emploi, d’accès au logement et de niveau d’éducation, cette étude montre que la région est traversée par une diagonale sud-est/nord-ouest. Les populations les plus aisées résident majoritairement dans les départements du nord-est (Ain, Savoie, Haute-Savoie) alors que la Loire, la Drôme et l’Ardèche, situés dans le sud-ouest du territoire, cumulent des difficultés liées au vieillissement de la population et à un moindre dynamisme économique.
Outre ce découpage en « diagonale », des disparités apparaissent également au sein des villes centres et des communes de proche banlieue. Des ménages à hauts revenus côtoient des populations en grande difficulté sociale, venues chercher du travail près des grandes villes mais qui n’ont pas les ressources suffisantes pour y vivre convenablement. Ces inégalités principalement liées au revenu concernent notamment Lyon, Saint-Étienne, Valence et Bourg-en-Bresse.
VS
(1) Unités de consommation : elles servent à prendre en considération la taille d’un ménage pour évaluer son niveau de vie.
La pauvreté et les inégalités frappent de façon très variable les territoires, comme viennent de le montrer plusieurs études réalisées par les délégations régionales de l’Insee publiées cet été. Des documents peu médiatisés au plan national, mais qui apportent souvent un éclairage inédit sur la situation sociale de la France.
Dans un « document de travail » publié en juillet, l’Insee-Auvergne dresse un état des lieux de la situation du territoire comparée au niveau national. La région est parmi les quatre plus pauvres selon le revenu médian. Le Puy-de-Dôme se situe autour de la moyenne nationale en matière de taux de pauvreté (12,7 %), mais le taux atteint 17 % dans le Cantal. Une pauvreté souvent rurale, liée à la présence de personnes âgées isolées. Comme le note l’Insee, l’Auvergne est la région où la pauvreté des personnes seules est la plus élevée. Dans le Cantal, le taux de pauvreté des 65 ans et plus atteint 19 %, contre 9,5 % en moyenne en France métropolitaine.
La Picardie, elle aussi région pauvre, offre un visage différent, selon une note de l’Insee Picardie. Les écarts y sont considérables entre l’Oise, avec un taux de pauvreté de 11,5 %, et l’Aisne, où celui-ci atteint 17,1 %. Selon l’Insee-Picardie, la pauvreté se concentre dans les villes : les ménages ruraux disposent en moyenne de revenus supérieurs de 1 500 euros annuels à ceux des villes. Le taux de pauvreté est de 10,6 % dans les campagnes picardes, contre 17 % dans les villes.
Un constat partagé par l’Insee Lorraine, qui note que la pauvreté se concentre dans les milieux urbains en Meurthe-et-Moselle. La part des allocataires de la CAF à bas revenus est deux fois moins importante en milieu périurbain que dans les grandes villes ou dans l’espace rural. C’est autour de Nancy et de sa couronne que la part de bas revenus est la plus importante. Et le type d’habitat (maisons individuelles, logement social, parc privé, etc.) joue un grand rôle : « La ségrégation s’effectue au niveau des logements. A chaque type de logement correspond un revenu de la population », écrit l’Insee Lorraine.
LM
Extrait du Centre d’observation de la société
Voir aussi :
Les demandeurs d’emploi mettent en moyenne 359 jours pour trouver un emploi (données de fin 2011) selon un nouvel indicateur publié chaque trimestre par Pôle emploi. Cette statistique met en lumière l’impact de la récession économique sur l’allongement de la période de chômage : elle est passée d’environ 220 jours en 2007 à 340 jours mi 2009, niveau autour duquel elle stagne depuis lors.
Les durées de chômage varient fortement selon l’âge et les régions. Les demandeurs d’emplois de plus de 50 ans, hommes comme femmes, sont les plus affectés par l’allongement de la durée du chômage : 600 jours fin 2011 contre 400 jours pour les 25-49 ans et 200 jours pour les moins de 25 ans.
Les régions les plus touchées par le chômage enregistrent les plus longues durées de périodes sans emploi : 465 jours en Guadeloupe, 417 en Bourgogne, 397 en Haute-Normandie contre 235 jours en Corse et 299 en Rhône-Alpes.
NL
Les médecins et kinésithérapeutes en milieu rural ont refusé une consultation à 13,3 % des patients modestes qui bénéficient de la couverture maladie universelle (CMU) selon une enquête réalisée pour le Fonds CMU dans les départements de la Nièvre et de l’Orne, publiée en juin 2012. Le taux de refus est de 9,5 % pour les patients « standards », ce qui laisse supposer que les bénéficiaires de la CMU subissent un refus de soin discriminatoire à hauteur de 3,8 %. Ce taux varie selon les spécialités des médecins. Les kinésithérapeutes et les médecins spécialistes (ophtalmologue, gynécologue, cardiologue, gastroentérologue, psychiatre) ne font aucune différence selon que les patients bénéficient ou non de la CMU tandis que les dentistes refusent une consultation à 28 % des bénéficiaires de la CMU, contre 18 % pour les autres patients. Quant aux médecins généralistes, ils refusent un rendez-vous à 14,4 % des bénéficiaires de la CMU, taux légèrement supérieur à celui des autres patients, lequel s’établit à 9,8 %.
En comparaison avec les études similaires menées en 2006 et en 2008 en Ile de France (lire notre article), il apparait que les bénéficiaires de la CMU se heurtent beaucoup moins aux refus de soin en milieu rural. En effet, le refus de consultation imputable à la CMU s’élevait à 14 % dans le Val de Marne en 2006 et à 25,5 % à Paris en 2008.
NL
Nous ne pouvons pas répondre aux demandes individuelles de données ou d’analyses. Pour toute recherche de ce type, nous vous conseillons de vous adresser directement aux institutions productrices de données.
Toute autre demande doit nous parvenir :
Droits de reproduction
Favorable à la diffusion des données, l’Observatoire des inégalités autorise la reproduction des textes et données dont il est l’auteur à trois conditions : un accès libre et gratuit, une autorisation écrite, et la mention « article repris du site de l’Observatoire des inégalités », avec un lien renvoyant vers l’article. Toute reprise d’articles à usage de publications payantes (livres, magazines, manuels scolaires, etc.) fait l’objet de droits de reproduction.
Les textes que l’Observatoire a lui-même extraits d’autres publications appartiennent à celles-ci. Leur reprise est strictement interdite sans leur accord.
Espace Jeunes - Inégalités et discriminations
http://www.jeunes.inegalites/
Un espace dédié aux jeunes sur les inégalités sociales et les discriminations créé par l’Observatoire des inégalités avec le soutien de l’Union européenne.
Objectifs : Informer sans enfermer le jeune public à la problématique des inégalités, susciter l’engagement citoyen, par le biais de fiches thématiques, de vidéos, d’une nouvelle.
Observatoire européen des inégalités
http://inequalitywatch.eu/
Premier réseau européen indépendant d’information sur les inégalités créé par l’Observatoire des inégalités en partenariat avec des associations et des centres de recherche européens.
Objectif : Proposer à l’ensemble des citoyens européens les publications les plus pertinentes sur le thème des inégalités en Europe. Connaître et comprendre l’évolution des inégalités, les mécanismes qui sont à l’origine de leur augmentation ou de leur réduction, et leurs conséquences au sein de chaque pays européen et entre eux.
Inégalités et discriminations
http://www.discriminations.inegalites.fr/
Une plate forme d’études sur les discriminations créée par l’Observatoire des inégalités avec le soutien de l’Union européenne.
Objectifs : Recense les études récentes et rigoureuses sur la mesure des discriminations, Sans réduire leur importance, l’objectif est aussi de rappeler que l’intérêt qui est porté aux discriminations ne doit pas occulter le mécanisme des inégalités sociales.
Observatoire des inégalités territoriales
http://www.inegalitesterritoriales.fr/
Où en sont les inégalités dans votre commune, votre département ou votre région ? Un outil comparatif créé par l’Observatoire des inégalités et la société Compas-Tis, spécialisée dans l’analyse des données locales.
Objectif : Emplois, revenus, niveau d’éducation… Les moyennes nationales cachent souvent des écarts considérables entre les territoires. Cet outil permet d’accéder à un ensemble d’indicateurs sur l’ensemble des communes, des départements et des régions de France.
L’Observatoire des inégalités est un organisme indépendant d’information et d’analyse sur les inégalités. Il est situé à Tours et dispose d’une antenne en région parisienne. Outre l’équipe permanente, il s’appuie sur un réseau de citoyens sensibilisés par la question des inégalités. L’Observatoire des inégalités dispose par ailleurs d’un conseil scientifique composé d’économistes, de philosophes, de sociologues et de juristes. Voir l’équipe
L’Observatoire des inégalités cherche à établir un état des lieux des inégalités le plus complet possible et à publier les analyses les plus pertinentes du phénomène. Son action n’aurait de sens s’il ne s’adressait pas au public le plus large possible, en franchissant les barrières sociales, culturelles et politiques notamment.
Indépendant de tout parti politique, syndicat ou entreprise, l’Observatoire cherche à engager le débat le plus ouvert possible entre différentes sensibilités. Il a aussi vocation à réunir des approches scientifiques de disciplines distinctes. Lire en détail
L’indépendance de l’Observatoire des inégalités est garantie par le soutien essentiel de donateurs privés. Nos partenaires sont aussi des organismes publics et privés qui partagent nos valeurs. Voir nos partenaires
L’Observatoire des inégalités met à votre disposition des documents d’information sur ses objectifs, ses activités, à diffuser sans modération. Voir les documents