En bref
le 16 juillet 2009
Le réseau européen pour la pauvreté (EAPN, European anti-poverty network) propose aux internautes sa première brochure explicative sur la pauvreté et les inégalités sociales en Europe.
Destinée à un public le plus large possible, ce document a le grand mérite de faire le point de façon très pédagogique sur des questions souvent oubliées, à savoir la pauvreté et l’exclusion sociale ainsi que les inégalités au sein de l’Union Européenne. S’il propose des données descriptives (16 % de la population de l’Union serait ainsi menacée par la pauvreté, soit 79 millions de personnes), il rappelle également comment le niveau de pauvreté y est déterminé (utilisation d’un seuil relatif de pauvreté, c’est-à-dire un pourcentage du revenu moyen), les modes de calcul des inégalités sociales, les facteurs de cette pauvreté ainsi que les différents moyens de la contenir, voire de la réduire.
Entre autres éléments explicatifs, ce réseau d’associations pointe l’absence d’emploi, ou encore le manque d’éducation. L’appartenance à une minorité ethnique, le fait d’être une femme ou de subir un handicap sont également des facteurs à l’origine des inégalités sociales et de la pauvreté au sein de l’Union Européenne. L’EAPN rappelle par ailleurs que les 27 membres ont décrété que l’année 2010 serait celle de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale...
CR
L'actualité mois par mois
février 2010 72 millions d’enfants dans le monde n’étaient pas scolarisés en 2007, soit 33 millions de moins qu’au début des années 2000, selon le Rapport mondial de suivi de l’éducation pour tous 2010 de l’Unesco (lire le rapport). La présence des filles à l’école a augmenté de façon modérée partout dans le monde : 58 % des enfants déscolarisés étaient des filles en 1999, contre 54 % en 2007. Ces variations diffèrent fortement selon les continents. L’Afrique subsaharienne est la région du monde où la déscolarisation est la plus importante, mais où les progrès sont les plus marqués : on comptabilisait 45 millions d’enfants déscolarisés en 1999 contre 32 millions en 2007 [1]. Ces chiffres sont contrastés en Asie et dans le Pacifique : si en Asie du Sud-Ouest on est passé de 38 à 18 millions d’enfants déscolarisés, leur nombre a augmenté à l’Est et au Nord du continent de 6 à 9 millions entre 1999 et 2007. Ces bonnes nouvelles méritent d’être sérieusement relativisées. Les Nations unies s’étaient fixées en 2000 (lors de la conférence de Dakar) l’objectif de scolariser tous les enfants au primaire en 2015 : ce but ne sera pas atteint. De même, l’élévation des taux de scolarisation s’est fait en partie en dégradant la qualité des enseignements, en augmentant le nombre d’élèves par classe. L’Unesco remarque que le niveau des apprentissages est très réduit dans certains pays. En outre, l’amélioration générale s’est essentiellement produite au cours de la période 2002 - 2004, tandis que depuis 2008, la crise rend le financement de l’école plus difficile. L’Unesco critique enfin vertement le double discours des gouvernements : "La plupart d’entre eux s’abstiennent de s’attaquer aux désavantages éducatifs extrêmes et persistants", écrit l’organisation internationale. CR [1] Avertissement : pour l’Unesco les données sont à considérer comme des ordres de grandeur, ils seraient sous-estimés d’environ un tiers.
L’éducation progresse dans le monde
le 9 février 2010
L’état du mal logement en France 2010 3,5 millions de personnes n’ont pas de logement ou sont mal logées en France selon le 15ème rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, publié le 1er février 2010. Ces chiffres regroupent des situations très différentes. Environ 100 000 personnes n’ont pas de domicile fixe, autant vivent à l’année en camping ou en mobil home et près de 168 000 sont accueillies dans des structures d’hébergement et d’insertion, un chiffre en augmentation par rapport aux données 2009 (153 000 personnes étaient concernées par ce type d’hébergement). Outre ces situations extrêmes, le mal logement c’est aussi l’habitat précaire, c’est-à-dire être hébergé chez un tiers dans des conditions difficiles ou encore habiter un logement sans confort ou surpeuplé. Certes, la crise économique calme le jeu sur le marché du logement, à la vente ou la location. Mais on est très loin d’avoir effacé une décennie de hausse qui a percuté de plein fouet les populations les plus pauvres et conduit une partie des couches moyennes des grandes villes à vivre dans des surfaces qui sont loin de leurs aspirations. Le manque de construction de logements sociaux accroît les difficultés. La Fondation Abbé Pierre pointe enfin le manque d’éléments statistiques disponibles sur le mal logement, pourtant nécessaires à la mise en place de politiques publiques adaptées à la crise actuelle. VS
le 1er février 2010
janvier 2010 Pas moins de 3,4 millions de ménages (13 % de l’ensemble) sont considérés comme étant en situation de précarité énergétique en France. Ils consacrent un dixième ou plus de leur budget aux dépenses d’énergie, contre 5 % en moyenne, indique un rapport remis au gouvernement par Philippe Pelletier, président du comité stratégique du Plan bâtiment Grenelle. 70 % de ces ménages appartiennent au quart des foyers les plus défavorisés et 55 % ont plus de 60 ans. Les ménages vivant en milieu rural sont également surreprésentés. Les conséquences des difficultés à se chauffer sont multiples et peuvent conduire à des drames, liés en particulier à des appareils inadaptés. LM
Logement : fracture énergétique
le 29 janvier 2010
L’état de santé en Midi-Pyrénées L’état de santé des habitants de la région Midi-Pyrénées est plutôt positif par rapport aux autres régions françaises selon une étude menée par l’Observatoire régional de la santé de Midi-Pyrénées. L’espérance de vie y est l’une des meilleures de France : la région se place en 2ème position pour les hommes, en 5ème pour les femmes. C’est aussi l’un des territoires le moins touché par l’obésité, malgré une augmentation ces douze dernières années : Midi-Pyrénées se place au 7ème rang avec un taux de 13,6 % de personnes obèses de 18 ans ou plus en 2009. Si la situation générale est plutôt favorable, cette étude pointe cependant des inégalités au sein de la région entre milieu urbain et milieu rural liées à une précarité financière. L’accès à la santé est plus difficile pour les personnes les plus modestes qui habitent dans des grandes villes ou en zones rurales notamment en Ariège et dans le Tarn-et-Garonne. "Ces disparités renvoient à un constat majeur : celui « des inégalités sociales et territoriales de santé". Les zones rurales, parfois enclavées, "cumulent souvent différents facteurs de risque liés à leurs particularités de peuplement (surreprésentation des personnes en situation sociale précaire, de personnes isolées, de faible niveau de formation et de revenus), que les résultats sont les plus défavorables.”, indique l’Observatoire. VS
le 26 janvier 2010
L’opinion des européens sur la pauvreté Près de trois européens sur quatre, soit 73 %, estiment que la pauvreté est répandue au sein de leur pays selon l’Eurobaromètre sur la pauvreté et l’exclusion sociale publié par la Commission européenne. Cette enquête rapporte l’opinion de 27 000 personnes interrogées sur le niveau et les causes de la pauvreté. Le chômage, des salaires trop faibles, sont des caractéristiques essentielles de la pauvreté aux yeux d’une majorité de sondés (respectivement 52 et 49 %). Les personnes au chômage sont ainsi considérées comme celles qui ont le plus de risques de tomber dans le pauvreté. 37 % considèrent qu’elle est le résultat d’un niveau d’éducation trop faible, 25 % de l’appartenance sociale. La perception du niveau de pauvreté diffère selon les pays. Si les habitants des nouveaux états membres que sont la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie sont 90 % au minimum à estimer que ce phénomène est répandu au sein de leur pays, les Suédois, Chypriotes et Danois sont moins de 40 % dans le même cas. Les Français sont quant à eux 86 % à considérer que la pauvreté est importante. De même, les ménages des pays de l’Est sont plus nombreux à estimer qu’ils auront des difficultés à finir le mois avec les ressources dont ils disposent (40 % de la population bulgare contre 4 % des Suédois par exemple). Le taux de Français correspondant est estimé à 12 %, soit l’équivalent de la moyenne des 27 états membres. CR
le 22 janvier 2010
La pauvreté en milieu rural Le taux de pauvreté [1] en milieu rural, de 13,7 % en 2006 n’est pas très différent des 11,3 % de l’espace urbain selon le rapport "Pauvreté, précarité, solidarité en milieu rural" de l’Inspection générale des affaires sociales et du ministère de l’Agriculture. Elle présente toutefois des visages bien plus divers, détaillés dans ce rapport. Si les personnes âgées dont le niveau de vie est souvent bas sont plus nombreuses en milieu rural, elles n’expliquent pas à elles seules le taux de pauvreté. Les catégories sociales moins qualifiées aux revenus plus modestes sont notamment sur-représentées : 32 % d’ouvriers, 27 % d’employés contre 7 % de cadres supérieurs. La migration de la ville vers la campagne ces dernières années a surtout concerné les ménages aux revenus trop faibles pour habiter et vivre dans les centres-villes. Ce rapport souligne enfin le manque d’indicateurs permettant de mieux cerner la pauvreté rurale, tout en pointant la difficulté de la tâche en raison de la diversité de ces territoires. VS [1] au seuil de pauvreté à 60 % de la médiane des niveaux de vie.
le 18 janvier 2010
La santé dans les pays riches L’espérance de vie était de 81 ans en France en 2007, soit 84 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes, selon la dernière édition du Panorama de la santé de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques). Ce niveau est supérieur à la moyenne des pays riches (79 ans). Le pays affichant l’espérance de vie la plus élevée est le Japon avec 83 ans, 86 ans pour les femmes et 79 ans pour les hommes. Depuis 1960, l’espérance de vie a augmenté de plus de 10 ans en France comme pour la moyenne des pays de l’OCDE, reflétant une forte baisse des taux de mortalité à tous les âges, attribuée entre autres à la baisse du temps de travail, à une meilleure hygiène de vie et un meilleur accès à la santé. Le taux de mortalité infantile - mesurant la proportion de décès chez les nourrissons de moins d’un an - a baissé en France de 18 décès pour 1 000 naissances vivantes en 1970 à 4 pour 1000 en 2007. En 2007, ces taux de mortalité infantile oscillaient entre 2 à 3 décès pour 1 000 naissances vivantes dans la plupart des pays nordiques, jusque 6 pour 1 000 aux États-Unis et dans certains pays d’Europe centrale et de l’Est. L’étude présente de nombreuses autres informations relatives à la santé. On dénombre ainsi en France 3,4 médecins en activité pour 1 000 habitants en 2007, chiffre sensiblement plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE (3,1). Concernant la qualité des soins, les taux de dépistage du cancer du col de l’utérus sont plus élevés en France que dans la plupart des autres pays de l’OCDE, tandis que ceux du cancer du sein y sont plus faibles. Toutefois les taux de survie à ces deux types de cancer sont en France supérieurs à la moyenne, bien que certains pays, par exemple le Japon, fassent mieux. ML
le 15 janvier 2010
2010, année européenne de lutte contre l’exclusion et la pauvreté sociale 2010 sera l’année de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale pour l’Union européenne. Un site internet regroupe toutes les informations et évènements sur ce sujet. Selon l’institution, près de 80 millions d’individus, soit 16 % de la population communautaire, vivent actuellement sous le seuil de pauvreté (fixé par l’UE à 60 % du revenu médian national concerné). L’objectif principal est de sensibiliser et d’informer les populations autour des thèmes de la pauvreté et de l’exclusion sociale afin d’inciter à la solidarité et à la cohésion sociale. Un budget total de 26 millions d’euros financera les projets dans ce cadre : rencontres, conférences-débats, enquêtes et initiatives locales seront organisées et soutenues. Reste à savoir quel sera l’impact réel sur les politiques publiques et la pauvreté elle-même : nombre de manifestations de ce type n’ont guère d’effets concrets. CR
le 11 janvier 2010
L’état d’urgence déclaré par la Ligue des droits de l’Homme Il y a urgence à sauver les libertés et les droits, affirme la Ligue des droits de l’Homme dans sa campagne lancée en novembre 2009. La vieille dame, créée lors de l’affaire Dreyfus en 1898 et gardienne des principes républicains, dénonce les dérives actuelles dans cinq domaines symptomatiques : crise de la démocratie, exclusion sociale, sans-papiers, prisons et dérives policières, fichage et vidéo-surveillance. Mais loin de se limiter à une critique des réformes menées, la Ligue prône un rétablissement de l’égalité et de la solidarité à travers des propositions concrètes. Dans le domaine des inégalités, elle propose notamment la suppression des franchises médicales, l’application du quota de logements sociaux dans les communes récalcitrantes, la suppression du bouclier fiscal et l’augmentation des impôts progressifs. NL
le 8 janvier 2010
décembre 2009 Les femmes réalisent 80 % des tâches domestiques. Le hommes ne sont par exemple que 5 % à prendre en charge le repassage « toujours ou le plus souvent », 10 % les repas, rappelle une étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined). Et les écarts s’accentuent encore à l’arrivée d’enfants, notamment parce qu’une partie des femmes s’arrêtent de travailler ou réduisent leur activité professionnelle. La spécialisation des rôles s’accentue encore. Pas toujours de façon choisie : plus le nombre d’enfants est élevé, moins les femmes sont satisfaites de la répartition des tâches. LM
Le partage inégal des tâches domestiques
le 21 décembre 2009
Les grands patrons moins bien rémunérés Les PDG des 40 plus grandes entreprises françaises cotées au CAC 40 (indice de la bourse de Paris composé des quarante valeurs les plus importantes) ont en moyenne touché en 2008 une rémunération inférieure de 20 % par rapport à 2007, options et actions gratuites incluses, selon une étude de la société de conseil Proxinvest. En valeur absolue, les présidents exécutifs ont gagné par an en moyenne 3,6 millions d’euros en 2008, soit 211 fois le SMIC, contre 4,7 millions en 2007. La baisse de rémunération est estimée à 18 % entre 2007 et 2008 si l’on prend en compte les 120 entreprises les plus importantes. Selon les auteurs de l’étude, ces réductions de rémunérations s’expliquent par une diminution de la part actionnariale des présidents, c’est-à-dire qu’ils bénéficient de moins d’options et d’actions gratuites leur permettant de profiter d’éventuelles plus-values en bourse. Ces données et analyses confirment la baisse de rémunération des dirigeants d’entreprises cotées au CAC 40 constatée entre 2006 et 2007, qui était estimée à 17 % en moyenne. Il n’en demeure pas moins que leurs gains restent néanmoins astronomiques : en moyenne, un PDG touche deux siècles de Smic par an. On voit mal quelles raisons peuvent justifier un tel écart. CR
le 17 décembre 2009
1,63 million d’allocataires du RSA Fin septembre 2009, 1,63 million de foyers percevaient le Revenu de solidarité active (RSA) d’après le premier bilan annuel du RSA publié le 30 novembre 2009 par le Haut commissariat aux solidarités actives. 1,26 million d’entre eux sont des bénéficiaires du "RSA socle" qui a remplacé le RMI [1] et l’ API [2] depuis juin 2009. Leur nombre est en hausse de 4,4 % depuis le 2ème trimestre 2009 du fait de l’augmentation du chômage qui conduit les personnes en fin de droits à entrer dans le dispositif RSA (ex-RMI). Par ailleurs, 370 000 travailleurs pauvres obtiennent un complément de revenu grâce au RSA. Il est en moyenne de 157 € par mois. Le nombre de bénéficiaires progresse depuis sa création (+ 89 000) mais on est loin du 1,5 million de bénéficiaires potentiels. Au second semestre 2010, le RSA sera ouvert aux moins de 25 ans qui ont travaillé au moins deux ans sur les trois dernières années. Ce dispositif devrait concerner 160 000 jeunes. NL [1] Revenu minimum d’insertion [2] Allocation parent isolé
le 10 décembre 2009
Premier tableau de bord de la pauvreté La pauvreté [1] a augmenté de 2 % en 2007 d’après le premier rapport du suivi de l’objectif de baisse d’un tiers de la pauvreté en 5 ans adressé au Parlement par Martin Hirsch, Haut-commissaire aux solidarités actives. Ce tableau fournit une vision plus large de la pauvreté que le simple taux de pauvreté habituellement employé et décline les objectifs du gouvernement pour chaque indicateur. On constate que la proportion de personnes très pauvres (sous le seuil de 40 % du niveau de vie médian, soit 606 € par mois) est stable tandis que la pauvreté des jeunes de 18-25 ans progresse de 6 %. Le panorama s’étend aussi à plusieurs domaines capitaux pour l’insertion sociale : en matière de logement, un tiers des demandes de logement opposables ont été satisfaites ; le nombre de jeunes sans qualification qui sortent de l’école reste stable ; le nombre de bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) qui renoncent à des soins pour des raisons financières a progressé de 8 % depuis 2004 ; le nombre de ménages surendettés atteignait quant à lui 160 000 personnes fin 2008. Au final, ce tableau doit servir à apprécier l’action du Gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté en comparant les dernières statistiques avec les objectifs fixés. Toutefois, pour pallier les longs délais de publication des statistiques officielles, des prévisions de taux de pauvreté ont été effectuées sur les années 2008 et 2009 : elle devrait baisser de 5,5 %... Et le rapport conclut que "l’engagement du gouvernement pour réduire la pauvreté doit être maintenu", sans tenir compte de la crise économique et de tous les indicateurs déjà dans le rouge. NL [1] au seuil de 60 % du niveau de vie médian, soit 910 € par mois pour un célibataire
le 8 décembre 2009
L’inégal accès à la formation continue A peine un salarié sur deux a suivi une formation au cours des trois dernières années selon l’enquête menée auprès de 800 salariés entre septembre et octobre 2009 par l’Observatoire Cegos, l’un des principaux organismes privés de formation professionnelle. Cette étude montre que les inégalités demeurent dans ce domaine alors qu’un droit individuel à la formation (DIF), mis en place par la réforme de la formation professionnelle en 2004, avait pour objectif de faciliter l’accès à la formation de chaque salarié, du public ou du privé, par l’octroi de 20 heures de formation annuelles prises en charge par l’employeur. Malgré un intérêt croissant pour ce dispositif, plébiscité dans cette enquête par un salarié sur deux, seulement 10 % des ouvriers et 23 % des cadres l’ont utilisé. Ce droit bénéficie en priorité aux plus formés. 68 % des ouvriers et 67 % des salariés des entreprises de moins de 50 salariés n’ont pas eu accès à une formation qualifiante. La formation continue est peu utilisée en France alors qu’elle est l’un des outils essentiels pour la promotion sociale. VS
le 3 décembre 2009
novembre 2009 61 % des Européens estiment que les discriminations pour des raisons ethniques sont les plus répandues, viennent ensuite celles liées à l’âge (58 %) et au handicap (51 %) selon le dernier Eurobaromètre sur la discrimination publié par la Commission européenne (Direction générale emploi, Affaires sociales et égalités des chances). Les discriminations en raison de l’âge et du handicap sont perçues en forte augmentation : en hausse de 16 points par rapport à 2008 pour l’âge, de 8 points pour le handicap. Celles liées à l’orientation sexuelle sont également considérées comme bien présentes par les sondés (47 %) même si elles sont moins évoquées qu’en 2008 (- 4 points). 53 % des Européens pensent que les discriminations pour des raisons de genre sont rares, 40 % qu’elles sont répandues. En France, les discriminations liées à l’origine ethnique sont considérées comme les plus courantes : 79 % le pensent contre 61 % des Européens. Celles en rapport avec le genre sont les moins citées. En matière de recherche d’emploi, 49 % des Français soulignent nettement l’incidence défavorable du nom du candidat lors d’un recrutement, contre 13 % en Europe. Les Français ont plutôt une opinion favorable de la diversité dans les média, mais ils évoquent davantage le manque de représentation des personnes handicapées (65 % contre 44 % des Européens). Alors que l’Union européenne dispose de la législation anti-discrimination la plus large dans le monde, 49 % des personnes interrogées pensent que les efforts pour lutter contre la discrimination sont suffisants, 44 % qu’ils sont insuffisants. VS
La discrimination en Europe
le 30 novembre 2009
L’accès des enfants à la vaccination s’améliore dans le monde Le nombre d’enfants vaccinés dans le monde progresse, indique la 3ème édition de Vaccins et vaccinations : la situation dans le monde (en anglais), rapport rédigé conjointement sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Unicef et de la Banque mondiale. Le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans à être vaccinés par exemple contre l’hépatite est passé de 32 % en 2000 à 65 % en 2007. Le vaccin contre la polio a de même bénéficié à 89 % de la population concernée en 2007, contre 75 % en 1990. Sur la période 2005 - 2007, plus de 100 millions d’enfants par an ont ainsi été immunisés, pour 128 millions d’enfants nés vivants par an sur cette même période, contre des maladies telles que la tuberculose, la polio, ou encore l’hépatite B. Le rapport ne manque pas de rappeler que de nombreux efforts restent à accomplir, notamment au sein des pays en développement. En 2007, 24 millions d’enfants n’ont pas suivi l’ensemble du parcours de vaccination prévu pour leur première année, soit 20 % des enfants qui naissent chaque année. Toutefois, les auteurs constatent une amélioration de la situation au regard d’une baisse du nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans, largement imputable à l’augmentation du nombre d’enfants immunisés : pour la première fois, ce chiffre tombait sous la barre des 10 millions en 2005 et baissait encore à 9,2 millions en 2007. On estime par exemple que les vaccins évitent près de 2,5 millions de décès d’enfants de moins de cinq ans chaque année. D’après le rapport, l’embellie actuelle s’explique par une forte croissance de la production, tant au niveau de la quantité (le marché pharmaceutique est devenu un enjeu industriel majeur) que de la qualité. En outre, les pays en développement sont en passe de devenir les principaux fournisseurs de vaccins, permettant aux personnes à immuniser, ou aux organisations qui les achètent dans ce but précis, de bénéficier de doses moins onéreuses. Le rôle de l’Unicef, principal acheteur de vaccins, est dans ce cadre primordial : en 2008, l’institution a acheté 2,6 milliards de doses destinées à l’immunisation des enfants de moins de cinq ans. CR
le 26 novembre 2009
Un sommet international pour lutter contre la malnutrition Du 16 au 18 novembre se tient a lieu à Rome le cinquième sommet de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture). Les représentants de l’ensemble de la communauté internationale se réunissent pour discuter des moyens à mettre en place pour lutter efficacement contre la malnutrition dans le monde. Le seuil symbolique de 1 milliard d’individus victimes de sous-alimentation a été atteint en 2009. Les régions du monde les plus concernées par ce fléau sont l’Asie et le Pacifique et l’Afrique subsaharienne, avec respectivement 642 et 265 millions de personnes sous-alimentées. Les précédents sommets n’ont pas eu le succès escompté : les moyens mis en œuvre ne permettent malheureusement pas de tenir une promesse telle que l’éradication totale de la faim d’ici à 2025. L’objectif principal est aujourd’hui de créer un « comité de sécurité alimentaire », chargé d’orienter l’aide internationale vers les petits paysans travaillant en zone rurale pauvre. Un autre objectif sera de concrétiser les promesses d’aides passées comme celle formulée par le G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) de 20 milliards de dollars en faveur de l’Afrique lors de son dernier sommet. CR
le 16 novembre 2009
La pauvreté au féminin, selon le Secours catholique 54,4 % des personnes accueillies en 2008 par le Secours catholique sont des femmes. 90 % d’entre elles vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Le rapport annuel de l’association, qui vient de paraître, met l’accent sur les différents visages de cette pauvreté au féminin. Femmes jeunes en rupture familiale ayant du mal à se loger, mères de famille monoparentale en butte au chômage ou aux emplois précaires, femmes de plus de 50 ans isolées, les profils et les besoins des femmes reçues par le Secours catholique sont divers. Plusieurs facteurs sont en cause : la progression de l’isolement des femmes, le développement des familles monoparentales et une moindre participation au marché du travail : seulement 53,5 % des femmes reçues par l’association ont un emploi, le plus souvent précaire ou à temps partiel. P.D.
le 12 novembre 2009
Les pratiques culturelles des Français passées au crible Quelles sont les pratiques culturelles des Français ? Le ministre de la Culture vient de publier les résultats détaillés de l’enquête menée en 2008, la précédente datant de 1997. Lire en ligne. Elle ne révèle pas de modification radicale des pratiques : l’écoute de la radio fléchit un peu, le cinéma connaît un certain regain de même que le théâtre, et les pratiques liées au numérique se développent (photo et vidéo notamment). Selon l’enquête, par exemple, 14 % des Français ont fait de la vidéo amateur en 1997 contre 27 % en 2008. Une telle augmentation résulte de l’explosion des ventes de caméscopes numériques. L’étude détaille les comportements par âge, sexe, diplôme, catégorie sociale ou taille de commune. Où se situent les "différences" et où sont les "inégalités" ? La réponse à cette question en matière de pratiques culturelles est bien difficile à trouver. Toujours est-il que l’on constate des écarts considérables suivant les milieux sociaux. En 2008, 45 % des ouvriers n’avaient lu aucun livre au cours des 12 derniers mois contre 10 % des cadres supérieurs. 35 % des premiers n’étaient pas allés dans un musée, contre 6 % des seconds. Contrairement à un discours répandu, on n’assiste pas à une homogénéisation des pratiques culturelles dans la société française. CR
le 9 novembre 2009
octobre 2009 Les personnes immigrées ont moins recours aux soins que le reste de la population française selon une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) publiée dans le n° 146 de Questions d’économie (septembre 2009). L’écart est marqué surtout quand il s’agit de consulter un spécialiste. Les immigrés étrangers sont 52 % à avoir fait cette démarche contre 63 % des Français de naissance. Il n’y a par contre pas de différences pour les consultations d’un médecin généraliste (84 % pour les immigrés naturalisés, 85 % pour les Français de naissance). Ce constat s’explique en grande partie par la situation économique et sociale plus défavorisée des immigrés, par un accès plus difficile aux droits aux soins compte tenu de leurs faibles revenus et par l’absence de couverture par une assurance maladie complémentaire : 35 % des immigrés étrangers et 20 % des immigrés naturalisés ne disposent pas de couverture complémentaire, contre 7 % des Français nés en France. Ce document s’intéresse également aux différences d’accès aux soins constatées selon le pays d’origine des immigrés, au moindre recours de cette catégorie de la population à la prévention. VS
L’accès aux soins des immigrés en France
le 28 octobre 2009
Les femmes en région Centre Quelle est la place des femmes dans l’emploi, dans la formation, en politique ? Quel est leur niveau de diplôme, dans quels secteurs d’activités travaillent-elles ? Un ensemble d’études, réalisées par la Délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité, le Rectorat, le Conseil régional et l’Observatoire régional de la formation et de l’emploi de la région Centre, publié dans Les Dossiers de l’Insee Centre (septembre 2009), propose un panorama de la situation des femmes en région Centre. De nombreuses similitudes existent avec la place des femmes au niveau national : elles sont plus diplômées que les hommes mais occupent des emplois moins qualifiés ; plus elles ont d’enfants, plus leur taux d’activité diminue ; elles constituent un peu plus de la moitié des demandeurs d’emploi ; elles sont peu représentées dans les instances exécutives des collectivités locales, etc.. Cependant les femmes en région Centre présentent des caractéristiques particulières. Elles sont parmi les plus actives. Sept femmes sur dix âgées de 15 à 64 ans occupent ou recherchent un emploi, la région Centre se plaçant ainsi en 3ème position en 2005 derrière l’Île de France et les Pays de la Loire. En raison de la tradition industrielle du Centre, les femmes sont plus souvent ouvrières (14 % contre 10 % au niveau national) ou employées (près d’une femme sur deux). De fait, elles sont moins présentes dans les professions intermédiaires ou les postes de cadres : 32,2 % contre 36,8 % en métropole. Un tour d’horizon très complet qui analyse de façon détaillée et chiffrée la place de la femme et son évolution en région Centre. VS
le 19 octobre 2009
Une famine sans précédent en Afrique de l’Est 23 millions de personnes sont menacées par la famine en Afrique de l’Est selon l’ONG internationale Oxfam. « Il s’agit de la crise humanitaire la plus sévère qu’Oxfam ait pu constater en Afrique de l’Est depuis plus de dix ans » a indiqué Paul Smith Lomas, porte-parole d’Oxfam International pour l’Afrique de l’Est. Une grave sécheresse sévit depuis plusieurs années, entraîne l’épuisement des ressources en eau et rend toute récolte compliquée, voire impossible. Sept pays sont tout particulièrement touchés par la famine, conséquence de ces conditions très difficiles, accentuées par la flambée des prix alimentaires et les conflits qui sévissent dans ces régions. Le Kenya, l’Ethiopie, la Somalie, l’Ouganda, le Soudan, Djibouti et la Tanzanie connaissent une crise humanitaire sans précédent.
Au Kenya, 3,8 millions de personnes luttent tous les jours pour trouver de la nourriture et de l’eau. En Somalie, un enfant sur dix souffre de le faim. En Éthiopie, ce sont 13,7 millions de personnes qui ont besoin d’aide d’urgence. L’Afrique de l’Est a plus que jamais besoin du soutien des pays riches pour faire face à cette grave situation humanitaire d’autant plus que, d’après l’ONG, les pluies attendues en octobre risquent de provoquer d’importantes inondations et de détruire le peu de récoltes existantes. VS
le 15 octobre 2009
La crise a fait basculer 2,5 millions d’Américains dans la pauvreté en 2008 Les Etats-Unis comptaient 39,8 millions de pauvres en 2008 contre 37,3 millions en 2007 selon les statistiques officielles du recensement américain. Une progression de 2,5 millions pour la seule année 2008. Le taux de pauvreté s’établissait à 13,2 %, le maximum depuis 1997. Parmi les causes avancées, on constate que le revenu médian (la moitié touche plus, l’autre moins) des Américains a baissé de 3,1 % après inflation entre 2007 et 2008. Cette baisse est plus prononcée pour les noirs (–3,8 %) et les hispaniques (-3,3 %). De plus, les inégalités se sont accrues car les plus faibles revenus ont connu une baisse plus importante que les hauts revenus : les 10 % les plus pauvres ont perdu 3,7 % de revenu tandis que les 5 % les plus riches perdaient 2,1 %. NL
le 12 octobre 2009
Les droits syndicaux dans le monde Malgré leur reconnaissance par 182 pays, les droits syndicaux ne sont pas respectés un peu partout sur la planète d’après le Rapport 2009 des violations des droits syndicaux publié par la Confédération syndicale internationale (CSI). En 2008, 76 syndicalistes, dont 66 en Amérique latine, ont été assassinés pour avoir défendu les intérêts des travailleurs. Des pratiques graves contre la liberté syndicale ont été enregistrées dans des pays, déjà coutumiers de ces faits, tels que la Colombie, la Birmanie, le Belarus, le Soudan, le Zimbabwe, le Swaziland, l’Iran, le Pakistan et les Philippines. Le Honduras et le Guatemala seront certainement ajoutés à cette liste en 2009… D’autres continuent d’interdire les pratiques syndicales dont notamment la Chine qui refuse de reconnaître les organisations indépendantes. La crise financière et économique, la mondialisation, ont de réels effets négatifs sur les droits au travail. Les délocalisations d’entreprises, les restructurations entravent l’exercice normal des droits syndicaux alors que les conditions de travail se détériorent. Plus alarmant encore, certaines catégories de travailleurs sont toujours privées de tels droits dans le monde : par exemple les travailleurs migrants dans certains pays du Moyen-Orient et des États du Golfe. La situation est aussi préoccupante pour les travailleurs domestiques, en majorité des femmes, dans ces mêmes pays mais aussi dans certains pays africains et asiatiques. Ce rapport qui couvre 143 pays dans le monde s’attache aussi à souligner les actions positives en faveur des droits syndicaux. Les auteurs citent ainsi par exemple « la nouvelle législation reconnaissant et autorisant la syndicalisation adoptée au Burkina Faso, au Kenya, au Mozambique et en Australie. ». VS
le 7 octobre 2009
Rapport mondial sur le développement humain 2009 : la migration, moteur de développement. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a rendu public son rapport 2009 Lever les barrières :
Mobilité et développement humains. Il y a près d’un milliard de migrants dans le monde. Les trois quarts d’entre eux se déplacent à l’intérieur de leur pays. Et parmi ceux qui migrent à l’international, moins de 30 % se déplacent d’un pays en développement vers un pays développé. Bien loin des idées reçues, souvent négatives, sur les migrants, le rapport démontre que la migration est une source d’amélioration du développement humain, tant pour les migrants eux-mêmes que pour les lieux qui les accueillent et ceux dont ils proviennent. Le Programme des Nations Unies insiste sur le fait que "vivre là où l’on souhaite est un élément clé de la liberté humaine" et plaide pour la réduction des politiques de restriction de l’immigration. A cet effet, le rapport présente des propositions de réformes pour accompagner au mieux la migration, à l’intérieur ou au-delà des frontières. P.D.
le 6 octobre 2009
1,48 million d’allocataires du RSA Un mois après sa création le 1er juin 2009, le revenu de solidarité active (RSA) a été versé à 1,48 million de foyers d’après les Caisses d’allocations familiales. 80 % des allocataires recevaient déjà le revenu minimum d’insertion (RMI) ou l’allocation parent isolé (API) que le RSA a remplacés. Ils perçoivent entre 400 et 450 euros par mois. En revanche, 280 000 nouveaux inscrits sont des travailleurs pauvres dont le revenu d’activité est complété par le RSA. Le montant versé est généralement inférieur à 200 euros par mois. Mais il manque encore 1,8 million de travailleurs pauvres potentiellement concernés par le RSA selon les estimations officielles. Les délais d’inscription l’expliquent en partie. L’autre raison réside peut-être dans les conditions de versement. Pour quelques dizaines d’euros mensuels, il faut justifier tous ses revenus et ceux de son conjoint, détailler sa situation familiale, un éventuel soutien extérieur, etc. NL
le 5 octobre 2009
Le renoncement aux soins dentaires ou optiques En 2008, 10,4 % de la population a renoncé à des soins dentaires ou optiques, pour des causes financières, selon le rapport sur l’état de santé de la population en France en 2008, publié par le ministère de la Santé.
Ce taux de renoncement est lié aux revenus : 15,83 % des personnes vivant dans un ménage aux revenus mebsuels inférieurs à 840 euros ont renoncé aux soins, contre 6,08 % de celles vivant dans un ménage aux revenus supérieurs à 4 600 euros. Les personnes qui ne disposent pas d’une complémentaire santé sont aussi deux fois plus nombreux à renoncer aux soins (22,9 % contre 9,6 %). Par ailleurs, la rapport présente de nombreux indicateurs sur l’ensemble des questions de santé, mettant en évidence les disparités existant entre sexes, groupes sociaux, ou territoires. On y apprend ainsi que, bien qu’ayant l’une des espérances de vie les plus élevée au monde (84,4 ans pour les femmes et 77,5 ans pour les hommes en 2007), la France présente un taux élevé de mortalité prématurée (antérieure à 65 ans) : 20 % de l’ensemble des décès, concernant à 70 % des hommes. On constate également que l’état de santé est toujours lié à la catégorie sociale et au niveau de diplôme, du fait de différences d’exposition aux risques, d’environnement ou de comportement socio-culturel. P.D.
le 2 octobre 2009
septembre 2009 En Grande-Bretagne, plus de la moitié des enfants d’origine pakistanaise ou bangladaise sont pauvres [1] d’après une étude du ministère du travail britannique sur la pauvreté infantile par catégorie ethnique entre 2004 et 2007. Un niveau presque trois fois plus élevé que les enfants britanniques blancs (20 %). Les plus touchés par la pauvreté sont ensuite les enfants noirs d’Afrique (35 %) et des Caraïbes (26%), puis les indiens (27 %). Depuis 10 ans, c’est la pauvreté des enfants bangladais qui a le plus diminué, passant de 72 % en moyenne sur 2001-2004 à 58 % en 2004-2007. Les autres groupes ethniques ont vu leur pauvreté infantile demeurer assez stable sur cette période. Ces écarts de pauvreté peuvent s’expliquer par des facteurs sociaux (type d’emploi, taille de la famille), mais une part inexpliquée peut être associée à de la discrimination liée à l’origine ethnique. Ainsi, si l’on compare des situations identiques (même statut d’emploi, même taille de famille), on constate que l’écart de pauvreté des enfants d’Indiens et de celui des enfants de blancs est totalement indue : la part inexpliquée est de 120 % ce qui signifie que leur taux de pauvreté devrait être inférieur à celui des blancs. C’est ensuite pour les enfants originaires du Pakistan et du Bangladesh que l’écart inexpliqué est le plus fort (73 %), suivis par les enfants noirs des caraïbes (62 %). NL [1] Taux de pauvreté défini selon le seuil à 60 % du revenu médian avant coût du logement
En Grande-Bretagne, les enfants blancs sont moins souvent pauvres
le 28 septembre 2009
Les travailleurs indépendants en France L’Insee publie un document « Les revenus d’activité des indépendants - Édition 2009 » qui dresse un portrait très détaillé des non-salariés en France. Ils sont 2,3 millions à exercer une profession principalement dans les secteurs de l’agriculture, du bâtiment et des travaux publics, du commerce de détail et du paramédical. Les trois quarts dirigent une entreprise de moins de 20 salariés, un cinquième de 20 à 249 salariés et 3 % sont à la tête de très grosses sociétés. Seulement 9,4 % des indépendants sont des femmes. Le revenu moyen annuel d’un indépendant (hors activités agricoles) est de 36 400 euros en 2005. Mais les moyennes sont peu significatives. Cet univers est beaucoup plus inégalitaire que celui des salariés : les écarts de revenus sont de l’ordre de un à sept, entre professions indépendantes. Mais ils peuvent atteindre des niveaux très supérieurs. Le revenu moyen d’un non-salarié agricole est de 17 100 euros en 2006. Les non-salariés des secteurs juridique, médical ou pharmaceutique ont les revenus les plus élevés, de 80 000 à 100 000 euros, en moyenne. Les femmes non-salariées connaissent des écarts de revenus beaucoup plus importants que leurs homologues salariées du privé : 40 % contre 25 %. L’Insee présente ici un panorama très complet de cette population. Mais il ne faut pas oublier qu’une partie de ses revenus est méconnue et souvent sous-estimée. Les revenus présentés ici ne sont pas réellement comparables à ceux que perçoivent les salariés, les indépendants déduisant de leurs revenus bruts des charges que ne peuvent imputer les salariés. VS
le 19 septembre 2009
Les inégalités en chanson... [1] en vente sur notre site (malheureusement en rupture de stock actuellement mais bientôt à nouveau disponible)
le 18 septembre 2009
Une fois n’est pas coutume, la chanson est à l’honneur sur notre site. Une bonne raison à cela : Volo, duo de chanteurs français, soutien de la première heure de l’Observatoire des inégalités, vient de sortir son tout nouvel album "En attendant". Frédéric et Olivier Volovitch, les deux membres du groupe, proposent en avant première sur leur site le clip de leur morceau "Réguler", une superbe ballade sur la crise financière ! Dans cette video - qui ne manque pas d’humour, malgré le sérieux du sujet traité - Frédéric Volovitch pousse la porte d’agences bancaires vêtu du tee-shirt de l’Observatoire des inégalités [1]...un grand merci à Volo pour l’intérêt porté à notre action.
Inégalités économiques, inégalités sociales "Inégalités économiques, inégalités sociales", c’est le titre du dernier numéro de la collection les "Cahiers Français", édités par la Documentation française (1). Comme l’indique Olivia Montel-Dumont (qui a dirigé ce numéro) en introduction : "très médiatisées, les inégalités économiques ne représentent en fait que la partie immergée de l’iceberg".
Les cahiers rassemblent en effet un ensemble de contributions originales qui dressent un large panorama des inégalités, des comparaisons internationales de richesse (Vanessa Denis et Nicolas Ruiz) aux inégalités écologiques (Jean Gadrey) en passant par les inégalités au sein du système scolaire (François Dubet) ou entre les hommes et les femmes (Margaret Maruani). On y lira un panorama des inégalités de revenu et de patrimoine en France par Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. (1) Cahiers français n°351, juillet-août 2009, 9,8 €. Voir le sommaire en ligne.
le 17 septembre 2009
Les inégalités aux Antilles Guyane L’augmentation des revenus observée entre 2001 et 2006 aux Antilles et en Guyane n’a pas permis la réduction des inégalités, bien au contraire, selon les chiffres publiés par l’Insee Antilles Guyane « Les inégalités aux Antilles Guyane : dix ans d’évolution ». Ce document de synthèse dresse un panorama des inégalités de revenu mais aussi en matière d’emploi, de logement et de conditions de vie. La Guadeloupe, la Martinique et la Guyane ont connu une hausse du taux des ménages à bas revenus entre 2001 et 2006, qui avait pourtant diminué entre 1995 et 2001. Ce taux est passé de 13,5 à 18 % en Guadeloupe entre 2001 et 2006, de 15 à 20 % en Martinique et de 25 à 26,5 % en Guyane. En France métropolitaine, ce taux est inférieur (13 %) et est resté à peu près constant entre 1995 et 2006. A l’opposé, l’augmentation des richesses a profité aux catégories les plus aisées. En Martinique par exemple, ce sont les 20 % des ménages les plus riches qui ont récolté les fruits de cette amélioration. Ce document souligne également les disparités entre ces trois départements d’Outre-mer. La géographie, l’activité économique propres à chacun d’eux influent notamment sur le marché de l’emploi qui s’est développé au cours de cette période, mais surtout sous sa forme la plus précaire (emplois aidés, contrats à durée déterminée, ou à temps partiel, stagiaires, intérimaires et apprentis). Les taux de chômage y sont aussi nettement plus élevés qu’en métropole : 22,7 % en Guadeloupe, 21,3 % en Martinique et 20,7 % en Guyane (chiffres de juin 2007). Cette situation explique en partie l’augmentation de la pauvreté dans ces régions françaises. VS
le 15 septembre 2009
Sévère bilan du droit au logement opposable La Conseil d’Etat dresse un bilan de l’application de la loi sur le logement opposable (DALO) du 5 mars 2007 dans son rapport annuel 2009. Il considère que le droit au logement est dans l’état actuel une vue de l’esprit. Le manque d’habitats accessibles aux ménages les moins aisés est en effet toujours d’actualité malgré les efforts déployés pour augmenter l’offre de logements sociaux. Selon les chiffres de l’Union sociale pour l’habitat, 83 500 dossiers avaient été déposés auprès des commissions départementales du droit au logement fin mai 2009. 45 % des recours examinés ont fait l’objet d’une décision favorable, soit 23 956 ménages à reloger, mais moins de la moitié d’entre eux (10 145) l’ont effectivement été. Le Conseil d’Etat remarque aussi que les critères d’attribution des logements sociaux sont opaques et contradictoires : l’objectif de créer de la mixité sociale dans les HLM favorise l’installation de familles plus aisées au détriment des familles dans le besoin. Pour parvenir à un rééquilibrage géographique de l’implantation du logement social et afin de favoriser la mixité sociale, le Conseil d’Etat préconise d’appliquer l’objectif de 20 % de logements sociaux de la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) dans toute nouvelle construction de plus de 10 logements. En effet, cet objectif obligatoire de 20 % pour les grandes villes et leurs banlieues n’est pas respecté par certaines communes huppées qui préfèrent payer une amende... avec la complicité de l’Etat : le Conseil d’Etat invite le gouvernement et les préfets à obliger les communes récalcitrantes à appliquer la loi au lieu de produire toujours plus de rapports sur le logement et d’adopter une loi qui fait naître de faux espoirs. NL
le 11 septembre 2009
Le paquet fiscal de 2007 a surtout bénéficié aux riches La loi TEPA (travail, emploi, pouvoir d’achat) du 21 août 2007 a mis en œuvre les grandes mesures fiscales du programme présidentiel. Deux ans après, le bilan de ces mesures est mitigé pour les syndicats du ministère des Finances. L’exonération d’impôt et de cotisations sociales sur les heures supplémentaires qui devait permettre de "travailler plus pour gagner plus" a surtout limité les recrutements en période de croissance et n’a que très ponctuellement augmenté le revenu des travailleurs. Le bouclier fiscal qui limite l’imposition totale à 50 % des revenus n’a pas encouragé les ultra-riches expatriés dans les paradis fiscaux à revenir en France, à l’instar de Johnny Hallyday. En revanche, il a bénéficié aux contribuables les plus riches. 100 très gros contribuables ont reçu plus de 1 million d’euros de remboursements d’impôts en moyenne. Le coût total pour la collectivité approche les 460 millions d’euros. Comme le prévoyait cette loi, les héritages sont presque tous exonérés de taxes (95 %), pour un coût évalué à 1,7 milliard d’euros. La richesse peut désormais se transmettre de génération en génération quel que soit le mérite des héritiers. NL
le 8 septembre 2009
La gratuité des musées étendue Depuis le 31 juillet dernier, la gratuité des musées et des monuments nationaux est étendue aux résidents de l’Union Européenne âgés de moins de 26 ans [1], quelle que soit leur nationalité. Frédéric Miterrand, nouveau ministre de la culture, développe ainsi le dispositif mis en place le 4 avril 2009 par Christine Albanel, l’ancienne résidente de la rue de Valois. Conformément à une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, le ministère de la culture avait offert la possibilité aux jeunes de moins de 26 ayant la nationalité d’un des membres de l’Union européenne de pouvoir visiter gratuitement le Louvre, le Mont Saint-Michel, et bien d’autres musées ou monuments français. Destinée à faciliter l’accès de ces sites aux jeunes les plus défavorisés, le développement d’une telle mesure permet de mettre un terme à une discrimination envers les non-ressortissants de l’Union Européenne. CR [1] voir dans notre rubrique en bref "Les musées gratuits pour les jeunes adultes" (6 février 2009)
le 4 septembre 2009
L’état des inégalités en Italie L’observation des inégalités en Europe progresse. L’Observatoire des inégalités sociales italien (voir en ligne), sous l’égide de la fondation Ermanno Gorrieri, vient de publier son état des inégalités : "Dimensions des inégalités en Italie : pauvreté, santé et logement" [1]. Les données présentées font apparaître une diminution des inégalités de revenu entre le milieu des années 1960 et 1990, puis une remontée assez nette dès cette période. La pauvreté, qui était restée stable de 1975 à 1990 s’élève dans les premières années de cette décennie puis se stabilise à nouveau. L’ensemble de l’ouvrage contient de très nombreuses données et analyses. LM [1] Dimensioni della disuguaglianza in Italia : povertà, salute, abitazione", Andrea Brandolini, Chiara Saraceno, Antonio Schizzerotto, Ed. Il Mulino, 2009, 30 €.
le 1er septembre 2009
août 2009 Les femmes ont représenté 41 % des recrutements en contrat à durée indéterminée (CDI) du secteur privé en 2005 et 56 % des recrutements en contrat à durée déterminée (CDD) d’après une étude du ministère de l’emploi (Premières informations et premières synthèses - Dares, Juillet 2009 - N°31.3). Elles étaient pourtant plus diplômées : 75 % des femmes recrutées en CDI avaient un baccalauréat ou plus, tandis que seulement la moitié des hommes était dans cette situation. Les femmes diplômées du supérieur (bac+2 ou plus) sont majoritairement déclassées : une minorité des recrues de 2005 occupaient des emplois de cadres alors que leurs collègues hommes y accèdent majoritairement. Cette situation est particulièrement marquée chez les jeunes : moins d’un tiers des femmes diplômées de moins de 30 ans étaient recrutées comme cadres alors que deux tiers des jeunes hommes diplômés l’étaient. 72 % des employeurs interrogés disent être indifférents à la prise en compte du sexe pour leurs recrutements. Les 28% restants se décomposent entre 20 % qui préfèrent embaucher un homme et 8 % une femme. Ce choix peut se justifier parfois par les contraintes physiques du poste à pouvoir comme dans le bâtiment et les travaux publics. Il s’agit aussi de préjugés sur les capacités respectives des hommes et des femmes. Pourtant, intégrer une femme dans son entreprise n’a pas que des "inconvénients"... puisque 93 % des employeurs l’ayant fait disent ne pas regretter ce choix. Ils sont 81 % à avoir le même avis après avoir recruté un homme. NL
Les femmes sont "déclassées" à l’embauche
le 27 août 2009
A diplôme équivalent, les immigrés sont davantage au chômage A âge et diplôme équivalents, les immigrés connaissent un taux de chômage 10% supérieur à celui des natifs de France d’après le rapport Immigration, qualifications et marché du travail de Gilles Saint-Paul pour le Centre d’analyse économique (CAE). Les hommes immigrés originaires d’Afrique subsaharienne ont un risque 20 % plus élevé que les hommes natifs de France toutes choses égales par ailleurs. Pour les femmes, le risque est 20 % plus élevé pour les immigrées du Proche-Orient et 19 % pour celles Afrique du Nord. Les Européens ne sont pas épargnés : les hommes d’Europe de l’Est ont un risque 17 % plus élevé et les femmes 12 %. Ce sont les personnes originaires d’Asie du Sud qui disposent du malus le plus faible : 4 % pour les hommes et 10 % pour les femmes. NL
le 18 août 2009
L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est encore loin 60 % des femmes qui travaillent occupent des emplois non qualifiés. 31 % des femmes sont à temps partiel, c’est le cas pour seulement 6 % des hommes. Les deux tiers des salariés à bas salaire sont des femmes. Leur rémunération est inférieure de 27 % de celle des hommes. 8,3 % sont au chômage contre 7,3 % pour les hommes. Telles sont les constatations de Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales, qui vient de remettre un rapport au gouvernement sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ce document indique également que les femmes sont toujours aussi peu nombreuses dans les instances dirigeantes des grandes entreprises. En 2009, elles ne représentent que 8 % dans les conseils d’administration des 500 premières sociétés françaises. Il reste beaucoup d’efforts à fournir dans les entreprises, à l’école, dans le domaine de la formation pour que les femmes soient considérées à égalité avec les hommes dans le milieu professionnel. A cette fin, ce rapport préconise notamment des obligations de représentation des femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises à hauteur de 40 % mais aussi des sanctions pour celles qui ne fourniraient pas d’informations sur l’évolution de la place de la femme. Il aborde également les moyens de favoriser une meilleure articulation entre la vie familiale et la vie professionnelle car les femmes sont les plus pénalisées dans leur vie professionnelle après l’arrivée d’un enfant notamment. VS
le 14 août 2009
79 millions de pauvres dans l’Union européenne En 2007, 79 millions de personnes, soit 16 % de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté dans les 27 pays de l’Union européenne plus l’Islande et la Norvège, selon la définition d’Eurostat. Ce taux varie de 10 % aux Pays-Bas à 21 % en Lettonie. La France se situe en 11ème position avec un taux de 13 %. Le seuil de pauvreté utilisé correspond à 60 % du revenu médian* du pays et il revêt des situations très différentes : il est de 250 euros par mois en Bulgarie, de 1 500 euros par mois au Luxembourg. Selon cette définition, les personnes âgées et les enfants sont les plus concernés par la pauvreté puisqu’ils connaissent un taux global de 19 %, plus élevé de 4 points de pourcentage à celui des 18-64 ans. Une autre définition par les conditions de vie corrobore ce constat. 17 % des Européens connaissent au moins trois privations matérielles dans une liste de neuf, telles que l’incapacité de partir une semaine en vacances, de se payer de la viande ou du poisson un jour sur deux, de se chauffer, etc. L’étude montre, en outre, que les transferts sociaux (impôts, prestations) participent à réduire de plus d’un tiers la pauvreté monétaire : sans eux, le taux de pauvreté serait de 25 %. NL * revenu médian : la moitié touche moins, l’autre moitié davantage.
le 11 août 2009
juillet 2009 A l’initiative du ministère de l’Education nationale, des cours gratuits proposés par le Centre national d’enseignement à distance (Cned) sont disponibles depuis le début de l’été sur le site www.academie-en-ligne.fr. Ces cours de révision des programmes propres à chaque niveau s’adressent aux élèves de CP à la Terminale. En proposant ces cours de soutien scolaire gratuits en ligne, le ministère se donne pour objectif de mettre à la disposition des parents les moyens d’aider leurs enfants, sans barrières financières. Une initiative à souligner quand on connait le succès des entreprises privées qui vendent cher ces types de cours. Il ne faut pas oublier cependant que malgré une progression rapide ces dernières années, l’accès à Internet est encore loin d’être généralisé notamment chez les ménages les moins aisés, catégories où l’échec scolaire est plus important... Cette mise en ligne de cours de soutien scolaire pendant l’été (à la rentrée seront proposés les programmes des enseignements généraux) met en lumière la pression exercée sur les élèves, et par la même sur les parents, pour réussir à l’école et obtenir des diplômes, sésames indispensables pour assurer au mieux son avenir professionnel. Toutefois, c’est au sein de l’école que les élèves qui ont le plus besoin de soutien peuvent trouver l’aide la plus efficace. Le travail des enseignants au plus près des enfants reste le meilleur moyen pour mettre en place des dispositifs d’aide adaptés à chacun. La réduction programmée des effectifs du personnel enseignant dans les écoles françaises ne va pas favoriser cette approche individualisée... VS
Soutien scolaire gratuit en ligne
le 23 juillet 2009
Même sorties d’une grande école, les filles sont pénalisées dans l’emploi Les jeunes hommes sortis en 2008 d’une grande école gagnent 10 % de plus que leurs camarades féminines en janvier 2009, selon l’enquête de la Conférence des grandes écoles [1] sur l’insertion de leurs jeunes diplômés. Les hommes de la promotion 2008 perçoivent un salaire brut avec primes de 3 058 euros par mois contre 2 772 euros pour les femmes. Au bout de deux ans d’activité, l’écart de rémunération se creuse encore : les hommes diplômés de 2007 perçoivent aujourd’hui un salaire 12 % plus élevé que les femmes (3 192 euros par mois contre 2 846 euros). Les jeunes femmes diplômées de grandes écoles connaissent davantage le chômage : 17 % sont en recherche d’emploi contre 12 % des jeunes hommes. Elles occupent également plus souvent des emplois précaires (72 % de CDI contre 83 % chez les hommes) et obtiennent moins fréquemment le statut de cadre et ses avantages. NL [1] La Conférence des grandes écoles regroupe 186 écoles d’ingénieurs et de commerce auxquelles s’ajoutent diverses écoles prestigieuses (ENS, ENA, écoles d’officiers, beaux arts) dont sortent chaque année 65 000 diplômés. La moitié d’entre eux ont répondu à l’enquête.
le 20 juillet 2009
La pauvreté expliquée par le Réseau européen anti-pauvreté Le réseau européen pour la pauvreté (EAPN, European anti-poverty network) propose aux internautes sa première brochure explicative sur la pauvreté et les inégalités sociales en Europe. Destinée à un public le plus large possible, ce document a le grand mérite de faire le point de façon très pédagogique sur des questions souvent oubliées, à savoir la pauvreté et l’exclusion sociale ainsi que les inégalités au sein de l’Union Européenne. S’il propose des données descriptives (16 % de la population de l’Union serait ainsi menacée par la pauvreté, soit 79 millions de personnes), il rappelle également comment le niveau de pauvreté y est déterminé (utilisation d’un seuil relatif de pauvreté, c’est-à-dire un pourcentage du revenu moyen), les modes de calcul des inégalités sociales, les facteurs de cette pauvreté ainsi que les différents moyens de la contenir, voire de la réduire. Entre autres éléments explicatifs, ce réseau d’associations pointe l’absence d’emploi, ou encore le manque d’éducation. L’appartenance à une minorité ethnique, le fait d’être une femme ou de subir un handicap sont également des facteurs à l’origine des inégalités sociales et de la pauvreté au sein de l’Union Européenne. L’EAPN rappelle par ailleurs que les 27 membres ont décrété que l’année 2010 serait celle de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale... CR
le 16 juillet 2009
Le bouclier fiscal bénéficie aux plus riches En 2008, 19 000 contribuables ont bénéficié du bouclier fiscal, qui limite l’imposition à la moitié des revenus, selon le rapport du député Gilles Carrez, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale. Alors que ce bouclier était présenté comme une solution pour les personnes modestes qui devaient s’acquitter de l’impôt sur la fortune parce que leur maison avait pris en valeur (on se souvient de l’exemple de la veuve de l’Ile de Ré), les principaux bénéficiaires de ce dispositif sont les hauts revenus détenteurs d’un important patrimoine. 8 633 personnes dont le revenu est parmi les 10 % les plus faibles ont reçu en moyenne 1 937 euros tandis que pour les 10 % les plus aisés, les remboursements se sont élevés à 105 903 euros. Au global, on constate une redistribution fiscale à l’envers : les 10 % les plus riches ont reçu 412 millions d’euros et les 10 % les plus modestes, 17 millions d’euros. La baisse des prix de l’immobilier en 2008 et 2009 devrait renforcer cette inégalité fiscale puisque les ménages modestes qui possèdent un bien rare passeront en dessous du seuil d’imposition à l’impôt sur la fortune (790 000 euros) et ne bénéficieront donc plus du bouclier fiscal. NL
le 13 juillet 2009
Comment s’articulent la vie familiale et la vie professionnelle ? Les dernières décennies ont vu s’accomplir de nombreuses mutations de la société : augmentation du nombre de femmes sur le marché du travail (elles représentent désormais 46,9 % des actifs), développement de la précarité de l’emploi, des temps partiels (un tiers des femmes sont à temps partiel) et des horaires atypiques (63 % des salariés sont dans ce cas). La famille a elle aussi évolué à travers de nouvelles formes d’union, l’instabilité plus grande des couples et l’augmentation des familles monoparentales. L’Institut national démographique (Ined) a mené une vaste enquête (10 000 personnes ont été interrogées, et 2 700 entreprises ont été consultées par questionnaire) sur l’articulation vie familiale-vie professionnelle dont les conclusions figurent dans l’ouvrage "Entre famille et travail. Des arrangements de couples aux pratiques des employeurs". A travers de nombreuses contributions analysant en profondeur tant les organisations des familles, que les mesures prises par les employeurs et les effets des politiques publiques, l’ouvrage montre que l’équilibre entre la vie familiale et professionnelle n’est pas encore réalisé et que de fortes inégalités de genre demeurent. Chaque année, notent les auteures de l’étude, 380 000 personnes - presque toujours des femmes - cessent leur activité pour prendre en charge leur enfant de moins de 3 ans. Or la moitié d’entre elles aurait souhaité continuer à travailler. Le système de garde actuel (crèches, assistantes maternelles et gardes à domicile) n’accueille que 38 % des enfants. Les autres sont gardés par leur mère dans 36 % des cas ou par une autre personne de la famille. Du côté des entreprises, les auteures soulignent le poids de l’organisation du travail. Un tiers des salariés ont des horaires longs ou atypiques et 14 % des horaires variables, qui rendent l’organisation familiale très complexe. Et les choses ne s’améliorent guère. Les entreprises affichent leur bonne volonté (avec notamment un nouvel Observatoire de la parentalité), mais, en pratique, elles réclament surtout plus de flexibilité. Depuis des années, les pouvoirs publics indiquent financer des places de crèches introuvables, et le développement envisagé du travail le dimanche n’ira pas dans le bon sens. PD - LM
le 10 juillet 2009
Le contrôle au faciès mesuré Les arabes et les noirs ont une probabilité d’être contrôlés par la police 2 à 15 fois plus élevée que les blancs, relève une enquête dirigée par deux chercheurs du CNRS, Fabien Jobard et René Lévy, et financée par l’Open society institute, une fondation du milliardaire américain Georges Soros. 525 opérations de police ont été observées, entre octobre 2007 et mai 2008, en deux lieux de Paris très fréquentés (la gare du Nord et Châtelet-les-Halles), en relevant l’âge, le sexe, la tenue vestimentaire et le profil ethnique des individus contrôlés, pour les comparer avec ceux des 37 000 personnes passant à proximité. Le style vestimentaire est un important facteur de sélection par la police : les jeunes habillés tendance « hip-hop », « tecktonic », « punk » ou « gothique » constituent la moitié des personnes contrôlées, alors qu’ils ne représentent que 10 % de la population disponible. Or les deux tiers des jeunes habillés de cette façon appartiennent aux minorités visibles. La logique policière s’appuie sur un profilage ethnique et vestimentaire du délinquant potentiel : on estime les jeunes des banlieues plus à risque que le reste de la population. C’est une pratique condamnable mais tout autant que celle des banques et des assurances qui, pour attribuer un prêt, sélectionnent leurs clients en fonction du sexe, du revenu ou du lieu d’habitation. NL
le 9 juillet 2009
Les inégalités face aux soins dentaires dans la région parisienne 13,5 % des Franciliens déclarent un problème dentaire, la proportion atteint 18,1 % pour les personnes n’ayant aucun diplôme et 19,7 % pour ceux qui ont un revenu inférieur à 60 % du revenu médian par unité de consommation selon les résultats de l’exploitation de l’enquête santé de l’Insee par l’Institut national de veille sanitaire (INVS). Plus le niveau de diplôme augmente et moins les personnes connaissent de problèmes dentaires car elles consultent plus souvent leur dentiste. Le fait de disposer d’une mutuelle ou d’une complémentaire santé favorise la prévention. En revanche, les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) n’ont pas un comportement plus préventif que les personnes qui ne sont pas couvertes du tout. De la même manière, le type de prothèses dentaires dont disposent les personnes dépend fortement de leur niveau de revenu et de formation. Les diplômés du supérieur recourent dix fois moins aux appareils mobiles (dentiers) et les 40 % les plus aisés ont deux fois plus souvent un appareil fixe, plus coûteux. La CMU-C parvient à doter les ménages modestes d’appareils mobiles mais pas à réduire l’écart d’accès aux appareils haut de gamme. NL
le 6 juillet 2009
Revenus des agriculteurs : l’Insee trouve l’erreur Comme nous l’annoncions, les données sur les revenus des agriculteurs (lire en ligne) étaient erronées. L’Insee, qui a enquêté longuement sur le sujet, confirme l’erreur. L’institut précise que de nouvelles données seront publiées avec les éléments détaillés de l’année 2006 (collection "Insee résultat"). Cette anomalie avait été signalée de longue date. Le plus étonnant est le fait que des gros agriculteurs perçoivent des revenus moins élevés que des petits n’ait suscité aucune interrogation. LM
le 2 juillet 2009
juin 2009 Doit-on vraiment croire les données de l’Insee sur les revenus ? En tous cas, leur répartition par catégorie sociale pose problème : le revenu des agriculteurs sur petite exploitation (18 700 euros annuels par individu) y dépasse de 14 % celui des agriculteurs propriétaires de grandes exploitations (16 300 euros annuels), voir les données en ligne. Pour le moins surprenantes, ces données ne correspondent pas à la réalité des revenus agricoles, notamment du fait des économies d’échelle qui peuvent exister. Elles ne concordent pas notamment avec les données de la Commission des comptes de l’agriculture (lire en ligne) publiés par le ministère du même nom. L’éleveur de chèvres du Larzac est rarement plus riche que le céréalier de la Beauce. Les inégalités au sein du monde agricole et des indépendants de façon plus générale sont encore plus grandes que chez les salariés. Le problème, c’est que de telles données laissent planer le doute sur les autres données, au moins pour les indépendants, et sur les moyennes générales calculées ainsi. LM
Revenus des agriculteurs : cherchez l’erreur
le 29 juin 2009
Des aides publiques au développement trop faibles En 2008, les membres du G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, Etats-Unis) ont fourni une Aide publique au développement (APD) à hauteur d’un peu plus de 75 milliards de dollars, selon le rapport ONE 2009. Ces aides pour soutenir l’effort de développement des pays les plus pauvres étaient de 62 milliards de dollars en 2004, et ont donc progressé de 20 % en quatre ans. Toutefois, ces sommes sont toujours en deçà de celles promises individuellement par ces Etats. Les APD ont pour objectif en particulier d’améliorer les conditions de vie des individus, au niveau sanitaire notamment, mais aussi de favoriser l’accès à l’éducation. Dans l’ensemble de ces domaines, la somme promise par les membres du G7 en faveur de l’Afrique subsaharienne, une des régions du monde les plus concernées par la pauvreté, est de plus de 21 milliards de dollars d’ici à l’année 2010. Entre 2004 et 2008, 7 milliards de dollars ont été délivrés, soit 33 % de la somme promise... La France ne montre pas l’exemple : si ses engagements sont en général plus ambitieux que ceux des autres Etats, ceux-ci sont loin d’être tenus. Il avait ainsi été promis que d’ici à l’an 2010, 0,7 % du PIB (Produit intérieur brut) national serait destiné à un soutien financier en faveur de l’Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, 0,39 % du PIB est ainsi orienté, tandis que la somme brute allouée a baissé de 610 millions de dollars entre 2007 et 2008. CR
le 25 juin 2009
Près de deux salariés sur trois travaillent en horaires atypiques Seuls 37 % des salariés ont des horaires "normaux" - définis comme à temps plein, réguliers et hors week-end - selon une étude du ministère du travail. Pour le reste, 19 % des salariés ont des horaires habituellement décalés, que ce soit en travaillant le samedi, le dimanche ou la nuit, ou avec des semaines irrégulières, sachant que bien souvent ces contraintes se cumulent. 10 % des salariés ont des horaires occasionnellement décalés, le week-end ou la nuit. 6,7 % des salariés ont des horaires variables au cours de l’année, et 1 salarié sur 10 des horaires longs et flexibles. Enfin, 17,5 % sont en temps partiel (essentiellement des femmes). A chacun de ces horaires correspond aussi des conditions de travail distinctes, note le ministère. PD
le 22 juin 2009
Un tiers de bas salaires en France Un salarié du privé sur trois perçevait un bas salaire en France en 2006 selon le ministère du travail en retenant un seuil de 1,3 fois le Smic (1 300 euros nets par mois). La proportion est divisée par deux si l’on considère les très bas salaires, définis alors comme équivalent à la moitié du salaire médian (la moitié des salariés touche moins, l’autre plus). Dans cette dernière définition, les bas salaires sont versés pour trois quarts à des employés à temps partiel. Les femmes sont plus concernées ainsi que les personnes peu ou pas qualifiées. NL
le 19 juin 2009
Le racisme diminue en France La majorité des Français (52 % des personnes interrogées) se déclarent « pas raciste du tout » selon le sondage annuel réalisé par CSA pour la Commission nationale consultative des droits de l’Homme. C’est le taux le plus élevé mesuré depuis 2001. De même, la proportion de personnes qui pensent qu’il y a trop d’immigrés en France descend à 39 % tandis que 82 % reconnaissent la contribution positive des immigrés à l’économie française. Malgré le pic du sentiment déclaré de racisme constaté en 2005, la situation est plus apaisée sur le long terme. Les comportements discriminatoires sont d’ailleurs condamnés : 91 % des sondés considèrent qu’il est « grave » de refuser l’embauche d’un noir ou d’un Maghrébin qualifié pour le poste et 89 % considèrent qu’il est grave de refuser de louer un logement à un noir qui remplit toutes les conditions financières. NL
le 15 juin 2009
4 % de smicards en Grande-Bretagne Un peu plus de 4 % des travailleurs britanniques étaient payés au salaire minimum ou moins en 2008 selon le rapport 2009 (en anglais) de la Commission sur les bas salaires. Ce sont à 60 % des salariés à temps partiel. Les femmes sont plus souvent payées au minimum légal (5,5 % contre 3 % pour les hommes) de même que les salariés les plus jeunes (7 % des 16-17 ans et 6 % des 18-21 ans) et les plus de 59 ans (9 %). Les employés des petites entreprises sont également plus souvent concernés (9 % dans les entreprises de moins de 10 salariés). Contrairement au Smic français, le salaire minimum britannique est différencié selon l’âge : 5,73 £ de l’heure (6,38 €) pour les plus de 22 ans, mais 4,77 £ (5,31 €) entre 18 et 21 ans et 3,53 £ (3,93 €) entre 16 et 17 ans, en avril 2008. Malgré l’extension récente du salaire minimum aux mineurs, les apprentis en restent exclus. Depuis son introduction il y a 10 ans, le salaire minimum n’a pas entraîné un regain d’inflation contrairement à ce qu’annonçaient les conservateurs britanniques. La mesure a élevé les bas niveaux de revenu, mais n’a pas endigué la hausse globale des inégalités de revenu. NL
le 11 juin 2009
Quatre femmes élues au Parlement koweïtien Pour la première fois depuis l’obtention en 2005 du droit de vote et de présentation aux élections des femmes koweïtiennes, quatre d’entre elles ont fait leur entrée au Parlement à l’issue des élections législatives du 17 mai 2009. Celui-ci était composé jusqu’à présent de 50 membres exclusivement masculins. Sur les 210 candidats à ces élections, 16 étaient des femmes. Lors des scrutins de 2006 et 2008, aucune femme n’avait été élue. Un net progrès donc pour cet émirat conservateur. VS
le 5 juin 2009
Pauvretés en Rhône-Alpes Le rapport "Pauvretés, précarités, exclusions" 2009 de la mission régionale d’information sur l’exclusion (MRIE) Rhône-Alpes est disponible sur son site. Comme en 2008, la MRIE dresse un portrait des réalités de la pauvreté dans ce territoire. 362 000 personnes vivent de minima sociaux en Rhône-Alpes, un chiffre en baisse sur les trois dernières années grâce à l’amélioration du marché du travail. La MRIE met en avant des études menées au niveau des cantons qui montrent une accentuation des inégalités territoriales et une aggravation des inégalités de revenu : « Du point de vue des minima sociaux comme des bas revenus, les cantons les plus fortement concernés par la précarité se situent au sein des grandes et moyennes agglomérations et au cœur des espaces ruraux du sud de la région ». Au-delà de la question des revenus, ce rapport s’attache plus particulièrement aux conditions de vie des plus modestes en abordant les thèmes de l’alimentation, de la santé ou du surendettement. Il donne également la parole aux personnes concernées par la pauvreté. Elles évoquent tout d’abord des privations en terme de loisirs, d’alimentation, de chauffage. Mais aussi les difficultés d’accès aux services publics d’aide sociale accentuées en milieu rural quand ces services n’existent plus. VS
le 3 juin 2009
mai 2009 7 788 réclamations pour discriminations ont été envoyées à la Haute autorité de lutte contre les discriminations (HALDE) en 2008 d’après son rapport annuel. Les signalements ont quasiment doublé en deux ans, date de sa première année complète d’activité. Cela est dû notamment au formulaire de saisine disponible sur son site internet qui a rencontré un franc succès puisqu’un tiers des réclamations ont été adressées par ce biais. Les cas de discriminations qui sont rapportés portent d’abord sur l’emploi (50 %) et le principal critère de discrimination est l’origine, autrement dit le racisme (29 %). Mais sur 6 414 dossiers traités en 2008, seuls 535 ont réellement débouché sur une action de la Halde, les autres étant rejetés, abandonnés ou réorientés. Parmi ces affaires, 220 ont été réglées à l’amiable, 299 ont fait l’objet d’avis, 42 de médiations et 84 de procédures judiciaires. NL
Les discriminations davantage signalées à la Halde
le 29 mai 2009
La Banque mondiale fait le bilan du développement dans le monde Comme chaque année, la Banque mondiale propose le World Development Indicators 2009 (les Indicateurs du développement mondial), une revue générale des progrès en terme de développement, par pays et continent. Ce rapport présente diverses données susceptibles d’illustrer le niveau des inégalités dans le monde : des conditions de vie à la santé, en passant par les revenus. De façon générale, les écarts entre les pays développés et les pays en développement semblent décroître de manière constante, en demeurant toutefois importants, les régions d’Asie du sud-est et d’Afrique subsaharienne étant les plus touchées par la pauvreté. Les données de ce nouveau rapport ne peuvent cependant pas refléter la situation économique actuelle : elles datent au mieux de 2007. Les effets de la crise économique ne peuvent encore se chiffrer. Si les rapporteurs ne peuvent ainsi pas encore s’appuyer sur les chiffres pour indiquer un infléchissement dans les progrès constatés vers l’éradication de la pauvreté par exemple, les difficultés économiques mondiales ont déjà sans nul doute des conséquences négatives sur les conditions de vie des pays les plus pauvres. CR
le 27 mai 2009
Record de surendettés en France 21 747 dossiers de surendettement ont été déposés en mars 2009 auprès des commissions de surendettement selon la Banque de France qui assure leur secrétariat. Bien qu’ils ne soient pas tous recevables, c’est le maximum jamais atteint depuis la création des commissions en 1990. 2008 a également été une année record avec 188 485 nouveaux dossiers enregistrés dont 84 % ont été jugés recevables. Au total, plus de 700 000 ménages sont en cours de désendettement, soit 1 ménage sur 30. L’endettement croissant des ménages, passé de 50 % de leur revenu disponible en 1995 à 75 % aujourd’hui comme le révèle une autre étude de la Banque de France, la stagnation des revenus modestes et l’accroissement des inégalités de revenu expliquent en partie ces situations difficiles. NL
le 25 mai 2009
Les inégalités de revenu en hausse au Royaume-Uni Les inégalités de revenu se sont encore accrues en 2007-2008 au Royaume Uni, selon un rapport du ministère du travail britannique. L’étude montre que les inégalités de revenu au sein du pays augmentent de façon significative depuis 2006-2007, phénomène qui s’amplifie encore en 2007-2008. Pour la troisième année consécutive, on constate une baisse des revenus des plus pauvres et une hausse significative pour les plus riches. Tandis que le quintile le plus démuni [1] recevait 7,1 % de l’ensemble des revenus distribués en 2007-2008, contre 7,6 % en 2004-2005, le quintile le plus riche [2] percevait 43,1 % en 2007-2008, contre 41,8 % en 2004-2005. Avec la prise en compte de l’inflation et les relatives différences du coût de la vie selon les caractéristiques des ménages (couple avec ou sans enfants, femme ou homme seul...), la part des revenus des 20 % les plus pauvres est estimée à 5,3 % en 2007-2008 contre 6 % en 2004-2005, et celle des 20 % les plus riches à 45,6 % contre 43,9 %. Le nombre de pauvres au Royaume Uni s’est donc accru : en 2007-2008, les auteurs du rapport estiment qu’ils sont 11 millions à vivre sous le seuil de pauvreté (60 % du revenu médian), soit 300 000 de plus que l’année précédente. Si de telles données sont mauvaises pour le gouvernement anglais dirigé par Gordon Brown, il faut noter la transparence de ce même gouvernement dans le domaine des inégalités. Ce rapport délivré par le ministère du travail permet d’accéder à des statistiques telles que les inégalités de revenu, par sexe, géographiques, ou encore entre groupes ethniques. On apprend ainsi que les femmes ont plus de risques que les hommes de toucher un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Il en est de même pour les membres d’une classe ethnique minoritaire. Il est plus difficile d’accéder à ce genre d’informations de l’autre côté de la Manche. CR [1] Les 20 % les plus pauvres [2] Les 20 % les plus aisés
le 22 mai 2009
Grippe porcine : inégalités face aux maladies L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a chiffré jeudi 14 mai 2009 à 6 497 cas le nombre cas de grippe porcine confirmés dont 65 mortels en Amérique. Des moyens énormes ont été déployés par les pays riches pour prévenir le risque d’épidémie. Mais d’autres maladies, dont les risques de diffusion à l’échelle planétaire sont nul ou très faibles, sont beaucoup moins médiatisées mais tuent beaucoup plus. Selon le rapport 2008 de l’OMS Statistiques sanitaires mondiales 2008 le paludisme (la malaria en anglais) a touché 250 millions de personnes en 2006 et a causé la mort d’un million d’entre eux alors que des insecticides et des toiles antimoustiques réduiraient drastiquement sa transmission. Environ 500 000 femmes sont mortes en 2005 en donnant naissance à leur enfant faute d’équipements et de soins médicaux. On décompte 33 millions de séropositifs dans le monde, 880 nouvelles personnes sont affectées et 600 en meurent chaque jour. Ces morts concentrés dans des pays à faible revenu préoccupent moins les autorités sanitaires qu’une grippe qui se répand dans les pays riches. NL
le 20 mai 2009
Où va la richesse : un rapport de l’Insee La part du profit reversé sous forme de dividendes a doublé en 15 ans, passant de 7 % en 1993 à 16 % en 2007, d’après le rapport de la mission présidée par Jean-Philippe Cotis, directeur général de l’Insee, sur le partage de la valeur ajoutée, remis le 13 mai 2009 au président de la République. En fait, les entreprises ont préféré attirer les actionnaires au détriment de l’investissement, et se sont donc endettées avec les résultats parfois désastreux qu’on a pu constater lorsque le robinet du crédit se ferme. La part des salaires dans la valeur ajoutée (la richesse monétaire créée une année donnée) est restée stable en France si l’on prend comme point de départ les années 1950 (65 % en 2007). Mais les salaires réellement perçus ont stagné, voire perdu en pouvoir d’achat du fait des nouvelles contributions sociales (CSG, CRDS) mises en place pour financer une protection sociale plus coûteuse. Le niveau de la protection sociale explique les différences avec nos voisins européens pour la part de la masse salariale dans le PIB d’après les comptes nationaux publiés par l’office européen des statistiques, Eurostat [1]. Hier décriée, elle est aujourd’hui mise en avant comme "rempart" face à la crise. De plus, selon le rapport, le sentiment de perte de pouvoir d’achat est aussi imputable à la hausse des inégalités salariales. Les mieux payés et les moins précaires ont bénéficié des plus fortes hausses. Les 0,1 % les mieux payés ont vu leurs salaires progresser quatre fois plus vite que le reste des salariés. NL [1] Pour partie ces écarts sont artificiels puisque lorsque ces dépenses ne sont pas prises en charge par la collectivité, bien souvent chacun doit avoir recours au secteur privé. C’est le cas notamment avec les retraites ou l’assurance
le 18 mai 2009
Pour la Banque mondiale, la crise fera 46 millions de pauvres supplémentaires Le très fort ralentissement de la croissance économique des pays en développement les plus en difficulté aura de lourdes conséquences sociales selon les estimations des experts de la Banque mondiale, qui viennent de publier le World Development Indicators 2009, un panorama mondial du développement. Ainsi, 46 millions d’individus supplémentaires dans le monde pourraient vivre avec moins de 1,25 dollar par jour, c’est-à-dire sous le seuil d’extrême pauvreté fixé par la Banque mondiale, ou 53 millions supplémentaires avec moins de 2 dollars par jour, seuil considéré par cette même institution comme le seuil de pauvreté. Cette augmentation du nombre de pauvres pourrait conduire à une recrudescence conséquente du taux de mortalité infantile : si la crise persiste, apprend-on, entre 1,4 et 2,8 millions d’enfants pourraient décéder des suites de maladies dues à leurs mauvaises conditions de vie. La chute massive des exportations et les difficultés croissantes à obtenir des fonds auprès des institutions financières, conséquences de la crise économique, empêcheront certainement les pays en développement de se targuer d’une croissance économique aussi forte que l’année 2008, qui atteignait 6 %. Présente dans tous les pays, même ceux connaissant le plus de difficultés, la perte d’une telle manne aura de lourdes conséquences. Non protégés par un système public de santé, les populations des pays les plus pauvres subiront mathématiquement une telle situation. Reste à savoir si les propositions exprimées dans ce rapport, à savoir de monter un fonds international pour protéger les personnes les plus vulnérables, seront suivies d’effets. CR
le 14 mai 2009
La baisse de la TVA, nouveau cadeau fiscal Le gouvernement a annoncé qu’il tiendrait une promesse faite par l’ancien Président de la République Jacques Chirac en 2002 : le premier juillet, il va diminuer de 19,6 % à 5,5 % le taux de TVA dans la restauration. Le coût de cette mesure est évalué à 2,5 milliards d’euros en année pleine. Au profit des restaurateurs et de ceux qui fréquentent leurs établissements. Quoi qu’en disent les syndicats de restaurateurs, personne ne pourra contrôler la répercussion de cette baisse sur les étiquettes, chaque établissement étant libre de fixer ses prix. Concrètement, contrairement à ce qui a été affiché, la baisse de la TVA ne sera pas intégralement répercutée. Les études disponibles tablent sur une diminution des trois quarts de l’ensemble, soit une baisse de prix d’environ 10 % [1]. Un quart de nos 2,5 milliards vont donc dans la poche des restaurateurs, soit 500 millions d’euros. L’Etat accorde à une profession à peu près l’équivalent de son effort annuel pour l’ensemble des zones d’éducation prioritaires, ou un tiers de son plan pour l’ensemble des jeunes. Quelques dizaines de milliers de restaurateurs d’un côté, des millions de jeunes de l’autre. Les trois quarts qui seraient effectivement répercutés sur les additions ne vont pas profiter à toute la population, mais à ceux qui fréquentent les restaurants : plus souvent des hommes que des femmes, des adultes que des jeunes ou des retraités, des citadins que des ruraux... Ceux là verront une diminution de 10 % en moyenne de la note : plus le repas est cher, plus l’addition sera allégée. Le cadeau s’adresse davantage à celui qui déjeune au Fouquet’s à Paris qu’au Flunch du centre commercial du coin. Deux milliards seront ainsi distribués, en pleine récession. LM [1] "La TVA réduite au restaurant ? Inefficace et injuste", Thibault Gajdos, Le Monde, 5 mai 2009.
le 11 mai 2009
Les premiers résultats de l’expérimentation du RSA Le revenu de solidarité active (RSA) n’a pas un impact significatif sur l’emploi, à part pour certains cas très particuliers, selon une première enquête menée par le ministère de la santé en mai-juin 2008, dont le rapport vient d’être publié. L’étude a porté sur une comparaison de zones tests, appliquant le RSA et de zones témoins, de mêmes caractéristiques mais ne l’appliquant pas encore des 15 premiers départements ayant mis en place les expérimentations du RSA, sur un échantillon de 3500 personnes.
Dans les zones tests, 19,1 % des personnes ont commencé un emploi depuis le début des expérimentations contre 17,6 % dans les zones témoins. 14,3 % en zones tests et 14 % en zones témoins étaient toujours en emploi en mai 2008, au moment de l’étude. Des différences non significatives au plan statistique. Toutefois, des écarts plus importants apparaissent suivant les cas : les personnes seules sans enfant ont trouvé plus souvent un emploi en zone test qu’en zone témoin respectivement 22 % et 17 %, de même que celles disposant du baccalauréat ou d’un diplôme plus élevé (35 % contre 18 %). Le RSA a eu un effet positif pour les personnes ne cumulant pas trop de difficultés au retour à l’emploi. La nature des emplois en terme de type de secteur d’activité, de contrat de travail ou de statut d’employeur est équivalente dans les zones tests et les zones témoins. Par contre, des différences apparaissent au niveau des horaires et des rémunérations : la durée hebdomadaire des emplois est significativement plus faible dans les zones tests (10,6 % des contrats ont une durée de moins de 9h, contre 5,8 % dans les zones témoins). Les salaires y sont également plus faibles (44,7 % touchent moins de 750€ contre 36,8 %). Cependant, les temps de trajet sont plus faibles dans les zones tests (au plus 10 minutes pour 41 % des personnes contre 28 % en zones témoins) et les horaires sont moins souvent atypiques (par exemple, 52 % des personnes ne travaillent jamais le samedi en zones tests contre 39 % en zones témoins). P-D
le 7 mai 2009
avril 2009 Un Réunionnais sur deux vit avec moins de 790 € par mois en 2006 selon l’état des lieux des revenus et de la pauvreté publié par l’Insee, en partenariat avec la Caisse d’allocations familiales de La Réunion dans la revue « Économie de La Réunion » N° 134 - avril 2009. En France métropolitaine, ce niveau de vie médian est de 1 280 €. Dans ce département d’Outre-mer, la population a vu son niveau de vie progresser néanmoins de 4 % entre 2001 et 2006 mais les inégalités de revenu se sont fortement accentuées. Ce sont les plus aisés qui ont bénéficié d’une économie plus favorable sur cette période : les 10 % des individus les plus riches ont un niveau de vie cinq fois supérieur aux 10 % les plus modestes en 2006. Ce rapport est de 3,6 en France. On apprend également que la Réunion occupe le 34ème rang mondial en 2005, loin derrière la France classée en 10ème position, si l’on considère l’Indice de développement humain (IDH) qui prend en compte des indicateurs de l’état de santé, de l’éducation et de la richesse. Cette étude dresse un portrait détaillé des revenus et de la pauvreté en s’attachant aux conditions de vie, aux situations familiales, dans l’emploi, propres à cette région française, ainsi qu’aux spécificités géographiques. Elle offre ainsi des données fines par communes, des revenus médians notamment. Un document indispensable à la définition de politiques sociales appropriées à ce territoire. Il comble une partie du vide statistique concernant les territoires éloignés de la métropole sur lesquels les données sont trop rares. VS
Revenus et pauvreté à la Réunion
le 30 avril 2009
La surmortalité des personnes sans-abri Médecins du Monde, l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM), l’association "Les Morts de la rue" ont mené une enquête inédite auprès des personnes sans-abri à Marseille qui met en évidence leur surmortalité. Selon les données recueillies pour l’année 2006, quand on vit dans la rue ou dans des habitats indignes, l’âge moyen au décès des hommes est de 56 ans et de 44 ans pour les femmes. Ces données traduisent des conditions de vie souvent extrêmes, combinées à des conduites à risques et diverses pathologies. Parmi les 44 décès observés, on notera en particulier que 16 % sont dus à des suicides, soit 8 fois plus que dans l’ensemble de la population. Au total, le collectif « Les morts dans la rue » a recensé 1 200 décès de sans domicile depuis 2002. L’absence de suivi régulier ou la mauvaise orientation médicale, faute de structures de prises en charge adaptées, justifient en partie cette situation. Enfin, le débat sur la prise en charge autoritaire ou non de ces personnes n’est toujours pas réglé. Peut-on laisser seules les personnes en grave difficulté qui refusent cette prise en charge ? Heureusement, en pratique, ces cas sont rares. D’abord parce que les services en contact avec les SDF font en sorte que cela ne soit pas le cas. Ensuite parce que comme le souligne l’étude, les sans-abri sont en demande de soins, mais encore faut-il avoir les moyens de détecter leurs besoins et pouvoir adapter des parcours de soins spécifiques. VS
le 28 avril 2009
En Europe, le travail c’est la santé Deux tiers des habitants des 25 pays membres de l’Union européenne se considèrent en bonne santé en 2007 d’après une enquête conduite par l’office statistique européen Eurostat. Les 10 % de personnes qui se déclarent en mauvaise santé souffrent généralement de maladies chroniques. Le fait d’être hors du marché du travail est le facteur principal de sensation de mauvaise santé. Les retraités, les chômeurs et les inactifs ont une probabilité plus élevée de se déclarer en mauvaise santé. A l’inverse, un haut niveau de qualification et d’importants revenus réduisent le fait de se sentir malade. C’est dans les pays d’Europe centrale et orientale que la population se déclare en plus mauvaise santé, de 12,4 % en République Tchèque à 22 % en Hongrie. En Europe occidentale, les Portugais ont le sentiment le plus mauvais de leur santé (19 %) tandis que l’Irlande est la plus optimiste (2,5 %). La France se situe près de la moyenne avec 9,4 % de personnes qui se déclarent en mauvaise santé. NL
le 27 avril 2009
La Halde recommande la levée des restrictions d’accès aux emplois pour les étrangers La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a publié une délibération demandant au Gouvernement de supprimer les conditions de nationalité qui empêchent actuellement les étrangers, particulièrement ceux n’appartenant pas à la communauté européenne, d’accéder à certains emplois. La Halde demande aussi au Premier ministre de recenser l’ensemble des professions interdites aux étrangers. On estime qu’environ six millions d’emplois (un quart du total) sont fermés aux étrangers. Ce qui explique bien davantage le chômage plus élevé que connaissent les populations étrangères que les discriminations à l’embauche, pourtant beaucoup plus souvent mises en avant. Dans les trois fonctions publiques (plus de 5 millions d’emplois au total), les étrangers extra-communautaires n’ont pas accès aux emplois statutaires (à l’exception de l’enseignement supérieur et de la recherche). Pourtant, ils peuvent exercer en partie les mêmes métiers, mais avec des contrats précaires. La Halde estime qu’il y a donc une discrimination vis-à-vis des étrangers. La condition de nationalité serait toutefois conservée pour les emplois relevant de la souveraineté nationale (comme la Défense) et de l’exercice de prérogatives de puissance publique. Dans le secteur privé, de nombreuses professions ont été historiquement interdites aux étrangers mais ne sont plus justifiées : huissiers de justice, notaires, vétérinaires, directeurs de salles de spectacles, débitants de tabac, etc... Au total, environ 600 000 emplois seraient concernés. Une proposition de loi pour l’ouverture de ces métiers a d’ailleurs été déposée au Sénat en janvier 2009. La Halde ne remet par contre pas en cause les restrictions d’accès aux emplois liées aux diplômes : certains postes sont en effet accessibles à la condition d’avoir un diplôme français ou équivalent. La Halde estime que cette condition est justifiée par la nécessité de s’assurer d’un niveau de formation suffisant. P-D
le 22 avril 2009
Afghanistan : les femmes sous la domination des hommes Une loi qui porte gravement atteinte aux droits des femmes de la communauté chiite du pays vient d’être présentée devant les députés afghans selon une information rapportée par The Guardian (31 mars 2009) : elle impose aux femmes de satisfaire les désirs sexuels de leur mari (sauf en cas de maladie) et rend impossible leur sortie du domicile conjugal sans leur permission. De nombreux pays et organismes de défense des droits des femmes, comme le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (Unifem), ont dénoncé ce projet de loi qui instaure une sorte de "viol légal". Le Parlement afghan l’aurait finalement amendé, mais la vigilance reste de mise. Même s’il reste beaucoup de travail à mener en matière d’égalité hommes-femmes partout dans le monde dans les domaines de l’emploi, des salaires, du partage des tâches domestiques entre autres, le droit des femmes à être considérées à égalité avec les hommes dans les sphères privées et publiques s’impose lentement mais progressivement. L’Afghanistan, comme un certain nombre d’autres pays, notamment du monde arabe, bafoue cependant encore gravement les droits les plus fondamentaux et les libertés des femmes encore considérées comme inférieures dans de très nombreux domaines. VS
le 20 avril 2009
"Comment réduire les inégalités sociales de santé ?", un dossier de l’Inpes L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) a consacré le n°397 (septembre-octobre 2008) de sa revue "La Santé de l’homme" aux inégalités sociales de santé. Ce dossier très complet propose tout d’abord un état des lieux des inégalités face à la santé, dues à de multiples facteurs, et un point sur les politiques publiques mises en œuvre pour tenter de les réduire en France et dans le monde. De nombreux experts de la question ainsi que des acteurs de terrain ont collaboré à ce numéro qui laisse une grande place à la présentation d’initiatives locales de lutte contre les inégalités sociales de santé. Y sont également présentées des études sur le stress au travail et sur le sommeil des Français. VS
le 16 avril 2009
La planification familiale sauve des vies La planification familiale apporte de grands bénéfices en matière de santé aux femmes, à leurs partenaires et à leurs enfants, selon le 4ème rapport du Population Reference Bureau (PRB), "Family Planning Saves Lives".
P-D
le 10 avril 2009
En informant les femmes, la planification familiale permet d’éviter des grossesses non souhaitées ou dangereuses ainsi que les avortements pratiqués sans soins, de prévenir les grossesses à haut risque, d’espacer les naissances afin de diminuer le risque de mortalité infantile et de permettre aux mères de mieux récupérer physiquement. La planification familiale joue également un rôle important dans la prévention de la transmission du Sida et des autres maladies sexuellement transmissibles (MST).
Malheureusement, de trop nombreuses femmes, particulièrement dans les pays pauvres, n’ont pas accès à cette planification, et le PRB plaide pour que des investissements soient faits en la matière, d’autant que les effets positifs sont immédiats et très importants.
Certains préjugés ont la vie dure Près de la moitié des Français pensent que les étrangers savent mieux profiter du système de protection sociale que les autres (48 % exactement), contre 49 % qui ne le pensent pas. 38 % estiment que les personnes juives ont plus d’influence que les autres dans la finance ou les médias contre 57 % d’opinions opposées, selon un sondage [1] mené par CSA pour l’Union des étudiants juifs de France et SOS racisme à l’occasion des Assises nationales contre les préjugés. Ces préjugés sont plus vivaces chez les retraités, les personnes sans diplômes. A l’inverse, on pourra se réjouir de constater que certains stéréotypes ont quasiment disparu : seuls 7 % des enquêtés considèrent que les femmes sont moins capables de diriger une entreprise que les hommes. Les associations sont les principaux acteurs en qui les Français ont confiance pour lutter contre les discriminations, loin devant les élus locaux ou nationaux. SH [1] Sondage mené par téléphone les 4 et 5 mars 2009 auprès d’un échantillon de 1 050 individus de 18 ans et plus.
le 6 avril 2009
Hommes-femmes : la synthèse de l’Insee "Les femmes sont plus diplômées que les hommes, mais restent cependant moins présentent sur le marché du travail". Dans sa note "Regard sur la parité, de l’emploi à la représentativité", l’Insee livre une synthèse actualisée des inégalités entre hommes et femmes dans le monde de l’emploi et dans l’univers politique (lire en ligne). Un document utile pour une première approche. Pour aller plus loin, il faut consulter "Regard sur la parité - edition 2008", le document le plus complet sur le sujet. LM Pour en savoir plus : notre rubrique hommes-femmes qui réalise une synthèse de données et d’analyses.
le 3 avril 2009
mars 2009 La crise financière diminue sérieusement les revenus dans le secteur de la finance. Il n’en demeure pas moins que les bonus distribués demeurent considérables rapportés à ce que touche le commun des mortels. Ainsi, Natixis, filiale commune de la Caisse d’Epargne et des Banques Populaires, qui a perdu 2,8 milliards d’euros l’an dernier et qui doit sa survie à l’intervention publique, a versé 70 millions d’euros de bonus à 3 000 salariés, soit 23 000 euros chacun, deux ans de Smic. C’est encore mieux chez Cheuvreux, filiale courtage* du Crédit agricole : 51 millions de bonus sont allés à 800 salariés, soit 63 500 euros par salarié. Et encore, ces chiffres sont très trompeurs car ils ne sont pas répartis de façon équivalente contrairement à notre calcul, quelques dirigeants perçoivent des bonus qui se chiffrent en millions d’euros. Ces émoluments qui hier étaient distribués dans l’indifférence générale suscitent une vague de réprobation en période de crise. LM * Intermédiaire financier entre entreprises.
Dans les banques, la crise n’empêche pas les bonus
le 31 mars 2009
Les femmes moins bien rémunérées, même à l’écran Dany Boon est l’acteur français le mieux rémunéré avec un revenu brut de 26 millions d’euros pour 2008, selon le classement publié par le Figaro. Gérard Depardieu et Daniel Auteuil arrivent toute suite derrière avec seulement 3,5 millions d’euros. Ces sommes sont astronomiques pour la grande majorité des Français. Dans le cas de Dany Boon, il s’explique par l’énorme succès populaire de son film Bienvenue chez les Ch’tis, qui a fait plus de 20 millions d’entrées. La première femme, Josiane Balasko, occupe la huitième place avec un revenu de 1,4 million d’euros, suivie de Catherine Frot et de Karin Viard. A l’image des femmes françaises, les actrices sont moins bien payées que les hommes pour un même emploi. Comment expliquer cette différence ? Un talent moindre ? De moins bonnes dispositions pour se "vendre" ? Pas assez de propositions ? En tous cas, jusqu’à preuve du contraire, peu de films peuvent se passer de rôles féminins... VS
le 30 mars 2009
Une femme active sur trois a le sentiment d’avoir été victime d’une discrimination au travail Un tiers des femmes actives (et des retraitées) ont déjà eu le sentiment d’avoir subi une discrimination au travail, du simple fait d’être une femme, selon un sondage « Grossesse, maternité et discriminations au travail » mené par l’institut de sondage CSA, les 4 et 5 février 2009 pour la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). Ne pas obtenir une augmentation, ou être écartée d’un poste à responsabilités arrivent en tête des citations (une femme sur cinq dit en avoir souffert). Ce sont les franciliennes, les catégories socio-professionnelles "supérieures" (cadres, professions libérales et professions intermédiaires), et les plus jeunes (30 à 49 ans) qui se plaignent le plus de cette situation. Cette étude montre également que pour la moitié de la population, ne pas avoir d’enfants pour une femme, est encore perçu comme un avantage. SH
le 26 mars 2009
L’immobilier de luxe ne connaît pas la crise "Contre toute attente, dès le mois de décembre, de nombreux acquéreurs sont revenus sur le marché et au mois de janvier nous avons totalisé un nombre de transactions équivalent à celui que nous connaissions avant crise. L’immobilier haut de gamme est plus que jamais une valeur refuge". Pour Richard Tzipine, directeur général du groupe Barnes, spécialisé dans les biens "d’exception", au dessus de 800 000 euros (1), la crise, c’est déjà du passé. Les prix ont baissé de l’ordre de 20 % pour les biens "avec des défauts", et entre 5 et 10 % pour ceux qui se situent à l’étage ou avec terrasse, mais ils n’ont pas bougé pour les biens "exceptionnels"... En banlieue Ouest, on peut trouver des villas "à des prix situés entre 2 et 2,5 millions d’euros. Rassurant non ? LM (1) "L’immobilier haut de gamme est plus que jamais une valeur refuge", Le Figaro, 10 mars 2009.
le 23 mars 2009
Le bouclier fiscal a rapporté 33 000 euros en moyenne à ses bénéficiaires Près de 14 000 foyers ont bénéficié en 2008 des avantages liés au bouclier fiscal qui permet aux contribuables de ne pas payer plus de 50 % de leurs revenus en impôts. Ils étaient un peu plus de 15 000 en 2007. L’Etat a ainsi remboursé en moyenne, au titre de l’impôt 2007, 33 000 euros à chaque bénéficiaire, pour un montant total de 458 millions d’euros. Il reste encore des demandes non traitées par les services fiscaux. Selon Bercy, 235 000 foyers au total pourraient être concernés. Alors que de plus en plus de Français sont touchés par les effets de la crise économique, l’Etat continue à rembourser les foyers les plus aisés. Le coût du bouclier représente autant d’argent public qui aurait pu être dépensé à destination des catégories qui ont le plus besoin de la solidarité collective, de l’éducation ou du logement. Ces 450 millions équivalent par exemple à trois fois le montant dont disposera le nouveau Haut commissaire à la jeunesse pour sa politique. De plus en plus de voix, de différents bords politiques, s’élèvent pour remettre en cause ce mécanisme. VS
le 18 mars 2009
Une nouvelle commission sur la politique de la jeunesse Le gouvernement vient de mettre en place sous la présidence de Martin Hirsch, Haut commissaire à la jeunesse, une commission de concertation sur la politique de la jeunesse. Le constat est sévère : si le taux de diplôme des 16-25 ans n’a cessé d’augmenter, les difficultés d’accès à l’emploi et de ce fait le taux de chômage des jeunes adultes atteint 19 % en 2007. Ils connaissent le taux de pauvreté le plus important, tous âges confondus. L’accès au logement autonome leur est particulièrement difficile. L’objectif est de réfléchir à des mesures ciblées, favorisant au final l’autonomie des jeunes, et abordera les domaines de la formation, de l’orientation, des revenus, du logement, de la culture, de la citoyenneté, de l’emploi et de la santé. Cette commission, composée de nombreuses personnalités (jeunes, partenaires sociaux, élus, sociologues, etc.) rendra un "livre vert" en mai prochain qui servira de base à la définition des orientations que le gouvernement présentera durant l’été 2009. Pour s’attaquer au malaise des jeunes, la commission dispose d’un budget de 150 millions d’euros, qui devraient permettre la mise en place de programmes expérimentaux en faveur de 100 000 d’entre eux. Cette initiative a le mérite de mettre le doigt sur les problèmes des jeunes adultes et de chercher à leur apporter des solutions adaptées. Mais une partie des difficultés que rencontrent les jeunes ne leur sont pas spécifiques, qu’il s’agisse d’emploi ou de logement, même s’ils les subissent de façon exacerbées. De plus, de la suppression des emplois jeunes à la diminution du nombre d’enseignants notamment, certaines mesures actuelles sont en totale contradiction avec les intérêts de la jeunesse. Enfin, le revenu de solidarité active, mis en place par le Haut commissaire à la jeunesse... ne sera pas accessible aux jeunes de moins de 25 ans. VS Pour aller plus loin, voir le dossier spécial de l’Observatoire des inégalités. Lire en ligne.
le 17 mars 2009
Deux millions d’enfants meurent de la diarrhée chaque année Chaque année, deux millions d’enfants meurent suite à une diarrhée, indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (lire l’article). La diarrhée est à l’origine de la mort d’un enfant sur cinq dans le monde. Principales causes : des aliments et une eau contaminés. "La recherche sur la diarrhée de l’enfant est en perte de vitesse depuis les années 80. Les fonds qui y sont consacrés sont nettement inférieurs au budget de la recherche sur d’autres maladies qui, comparativement, causent peu de décès.", écrit l’OMS qui souligne que le traitement de cette maladie est simple : sels de réhydratation orale (SRO) et comprimés de zinc. Coût d’un traitement : 0,25 €. LM
le 16 mars 2009
Les parcours scolaires des garçons et des filles Les filles et les garçons n’ont pas les mêmes parcours scolaires : l’orientation reste encore souvent sexuée selon une étude du ministère de l’Education nationale filles et garçons sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur. Certaines filières, comme les lettres, sont massivement féminisées. D’autres, comme les filières technologiques, le sont à l’inverse fort peu. Ce document propose, sous forme de graphiques et tableaux, un ensemble très complet de statistiques comparant les parcours des filles et des garçons, depuis les petites classes jusqu’à l’insertion professionnelle. P-D
le 13 mars 2009
1968-2008 : comment a évolué la situation des femmes françaises Ces quarante dernières années ont connu une véritable mutation de la situation des femmes dans la société. Le Conseil économique, social et environnemental présente, à la veille de la journée des femmes, un rapport "1968-2008 : évolution et prospective de la situation des femmes dans la société française"
qui dresse un bilan de ces grandes avancées, mais aussi des freins encore présents : les femmes ont obtenu, avec les lois sur la contraception et l’avortement, la libre disposition de leur corps. Elles ont aussi accru leur niveau de formation initiale, et leur présence sur le marché de l’emploi. Toutefois, on observe encore des différences importantes dans les choix d’orientation scolaire, des carrières moins favorables, des inégalités de salaire et les femmes continuent d’effectuer la plupart des tâches domestiques (surtout les plus ingrates). Elles sont également encore trop peu présentes dans les sphères décisionnelles ou de représentation publique. Le rapport répertorie enfin les actions qui restent à mener pour accéder à une véritable égalité, que ce soit dans l’éducation, l’emploi, la représentation politique ou la prévention de la violence. P.D
le 8 mars 2009
Les inégalités de retraite entre hommes et femmes en Europe Les femmes perçoivent l’équivalent de 48 % des pensions de retraite des hommes en France, 68 % en Suède d’après l’Institut national d’études démographiques (Ined) dans le n° 453 de Population et Sociétés de février 2009. On parle là des droits "propres" acquis individuellement, n’incluant pas les pensions de réversion versées aux femmes en tant qu’ayant-droit de leur conjoint. Ces écarts s’expliquent en partie par la situation des femmes dans l’emploi. Même si la plupart travaillent aujourd’hui, elles sont plus souvent que les hommes à temps partiel, ont des interruptions de carrière pour élever leurs enfants et sont moins bien rémunérées. Les différents systèmes mis en place en Europe, étudiés et comparés dans le document de l’Ined, favorisent, suivant les pays, l’acquisition des droits propres des femmes ou un meilleur partage des droits à la retraite au sein du couple. Cette deuxième voie semble être la moins bénéfique pour les femmes en raison de l’évolution de la vie de couple, avec plus de divorces et d’unions hors mariage.
le 5 mars 2009
février 2009 La vente de la collection d’oeuvres d’art de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent mise aux enchères à Paris a finalement rapporté 375 millions d’euros, un record mondial. Les deux personnalités du luxe français avaient donc accumulé en 50 ans une collection dont la valeur équivaut à 31 000 ans de Smic. Il faut dire que les œuvres d’art ne sont pas prises en compte dans l’assiette de l’impôt sur la fortune, et sont très peu taxées lors de leur revente pour peu qu’on les garde quelques années. Des produits qui peuvent donc rapporter beaucoup : "A titre d’exemple, Claude Monet a une évolution annuelle estimée à 9,62 % ; Napoléon I er à 9,61 % ; Cézanne à 10,86 % ; Louis XIV à 9,65 % et Victor Hugo à 9,92 %", estime l’Institut de la défiscalisation. La crise économique mondiale n’a pas les mêmes répercussions dans tous les milieux : "dans les périodes difficiles comme celles que nous traversons, ceux qui ont de l’argent préfèrent acheter des tableaux plutôt que des actifs financiers dont la valeur n’est pas assurée. Sur le marché de l’art, la crise est moins sensible car les valeurs sont plus sûres", assure Claude Aguttes, directeur de la maison d’enchères Aguttes de Neuilly. LM
Une collection d’art de 375 millions d’euros
le 25 février 2009
ISF : 9 000 euros pour les plus aisés Les réductions d’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) liées à l’investissement dans le capital des PME décidées à l’été 2007 ont coûté 660 millions d’euros en 2008 à l’Etat, selon le Figaro, reprenant une information du ministère des finances [1]. Le nouveau mécanisme permet de réduire 75 % du montant investi de l’ISF, dans la limite de 50 000 €. Au total, 73 000 foyers ont opté pour cette mesure : ils ont reçu chacun en moyenne 9 000 €… A titre de comparaison, l’ensemble du plan présenté le 18 février dernier suite au sommet social s’élève a 2,6 milliards d’euros, et nos 660 millions d’euros représentent ce que l’Etat dépense chaque année pour les zones d’éducation prioritaires. Au total, les recettes d’ISF n’ont baissé que de 200 millions d’euros en 2008, de 4 à 3,8 milliards. L’assiette taxée en 2008 est en effet évaluée au premier janvier de l’année, avant la crise immobilière et financière, et 2007 reste une année faste pour les catégories aisées. L’an dernier, le nombre d’assujettis à l’ISF a augmenté de 7 %, soit 38 100 foyers supplémentaires pour atteindre 566 000. Compte-tenu de la dévalorisation des actions en 2008 et du retournement du marché immobilier, les montants payés en 2009 seront encore en diminution. LM [1] « Plus de 565 000 foyers ont payé l’ISF en 2008 », Le Figaro, 23 février 2009.
le 23 février 2009
Portrait statistique de la vie des femmes et des hommes en Europe L’égalité hommes-femmes est un sujet de préoccupation pour la communauté européenne. Dans ce cadre, Eurostat met à disposition sur son site un rapport statistique très complet sur la situation comparée des hommes et des femmes. Ce document s’articule non pas par domaine mais par période de la vie. Il aborde en effet les questions liées au genre dès l’enfance, notamment à l’école, puis durant la vie active que ce soit dans l’emploi ou dans la vie de famille pour terminer par un tour d’horizon de la population à l’âge de la retraite en détaillant les situations face à la pauvreté, à la santé et aux loisirs. Ce portrait, très riche en données chiffrées, donne des éléments sur les disparités hommes-femmes dans les différentes sphères de la vie (économique, familiale, culturelle et civile) et montre que si des progrès ont été réalisés, beaucoup reste à faire pour réaliser l’égalité entre hommes et femmes. VS
le 23 février 2009
Précarité et suicide 69 % des personnes en très grande précarité déclarent une souffrance psychique avérée contre 20 % de l’ensemble de la population majeure française, indique une étude présentée par l’Union pour la prévention du suicide (UPS). Les chiffres de l’UPS montrent le lien très étroit entre cette souffrance et la très forte aggravation du risque suicidaire. Le lien est heureusement loin d’être mécanique entre précarité et suicide, cause de plus de 10 000 morts par an. Il peut aussi être inversé : une fragilité psychologique peut aussi conduire au chômage. L’étude montre que, globalement, les personnes les plus soumises aux aléas économiques, allocataires de minima sociaux et les salariés en contrat à durée déterminée, en intérim ou en contrat aidé notamment sont aussi les plus vulnérables face au suicide. Dans le contexte actuel de crise financière, économique et sociale, l’UPS veut alerter les pouvoirs publics sur le risque d’une crise sanitaire liée à la possible montée de la précarité. Elle propose quelques pistes de réflexions comme la mise en œuvre d’un plan sanitaire et solidaire en complément d’un accompagnement économique et financier. VS
le 20 février 2009
Les dividendes explosent en 2008 Les dividendes versés par les entreprises du CAC 40 ont atteint 43 milliards d’euros en 2008 selon le journal Les Echos du 13 février 2009. Alors que plus de 200 000 nouveaux chômeurs sont décomptés depuis que la crise a éclaté à l’été 2008, le montant des dividendes progresse de 13 % par rapport à 2007 (38 milliards d’euros). Ainsi, Total qui annonce un bénéfice record de 14 milliards d’euros a versé près de 5 milliards d’euros à ses actionnaires, 500 millions de plus que l’année dernière. On trouve juste derrière l’autre grande entreprise énergétique GDF-Suez qui a payé 4,6 milliards d’euros contre "seulement" 2,6 milliards d’euros l’année passée (par addition de GDF et Suez). Viennent ensuite France Telecom (3,4 milliards €), BNP Paribas (3 milliards €) et Sanofi Aventis (2,7 milliards €). Seules quatre entreprises sur 40 n’affichent pas d’augmentation des dividendes (STMicroelectronics, Société générale, EADS et Alcatel Lucent). NL
le 16 février 2009
Etats-Unis : la taxation des plus riches continue de diminuer Le taux d’imposition des 400 contribuables américains les plus riches a atteint le plancher record de 17,2 % en 2006 d’après l’administration fiscale américaine. Ce taux approchait 30 % dix ans plus tôt. 31 d’entre eux étaient même taxés à moins de 10 % tandis que 47 étaient taxés entre 30 et 35 %. Plus aucun contribuable aisé n’est taxé à plus de 35 % depuis 2003. Ces contribuables ont gagné en moyenne 263 millions de dollars en 2006. Leur revenu provient principalement de plus-values (63 %), ce qui est moins que la période faste de la bulle internet où elles représentaient 73 % des revenus des 400 familles les plus riches mais reste quasiment deux fois plus élevé qu’en 1993 (36 %). En France, le taux d’imposition des dix foyers les plus riches serait de 20 % selon le rapport parlementaire sur les niches fiscales. Le bouclier fiscal qui limite l’imposition globale à 50 % des revenus imposables se combine souvent avec de nombreuses niches fiscales. NL
le 13 février 2009
Le chômage et la pauvreté vont augmenter dans le monde en 2009 Le taux de chômage mondial pourrait passer de 6 % en 2008 à 7 % en 2009 dans le scénario le plus pessimiste dressé par le bureau international du travail (BIT) dans ses Tendances de l’emploi 2009 (en anglais). Près de 190 millions de personnes dans le monde étaient au chômage en 2008, soit 3,5 millions de plus que l’année passée. De 18 à 51 millions de personnes pourraient y basculer en 2009. Le nombre de travailleurs extrêmement pauvres qui gagnent moins de 1,25 dollar par jour pourrait également s’accroitre de près de 200 millions. En 2007, 21 % des travailleurs étaient très pauvres et cette proportion pourrait atteindre 27 % en 2009. Cependant, dans son scénario plus optimiste basé sur les prévisions de croissance publiées par le Fonds monétaire international (FMI) en novembre 2008, la pauvreté au travail pourrait continuer de diminuer comme c’est le cas depuis 1999. NL
le 9 février 2009
Les musées gratuits pour les jeunes adultes Les jeunes européens âgés de 18 à 25 ans pourront visiter gratuitement les monuments et musées nationaux (excepté leurs expositions temporaires) à partir du 4 avril 2009, conformément à une promesse électorale du Président de la République destinée à promouvoir les pratiques culturelles. Cette gratuité est déjà en vigueur pour les moins de 18 ans, elle sera également étendue aux enseignants français du primaire et du secondaire. Le Louvre, le musée du quai Branly, les châteaux de Versailles, de Chambord, le Panthéon ou le Mont-Saint-Michel font entre autres partie des lieux culturels concernés. Cette décision a d’abord pour objectif d’attirer un jeune public qui ne privilégie pas ce genre d’activité et, ensuite, de démocratiser l’accès à la culture en faisant tomber la barrière tarifaire pour les populations les plus modestes. Une expérimentation de cette gratuité pour les 18-25 ans a été menée durant le premier semestre 2008 dans quatorze musées nationaux, ainsi que des expériences plus ciblées dans des musées parisiens à l’occasion par exemple de nocturnes hebdomadaires. A l’issue de ce galop d’essai, une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) a souligné le fort intérêt de ces jeunes pour la gratuité. Cependant, l’effet a été limité auprès des non diplômés, moins habitués à fréquenter ces lieux culturels. Pour cette population, la gratuité ne change pas de façon significative leur manque d’intérêt pour ces pratiques culturelles. Un manque d’initiation à l’art à l’école est certainement à l’origine du faible impact de ces expérimentations mais ces jeunes soulignent également le défaut de communication autour de ces opérations ainsi que la nécessité de moderniser et de développer les dispositifs d’aide à la compréhension des contenus présentés. Certainement des pistes à explorer, en plus de la gratuité, pour espérer attirer un public plus large et non averti dans les musées. VS
le 6 février 2009
janvier 2009 L’Observatoire des territoires vient de publier son rapport 2009 « Dynamiques et développement durable des territoires » dont la synthèse est disponible en ligne sur son site. Les régions françaises connaissent des disparités en termes de répartition de la population, de la richesse, d’atouts économiques ou de la précarité. En ce qui concerne le Produit intérieur brut [1], les écarts tendent à se resserrer. De grandes disparités, liées à la plus ou moins forte productivité des territoires, demeurent toutefois : sur une base 100 pour tout le territoire, le Pib par habitant est de 153 en Ile-de-France (le plus haut niveau en Europe), 113 en région Rhône-Alpes mais seulement 80 pour le Nord-Pas-de-Calais. La géographie des territoires se mesure aussi en termes de pauvreté. La précarité est plus présente là où se trouve le déclin industriel ou à la périphérie des grands centres urbains. La pauvreté se concentre autour des grandes villes de l’Est, du Sud, de l’Ile-de-France et les écarts entre les populations les plus riches et les plus pauvres y sont les plus importants. Les pôles urbains des autres régions sont moins inégalitaires. S’intéresser à la composition de la population (nombre de naissances, de jeunes, de personnes âgées, d’actifs, d’inactifs...) est essentiel pour comprendre les disparités entre les territoires. La croissance démographique va de pair avec la croissance économique. VS [1] le PIB est la richesse monétaire produite une année donnée par une entité donnée. Le PIB par habitant divise cette richesse par le nombre d’habitants. Les données localisées de production sont à prendre avec précaution car les activités sont enregistrées au siège de l’entreprise, qui peut différer du lieu production.
Le portrait des régions françaises par l’Observatoire des territoires
le 30 janvier 2009
L’Unicef dénonce les inégalités de santé maternelle et néonatale Dans son rapport annuel, La situation des enfants dans le monde 2009, La santé maternelle et néonatale, l’Unicef dénonce de fortes inégalités quant au risque de complications mortelles pour les femmes pendant leur grossesse et au moment de l’accouchement, ainsi que pour les nourrissons. Si mettre un enfant au monde représente aujourd’hui un des plus grands risques sanitaires dans le monde, tant pour les femmes que pour les nourrissons, on constate que le degré de ces risques varie selon les régions du monde. Selon une estimation retenue dans ce rapport, près d’un demi million de femmes meurent des suites directes de leur grossesse ou de leur accouchement. Quant au nombre d’enfants de moins de cinq ans décédés, il s’élevait à un peu plus de 9 millions en 2007. Dans les deux cas, le continent le plus touché reste l’Afrique, région qui regroupe plus de la moitié des décès (51 % dans les deux cas), suivi par le continent asiatique (41 %). Les deux continents les plus pauvres du monde regroupent donc 90 % des cas de décès de nourrissons et de femmes en raison de leur grossesse ou des suites de leur accouchement. En conséquence, les risques encourus par les femmes enceintes sont bien plus importants dans les pays en développement que dans les pays développés : les femmes ont 1 risque sur 76 d’avoir des complications pré ou post natales dans les pays pauvres contre 1 sur 8 000 dans les pays riches. Ces inégalités très marquées résultent évidemment d’écarts importants des conditions de vie entre pays riches et pays pauvres, ainsi que des disparités en terme de moyens mis à la disposition des systèmes nationaux de santé. Mais selon l’Unicef, elles sont également consécutives au manque de connaissances des femmes quant aux risques liés à leur grossesse. L’organisation plaide ainsi pour des politiques dirigées vers une meilleure éducation des femmes, mais aussi de l’ensemble de la population, afin de favoriser leurs droits. CR
le 26 janvier 2009
Les enfants d’immigrés occupent moins souvent des emplois stables 43 % des enfants de Français occupent un emploi sous contrat à durée indéterminée deux ans après leur sortie de l’école alors que ceux dont les parents sont originaires du continent africain ne sont que 26 % dans cette situation. D’après Christian Belzil et François Poinas, auteurs d’une étude (en anglais) établie sur un échantillon de 42 674 jeunes, l’origine nationale des parents explique 6 % de cet écart tandis que l’origine sociale y contribue pour près d’un quart. Le niveau scolaire atteint par les individus est le facteur principal de différenciation. Il explique en effet deux tiers de l’accès à un emploi stable, les enfants de Francais étant 2,5 fois plus diplômés que les enfants d’Africains (46 % ont un bac ou plus contre 19 % pour les enfants d’Africains). Cependant, la réussite à l’école n’est pas indépendante de l’origine. Selon les calculs des auteurs, le fait d’obtenir un bac ou au-delà est imputable pour moitié à l’origine sociale et pour 5 % à la nationalité des parents. L’autre facteur important de cette moindre qualification (42 %) est le retard scolaire accumulé par les enfants d’étrangers qu’on pourrait aussi attribuer à l’origine des parents. Cette étude réalisée par deux économistes du CNRS vise à combler le retard de la recherche française sur les discriminations envers les enfants d’immigrés. On peut également regretter que les rares études existantes s’adressent à un public restreint : anglophone et friand de formules mathématiques... NL
le 23 janvier 2009
Le train moins cher pour les familles modestes La carte famille nombreuse - qui donne droit en particulier à des avantages dans les transports en commun, et notamment à la SNCF - va être étendue aux familles modestes, a annoncé Nadine Morano, la secrétaire d’Etat à la famille. Elle est attribuée aujourd’hui sans condition de ressources aux familles d’au moins trois enfants. Des réductions de prix devraient être ainsi accordées aux familles à partir du premier enfant. Entre 5 et 7 millions de personnes pourraient bénéficier de cette nouvelle carte « enfant-famille », contre deux millions aujourd’hui. Les profits enregistrés l’an dernier par la SNCF (un milliard d’euros) vont permettre de financer cette nouvelle mesure. Après avoir envisagé la suppression de cette carte, ce revirement constitue une bonne nouvelle pour de nombreuses familles démunies. L’impact de cette mesure dépendra du niveau de condition de ressources considéré. Encore faudrait-il que ces familles s’y retrouvent dans la nouvelle jungle des tarifs ferroviaires, et puissent disposer aussi des réductions réservées aux internautes : une partie des familles démunies n’ont pas accès à l’Internet. La SNCF vient d’ailleurs de reprendre une partie de cette réduction en augmentant de 3,5 % ses tarifs le 13 janvier…
le 20 janvier 2009
Les actes du congrès national des Observatoires régionaux de la santé sont disponibles en ligne Les actes du congrès national des Observatoires régionaux de la santé (Ors) qui s’est tenu à Marseille les 16 et 17 octobre derniers sur le thème « Les inégalités de santé – nouveaux savoirs, nouveaux enjeux politiques » sont disponibles sur ce site. On y trouve par exemple les textes des conférences plénières « L’état de la recherche sur les inégalités de santé », « L’intervention politique et la question des inégalités » mais aussi des ateliers « Espaces et contextes sociaux des inégalités de santé », « Dynamiques temporelles des inégalités de santé », « Méthodes d’observation et de mesure des inégalités de santé », etc. Un ensemble de points de vue, de textes de recherche, d’états des lieux chiffrés territoriaux présentés par des représentants de l’État, des collectivités territoriales, de l’assurance maladie ou du secteur associatif qui dresse un portrait très informé sur les inégalités de santé et leur lien avec les inégalités sociales. Des pistes pour élaborer des politiques de lutte contre l’exclusion du système de santé d’une partie de la population sont également mises en avant dans ces nombreuses contributions. VS
le 16 janvier 2009
La crise fera basculer 10 millions d’Américains dans la pauvreté La récession économique devrait entraîner une hausse de 7 à 10 millions du nombre de pauvres selon les hypothèses et de 3 millions du nombre d’enfants pauvres, a indiqué le Centre américain sur le budget et les priorités politiques (Center on Budget and Policy Priorities). Actuellement le pays compte 35 millions de pauvres dont 12,5 millions d’enfants. Cette estimation se fonde sur l’impact des précédents ralentissements économiques sur la pauvreté aux Etats-Unis. Son analyse est corroborée par l’augmentation rapide du nombre de bénéficiaires de coupons alimentaires constatée (+2,6 millions de personnes sur un an). Pour y faire face, le centre de recherche non-gouvernemental avance plusieurs propositions de mesures à financer par l’Etat fédéral américain. En premier lieu, il suggère une augmentation de l’aide alimentaire et de l’aide au logement, associée à un financement supplémentaire du programme d’assistance aux familles pauvres. Ensuite il propose d’étendre la couverture de l’assurance-chômage qui exclut pour le moment 60% des chômeurs. Enfin, il conseille à l’Etat fédéral de participer aux dépenses sociales des Etats fédérés défavorisés, ce qu’on appelle en France la péréquation financière entre les collectivités locales. NL
le 13 janvier 2009
Toutes les données sur l’éducation dans le monde par l’Unesco L’Unesco a publié son rapport statistique Global education digest 2008 sur l’éducation dans le monde. Il rassemble des données concernant 200 pays et territoires pour l’année 2006, pour certains, de 2007. C’est le document le plus complet existant sur le sujet.
Contrairement aux statistiques précédentes, ce document présente un ensemble d’indicateurs plus large et surtout des séries longues - depuis les années 1970 - permettant d’avoir une vue globale de l’évolution de l’éducation dans le monde. Du taux d’enfants non scolarisés en primaire aux niveaux de dépenses pour l’éducation en passant par l’âge ou la durée de scolarité obligatoire par pays ou régions, ce recueil fourmille de données. Un bémol quand même, tous les pays n’ont pas les moyens de fournir certaines informations chiffrées, en raison d’un manque de données précises ou fiables, certains résultats sont donc à considérer avec précaution. VS
le 2 janvier 2009
décembre 2008 L’écart entre les taux d’emploi [1] des hommes et des femmes de 15 à 44 ans s’est réduit de 17,1 à 14,2 points entre 2000 et 2007 dans l’Union européenne, indique une étude de l’institut statistique européen Eurostat (lire l’étude) qui fait un panorama synthétique sur les conditions d’emplois par genre. Le taux d’emploi des femmes atteint désormais 58,3 % contre 72,5 % pour les hommes. En France, l’écart est inférieur : 60 % contre 69,3 %. La Suède est le pays où les comportements sont les plus proches, avec 71,8 % et 76,5 %. La diminution de l’écart s’explique par l’allongement des scolarités et le développement des emplois de services, souvent occupés par des femmes (caissières, vendeuses, femmes de ménage, etc.). Eurostat revient par ailleurs sur les conditions d’emplois. Les femmes sont beaucoup plus souvent à temps partiel (30,7 % contre 6,9 % pour les hommes) et l’écart s’est accru entre 2000 et 2007, de 22,8 points à 23,8 points. 15,5 % sont en contrat à durée déterminée contre 13,8 % des hommes, sans changement. Mais les hommes ont plus souvent des emplois à horaires atypiques (19 % contre 16,2 %), du fait du travail de nuit notamment. LM [1] Le taux d’emploi rapporte le nombre de personnes qui occupent un emploi à l’ensemble de la population d’un âge donné.
Les taux d’emploi des hommes et des femmes se rapprochent en Europe
le 26 décembre 2008
L’Insee présente un dossier sur les inégalités sociales L’information statistique sur les inégalités s’améliore. L’Insee a publié sur son site Internet un dossier entièrement consacré aux inégalités. Il répond aux recommandations du rapport "Niveaux de vie et inégalités sociales" du Conseil national de l’information statistique (CNIS), remis en décembre 2006 (lire le rapport). Ce dossier comprend de nombreux indicateurs sur les revenus, l’emploi, l’éducation, le logement ou la santé notamment. Les données sont téléchargeables sous format Excel. L’ensemble sera actualisé et complété. Malheureusement, les données sont disponibles par thème mais non par population : on ne trouvera pas d’entrée hommes-femmes ou catégorie sociale par exemple. C’est un bon outil de base pour commencer une recherche sur le sujet. LM
le 23 décembre 2008
L’Observatoire de la parentalité, nouvel outil promotionnel ? Soutenu par le ministère du travail, des relations sociales et de la solidarité, l’Observatoire de la parentalité en entreprise a vu le jour le 20 novembre 2008. Cet observatoire s’est donné pour mission de rédiger puis de faire signer et respecter par le plus grand nombre d’entreprises une « Charte parentale » destinée à favoriser le rapprochement entre le monde professionnel et la vie privée. Cette charte a été signée jusqu’à présent par plus de 70 grandes entreprises et associations françaises, telles que L’Oréal, ou encore Air France. Un tel rapprochement est susceptible, selon les soutiens de l’Observatoire, de favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes au sein des entreprises, dans la mesure où le fait d’être parent ne défavoriserait pas une carrière professionnelle. La mise en place de crèches au sein des entreprises, ou bien la lutte contre les discriminations parentales constituent des pistes prisées par l’Observatoire. L’Observatoire de la parentalité se propose ainsi de mettre en avant ce qu’il nomme des « bonnes pratiques », initiatives censées permettre aux employés de l’ entreprise concernée de mieux allier vie privée et carrière professionnelle. Malheureusement, parmi les enseignes signataires se trouvent les premières pourvoyeuses de précarité, de bas salaires et de temps partiels morcelés et contraints, notamment dans le secteur de la grande distribution. Ainsi, l’enseigne Carrefour est la première à bénéficier d’une telle publicité, grâce à la responsabilisation des hôtes et hôtesses de caisse qui sont censés pouvoir agir sur leur propre emploi du temps, en concertation avec leurs supérieurs... Comme dans de nombreux domaines, du "développement durable" à la "responsabilité sociale" ou l’"éthique", on comprend bien la nécessité qu’ont les entreprises de mettre en valeur quelques initiatives qui visent à améliorer leur image de marque, en interne comme vis-à-vis de leurs clients. C’est ainsi que l’on assiste à une floraison d’observatoires, de chartes ou autres labels. Mais ces entreprises se heurtent vite au décalage entre ces discours et leurs pratiques réelles. Derrière cet outil marketing se cache un message qui n’a rien de subliminal : l’important n’est pas tant que les parents puissent construire leur vie privée dans de meilleures conditions, mais que leur présence sur le lieu de travail ne soit pas perturbée par leur vie privée. CR et LM
le 22 décembre 2008
Le rapport 2008 de l’Observatoire des Zones urbaines sensibles La situation des Zones urbaines sensibles (ZUS, les quartiers les plus en difficulté) s’est légèrement améliorée en 2007, indique l’Observatoire des Zones urbaines sensibles dans son rapport annuel. Le taux de chômage a baissé de 19,5 % à 17,9 %. En matière d’éducation, le taux de réussite au brevet des collèges a augmenté (70,8 % contre 66,4 % l’année précédente). Toutefois, ces améliorations, qui se retrouvent également dans les quartiers hors ZUS, ne suffisent pas à combler les inégalités dont souffrent ces quartiers. De plus, d’autres indicateurs viennent d’ailleurs tempérer ces constats d’amélioration. On observe par exemple une augmentation de la précarité de l’emploi par le développement, plus important qu’ailleurs, d’emplois en intérim ou CDD, ainsi que des temps partiels, dont la part augmente, pour les femmes comme pour les hommes. Ces emplois précaires seront aux premières loges du ralentissement économique, ce qui se répercutera sur la situation des ces territoires. PD
le 18 décembre 2008
La mondialisation financière coupable du développement des inégalités, selon le Bureau international du travail Les inégalités de revenu se sont accentuées entre 1990 et 2005 dans plus de deux tiers des 85 pays étudiés par le Bureau international du travail dans son Rapport sur le travail dans le monde 2008 : les inégalités de revenu à l’épreuve de la mondialisation financière (en anglais). La France appartient au tiers des pays où les inégalités reculent. La principale raison avancée par le BIT est l’essor de la mondialisation financière. En effet, la forte mobilité des capitaux affaiblit le pouvoir de négociation des syndicats et produit une hausse démesurée des salaires des dirigeants (+ 45 % aux Etats-Unis entre 2003 et 2007 contre + 3 % pour le salarié moyen). De plus, elle engendre une concurrence fiscale entre les Etats qui réduit leur capacité de redistribution sociale. Entre 1993 et 2007, le taux moyen d’imposition sur les sociétés a baissé de 10 points tandis que l’imposition sur le revenu des plus aisés a diminué de 3 points. Pourtant, les pays qui ont connu la plus forte croissance économique ces 25 dernières années affichent en moyenne le plus faible niveau d’inégalités. Ainsi, les pays avec de faibles inégalités ont connu une croissance moyenne de 2,5 % par an depuis 1980 alors qu’elle n’a été que de 1 % dans les pays les plus inégalitaires. NL
le 12 décembre 2008
Les aides publiques au logement n’évitent pas les inégalités mais les atténuent Les aides publiques servent-elles vraiment à améliorer le sort des populations en difficulté ? Telle est l’interrogation du rapport "L’impact des aides publiques sur les inégalités face au logement" du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) réalisé à partir des données de l’enquête logement de l’Insee menée en 2002. En France, un tiers des ménages vit dans de mauvaises conditions de logement : parmi eux, 13 % dans de très mauvaises conditions et 20 % dans d’assez mauvaises conditions. Ces mauvaises conditions se caractérisent par la présence d’au moins deux éléments d’inconfort parmi les suivants : absence de sanitaires, sur-peuplement, vétusté, mauvaise opinion du ménage vis a vis de son logement, de son quartier ou de son environnement global. Certaines populations sont plus durement touchées, et en premier lieu les allocataires du RMI (70 % de mauvaises conditions), les ménages étrangers hors Union européenne (69 % de mauvaises conditions), les habitants de Paris intra muros (56 %), les moins de 30 ans (55 %), les locataires (54 %), les foyers les plus éloignés de l’emploi (pas d’actif occupé, ni de retraité : 53 %), les familles monoparentales (49 %). Les aides publiques ont-elles un effet sur les inégalités de logement ? Le premier constat est qu’une partie des aides est inefficace, car elle se traduit par une hausse des loyers. Selon une recherche sur l’évolution du prix des loyers, entre 50 % et 80 % des aides ont pour conséquence une augmentation des loyers. Une partie de cette hausse correspond à une amélioration de la qualité des logements, mais pas uniquement (1). Néanmoins lorsqu’un ménage bénéficie d’une aide au logement, celle-ci est dans la plupart des cas supérieure aux effets inflationnistes. En l’absence d’aide, les loyers seraient plus faibles, mais les ménages verraient quand même augmenter leurs charges de logement. Selon les auteurs, faute d’aides, la part des ménages pauvres dans de mauvaises conditions de logement passerait de 32 % à 61 %. Et les inégalités augmenteraient : avec les aides, les ménages les plus pauvres sont 2,5 fois plus nombreux à vivre dans des logements inconfortables que les ménages les plus riches, sans aides, le rapport passe à 3,4. Les aides publiques n’empêchent donc pas les inégalités d’exister, mais elles les atténuent malgré tout très fortement. SH (1) Travaux de Gabrielle Fack entre 1973 et 2002 à partir de 7 enquêtes logement de l’Insee. Economie et Statisitique n°381-382 octobre 2005.
le 9 décembre 2008
novembre 2008 Les rémunérations des patrons des 120 plus grandes entreprises cotées en bourse ont augmenté de 3,4 % en 2007, selon les chiffres publiés dans le 10ème rapport annuel de la société Proxinvest. La part fixe de leur salaire a progressé de 6,7 %. Le salaire moyen des seuls patrons des entreprises du CAC 40 (l’indice des 40 plus grandes valeurs boursières) atteint en moyenne 4,7 millions d’euros, soit 275 années de Smic. Pour eux, une augmentation de 3,4 % représente 160 000 € de plus par an, soit ce que 13 smicards touchent en un an. De son côté, sur un échantillon encore plus restreint de 23 "supermanagers" selon l’expression du magazine Capital (novembre 2008), la progression a été de + 20 %. A lui seul, Jean-Philippe Thierry, le patron des AGF a touché 23,2 millions d’euros, soit presque deux millénaires de Smic. On notera que la 9ème place du classement de Capital est occupée par Louis Schweitzer, président à la fois du Conseil d’administration de Renault et de la Haute autorité de lutte contre les discriminations.... et pour l’égalité ! [1] Ces sommes sont astronomiques pour la plupart des salariés, dont la moitié touchent moins de 1 600 €, et à qui l’on refuse souvent des hausses de salaires très modestes. Reste à savoir quelles seront les conséquences de la crise pour ces dirigeants. En période de forte croissance, ils sont récompensés pour l’argent qu’ils sont censés faire gagner à leur entreprise, en réalité le fruit de leur stratégie, mais surtout du travail de l’ensemble des salariés et d’un contexte global plus ou moins favorable. En période de ralentissement, leur responsabilité sera-t-elle autant mise en évidence ? Si c’est le cas, alors ces revenus devraient baisser très sensiblement. Réponse l’an prochain. LM [1] De fait, la Halde traite rarement des inégalités de revenus dans l’entreprise...
Les rémunérations astronomiques des grands patrons en 2007
le 30 novembre 2008
Inégalités face à l’orientation : un rapport du Haut conseil à l’éducation De la fin de la troisième à la terminale, les élèves ne bénéficient pas des mêmes possibilités d’orientation scolaire selon leur origine sociale et leur lieu d’études rappelle un rapport du Haut conseil de l’éducation publié en juillet 2008. Ce document constitue un réquisitoire contre le fonctionnement actuel de l’orientation des jeunes. A résultats comparables, les enfants de cadres ou de professions intellectuelles supérieures sont plus souvent dirigés vers les filières dites nobles que ceux des ouvriers. D’abord parce que les catégories favorisées sont plus au fait des débouchés qui permettent de se frayer un chemin vers des métiers porteurs en terme d’emploi et souvent réussissent à imposer leur choix face à l’institution scolaire au moment de l’orientation. La multiplication des sources d’informations trop diffuses et peu coordonnées est également à l’origine d’inégalités. Là encore, les parents les mieux informés auront un rôle prépondérant dans le choix de l’orientation de leur enfant. Pour les autres, l’engagement dans une filière relèvera plus d’une contrainte et non d’un choix délibéré par des motivations personnelles, faute d’avoir une connaissance aussi complète des divers enseignements proposés. Ensuite parce que le choix d’une filière se fonde essentiellement sur les savoirs abstraits qui déterminent la réussite ou l’échec scolaire. Or les plus adaptés à ce système d’enseignement, dispensé dès l’école élémentaire, sont les enfants des catégories favorisées dont l’environnement familial et social facilite l’accès aux domaines de connaissances générales de la culture. Comme les auteurs de ce rapport l’indiquent, « L’éventail des choix ouverts aux jeunes qui réussissent le mieux dans ces disciplines et ces savoirs est sans commune mesure avec celui qui est offert aux élèves qui n’y réussissent pas ». Les inégalités d’orientation s’expliquent aussi par des considérations territoriales qui conduisent à des orientations forcées et au bout du compte parfois à l’abandon des études, à l’échec et au chômage. Les élèves sont dirigés naturellement vers des filières bien représentées dans leur région d’habitation. On arrive ainsi parfois à des contradictions : l’offre d’enseignement professionnel, proposée « aux moins bons élèves », est plus importante dans les régions où des industries se sont développées et où les ouvriers sont les plus nombreux mais les besoins en terme d’emploi dans ces secteurs ont souvent diminué et ne justifient plus l’envoi massif de jeunes vers ces filières. L’inadéquation formation – débouchés professionnels est encore de mise. Ce rapport pointe enfin du doigt le peu de possibilités offertes pour reconsidérer une orientation tout au long du parcours scolaire mais aussi une fois que l’on est sorti du système scolaire faute d’avoir été bien orienté : « Il serait opportun de redéfinir les moments de la scolarité auxquels proposer des dispositifs de réorientation ou des classes passerelles, et d’encourager toutes les expérimentations relatives aux changements de cursus ». VS
le 24 novembre 2008
"Familles, enfance et pauvretés", le rapport annuel du Secours catholique Le Secours catholique a enregistré une diminution de 2 % des personnes accueillies dans ses permanences en 2007, selon son rapport annuel sur la pauvreté en France. Cette diminution est semblable à celle enregistrée en 2006 : il faut dire qu’au cours de ces deux années la situation de l’emploi était plutôt en amélioration. Le retournement actuel de l’activité économique laisse envisager une année 2008 beaucoup moins favorable. Les familles monoparentales sont en augmentation et représentent 30 % des personnes recues. 44 % sont des femmes seules avec ou sans enfants (contre 30 % d’hommes). Sur les 90 000 situations étudiées par le Secours catholique, la plupart des personnes rencontrées vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il ne s’agit pas en majorité de travailleurs pauvres mais plutôt de personnes très éloignées de l’emploi. Ce rapport s’attache en particulier à décrire la situation des enfants de ces familles. Un enfant sur deux rencontré vit avec une personne seule. La pauvreté marque les conditions de vie de ces enfants, de l’alimentation au logement en passant par les loisirs. Elle n’est pas uniquement matérielle : l’isolement est aussi plus fréquent chez les plus modestes que chez les plus aisés. Encore ne faut-il pas noircir le tableau à l’excès : pour les enfants interrogés, la famille demeure un lieu de stabilité et de protection, notamment dans des contextes difficiles. VS
le 17 novembre 2008
Les femmes dans les médias Les médias concourent à véhiculer une image des femmes éloignée de la place qu’elles occupent dans la société, que ce soit dans leur rôle social ou familial, d’après un rapport sur « L’image des femmes dans les médias » publié par le Secrétariat d’Etat à la solidarité. Les auteures, Michèle Reiser et Brigitte Gresy, ont passé à la loupe tous les types de médias : presse, radio, télévision, Internet. 51 % de la population française est féminine et 43 % des journalistes sont des femmes. Mais leur place et leur représentativité dans les médias n’a pas grand-chose à voir avec la réalité. Que ce soit en temps de parole, par exemple à la télévision avec une durée totale bien inégale entre les hommes et les femmes (68 % pour les premiers, 32 % pour ces dernières), dans l’évocation des pronoms personnels utilisés dans la presse écrite étudiée (149 fois le pronom « il » et seulement 48 fois le pronom « elle ») ou dans les sujets traités, peu de place est faite aux femmes. Comme l’indique ce rapport : “les résultats sont identiques dans tous les médias : les questions qui sont au cœur de la vie sociale des femmes, à savoir leur rapport au travail, l’accès au savoir, à la formation et à la promotion, l’articulation de la vie professionnelle et familiale et notamment la question de la garde des enfants, ne sont pas traitées ou alors à la marge.” Les femmes ne sont pas non plus représentées d’égal à égal quand on les montre dans le monde du travail. Elles sont souvent moins expertes que les hommes, elles occupent moins des postes de pouvoir. En règle générale, elles sont beaucoup moins représentées en situation d’activité professionnelle. Un gros travail d’éducation à l’intention des plus jeunes est notamment préconisé par les auteures de cette étude pour remédier à la déformation médiatique de l’image des femmes. VS
le 10 novembre 2008
octobre 2008 L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, sont en passe d’être réalisées dans 82 pays sur 122, selon un rapport rédigé sous l’égide de la Banque mondiale et de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Par égalité, il faut surtout lire égalité quant à l’accès à l’enseignement dans un premier temps, puis, dans l’idéal, d’une égalité des chances sur le marché du travail. De tels résultats sont le fruit de la mise en place dans le monde, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, de politiques favorables à cette égalité des sexes. Ces conclusions relativement optimistes cachent toutefois d’importantes disparités régionales : sur 19 Etats qui ne sont absolument pas en mesure d’atteindre cet objectif, 13 sont situés en Afrique subsaharienne. Les conditions économiques de ces Etats sont présentées comme étant les causes de cette absence de résultat probant. 13 milliards de dollars par an seront nécessaires pour poursuivre dans le monde les efforts produits jusqu’à aujourd’hui et ainsi éradiquer d’ici 2015 les inégalités entre les sexes au sein de tous les niveaux d’enseignement pour permettre une réelle autonomisation des femmes. CR
Une égalité des sexes dans le monde toute relative
le 27 octobre 2008
Les inégalités de revenus et la pauvreté s’accroissent dans les pays développés Les écarts de revenus se sont creusés depuis vingt ans dans les trois quarts des pays de l’OCDE [1] d’après un rapport intitulé "Croissance et inégalités". Les revenus des 10 % les plus riches sont en moyenne supérieurs de près de neuf fois aux revenus des 10 % les plus pauvres en 2005. Ce fossé entre riches et pauvres varie du simple au quintuple entre les pays de l’OCDE : les 10 % les plus aisés au Mexique gagnent 25 fois plus que les 10 % les plus modestes tandis qu’en Suède le rapport est de 1 à 5. Alors que la pauvreté s’est réduite chez les personnes âgées grâce aux systèmes de retraite, elle touche de plus en plus les jeunes et les familles avec un seul parent. Les fortes hausses des revenus des plus riches est un autre facteur de creusement des inégalités. C’est dans les pays où les impôts et les prestations sociales sont les plus importants que les inégalités sont restées stables. C’est le cas de la France où les inégalités ont même régressé dans les années 1990 mais demeurent stables depuis. NL [1] Organisation de coopération et de développement économiques, composée de 30 pays riches
le 24 octobre 2008
Le système de formation professionnelle est inégalitaire Le système de formation professionnelle français est "inéquitable, inefficace et coûteux," et il "accroît les inégalités au lieu de les combattre. » : le rapport "La formation professionnelle tout au long de la vie" que la Cour des comptes a publié en octobre est un véritable réquisitoire. Il en ressort que les moins diplômés sont les grands perdants des dispositifs de formation continue. En effet, un ouvrier bénéficie en moyenne de trois fois moins de formations qu’un cadre. Même constat en ce qui concerne les demandeurs d’emploi qui ont deux fois moins de chance qu’un salarié de suivre une formation. Inégalité également entre les entreprises, puisque les plus petites d’entre elles, qui cotisent auprès d’un Organisme paritaire collecteur agréés (OPCA), chargés de mutualiser la participation des employeurs à l’effort de formation, ne bénéficieront pas en retour d’autant de financement qu’elles pourraient prétendre, contribuant ainsi à financer les plans de formation de grandes entreprises. En effet, les directions des ressources humaines des grandes entreprises savent mieux utiliser les outils mis à leur disposition pour optimiser leur plan de formation. La Cour des comptes préconise de simplifier le système de financement de la formation professionnelle afin de mieux mutualiser ces fonds et de rendre moins opaque la gestion de ces sommes qui représentent 1,5 % du produit intérieur brut. Il faut noter cependant que les OPCA n’en gèrent qu’une partie, certaines entreprises gérant directement leur dépenses de formation. Pour rendre plus efficaces les efforts en faveur de la formation professionnelle, Philippe Séguin, le président de la Cour des comptes, prône « une véritable discrimination positive » afin de cibler ceux qui en ont le plus besoin. FC
le 20 octobre 2008
La faim dans le monde augmente Plus de 920 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde en 2007 selon les chiffres du rapport "la faim gagne du terrain"de la Food and agriculture organization (FAO), soit 75 millions de plus que pour la période 2003-2005. Au total, 17 % de la population mondiale est concerné par ce fléau, contre 16 % sur la période 2003-2005. Il faut rappeler que la communauté internationale s’est fixée en 2000 l’objectif de réduire à 500 millions le nombre des sous-alimentés d’ici 2015. Cette hausse s’explique en partie par la flambée des prix des denrées alimentaires, mais aussi des engrais et du carburant, qui a sévit entre 2006 et 2008. Entre 2007 et 2008, le prix des denrées alimentaires a augmenté de 52 %. 75 millions de personnes n’ayant plus les revenus suffisants pour acheter leur alimentation de base sont venus gonfler les rangs des personnes sous-alimentées dans le monde. Les plus touchés sont les plus vulnérables : les plus pauvres, les sans-terre et les femmes seules à la tête d’une famille, en majorité vivant dans des pays d’Afrique. La faim gagne du terrain dans le monde "alors que le monde s’est enrichi et a produit plus de nourriture que jamais au cours de la dernière décennie.", a souligné Hafez Ghanem, sous-directeur général de la FAO, responsable du département économique et social, lors de l’annonce de ces chiffres. VS
le 16 octobre 2008
22 % de femmes sénatrices La proportion de femmes au Sénat est passée de 18 % à 22 % à l’issue du renouvellement partiel du 21 septembre 2008. La Haute assemblée redevient plus féminisée que l’Assemblée nationale qui compte 19 % de femmes après les élections législatives de juin 2007 (12 % auparavant). La réforme de 2000 qui favorise la parité en politique impose autant de candidatures d’hommes que de femmes aux élections législatives, mais pour une partie seulement des sénateurs (les départements les plus peuplés). Au rythme de progression actuel, c’est vers la fin du siècle que la parité hommes-femmes sera atteinte au Sénat. En Europe, dans les Etats qui disposent comme la France d’une Chambre haute, la composition est aussi largement masculine, de 3 % de femmes en Slovénie à 41 % au mieux en Belgique (source Commission européenne). La France se situe dans la moyenne (20 %) avec un niveau quasi identique à l’Allemagne (22 %), l’Italie (18 %) ou le Royaume-Uni (20 %). Toutefois, seuls les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont des femmes à la tête de leurs Chambres hautes. NL
le 9 octobre 2008
septembre 2008 3 000 postes d’enseignants des Réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (Rased) seront supprimés l’an prochain, selon le projet de budget pour 2009. Ces enseignants sont ceux qui ont en charge les enfants en plus grande difficulté, d’un point de vue pédagogique, psychologique ou motrice. Cette suppression est la conséquence de la promesse présidentielle du non renouvellement d’un départ à la retraite sur deux. Il s’agit d’un recul historique, puisque les effectifs du Rased vont baisser de 23 % pour se retrouver à leur niveau du début des années 1990. Autant dire qu’à terme on se dirige vers leur suppression. Il s’agit pourtant d’un soutien essentiel aux enfants qui connaissent les problèmes les plus graves, qui peuvent disposer d’un suivi particulier, avec des enseignants spécialement formés pour cela. Cette mesure réduit une grande part de crédit au discours du ministre de l’Education Xavier Darcos quand il indique avoir "l’obsession de la justice sociale". LM
Aide à la difficulté scolaire : un recul historique
le 30 septembre 2008
Remboursement des frais de transports : du bon et du mauvais Une loi est actuellement à l’étude par le gouvernement visant à modifier les modalités de prise en charge par l’employeur des frais de transport de ses salariés entre le domicile et le lieu de travail. Après une concertation avec les partenaires sociaux, ce projet de loi devrait être soumis au parlement pendant l’automne. D’une part, il s’agit d’étendre à toute la France l’obligation faite à l’employeur de rembourser la moitié des abonnements aux transports collectifs. Il s’agit là d’une avancée à signaler, qui met fin à une inégalité qui perdurait depuis 1982, date à laquelle cette obligation a été instituée en Ile-de-France. Les gouvernements successifs se sont bien gardés de l’étendre à l’ensemble du territoire, et il aura fallu attendre que les transports collectifs aient le vent en poupe pour que les salariés de province bénéficient des mêmes droits que les parisiens. Par contre, le deuxième volet de ce projet de loi est plus discutable puisqu’il s’agit de laisser la possibilité aux employeurs de participer à hauteur de 200 euros par an aux frais de déplacement des salariés qui doivent utiliser une voiture ou un deux roues pour se rendre sur leur lieu de travail. Le caractère facultatif de cette mesure laisse craindre que seules certaines entreprises utilisent cette possibilité, créant ainsi une nouvelle disparité entre les salariés. En effet, on peut penser que la mise en place de cette prime facultative se fera plus facilement dans les entreprises disposant de représentants du personnel, en particulier celles qui sont en bonne santé. Et on peut imaginer que certains employeurs auront la tentation d’accorder cette prime exonérée de cotisations sociales en lieu et place d’augmentations salariales. FC
le 26 septembre 2008
Le chômage des jeunes reste élevé en Europe Malgré une décrue sur 25 ans, le taux de chômage des jeunes dans la zone euro reste élevé d’après une étude (en anglais) de la Banque centrale européenne (BCE). En 2007, le taux de chômage des 15-24 ans était de 15,3 %, soit plus du double des actifs de 25 à 54 ans (6,6 %). Cependant, en 1983 le taux de chômage des jeunes était trois fois plus important que celui des plus de 25 ans (20,2 % contre 6 %). C’est en Grèce qu’il est le plus élevé (22 %), tandis que les jeunes néerlandais connaissent un taux de chômage faible (6,1 %). La BCE analyse aussi les causes du chômage des jeunes. Plus il y a de jeunes dans la population et plus leur taux de chômage est élevé. Il est aussi plus sensible à la conjoncture car les plus jeunes sont plus souvent en intérim ou sur des emplois à temps partiel. Enfin, la BCE estime que des salaires minimums élevés et une moindre flexibilité les défavorisent : leurs niveaux de salaires d’embauche seraient trop élevés rapporté à leur productivité, réputée croître avec l’expérience. L’éducation tient un rôle important dans la réduction du taux de chômage des jeunes. Plus il y a d’étudiants et plus les études sont longues, moins les jeunes sont confrontés au chômage. Mais l’allongement des scolarités à l’université ne peut être une fin en soi,
surtout si les moyens ne sont pas au rendez-vous pour assurer un enseignement de qualité et une entrée plus facile sur le marché du travail. La transition vers l’emploi après les études doit être davantage accompagnée par des politiques nationales adaptées aux besoins de chaque économie. NL
le 22 septembre 2008
Espérance de vie, le poids des inégalités sociales Si l’espérance de vie à la naissance dépasse 80 ans au Japon et en France, elle n’est que de 63 ans en Inde, et de moins de 50 ans dans certains pays d’Afrique. Mais à l’intérieur de chaque pays, l’espérance de vie différe selon le niveau de revenu des individus, comme le rappelle l’enquête "Combler le fossé en une génération : instaurer l’équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé" de la Commission des déterminants sociaux de la santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon cette étude, les écarts d’espérance de vie n’ont aucune explication biologique mais elles sont liées à l’environnement social dans lequel vivent les individus. Les inégalités constatées proviennent de normes ou de politiques économiques inadéquates. Si la richesse nationale joue un rôle, c’est surtout la répartition équitable des revenus qui peut permettre d’atteindre des niveaux de santé acceptables. La commission invite ainsi les pays à faire de la santé et de l’équité en santé un indicateur de l’efficacité des politiques suivies. P.D.
le 19 septembre 2008
L’Insee détaille les données locales Du nouveau du côté de l’Insee qui propose sur son site des statistiques locales détaillées allant du niveau géographique le plus large (régions, départements, communes) au plus petit (zones d’emploi, unités urbaines, quartiers). Avec ces données, il est maintenant possible d’avoir accès entre autres au nombre de demandeurs d’emploi, de bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire, aux revenus fiscaux par quartier d’une agglomération donnée. A l’échelle locale la plus réduite, on peut grâce à ces chiffres dresser un portrait détaillé par exemple des quartiers de contrats urbains de cohésion sociale (CUCS) par agglomération. L’Insee met à disposition ces données sous forme de tableaux mais aussi de cartes. Une mine d’informations pour mieux appréhender les situations locales et se rapprocher au plus près du citoyen. VS
le 8 septembre 2008
Un nouveau seuil de pauvreté mondial pour de nouvelles estimations Dans un rapport intitulé The developing world is poorer than we thought, but no less successful in the fight against poverty, les chercheurs Martin Ravallion et Shaohua Chen, économistes rattachés à la Banque mondiale, ont décidé de relever le seuil de pauvreté à 1,25 $US par jour, année de base 2005, contre 1 $US en 1981, ou plus récemment 1,08 $US en 1993. Ce nouveau seuil de pauvreté correspond à la moyenne des seuils de pauvreté nationaux des 10 à 20 pays les plus pauvres, obtenus lors de la collecte de données effectuée lors de l’ICP de l’année 2005 (International Comparison Program). Cette étude, réalisée sous l’égide de la Banque mondiale, et déjà pratiquée pour les années 1981 et 1993, était destinée à recueillir des données plus récentes concernant le développement des pays les plus pauvres, permettant des comparaisons à l’échelle internationale. Elles appréhendent ainsi avec plus de justesse l’augmentation du coût de la vie au sein des pays. L’établissement de ce nouveau seuil autorise une nouvelle estimation de l’étendue de la pauvreté dans le monde, avec la mise en évidence d’une forte sous-évaluation. Ainsi, le nombre de pauvres dans le monde est passé de 1 à 1,4 milliard d’individus. Les chercheurs ne remettent pourtant pas en cause les progrès concernant la pauvreté dans le monde, déjà soulignés par le passé par la Banque mondiale. Selon eux, le pourcentage d’individus vivant avec moins de 1,25 $ par jour dans le monde était de 52% en 1981, contre 26% en 2005, soit 500 millions d’individus pauvres en moins. Même si des efforts importants ont été accomplis par la Banque mondiale pour obtenir une estimation de la pauvreté dans le monde plus proche de la réalité, les données proposées ne sont pas encore satisfaisantes. Ainsi, l’inflation récente des prix des matières premières, des produits alimentaires ou énergétiques n’a pas été intégrée dans ces nouveaux calculs. On peut donc légitimement estimer que le nombre de pauvres dans le monde s’est encore accentué ces derniers mois. CR
le 4 septembre 2008
août 2008 Le rapport 2007 du médiateur de l’Education nationale fait état d’une progression des réclamations concernant l’examen du baccalauréat. A travers les témoignages recueillis, le médiateur constate certains dysfonctionnements de nature à remettre en cause l’égalité des chances des candidats à cet examen. Ainsi, le rapport pointe les écarts de notation entre correcteurs que les réunions d’harmonisation ne réduisent qu’insuffisamment. Cette critique fait écho à la récente étude de Bruno Suchaut de l’Institut de Recherche sur l’Education intitulée La loterie des notes au bac. Afin d’y remédier, le médiateur recommande de prendre en compte le contrôle continu (avis favorable, défavorable, etc.) dès les épreuves de fin de première (français pour le bac général) comme c’est le cas après la terminale. Il suggère aussi de restreindre les épreuves à quelques épreuves fondamentales car l’augmentation des options proposées n’a pas amélioré le résultat final. NL
Les épreuves du bac inégalitaires
le 26 août 2008
Le Sénat souligne la persistance de la pauvreté La mesure de la pauvreté s’est trop concentrée sur ses aspects monétaires estime la mission du Sénat qui a rendu un rapport sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Les difficultés de conditions de vie qui touchent 13 % des Français font partie des indicateurs alternatifs insuffisamment exploités. Le rapport constate que la pauvreté bien que stable ces dernières années tend à devenir plus profonde pour les plus fragiles et elle touche désormais des catégories autrefois protégées, notamment les travailleurs pauvres. Le développement de l’emploi précaire en est la raison principale. Les sénateurs soulignent également le rôle de l’école qui ne réduit malheureusement pas les inégalités, voire même les accentuerait. Ainsi, 23 % des personnes sans diplôme sont pauvres contre 5 % des diplômés de l’enseignement supérieur. Enfin, la mission propose de simplifier l’organisation territoriale des dispositifs de lutte contre la pauvreté en laissant véritablement les conseils généraux chefs de file de cette politique. L’Etat serait quant à lui le garant de l’équité sur l’ensemble du territoire. NL
le 21 août 2008
Le portrait social de la région Centre L’Insee Centre vient de publier un document détaillé et complet sur la situation sociale de la région Centre. A l’instar du portrait réalisé chaque année au niveau national, ce document foisonne d’informations dans divers domaines. On y trouve des données sur la démographie régionale, sur l’emploi, le logement, la santé, les revenus, les conditions de vie. Cette photographie territoriale permet d’établir une comparaison avec les autres régions françaises et de positionner la région Centre par rapport à la moyenne nationale. On y apprend par exemple que les revenus y sont plus élevés que dans la plupart des autres régions françaises et que le Centre se place au 4ème rang après l’Île-de-France, l’Alsace et Rhône-Alpes. Les inégalités de niveau de vie y sont plus modérées : le rapport entre les plus hauts revenus (10 % les plus riches) et les plus faibles (10 % les plus démunis), est de 4,5 contre 5,5 en métropole. Au sein de cette région, les plus aisés sont localisés au nord, plus proche de la région parisienne où de nombreuses personnes vont travailler, et le long de la Loire où se trouvent les grandes agglomérations (Tours et Orléans notamment). En matière d’accès aux soins, la région Centre est en queue de peloton avec, en 2005, 269 médecins généralistes pour 100 000 habitants, contre 340 au niveau national. 5,8 % de la population bénéficie de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC), taux inférieur d’un point au taux national avec cependant des disparités selon les départements : le Cher affiche un taux élevé alors que celui de l’Indre-et-Loire est inférieur à la moyenne régionale. Bref, un document essentiel pour qui s’intéresse aux données territoriales. VS
le 12 août 2008
juillet 2008 Une nouveauté sur le site Internet de l’Institut de la statistique du Québec qui met à disposition des données sur l’inégalité de revenu et le faible revenu. Celles-ci sont disponibles sous forme de tableaux Excel à composer suivant des critères prédéfinis. L’internaute peut sélectionner un indicateur (coefficient de Gini, par quintiles, etc.), une base territoriale, un ensemble de caractéristiques pour les familles ou les personnes et une forme de revenu (avant ou après impôts et transferts) et ainsi obtenir des données très détaillées. Grâce à la mine d’informations ainsi consultable, l’Institut de la statistique québécoise permet d’avoir une idée très précise de la situation socio-économique du pays et, en l’occurrence, de l’état des inégalités liées au revenu. VS
L’inégalité de revenu au Québec : du nouveau du côté des statistiques
le 15 juillet 2008
La souffrance au travail 17 % des salariés disent subir des comportements hostiles au travail de la part de collègues ou de supérieurs selon l’enquête Sumer, menée auprès de 25 000 salariés en 2003, par le ministère de l’emploi [1]. Les personnes interrogées évoquent notamment de l’indifférence, des comportements méprisants, une non reconnaissance de leur travail, voire des entraves à la bonne réalisation de leurs tâches. Suivant le niveau de qualification, la taille de l’entreprise, que l’on soit un homme ou une femme, ces malaises au travail ne sont pas vécus de la même manière. Globalement, les salariés les moins qualifiés déclarent plus souvent que les cadres un comportement hostile, respectivement 18,6 % contre 16,4 %. En revanche, les cadres se plaignent tout autant que les autres du manque de reconnaissance de leur travail et de comportements méprisants. Certaines professions sont particulièrement concernées, comme les agents de sécurité qui citent des « atteintes dégradantes » et des « comportements méprisants ». Les personnes occupant des fonctions de nettoyage, de gardiennage ou de travaux ménagers évoquent elles des « déni de reconnaissance du travail ». Les salariés qui connaissent des conditions de travail pénibles (pénibilités physiques, fortes températures par exemple) disent plus souvent souffrir de comportements hostiles. VS [1] Premières informations et premières synthèses, n° 22.2, Dares, ministère de l’emploi
le 7 juillet 2008
juin 2008 L’entreprise d’hôtellerie Accord discriminerait les candidats d’origine africaine tandis que la banque Crédit Agricole rejetterait plus souvent les candidats âgés de 45 ans. Après de nombreuses contestations sur la fiabilité de l’enquête, la Halde a publié les résultats du testing mené sur quinze entreprises du CAC 40 (Danone, Lafarge, Total, Bouygues...) et cinq intermédiaires de l’emploi (Adecco, Manpower, ...) tirés au sort. Au total, 5 620 curriculum vitæ ont été envoyés en réponse à 1 469 offres d’emplois. Sur l’ensemble des entreprises, les candidats les plus âgés ont 42 % de chances en moins d’être convoqués en entretien qu’un candidat d’âge moyen. Pour leur part, les candidats avec un nom et prénom originaires du Maghreb ou d’Afrique Sub-saharienne ont 23 % de chances en moins qu’un candidat au patronyme français. Malheureusement, cette étude de 570 000 euros [1] ne révèle pas d’information nouvelle sur l’état des discriminations et ne pointe que trois entreprises au lieu de fournir les résultats obtenus sur toutes celles qui ont été testées. Néanmoins, son principal mérite est d’avoir permis un débat technique sur la méthode de testing puisque la société Arirs qui a mené l’enquête pour le compte de la Halde a du revoir en profondeur ses pratiques, dont la rigueur est remise en cause par les entreprises testées. Cathy Kopp, directrice des ressources humaines du groupe Accor et ancienne membre du collège de la Halde considère que "c’est un travail au rabais" (AFP). Elle fait également état de nombreux biais. Ainsi, parmi les faux CV reçus, les candidats africains fournissaient moins souvent de lettres de motivation. Cette polémique relance l’intérêt pour des enquêtes plus générales et sérieuses qui s’intéressent à l’ensemble des discriminations que rencontrent les individus au cours de leur parcours et pas seulement lors de l’embauche. NL [1] D’après le journal 20 minutes du 10/06/2008
La Halde épingle trois grandes entreprises pour discrimination
le 27 juin 2008
Les chômeurs veulent travailler Le manque d’offres d’emploi, ainsi que l’inadéquation entre les emplois proposés et la qualification ou l’expérience, sont les principaux freins au retour à l’emploi des chômeurs, selon une étude , publiée en juin 2008, du ministère du travail auprès de bénéficiaires potentiels de la prime pour l’emploi (PPE). 28 % des personnes interrogées étaient sans emploi, réparties entre chômeurs (46 %), personnes au foyer (26 %) et inactifs (problèmes de santé, étudiants, retraités... 28 %). Contrairement à certains préjugés, les chômeurs cherchent massivement à retravailler : seuls 2 % disent ne pas le souhaiter. Les personnes se déclarant au chômage sont prêtes à d’importantes concessions pour retravailler, que ce soit accepter un emploi d’un niveau inférieur à leur qualification (75 %) ou même déménager (45 %). Lorsque les chômeurs refusent un emploi qui leur est proposé, c’est en premier lieu du fait d’une mauvaise situation géographique (37 %), en second lieu, d’une rémunération trop faible (31 %), ou de conditions de travail trop pénibles (20 %). PD
le 19 juin 2008
Un rapport au Premier ministre souligne l’habitat indigne des immigrés Le rapport du Haut conseil à l’intégration (HCI), remis au Premier ministre le 22 janvier 2008, comporte une volet important cette année sur le logement des immigrés. En effet, l’habitat est un enjeu majeur de l’intégration des immigrés tant par son environnement que par sa qualité. Le rapport pointe le manque de mixité sociale et la persistance de l’habitat indigne qui concerne principalement les immigrés. Ceux-ci sont en effet reclus dans les quartiers difficiles, comme les zones urbaines sensibles où vivent 26 % des ménages étrangers (11% des français). De plus, les immigrés sont concentrés dans le parc social le plus ancien et donc le plus dégradé (plus de 70% sont dans les constructions d’avant 1975). Enfin, les étrangers sont sur-représentés dans les logements d’une seule pièce (deux fois plus) et les hôtels (quatre fois plus que la moyenne). Le conseil propose de faire réellement appliquer la loi Solidarité et renouvellement urbain de 2000 qui impose un minimum de logement social dans les grandes villes, d’encourager financièrement les agglomérations à la mixité sociale, d’accroitre le parc social et de mobiliser les logements vacants. De plus, l’attribution des logements sociaux devrait s’effectuer sur des critères plus transparents afin d’éviter les discriminations dont peuvent faire l’objet les immigrés. NL
le 9 juin 2008
Hausse des plaintes de discrimination en 2007 Les réclamations adressées à la Halde [1] ont progressé de 53 % en 2007, soit 6 222 réclamations enregistrées. Une hausse qui ne reflète pas forcément une poussée discriminatoire, mais d’autres effets, notamment une notoriété plus grande de cette jeune institution, dont le quart de son budget est utilisé à se faire connaitre. Parmi les critères invoqués dans les réclamations, l’origine ethno-raciale arrive toujours en tête (27 %), suivie par l’état de santé et le handicap (22 %). Les faits de discrimination évoqués restent également concentrés dans le domaine de l’emploi (50 %) au sein duquel les discriminations dans le déroulement de carrière sont prépondérantes par rapport à l’embauche. Toutefois, un candidat peut difficilement savoir s’il a été discriminé sans connaitre les autres candidats. Dans tous les domaines, les preuves sont difficiles à obtenir. En 2007, 584 mesures ont été prises par la Halde, principalement des recommandations (332) mais seulement 2 saisies du procureur contre 42 l’année précédente. Les recommandations données en 2005 et 2006 ont été suivies à 68 %, ce qui est relativement décevant et renforce l’idée qu’il faudrait un véritable pouvoir d’injonction. Ainsi, plus de deux tiers des réclamations ont du être réorientées vers d’autres juridictions compétentes [2] et 20 % ont été rejetées. Avec cet afflux de demandes, il faut 190 jours en moyenne pour traiter un dossier, ce qui est une des explications au fait que les parties arrivent à un accord entre-temps (279 cas) ou que les victimes abandonnent (249). NL [1] Haute
autorité de lutte contre les discriminations [2] 4 998 réorientations pour 7 369 dossiers traités
le 6 juin 2008
L’obésité reflet des inégalités sociales L’obésité a fortement augmenté en France, surtout depuis les années 1990, et ne concerne pas de la même façon les catégories sociales selon une étude parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) n° 20 du 13 mai 2008. La proportion de personnes concernées est passée pour les hommes de 5,3 % à 9,8 % et pour les femmes de 5,3 % à 10,2 % entre 1981 et 2003. Si tous les milieux sociaux sont touchés par cette augmentation, les écarts entre catégories sociales se sont creusés. L’obésité touche plus particulièrement les agriculteurs (16 %) et les ouvriers (12 %) que les cadres supérieurs (5 %). Entre 1992 et 2003, la prévalence de l’obésité a augmenté de 7 points chez les agriculteurs, de 2 points chez les cadres. Les individus appartenant aux ménages les plus pauvres sont plus souvent concernés que les plus aisés et là encore les inégalités face au surpoids se sont creusées. Une différence est toutefois à noter : ces écarts sont surtout marqués pour les femmes. 13 % des femmes vivant dans un ménage modeste sont touchées par l’obésité contre 6 % des plus aisées. Pour les hommes, la proportion passe respectivement de 10 % à 9 %. On retrouve également une répartition inégale de l’obésité selon le niveau de diplôme des individus : 15 % des sans diplôme ou ayant au plus un brevet des collèges sont touchés contre 5 % des diplômés du supérieur. Tous les territoires ne sont pas égaux devant le surpoids. Logiquement, ceux
où la proportion d’ouvriers est la plus forte sont sur-représentés. Le Nord de la France avec 14 % d’obèses, suivi de l’Est (13 %), sont les régions les plus touchées contre 8 % en Ile-de-France. Et là aussi les écarts se sont nettement creusés pendant la période étudiée. VS
le 3 juin 2008
mai 2008 Le parlement vient d’adopter en urgence une loi transposant en droit national plusieurs directives européennes en matière de lutte contre les discriminations dont la plus ancienne remonte à 2000. Il aura d’abord fallu que la Commission européenne rappelle ses obligations à la France à trois reprises en mars et juin 2007. Grâce à ces nouvelles dispositions, le champ des discriminations interdites est étendu, au delà de l’emploi, à l’éducation, à la santé et à la protection sociale. De plus, le droit français protège à présent des discriminations les travailleurs indépendants qui avaient été oubliés dans les précédentes lois. Enfin, la loi, dans son article premier, définit clairement les discriminations indirectes également réprimées, c’est-à-dire "une disposition, un critère ou une pratique neutre en apparence, mais susceptible d’entrainer, pour l’un des motifs mentionnés au premier alinéa, un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d’autres personnes" . NL
Une nouvelle loi antidiscrimination dans l’indifférence
le 30 mai 2008
Les réalités de la pauvreté en Rhône-Alpes La mission régionale d’information sur l’exclusion (MRIE) Rhône-Alpes a publié son rapport annuel 2008 sur les réalités de la pauvreté dans ce territoire. Dans une première partie, ce dossier décrit la grande pauvreté monétaire qui fragilise 700 000 personnes dans cette région. Même si les indicateurs macroéconomiques sont plutôt positifs (réduction du nombre de bénéficiaires de minima sociaux, croissance globale du pouvoir d’achat, baisse du taux de chômage), ils ne reflètent pas les conditions de vie réelles souvent très difficiles de cette population. Pour dresser un portrait le plus proche possible de la réalité qui tient compte de la diversité géographique et économique de la région Rhône-Alpes, le rapport présente dans une seconde partie des indicateurs de pauvreté et d’inégalités de revenus à l’échelle du canton permettant de créer des profils type au plus près de la population. L’emploi et le chômage font l’objet de la troisième partie de cette étude. Outre les chiffres, les auteurs se sont appuyés sur les politiques menées en la matière par l’Etat et la région mais aussi sur les initiatives de collectivités locales, d’entreprises, d’acteurs économiques et associatifs. Enfin, le rapport aborde les difficultés liées au logement en Rhône-Alpes, de l’état des lieux au financement du parc social en passant par l’habitat des gens du voyage. VS
le 23 mai 2008
L’Observatoire de la pauvreté publie son rapport 2007-2008 L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes) vient de rendre public son rapport 2007-2008. IL s’agit du document annuel le plus important sur la pauvreté, qui permet de faire un tour d’horizon complet. Il se découpe en trois grandes parties : la mesure de la pauvreté, les trajectoires des individus et droit et pauvreté. Les données présentées sont le plus souvent connues : elles indiquent une stabilisation du phénomène depuis le début des années 2000, mais elles s’arrêtent en 2005.
Depuis, il est probable que la pauvreté ait légèrement diminué du fait de la reprise de l’emploi. En revanche, l’Onpes estime que la situation des plus pauvres se fragilise : l’intensité de la pauvreté augmente. Dans le domaine du droit, l’Observatoire pose notamment la question du non-recours des plus démunis à leurs droits sociaux : par exemple, 20 % des Rmistes ne disposent pas de la couverture maladie complémentaire, droit pourtant ouvert au titre de la CMU. Une partie des plus démunis n’osent pas réclamer ou sont mal informés des prestations qu’ils pourraient toucher. Ceux qui veulent aller encore plus loin, consulteront un volumineux document, mal connu, qui présente une synthèse des recherches réalisées dans l’année pour l’Observatoire, les "Travaux de l’Onpes". De très nombreuses données et analyses sur la pauvreté. LM
le 19 mai 2008
Les inégalités de revenus progressent au Portugal Au Portugal, les plus riches captent une part croissante des revenus. Les revenus des 0,1 % les plus riches représentaient un peu plus de 1 % de l’ensemble des revenus en 1986 et atteignent presque 2,5 % en 2004. A la suite des travaux de l’économiste Thomas Piketty sur les hauts-revenus en France et aux Etats-Unis (voir ses publications), une étude (en anglais) comparable a été menée sur le Portugal par Facundo Alvaredo de l’Ecole d’économie de Paris. Il en ressort que les inégalités de revenu augmentent. Les 10% les mieux rémunérés gagnaient au moins 2,2 fois plus que le maximum de revenu des 10% les plus modestes en 1985 alors que c’est 2,6 fois plus en 2004. Sur le long terme, on constate une réduction des inégalités puisqu’en 1936 les 0,1 % les plus riches obtenaient plus de 5 % des revenus. La baisse des inégalités s’est concentrée pendant les 30 glorieuses (après la Seconde Guerre mondiale) mais les inégalités de revenu connaissent un regain de croissance depuis les années 1980. NL
le 14 mai 2008
Les salaires dans la fonction publique territoriale Le salaire moyen des agents des collectivités territoriales (communes, départements, régions) s’établit à 1 623 EUR par mois en 2005 selon l’Insee. Les agents de l’Etat, des hopitaux et du secteur privé sont - en moyenne - mieux traités avec respectivement 1 839 EUR , 2 042 EUR et 1 903 EUR par mois.
Mais les différentes entités n’emploient pas forcément des salariés qui ont les mêmes qualifications. Les cadres de l’Etat sont moins bien rémunérés que dans les collectivités territoriales en raison des faibles primes distribuées aux enseignants tandis que les ouvriers et employés sont mieux rétribués lorsqu’ils sont au service de l’Etat. En 2005, la progression salariale des cadres (catégorie A) des collectivités a été la plus dynamique (+2,8 %) car ce sont des agents plus jeunes dont la grille indiciaire évolue le plus rapidement en début de carrière.
Dans la fonction publique d’Etat, ce sont les agents de catégorie B (professions intermédiaires) qui ont connu la plus forte augmentation grâce aux mesures touchant les instituteurs et les policiers. Les agents masculins de la fonction publique territoriale gagnent 12 % de plus que les femmes à temps complet. Cet écart est inférieur à celui qui existe dans la fonction publique d’Etat (+16 %) et dans le secteur privé (+23 %). Les agents territoriaux sont principalement ouvriers et employés (70%) comme dans le secteur privé, mais l’écart de salaire homme-femme est réduit par l’égalité des grilles salariales. Quant à la fonction publique d’Etat, elle contient principalement des cadres (2 tiers), cependant les femmes sont concentrées dans l’enseignement, moins bien payé en moyenne. NL
le 7 mai 2008
Panorama des statistiques de l’OCDE 2008 L’OCDE vient de mettre à jour son panorama de statistiques , qui constitue un état des lieux économique et social synthétique sur les pays les plus riches de la planète. De nombreux domaines sont couverts : éducation, démographie, travail, qualité de vie, etc. On consultera en particulier la rubrique "Quality of Life" et notamment le chapitre sur les inégalités de revenus. Il en ressort que la France a un niveau d’inégalité de revenus inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Les immigrés sont 1,5 fois plus souvent au chômage en France que les non-immigrés mais cette proportion est encore plus élevée dans les pays nordiques. Le taux d’activité des femmes en France (57 %) se situe légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. L’ensemble des données sont téléchargeables au format pdf ou excel. Attention, le site est en anglais. NL
le 5 mai 2008
avril 2008 Les économistes Thomas Piketty et Emmanuel Saez ont actualisé leur étude (en anglais) sur les inégalités de revenu aux Etats-Unis depuis 1913 . En 2006, les revenus des 1 % des ménages les plus riches a augmenté de 7 %, tandis qu’ils ont crû de seulement 0,1 % en moyenne pour les 90 % les plus pauvres. Pour la quatrième année consécutive les 1 % les plus riches bénéficient d’une augmentation de leurs revenus plus importante que le reste de la population. Ainsi, entre 2002 et 2006, leur revenu s’est accru de 44 % contre seulement 3 % pour les 90 % les plus modestes. En France, le revenu des 1 % les plus riches avait gagné moins de 20 % entre 1998 et 2005 d’après l’analyse de l’économiste Camille Landais. De plus, les revenus des 1 % les plus riches représentent plus de 20 % du total des revenus aux Etats-Unis, contre 9 % en France, qui est donc moins inégalitaire même si cette proportion est en progression depuis les années 1990. NL
Les inégalités aux Etats-Unis augmentent encore
le 29 avril 2008
L’OCDE lance un wikipedia des inégalités hommes-femmes Wikigender est une plateforme d’information sur l’égalité hommes-femmes, lancée par le centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Elle est enrichie par les internautes eux-mêmes avec des expériences, des articles et des statistiques. On y trouve de nombreuses informations via plusieurs entrées : par pays, par thème, politiques, organisations, etc. Comme tous les "wikis" ou autres blogs, il faut toutefois y aller avec beaucoup de précautions : l’ensemble est très brouillon, on y trouve des informations erronées et certains utilisent ces espaces pour diffuser leurs orientations. Pour le moment le site n’est disponible qu’en anglais mais devrait bientôt être traduit en français. NL
le 24 avril 2008
L’homophobie dans l’entreprise dévoilée 11,6 % des salariés homosexuels auraient été écartés d’une promotion interne du fait de leur homosexualité. Une étude réalisée auprès de 1 400 salariés homosexuels, publiée par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et l’égalité (1), fait la lumière sur une pratique connue mais dont on mesurait mal l’étendue jusque présent, l’homophobie dans l’entreprise. Ces salariés sont victimes de discriminations qui affectent leur carrière : au cours de celle-ci, 4,5 % estiment avoir été licenciés, 5,2 % n’auraient pas vu leur contrat renouvelé et 7,5 % auraient été écartés lors d’une embauche du fait de leur homosexualité. Ils sont aussi victimes d’une homophobie plus diffuse, mais beaucoup plus fréquente. Près de neuf salariés sur dix auraient été victimes d’homophobie indirecte, implicite (rumeurs, sous-entendus, moqueries), le plus souvent à propos de leur voix (82,5 %) ou de leurs gestes (73,7 %). 40 % ont été directement les cibles d’actes ou de propos homophobes (blagues ou insultes). Suite à cette enquête, la Halde a recommandé une politique en trois temps : formation et sensibilisation des salariés, mise en place de dispositifs d’alerte favorisant le dialogue et protection des salariés en renforçant le rôle des médecins et inspecteur du travail. Elle indique enfin qu’une politique de sanction contre les actes et injures homophobes doit être mise en place au même titre que les actes et injures racistes ou sexistes. LM (1) « Homophobie dans l’entreprise », sous la direction de Christophe Falcoz, Documentation française, mars 2008. Synthèse disponible sur www.halde.fr
le 21 avril 2008
Les plus modestes subissent de plein fouet la crise du logement Près d’un quart des allocataires de minima sociaux ne disposent pas de leur propre logement selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée dans Etudes et résultats n° 630-avril 2008. 15 % d’entre eux sont hébergés chez des proches, 5 % occupent un logement prêté et 4 % connaissent des situations marginales (chambre d’hôtel, hébergement en collectivité, caravane, squat). Pour les 20 % des ménages les plus modestes, la part des dépenses de logement représente 25 % de leur budget, part qui a doublé en 30 ans, selon les données de cette étude. Dans ces conditions, les allocataires des minima sociaux subissent en première ligne l’augmentation du prix de l’immobilier et les difficultés d’accès aux logements sociaux dont l’offre est nettement insuffisante, comme le souligne régulièrement la Fondation Abbé Pierre, notamment dans ses rapports annuels. C’est pourtant bien dans ce secteur immobilier que les allocataires de minima sociaux peuvent espérer trouver un logement : 36 % en bénéficient, ils sont même 45 % parmi ceux qui touchent l’allocation de parent isolé (API). Si la situation ne s’est pas dégradée ces dernières années, bon nombre des plus démunis vivent dans des logements au confort minimum : “46 % des allocataires vivant dans un logement autonome sont confrontés à au moins un de ces éléments d’inconfort : pas d’eau chaude, de salle de bains, de toilettes intérieures, de chauffage et surpeuplement”. VS
le 17 avril 2008
Faute d’argent, l’Etat rembourse les riches Les caisses de l’Etat sont vides. Et pour cause : le ministère des finances rembourse actuellement une partie des contribuables aisés de leurs impôts... Pour 2007, la facture du bouclier fiscal devrait s’élever au total à 222 millions d’euros (Les Echos, 27 mars 2008). Les foyers pour lesquels l’ensemble des impôts directs (impôt sur la fortune, impôt sur le revenu et impôts locaux notamment) est supérieur à 60 % des revenus peuvent obtenir en effet un remboursement de la part du Trésor public (lire notre article sur les bénéficiaires du bouclier). Fin février 2008, 13 355 demandes avaient été validées pour 2007, représentant un chèque moyen de 16 600 € par foyer. Pour être bien sûr de rembourser tout le monde, Bercy a envoyé 70 000 courriers de relance aux contribuables concernés. En 2008, ce mécanisme devrait jouer de façon encore plus forte, puisque le plafond a été diminué de 60 à 50 % et qu’il inclura les cotisations sociales. LM
le 14 avril 2008
Une baisse de 8 % du nombre de Rmistes sur un an Le nombre de Rmistes a diminué de 8 % entre décembre 2006 et décembre 2007, passant de 1,26 à 1,16 million (Dom compris). Cette baisse était de 1,5 % sur le dernier trimestre 2007. La baisse du nombre des allocataires du RMI, amorcée depuis la fin 2006, et déjà perceptible à la moitié de l’année 2007, s’est poursuivie selon les chiffres à fin décembre, publiés par la Direction de la recherche du ministère de l’emploi (Drees) dans le n°627 de Etudes et résultats. Plusieurs facteurs participent à cette diminution. Le principal est la reprise du marché du travail : le chômage baisse depuis la mi-2005. Le deuxième est l’amélioration de l’indemnisation des chômeurs : leur nombre progresse par rapport à celui des chômeurs non indemnisés. Le troisième est lié à la modification récente du dispositif d’intéressement qui entraîne une sortie plus rapide du dispositif du RMI lors de la reprise d’un emploi. La diminution du nombre de Rmistes s’observe sur l’ensemble du territoire français, avec toutefois une baisse plus marquée dans le sud-est de la France et à l’inverse plus faible dans l’est ou le nord. PD
le 4 avril 2008
mars 2008 Au terme du second tour des élections municipales des 9 et 16 mars 2008, sept femmes ont été élues maires dans les quarante villes de France de plus de 100 000 habitants. Ce sont deux de plus que lors du précédent scrutin en 2002, mais on est encore très loin de la parité dans la direction des grandes villes. Deux villes, Strasbourg et Caen ont perdu leurs maires femmes, en l’occurrence Fabienne Keller (UMP) et Brigitte Le Brethon (UMP). Quatre villes, Reims, Rouen, Montreuil et Saint-Paul en ont élu une : Adeline Hazan (PS) , Valérie Fourneyron (PS), Dominique Voynet (Verts) et Marie-Huguette Bello (PC Réunionnais). Montpellier, avec Hélène Mandroux (PS), Lille avec Martine Aubry (PS), Aix-en-Provence avec Maryse Joissains-Masini (UMP), sont les trois autres grandes villes conjuguant les maires au féminin. La parité progresse significativement dans les exécutifs des villes. Une mesure volontariste portée par la loi du 31 janvier 2007 impose en effet une représentation égale des hommes et des femmes parmi les adjoints dans les communes de plus de 3 500 habitants. Davantage de femmes auront donc des postes de responsabilité au niveau de la gestion municipale. Dans les conseils généraux, assemblées des départements, l’écart entre hommes et femmes est encore plus marqué que dans les grandes villes puisque quatre départements seulement sur cent-deux sont présidés par une femme. C’est un de plus que lors du précédent scrutin. Le Calvados avec Anne d’Ornano (DVD) ; la Haute-Vienne avec Marie-Françoise Pérol-Dumont (PS) ; la Réunion avec Nassimah Dindar (UMP) étaient déjà présidés par une femme. Il faut ajouter l’Indre-et-Loire qui vient d’élire la socialiste Claude Roiron. MPM
Sept femmes maires sur quarante villes de plus de 100 000 habitants
le 31 mars 2008
Les femmes cadres moins bien payées La moitié des femmes cadres gagnent moins de 38 400 euros annuels contre 45 000 euros pour les hommes, soit 17 % de moins, indique une étude
de l’Agence nationale pour l’emploi des cadres (Apec). De plus, 80 % des salaires des femmes cadres sont compris dans une
fourchette allant de 28 à 60 000 euros alors que celle des hommes va de 30 à 75 000 euros. Les rémunérations variables accentuent encore plus ces différences. Les femmes sont en moyenne aussi diplômées que les hommes, mais elles sont moins fréquemment issues des filières de formation telles que les écoles d’ingénieurs. Surtout, leur durée d’expérience est plus faible que celle des hommes. Elles sont aussi très rares à occuper un poste de direction. Cependant, même en corrigeant ces différents effets de structure, des écarts subsistent et laissent supposer l’existence d’une discrimination défavorable aux femmes. NL
le 28 mars 2008
500 millions de travailleurs très pauvres dans le monde Dans le monde en 2007, le bureau international du travail a décompté 190 millions de chômeurs et 487 millions de travailleurs pauvres vivant avec moins de 1$ par jour [1], ce qui représente 16,4 % de l’emploi total. De plus, la moitié des emplois dans le monde sont dit vulnérables, c’est-à-dire des contrats précaires et sans protection sociale. La vulnérabilité concerne plus de 77 % des emplois d’Asie du Sud (Inde, Pakistan) et 73 % en Afrique subsaharienne contre 9 % dans les pays riches. Alors que l’extrême pauvreté au travail décline en Asie du Sud (passant de 53 % à 33 % de l’emploi en 10 ans), il progresse en Afrique subsaharienne en nombre (+ 27 millions) mais pas en proportion de l’emploi (53 % en 2007 contre 57 % en 1997). NL [1] Il s’agit d’un niveau de pauvreté absolu différent de la définition retenue dans les pays riches, notamment en France, où l’on considère comme pauvre quelqu’un qui a un revenu inférieur à 50 % ou 60 % du revenu médian.
le 20 mars 2008
Moins de jeunes sortent de l’école sans qualification Le nombre de jeunes quittant l’école sans qualification a diminué de façon considérable, passant de 170 000 en 1975 à 42 000 en 2005 selon une note d’information publiée par le ministère de l’Education. Il s’agit d’une baisse significative : 75% en 30 ans. Cette chute a été particulièrement forte dans les années 1970 et 1980. Puis, alors que le nombre de jeunes sortis sans qualification avait stagné autour de 57 000 entre 1995 et 2000, la diminution a repris de 2001 à 2005. Une évolution qui contraste avec les discours catastrophistes sur la baisse du niveau. Etudiée de façon plus précise les dix dernières années, cette tendance s’explique notamment par des redoublements moins fréquents en début de scolarité, qui ne favorisent pas la réussite scolaire ultérieure, et par d’autres mesures comme les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté. AP
le 14 mars 2008
Inégalités de revenu au Royaume-Uni Les inégalités de revenu sont stables depuis la fin des années 1980, indique un rapport de l’Institut britannique d’études fiscales (voir le document, en anglais). Au cours de la période 1979-1989, elles s’étaient accrues de plus d’un tiers (mesurées par le coefficient de Gini*), passant de 0,25 à 0,34. Depuis, ce coefficient est resté quasiment stable. Entre 1996 et 2006, les hausses de revenu ont été plus fortes pour les bas salaires : plus de 2 % par an pour la population située entre les 20 % les plus démunis et le revenu médian (qui sépare la population en deux), légèrement moins pour les plus aisés sauf les 10% les plus riches qui connaissent même une progression de 3% pour les 1% les plus aisés. Les augmentations étaient concentrées sur les revenus élevés entre 1979 et 1996 : seuls les 20 % les plus riches ont vu leur revenu progresser de plus de 2% par an. L’étude décrit les caractéristiques des personnes à hauts revenus, les 10% les plus riches. Ce sont surtout des hommes de 45 à 54 ans vivant à Londres. NL * Le coefficient de Gini est un indicateur synthétique de mesure des inégalités. Il compare la répartition des revenus à un moment donné avec la répartition égalitaire. En situation d’égalité totale, il vaut zéro : chacun reçoit la même part du revenu. En situation d’inégalité total il vaut 1 : une personne reçoit tout le revenu, les autres rien.
le 10 mars 2008
Des femmes ministres mais peu de députées en France Avec 44 % de ministres femmes, le gouvernement français se classe 3ème parmi les 27 pays de l’Union européenne selon un recensement effectué par la fondation Robert Schuman (.pdf). Par contre, la France fait figure de mauvais élève (18ème sur 27) en matière de représentation des femmes au Parlement. On en compte seulement 18 % au sein de l’Assemblée nationale. Les femmes représentent en moyenne en Europe un peu moins d’un quart des membres des gouvernements et des parlements nationaux. Il est cependant paradoxal qu’en France les postes électifs soient moins féminisés que les postes de nominations. La loi sur la parité en politique qui impose que la moitié des candidats soient des femmes est largement contournée en laissant aux femmes les circonscriptions les plus difficiles à gagner. NL
le 7 mars 2008
La Halde teste le CAC 40 La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a lancé une opération de testing auprès de 20 entreprises dont 15 du CAC 40, a indiqué le quotidien Les Echos le 17 février dernier. Des milliers de CV factices sont actuellement envoyés en réponse à de vraies offres d’emploi. Les résultats attendus pour mi-mars révéleront les résultats du test avec les noms de chaque société. Plutôt que de poursuivre les entreprises qui ont des pratiques discriminatoires, l’autorité administrative a ainsi préféré s’attaquer à leur image. NL
le 3 mars 2008
février 2008 La durée de validité de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) sera réduite de un an à trois mois afin d’exercer un contrôle plus régulier des ressources des demandeurs et ainsi éviter les fraudes, a annoncé Eric Woerth, ministre français du budget et des comptes publics. Depuis l’an 2000, la CMU-C s’adresse aux assurés dont les revenus ne dépassent pas 606 euros par mois, et leur permet de bénéficier d’une complémentaire santé gratuite. Derrière l’excuse de rapidité et ou d’efficacité dans la délivrance de ce droit social, c’est encore la crainte du pauvre, abusant du système, qui se révèle ici. Cette guerre contre la fraude permet aux autorités publiques, à travers de nombreux décrets notamment, de demander un zèle inapproprié à ses employés face à des personnes qui ne peuvent tout simplement pas financer par eux-mêmes des soins médicaux. Les populations les plus précaires sont généralement en moins bonne santé que les classes sociales supérieures. Pourtant, ce sont elles qui se déplacent le moins pour bénéficier de soins. Cet exemple illustre une nouvelle fois la tendance actuelle des services publics, notamment ceux destinés aux plus démunis, à favoriser une lutte sans ménagement contre la fraude, au détriment de la justice sociale. Contrairement aux déclarations de M. Woerth, qui considère que certains contrôles se font dans l’urgence, un communiqué de Médecins du Monde rappelle les difficultés d’obtenir cette complémentaire santé. Ainsi, sur les 6 millions d’individus qui pourraient prétendre à la CMU-C, seuls 5 millions d’entre eux en bénéficient. CR
Contrôle renforcé des bénéficiaires de la Couverture maladie universelle complémentaire
le 29 février 2008
Mieux vaut être sans-papiers aux Pays-Bas 27 500 étrangers verront leur situation régularisée dans les prochains mois aux Pays-Bas. En France, le gouvernement se fixe pour objectif d’expulser 26 000 sans-papiers cette année... Cette « amnistie générale », annoncée par le gouvernement néerlandais, prévoit que « tout demandeur d’asile débouté, arrivé avant 2001 aux Pays-Bas et dont l’expulsion n’a pas eu lieu, obtienne un titre de séjour, ainsi que sa famille si elle l’a rejoint avant le 13 décembre 2006 », à l’exception de ceux qui justifient d’un passé judiciaire. En 2005, l’Espagne avait régularisé près de 700.000 étrangers sans-papiers. Le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero y voyait un moyen sans précédent de lutter contre l’économie souterraine et de remplir les caisses de la Sécurité sociale. L’Italie avait aussi procédé à une telle régularisation massive en 2003. NL
le 25 février 2008
Les ouvriers vivent moins longtemps et en moins bonne santé Cadres et ouvriers ont un écart d’espérance de vie en bonne santé de 10 ans, selon une étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined). A 35 ans, un ouvrier peut en effet espérer vivre 41 ans, dont 24 ans en bonne santé, un cadre supérieur, 47 ans dont 34 ans sans incapacité. Les ouvriers semblent condamnés à une sorte de « double peine », selon les auteurs de cette étude : non seulement ils vivent moins longtemps, mais ils passent plus de temps en situation de moins bonne santé. Les conditions de travail et de vie des ouvriers mais aussi un recours au système de soins moins systématique expliquent cet écart important entre catégories sociales. Les professions manuelles étant en général plus exposées aux gênes physiques, les ouvriers sont plus souvent touchés par des difficultés à voir, à entendre ou à marcher. Par ailleurs, comme ils s’en prémunissent moins, la probabilité qu’une incapacité mineure se transforme en état sévère est plus élevée (difficultés pour faire sa toilette, s’habiller et se nourrir). NM
le 22 février 2008
La France mauvaise élève en droit anti-discrimination La France a été rappelée à l’ordre par la Commission européenne avec 10 autres pays pour n’avoir pas transposé la réglementation européenne interdisant la discrimination en matière d’emploi. Cinq points de la directive adoptée en 2000 ne sont pas encore en vigueur dans le droit français, notamment l’absence de texte prohibant les discriminations pour le travail indépendant ou la limitation du droit des associations à saisir la justice pour défendre les victimes. La République tchèque, l’Estonie, l’Irlande, la Grèce, la France, l’Italie, la Hongrie, Malte, les Pays-Bas, la Finlande, la Suède, ainsi que l’Allemagne, la Lettonie et la Lituanie ont deux mois pour se justifier. NL
le 18 février 2008
Discriminations : la Halde défend les Tsiganes Citoyenneté, éducation, conditions de vie : la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) dénonce les discriminations dont sont victimes en France les gens du voyage, dans un avis transmis au gouvernement début janvier. Ils représenteraient environ 300 000 personnes, principalement des Tsiganes. La Halde demande notamment au gouvernement d’appliquer effectivement la loi Besson qui prévoit la construction systématique d’aires d’accueil, d’accorder le droit de vote aux gens du voyage à partir de six mois de rattachement à une commune (et non trois ans) et de mettre fin à l’obligation de faire viser tous les trois mois par les forces de l’ordre le carnet de circulation, dénonçant le caractère "disproportionné du dispositif de contrôle". LM
le 15 février 2008
Les revenus des PDG du CAC 40 en très forte hausse Selon le quotidien économique La Tribune, à l’appui d’une étude effectuée par HayGroup, 77 % des Présidents directeurs-généraux français ont obtenu en moyenne 40 % d’augmentation de leur rémunération en 2007, qui inclut le salaire de base, un bonus éventuel et les stock options. Cette hausse contraste avec les restrictions demandées aux salariés et dont le pouvoir d’achat progresse rarement de plus de 1 % l’an. D’après les données publiées par le centre d’étude international, les rémunérations des PDG des groupes phares du CAC 40 atteignent, en valeur médiane, (valeur qui divise en deux l’échantillon considéré) 6,175 millions d’euros* pour l’année 2007, soit cinq siècles de salaires annuels d’un Smicard. Comment justifier un écart de 1 à 500 entre les différentes fonctions de l’entreprise ? En tous cas, l’effort personnel paraît insuffisant au vu des conditions de travail de la plus grande partie de la main d’œuvre. CR * Au passage on notera que si la hausse est inférieure à celle du chef de l’Etat, le niveau de rémunération est très supérieur.
le 12 février 2008
Handicapés : sortir de la pauvreté Au sein d’une société qui prône les valeurs du travail et du mérite, les personnes en situation de handicap ou de maladie invalidante, quel que soit leur âge, se trouvent marginalisées, malgré leur volonté de privilégier le travail à l’assistance à chaque fois que cela est possible, rappellent la cinquantaine d’associations signataires du pacte « Ni pauvre, ni soumis » (l’Association des paralysés de France est à l’origine de cette initiative). Mais les conséquences du handicap, de la maladie ou de l’âge "impactent" durablement la capacité de travail ou l’employabilité. Ces personnes doivent-elles pour autant être condamnées à l’exclusion sociale ? L’allocation aux adultes handicapés (800 000 bénéficiaires) et certaines pensions d’invalidité sont en effet inférieures au seuil de pauvreté. Les membres du mouvement « Ni pauvre, ni soumis » réclament donc la création d’un revenu de remplacement égal au Smic brut - assorti de cotisations sociales et soumis à l’impôt par refus de l’assistanat - pour toutes les personnes incapables de travailler en raison de leur handicap ou de leur maladie invalidante, quel que soit leur âge. Ils organiseront une manifestation nationale à Paris le 29 mars, quelques semaines avant la première conférence nationale sur le handicap, qui devrait avoir lieu en mai. F.S
le 8 février 2008
La parité hommes-femmes aux élections municipales En matière de parité hommes-femmes dans la vie politique, les élections municipales sont celles qui ouvrent le champ le plus vaste aux femmes et qui représentent « l’échelon le plus élaboré du principe paritaire, tant du point de vue quantitatif que qualitatif » selon l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes dans son rapport "2001 l’odyssée paritaire : rencontres avec les élues municipales.". Un peu plus de 47 % de conseillers municipaux sont des femmes dans les villes de plus de 3 500 habitants (33 % dans les autres communes). Ces élections sont en effet réglementées par la réforme constitutionnelle du 8 juillet 1999 qui stipule l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives et par la loi dite sur la parité du 6 juin 2000 qui contraint les partis politiques à présenter un nombre égal d’hommes et de femmes dans les communes de 3 500 habitants et plus. La loi du 31 janvier 2007, applicable lors des prochaines élections municipales de mars 2008, vient compléter ce dispositif. Dans les communes de plus de 3 500 habitants, les listes électorales devront comporter autant d’hommes que de femmes et le nombre d’adjoints et d’adjointes au sein d’un conseil municipal devra être égal. L’étude de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes dresse un portrait des élues municipales et de l’évolution de leur proportion au sein des exécutifs locaux. La loi sur la parité a permis de faire entrer massivement les femmes dans le monde politique et l’on peut déjà en tirer des conséquences : la société civile est beaucoup plus représentée qu’avant, des couches de la population jusqu’alors peu présentes dans les exécutifs locaux le sont grâce au recrutement féminin, beaucoup plus diversifié que celui des hommes. Un seul bémol, même si la tendance est à la hausse, encore peu de femmes sont nommées tête de liste et donc maire d’une commune au bout du compte (7,1 % pour les villes de 3 500 à 8 999 habitants, 8,2% de 9 000 à 29 999 habitants et 9,6% de 30 000 et 99 999 habitants). Les auteurs de ce rapport mettent en garde le gouvernement, les partis politiques et les élus pour que les dispositifs légaux en faveur de la parité soient strictement appliqués lors des prochaines élections lorsque l’on sait déjà que, dans les villes de plus de 20 000 habitants, dans 85% des cas, les listes électorales seront conduites par des hommes.
le 4 février 2008
janvier 2008 La Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) a enregistré 6 222 réclamations en 2007 contre 4 058 l’année précédente, soit une progression de plus de 50 %, selon l’Agence France Presse. La moitié concerne le domaine de l’emploi (50,1 %) et l’origine est le critère de discrimination le plus souvent invoqué par les victimes (27,2 %). Ces réclamations ont abouti à 558 mesures ordonnées par le collège de la Halde (contre 344 en 2006), dont 115 interventions devant les tribunaux (48 en 2006). De plus, 351 règlements amiables ont été provoqués (197 en 2006). Les cas de condamnation restent très peu fréquents, 12 sur les 10 premiers mois de 2007. Cette timidité de la justice n’incite pas les victimes de discriminations à s’en saisir. Seules 2 saisines ont été enregistrées en 2007 contre 42 en 2006... Dans un entretien avec l’AFP, Louis Schweitzer, le président de la Halde, a demandé de "nouvelles capacités d’action" pour mieux lutter contre les discriminations. Selon lui, le vrai problème est de faire la preuve d’une discrimination. Il demande ainsi à ce que la Halde soit dotée d’un pouvoir d’investigation et que les testing prouvant une discrimination permettent de sanctionner les employeurs. Pour le moment, la Halde n’a qu’un avis consultatif et les candidats fictifs des testing ne peuvent saisir le tribunal.
Augmentation de 50 % des cas de discrimination présentés à la Halde
le 29 janvier 2008
Près de 12 % d’enfants pauvres au Canada 11,7 % d’enfants canadiens vivent sous le seuil de pauvreté selon le rapport 2007 de Campagne 2000, coalition pancanadienne, politiquement indépendante, constituée de plus de 85 organismes nationaux et communautaires. Ce taux de pauvreté infantile n’a pas diminué depuis la résolution de la Chambre des communes canadienne d’éliminer ce fléau, en 1989. 41 % de ces enfants vivent dans des familles où l’un des membres travaille pourtant à plein temps mais sans avoir un revenu suffisant. 47 % sont issus de familles monoparentales où souvent la mère élève seule ses enfants. La pauvreté infantile touche également beaucoup plus les familles d’immigration récente. Le Canada connaît pourtant une forte croissance économique mais la richesse ainsi créée n’est pas répartie de façon égalitaire : « Le revenu moyen des 10 % des familles canadiennes avec enfants les plus pauvres a augmenté au cours des dix dernières années de 2 576 $ (1 725 euros), soit + 18 %. En comparaison, le revenu moyen des 10 % des familles canadiennes avec enfants les plus riches a augmenté de 50 115 $ (33 577 euros), soit + 31 % de 1994 à 2005. ». En adoptant des mesures destinées à améliorer le logement social, les modes de garde des enfants défavorisés notamment, à garantir un salaire minimum plus élevé, la pauvreté infantile pourrait baisser de moitié d’ici dix ans, selon les conclusions de ce rapport.
le 25 janvier 2008
Discrimination à l’égard des Français d’origine africaine Pas moins du tiers des écarts de salaire et la moitié de la différence du taux de chômage entre les descendants de Français de naissance et les actifs ayant au moins un parent né sur le continent africain ne peuvent s’expliquer par le niveau d’étude, l’expérience ou le lieu d’habitation, selon une étude (en anglais) réalisée par des économistes du centre de recherche de l’Insee (Crest). C’est la première fois qu’une étude de ce type est réalisée en France, marquant sans doute un nouvel intérêt de la recherche française pour ces questions. Les résultats de l’étude, même considérés comme des ordres de grandeur (ils dépendent pour une grande part des hypothèses des chercheurs) mettent en évidence l’ampleur des discriminations qui existent sur le marché du travail. Trop peu connu du public, ce type d’étude - même si elle ne porte pas directement sur la couleur de la peau - relativise l’importance du débat sur les statistiques dites "ethniques" dans le débat public.
le 21 janvier 2008
Aux Etats-Unis, les noirs sont les premiers licenciés en cas de récession Les Afro-américains sont les premiers employés licenciés en cas de retournement de la conjoncture économique d’après le Centre américain sur la pauvreté. Dans cette étude (en anglais) publiée en décembre 2007, le centre a voulu tester l’hypothèse selon laquelle les noirs seraient "les premiers licenciés et les derniers recrutés". L’étude des données de 1989 à 2004 permet de constater une corrélation du chômage des noirs avec la conjoncture économique plus forte que pour les blancs en période de récession. Ainsi, en cas de forte hausse du chômage, les noirs ont une probabilité supérieure de 1,2 point de perdre leur emploi. En revanche, l’hypothèse selon laquelle les noirs seraient les derniers recrutés en cas de croissance n’est pas vérifiée.
le 18 janvier 2008
L’égalité femmes-hommes réduit la pauvreté L’accès au marché du travail des femmes permet de réduire la pauvreté affirme le Centre international sur la pauvreté du Pnud dans son rapport "Poverty in Focus, International Poverty Centre" (en anglais). Reprenant des travaux déjà effectués par la Banque mondiale en 1999, le Pnud confirme que le travail rémunéré des femmes réduit la pauvreté et les inégalités et favorise la croissance économique. Des simulations sur des pays d’Amérique latine montrent que la suppression des barrières à l’activité des femmes aurait un impact plus fort sur la croissance, la pauvreté et les inégalités que de mettre fin aux différences de salaire. Ainsi, si les femmes ne rencontraient aucune barrière pour travailler, la pauvreté serait réduite de 25 % au Brésil alors que si seules les discriminations salariales étaient supprimées ce ne serait que de 10 %.
le 14 janvier 2008
Un nouvel indicateur des politiques d’intégration des migrants La Suède serait le pays de l’Union européenne le plus favorable à l’intégration des immigrés en 2006. La France arrive à la 11ème place sur 28 pays (les 25 membres de l’Union de l’époque plus le Canada, la Norvège et la Suisse). Conçu par l’agence culturelle britannique et le Groupe européen des politiques migratoires, "The Migrant Integration Policy Index" (Mipex en anglais) est un indice de classement des politiques d’intégration des migrants . Il fait la synthèse de 140 indicateurs dans six domaines : l’octroi de la nationalité, le regroupement familial, le séjour de longue durée, l’accès au marché du travail, la lutte contre les discriminations et les droits politiques. Les critères d’évaluation demeurent très subjectifs (qu’est-ce qu’une "bonne" politique d’intégration ?), mais les détails présentés permettent de mieux analyser les politiques d’accueil des immigrés. Malheureusement, de grands pays développés comme les Etats-Unis ou le Japon ne figurent pas dans cette étude.
le 8 janvier 2008
Tout sur le salaire minimum
le 7 janvier 2008
Le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) propose sur son site internet une mise à jour de sa rubrique "salaire minimum". Pour tout savoir sur la législation du Smic, son impact en matière d’emploi ou de niveaux de vie, accéder aux données et statistiques, le Cerc met à disposition des internautes des liens vers plus de 300 documents concernant la France, l’Europe mais aussi d’autres pays du monde.
décembre 2007 Le 15 novembre, devant l’hémicycle, Rachida Dati, Garde des sceaux, a proposé l’instauration d’une franchise judiciaire, attachée à l’Aide Juridictionnelle. S’inspirant d’un rapport, intitulé L’aide juridictionnelle : réformer un système à bout de souffle, rédigé par le sénateur UMP de la Sarthe, Roland Le Luart, et remis le 9 octobre dernier, cette franchise existerait sous la forme d’un « ticket modérateur justice », selon les termes du rapporteur. Ce ticket modérateur aurait pour conséquence de laisser à la charge du bénéficiaire de l’aide juridictionnelle une somme forfaitaire. Devant le tollé provoqué par cette annonce, la ministre a toutefois préféré reporter l’examen de la question. En 2006, l’aide juridictionnelle bénéficiait à 900 000 individus, pour un coût, pour l’Etat français, de 300 millions d’euros. Dans un secteur à bout de souffle, selon M. Le Luart, il est donc urgent de réduire les dépenses liées à cette aide, et « ce ticket modérateur laisserait à la charge du bénéficiaire de l’aide juridictionnelle une part de la dépense de justice liée à son affaire ». Le rapport développe des hypothèses concernant le montant de ce ticket modérateur, allant de 5 à 40 euros. Les bénéficiaires sans ressources, tout comme les titulaires de minima sociaux, les mineurs, et les victimes de crimes d’atteintes volontaires à la vie ou à l’intégrité de la personne, ainsi que leurs ayants droit, se verraient exemptés de payer une partie de cette aide.
Selon le sénateur, certains bénéficiaires profiteraient de cette aide en usant d’une méthode procédurière, dont le coût pour la collectivité serait difficile à supporter. Le déséquilibre observé au sein des comptes de l’aide juridictionnelle serait ainsi la conséquence de « comportements limites ». Ce sont ces comportements de justiciables, tirant « profit du système avec un coût entièrement supporté par la collectivité », qui justifient la mise en place d’une franchise judiciaire, en invoquant le « principe de responsabilisation ». Tout comme pour l’assurance maladie, ou le chômage, ce principe de responsabilisation permet de transmettre l’idée selon laquelle l’individu qui bénéficie d’une assistance tend à profiter du système. Et permet ici de justifier la limitation de l’aide juridictionnelle, destinée aux catégories sociales les plus défavorisées. Même si ceux qui bénéficient de minima sociaux sont susceptibles d’être exemptés de cette franchise, ceux qui reçoivent des aides, les « assistés », sont une nouvelle fois désignés comme potentiellement coupables.
Responsabiliser les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle
le 28 décembre 2007
Le nombre des allocataires du RMI diminue nettement Le nombre de rmistes a diminué de 7 % en rythme annuel entre septembre 2006 et septembre 2007, passant de 1,27 à 1,18 million (Dom compris). La baisse du nombre des allocataires du RMI, amorcée depuis la fin 2006, s’est confirmée en 2007 selon les chiffres à fin septembre, publiés par la Direction de la recherche du ministère de l’emploi (Drees) dans le n°613 de Etudes et résultats. Ce fort recul est dû à plusieurs facteurs. Le principal est la reprise du marché du travail : le chômage baisse depuis la mi-2005. Les créations d’emplois ont bénéficié en particulier aux titulaires du RMI les plus jeunes ou les plus récemment entrés dans le dispositif. Le deuxième est l’amélioration de l’indemnisation des chômeurs : davantage de demandeurs d’emploi continuent à être indemnisés par l’assurance chômage et donc ne basculent pas vers le RMI. Le troisième vient d’un mécanisme technique. Comme l’indique le ministère de l’emploi, les mesures qui permettent de cumuler le RMI et un emploi ont été partiellement restreintes, ce qui a mécaniquement fait "sortir" du revenu minimum un certain nombre d’allocataires. Cette évolution permet de dégager aux moins deux grands enseignements : 1- la montée de la pauvreté n’est pas un phénomène inéluctable, et les choses semblent s’améliorer. Il faut malgré tout demeurer prudent, car la hausse des prix actuelle pénalise au premier chef les ménages les plus démunis. Par ailleurs, la pauvreté touche bien d’autres catégories que les rmistes, comme les personnes âgées, les handicapés, les chômeurs en fin de droit, les travailleurs pauvres, etc. 2- quand il y a des offres d’emploi, les titulaires des minima sociaux les prennent, ce qui met en cause sérieusement la thèse de la "désincitation", selon laquelle les pauvres "n’accepteraient" pas ces offres du fait de prestations sociales "trop élevées"...
le 21 décembre 2007
Pourquoi la franchise médicale finance le bouclier fiscal Le Conseil constitutionnel a jugé que les franchises médicales n’étaient pas un obstacle à l’accès de tous à la santé. Il valide donc la loi de financement de la Sécurité sociale qui instaure un tarif non remboursable de 50 centimes d’euros sur les médicaments et les actes médicaux et 2 euros sur les transports sanitaires, avec un maximum de 50 euros par an. Les bénéficiaires de la couverture maladie universelle et les femmes enceintes en sont exemptés. Cette franchise devrait rapporter à la collectivité 800 millions d’euros, l’équivalent des sommes dépensées cet été, uniquement au titre du bouclier fiscal (lire notre article) qui profite aux plus fortunés. Une étape majeure est franchie aujourd’hui dans l’histoire politique de notre pays. Jusqu’à présent - depuis 2000 - les baisses d’impôt étaient relativement indolores pour les plus démunis (même si l’argent dépensé ainsi aurait pu être utilisé autrement et sans compter les hausses d’impôts locaux). Aujourd’hui le gouvernement fait payer à tous (dont les plus pauvres) les dépenses consacrées aux plus aisés. Il suffisait en effet à l’Etat de ne pas étendre le bouclier fiscal et de verser les sommes équivalentes à la prise en charge des personnes âgées dépendantes. A la place, ce sera donc aux franchises médicales de le faire. Au fond, notre franchise finance le bouclier. Bien au-delà des clivages partisans, ces dispositifs en apparence techniques touchent au cœur des valeurs républicaines.
le 17 décembre 2007
La Banque mondiale optimiste pour l’Afrique subsaharienne L’Afrique subsaharienne ne se serait jamais aussi bien portée sur le plan économique, selon la publication de l’année 2007 de Africa Development Indicators, publié par le groupe de la Banque Mondiale. Les auteurs de cette publication se montrent ainsi optimistes sur l’avenir de cette région, au vu notamment d’un taux moyen de croissance de 5,4% pour les années 2005 et 2006. Selon eux, et ce pour la première fois depuis trente ans, « ils sont en train de croître en compagnie du reste du monde ». L’amélioration de la situation est due selon eux à l’augmentation du prix des ressources premières, à une part de chance (sic), mais surtout au fait que les leaders politiques osent mettre en place des politiques économiques plus libérales, et réforment leur pays. Ainsi, le revenu par habitant en Afrique subsaharienne augmente maintenant de façon équivalente au revenu par habitant des autres pays en développement. Cependant, ce rapport ne nous apprend que peu de choses sur les inégalités entre l’Afrique subsaharienne et les pays développés, ne présentant aucun graphique ou tableau de comparaison entre les deux ensembles, et se contentant de comparer l’Afrique noire aux autres régions en développement. De plus, l’analyse reste focalisée sur la croissance économique des pays concernés, sans réellement considérer la situation des individus. C’est peut-être ce qui laisse libre cours à un optimisme, mais au goût amer. Malgré tout, ce nouveau rapport du groupe de la Banque Mondiale a le mérite de fournir de nombreux tableaux couvrant 53 pays, et des comparaisons historiques intéressantes, à travers une base de données étendue des années 1960 à aujourd’hui.
le 13 décembre 2007
Un quizz pour connaitre les classes moyennes
le 10 décembre 2007
Le Centre d’analyse stratégique propose, suite au colloque « Classes moyennes et politiques publiques », qu’il a organisé le 10 décembre dernier, un quizz en six questions-réponses : "Pour se défaire de quelques idées reçues sur les « classes moyennes ». Une façon originale d’aborder ce concept mal défini, qui pourtant fait débat, et d’essayer d’y voir un peu plus clair sur la situation économique et sociale d’une bonne partie de la société française.
Testez vos connaissances sur les classes moyennes et répondez à ce quizz(pdf - 88ko) en ligne sur le site du Centre d’analyse stratégique.
Tout sur les salaires en France Les salaires ont augmenté de plus de 1 % après inflation en 2006, indique l’Insee dans son document annuel sur les salaires (Les salaires en France, édition 2007), qui réalise l’état des lieux le plus complet sur le sujet. Du point de vue général et dans les années récentes, les inégalités tendent à se réduire entre les catégories sociales, puisque les hausses sont plus fortes pour les ouvriers et les employés que pour les cadres, du fait de la progression du Smic. Au cours des dix dernières années, cadres et ouvriers ont gagné un peu plus de 6 % (après inflation), les employés un peu moins de 2 % et les professions intermédiaires ont vu leurs salaires nets stagner. Ces données moyennes pour des temps pleins masquent l’évolution des très hauts salaires, l’impact du temps partiel et de la précarité. Le document de l’Insee comprend de très nombreuses données sur le "revenu salarial" : non pas le salaire pour les personnes en temps complet, mais ce qu’ont effectivement perçu les salariés, compte tenu du temps partiel ou de périodes incomplètes d’activité notamment. Alors que le salaire net annuel moyen était de 2 127 euros, le revenu salarial moyen perçu était lui de 1 347 euros.
le 6 décembre 2007
novembre 2007 Education, logement, emploi... L’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) dresse le portrait social des “quartiers” dans l’édition 2007 de son rapport annuel. Dans le domaine scolaire, des différences fortes existent entre les zones urbaines sensibles et le reste de la France. Le rapport souligne la jeunesse des professeurs des collèges exerçant dans les “quartiers” : 24,3 % ont moins de 30 ans (contre 16% dans le reste de la France). Face à eux, et plus qu’ailleurs, des élèves en grande difficulté scolaire.
La proportion d’élèves en retard de deux ans ou plus en sixième atteint 5,8 % en zone urbaine sensible contre 2,9 % en France. Cet écart tend à se réduire. Les progrès réalisés dans ce domaine sont plus prononcés dans les établissements des zones urbaines sensibles. Publié tous les ans depuis 2004, le rapport de l’Onzus comporte tout de même des lacunes. Une grande partie des données concernant, entre autres, l’emploi (taux de chômage) et la santé sont absentes du document. Des omissions importantes à l’heure où les “banlieues” font reparler d’elles.
Le rapport 2007 de l’Observatoire des Zones urbaines sensibles
le 30 novembre 2007
Le rapport du Secours catholique sur la pauvreté Le nombre de personnes reçues par le Secours catholique en 2006 est en légère diminution, comparé à l’année précédente, mais 91 % d’entre elles vivent en dessous du seuil de pauvreté. Comme chaque année, le Secours catholique publie son rapport, véritable portrait de la pauvreté en France. En 2006, cette enquête s’est basée sur un peu plus d’un million et demi de personnes. Le Secours catholique constate ainsi l’augmentation de l’âge moyen des personnes rencontrées, du nombre de personnes isolées sans enfant ou de familles monoparentales. Les travailleurs précaires sont également un peu plus nombreux à se tourner vers le Secours catholique. En même temps, le niveau de formation des personnes démunies est de plus en plus élevé. Les personnes reçues étaient le plus souvent d’un niveau scolaire équivalent, au mieux, à celui de l’école primaire, mais, de plus en plus, elles ont un niveau d’études secondaires. Ce rapport propose également des statistiques par région, excepté la Corse où les données manquent et les départements d’outre-mer où la population reçue est très différente de celle rencontrée en métropole. Même si toutes les formes de pauvreté sont présentes dans toutes les régions, elles ne se répartissent pas de la même manière au sein des territoires. Certaines tendances se dessinent cependant : les personnes reçues sont plus jeunes dans l’Ouest de la France, en Bourgogne et en Alsace. Ce sont plutôt des hommes seuls en Ile-de-France, Limousin, Paca et dans l’Ouest de la France, des familles avec enfants dans le Nord. Les travailleurs pauvres, même s’ils sont présents dans les statistiques de chaque région, sont plus nombreux en Ile-de-France.
le 26 novembre 2007
L’ Insee dresse le portrait social de la France 2007 Pour la première fois, l’Insee inclut dans la onzième édition de "France, Portrait Social", un ensemble d’indicateurs d’inégalités sociales (fichier PDF - 90 ko), destinés, à terme, à fournir un rapport annuel de l’évolution des inégalités. "France, Portrait social" présente les évolutions sur l’année 2006 de la situation économique et sociale des ménages. Il comprend de très nombreuses données de base. Cette édition fait apparaître une confirmation de la reprise de l’emploi, essentiellement dans le secteur de la construction et des services. On observe aussi une stagnation des revenus salariaux, ainsi que des inégalités de niveau de vie entre 2002 et 2005, selon les données de l’institut. Par ailleurs, l’Insee s’est particulièrement penché sur la composition du patrimoine des ménages entre 1997 et 2003, sur l’influence sur le niveau de vie des transferts publics liés à la santé et sur la destinée sociale selon le nombre de frères et soeurs.
le 20 novembre 2007
Les effets de la mondialisation sur les inégalités Avec la mondialisation, la population, y compris les plus pauvres, a vu ses revenus augmenter ces vingt dernières années mais les inégalités se sont accentuées, indique le dernier rapport du Fond monétaire international (FMI) « Perspectives de l’économie mondiale : Mondialisation et inégalité ». Le progrès technique est l’une des principales causes de ce creusement. Les nouvelles technologies, diffusées par l’économie mondiale, bénéficient aux pays à la main-d’œuvre la plus qualifiée et si des efforts ne sont pas entrepris pour améliorer l’éducation et la formation des populations non ou mal préparées au progrès technique, bon nombre de travailleurs restent sur le bord de la route. La mondialisation financière participe également à l’augmentation des inégalités car la libéralisation de la circulation des capitaux bénéficie essentiellement aux catégories les plus aisées dont les revenus ont progressé le plus vite. Il apparaît par contre que les échanges commerciaux mondiaux ont un effet plutôt positif pour les populations aux bas revenus. Les exportations agricoles permettent notamment aux pays en développement, et donc aux catégories les moins fortunées vivant de la terre, d’augmenter leurs revenus. La mondialisation n’a pas que des conséquences négatives sur les inégalités mais il convient, comme le soulignent les auteurs de ce rapport,« de tirer parti des possibilités créées par la mondialisation et les progrès technologiques, tout en redoublant d’efforts pour faire en sorte que les avantages de ces changements soient bien répartis parmi la population dans son ensemble ».
le 19 novembre 2007
L’illettrisme dans le Nord-Pas-de-Calais 15,5% des adultes du Nord-Pas-de-Calais, soit un peu plus de 350 000 personnes, sont en situation d’illettrisme contre 9% au niveau national, selon l’ étude publiée par l’Insee Nord-Pas-de-Calais dans sa publication Dossiers de Profils n°86 - septembre 2007. Cette enquête réalisée auprès de personnes en situation d’analphabétisme, d’illettrisme (ayant appris
le français mais qui ont des difficultés graves ou importantes pour l’écrire ou le lire), et de personnes qui ont appris une autre langue que le français et qui le maîtrisent comme une langue étrangère, dresse un portrait très complet de la situation de cette région face à l’illettrisme. On apprend ainsi que 64% des adultes en situation d’illettrisme habitent en ville, que les hommes sont plus touchés que les femmes par les difficultés à l’écrit. Celles-ci concernent également davantage les personnes les plus âgées, celles qui sont le moins insérées sur le marché du travail et les adultes nés à l’étranger. Les individus qui ont quitté l’école tôt, qui ont un faible niveau de diplôme ou qui ont connu des redoublements à l’école primaire ont plus de difficultés aussi. Les catégories les plus modestes sont les plus touchées dans les trois fondamentaux étudiés ici (écrire, communiquer, compter) : 16% des ouvriers et 4% des employés. Parmi les salariés en contrat à durée déterminée et les intérimaires, respectivement 13% et 28% éprouvent de graves difficultés à l’écrit. Le climat familial, la taille de la fratrie, la catégorie socioprofessionnelle des parents, les pratiques de lecture sont autant de facteurs qui entretiennent un lien avec une situation d’illettrisme, souligne cette étude.
le 12 novembre 2007
La pauvreté selon les régions en France La pauvreté touche particulièrement le Nord et le Sud de la France ainsi que les départements ruraux comme la Creuse, l’Aude et le Cantal, indique l’Insee dans le n°1162 d’ Insee Première d’octobre 2007. Le taux de pauvreté reflète la situation économique des territoires qui dépend, pour partie, de l’histoire industrielle de notre pays. Logiquement, il est plus important là où il y a davantage de chômeurs ou d’actifs en situation de précarité. Mais la pauvreté dépend aussi de la composition sociodémographique de la population. Ainsi au sein des départements, les familles nombreuses ou monoparentales sont plus touchées par la pauvreté. Dans les territoires ruraux, ce sont plus souvent les personnes âgées qui vivent avec un niveau de vie proche du seuil de pauvreté. Les inégalités de revenus sont les plus fortes dans les capitales régionales qui concentrent les extrêmes. Mais l’Insee remarque deux modèles d’inégalités territoriales. A Paris, celles-ci sont tirées par le haut par une population très aisée : le niveau de vie des plus riches est plus de cinq fois supérieur à celui des plus modestes alors qu’en moyenne sur l’ensemble du pays ce rapport va de 1 à 3. Les inégalités sont aussi élevées dans des zones défavorisées du fait de la concentration de personnes démunies, comme c’est le cas dans le Nord-Pas-de-Calais ou en Languedoc-Roussillon.
le 8 novembre 2007
octobre 2007 l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale propose une toute nouvelle publication électronique : La lettre de l’Observatoire, n°1, octobre 2007 (fichier PDF - 2,4 M). Ce document d’information présente un bilan des travaux menés par l’Observatoire sur la pauvreté et l’exclusion sociale. Ce nouveau support a pour objectif de diffuser les études de l’Observatoire le plus largement possible et de façon régulière. Ce premier numéro propose un tour d’horizon de l’actualité de l’Observatoire ainsi qu’une étude intitulée « Améliorer l’efficacité de l’intervention sociale » (Amedis) sur les aides locales en réponse aux situations fragiles.
La Lettre de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale
le 29 octobre 2007
Pas d’amélioration des conditions de travail Les conditions de travail, qui s’étaient nettement dégradées dans les années 80 et 90 ne connaissent pas encore d’amélioration au début des années 2000, selon le ministère de l’Emploi qui vient de publier les résultats détaillés de l’enquête sur les conditions de travail 2005. Cette enquête repose sur le ressenti des salariés. Les contraintes et pénibilités physiques restent globalement stables : certaines ont décru ou se stabilisent (rester longtemps debout, postures pénibles, bruit) tandis que d’autres se développent (charges lourdes, vibrations, mouvements douloureux). Jusque là souvent associées au travail industriel, elles se développent dans le secteur des services. Le travail répétitif concerne encore 28% des salariés. Le travail à la chaîne ou sous cadence automatique continue à se développer pour les ouvriers et surtout les ouvrières (8% des ouvriers hommes, 25% des ouvrières, contre respectivement 6% et 21% en 1991).
Les horaires atypiques se sont développés : 22% des salariés hommes et 8% des salariées femmes travaillent la nuit en 2005 contre 18% et 6% en 1991.Cette augmentation est surtout importante pour les ouvrières : 10% en 2005 contre 2% en 1991. Les nouvelles formes d’organisation du travail ont conduit dans les années 80-90 à une intensification du travail impliquant le développement des contraintes de rythme de travail. 32% des salariés sont soumis à 3 contraintes de rythme de travail ou plus en 2005 (contre 20% en 91).
En parallèle, les marges de manœuvre se sont légèrement accrues : le travail est devenu moins strictement prescris, les délais moins rigides. Il faut noter que même à profession comparable, les femmes disposent de moins de marge de manœuvre que les hommes. Actuellement, l’intensification du travail s’est légèrement ralentie. Mais les contraintes et la pression restent lourdes pour les salariés, du fait de la poursuite de la recherche de gains de productivité et de la
rationalisation de la production dans le secteur des services.
le 24 octobre 2007
La grève des avocats pénalise les plus démunis
le 19 octobre 2007
Pour protester contre la réforme de la carte judiciaire, l’assemblée générale des bâtonniers a décidé de suspendre les commissions d’office jusqu’au 25 octobre. Les avocats "commis d’office" interviennent pour défendre les justiciables qui n’ont pas le temps, ne connaissent pas d’avocat ou n’ont pas les moyens financiers d’y avoir recours. Cette grève va donc pénaliser au premier chef les plus défavorisés.
Comment les Français perçoivent-ils la pauvreté ? 1016 euros nets par mois, c’est-à-dire, à peu de chose près, le montant du salaire minimum, représentent pour les Français le seuil sous lequel une personne seule est considérée comme pauvre, selon un sondage réalisé par Ipsos pour le Secours Populaire Français, du 24 au 25 aout 2007, auprès de 1013 personnes âgées de 15 ans et plus. Ce montant est supérieur au seuil de pauvreté officiel qui est environ de 681 euros. Pour la plupart des personnes interrogées, être pauvre c’est ne pas pouvoir s’alimenter, se loger, se soigner correctement. Si les biens de première nécessité sont placés en tête, les conditions de vie ont également leur importance dans ce sondage : 78% des interrogés estiment que c’est aussi un signe de pauvreté de ne pas avoir la possibilité de se vêtir convenablement, de ne pas pouvoir envoyer ses enfants en vacances une fois par an (74%) ou accéder à des biens ou des activités culturelles et de loisirs pour soi ou sa famille (69%).
le 14 octobre 2007
Maladie d’Alzheimer : un accompagnement et une prise en charge différents selon les territoires L’accompagnement et la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer vivant à domicile varient selon les territoires, d’après l’état des lieux 2007 publié dans la lettre de l’Observatoire de la Fondation Médéric Alzheimer (n° 4 - septembre 2007). Plusieurs types de structures ont été étudiés : les lieux de diagnostic de la maladie, d’information ou de coordination gérontologique, les accueils de jour, les structures proposant des aides aux familles. Les lieux de diagnostic sont surtout situés dans le Nord Est et dans le Centre de la France, les territoires les moins bien dotés sont l’Ouest et le Sud. En ce qui concerne les lieux d’information, au nombre de 17 en 2007 pour 100 000 personnes âgées de 75 ans ou plus (base d’étude de cet état des lieux), l’Alsace, la Lorraine, le Limousin, Rhône-Alpes et la Corse se situent bien au dessus de la moyenne nationale alors que deux régions normandes, le Nord-Pas-de-Calais, l’Auvergne et l’Aquitaine sont nettement moins bien pourvues. 5 départements ne disposent d’aucun accueil de jour, 28 moins de 5 et 7 en ont plus de 20, ce qui fait dire aux auteurs de ce rapport que ces équipements dépendent d’une part du taux de personnes âgées dans un territoire donné et que « le rôle des politiques locales en matière d’action sociale gérontologique est très certainement déterminant pour expliquer ces situations ». Les capacités d’accueil des familles des malades sont inférieures à la moyenne française dans le sud de la France, excepté le Limousin, ainsi qu’en Normandie et dans le centre de la région Île-de-France.
le 8 octobre 2007
Espérance de vie en Ile-de-France : des disparités marquées entre les départements En moyenne, on vit un peu plus longtemps en Ile-de-France que dans le reste de la métropole : 77,3 ans pour un homme et 83,4 ans pour une femme contre respectivement 75,7 ans et 82,9 ans en France, selon le rapport « les inégalités sociales de santé en ile de France » du conseil économique et social régional (CESR) d’Ile-de-France. Cela s’explique notamment par la proportion importante de population à espérance de vie plus longue, cadres ou professions intermédiaires. 36% des ménages français de cadres vivent en Ile-de-France, et représentent 18,3% de la population de la région. Mais ce résultat recouvre en fait des différences importantes entre les départements. Paris (78,1 ans d’espérance de vie pour un homme et 83,8 ans pour une femme) puis les Hauts-de-Seine (78 ans pour un homme, 83,9 ans pour une femme) et les Yvelines (78 ans pour un homme et 83,6 ans pour une femme) sont les plus favorisés, tandis que les habitants de Seine-St-Denis et de Seine-et-Marne ont l’espérance de vie la plus faible de la région (respectivement 76,1 et 75,8 ans pour un homme). Dans ces derniers départements, l’espérance de vie d’une femme (respectivement 82,8 et 82,2 ans) est même inférieure à la moyenne nationale. Cette disparité géographique de l’espérance de vie se superpose aux disparités sociales qui caractérisent l’Ile-de-France : les départements où l’espérance de vie est la plus forte sont ceux qui comptent aussi la population la plus socialement favorisée, tandis que les départements où l’espérance de vie est la plus faible sont aussi les plus populaires. Pour le CESR, il est clair que la fragilité sociale, à la fois du point de vue socio-économique, mais aussi psychosocial, augmente les inégalités.
le 5 octobre 2007
septembre 2007 "Avec 14 milliards d’euros, vous financeriez quoi ?". Le magazine Alternatives Economiques, partenaire de l’Observatoire des inégalités, lance www.baisses-impots.com, un outil qui vous permet de visualiser concrètement ce qui aurait pu être fait à la place des baisses d’impôt votées cet été. Places de crèche, logements sociaux, aide au développement... autant de domaines où les besoins sont criants et où l’action de la collectivité aurait un impact direct sur les inégalités. A l’inverse, des mesures comme la réduction des droits de succession ou le bouclier fiscal ne profiteront qu’à une frange réduite de la population. Et encore, le site ne mesure que l’impact des dispositions récentes. Les baisses d’impôts mises en œuvre depuis 2000 constituent un considérable gâchis. Leur effet a été nul sur la croissance : elles n’ont servi qu’à alimenter l’épargne des ménages les plus aisés. La France y a perdu des dizaines de milliards d’euros, qui auraient pu être utilisés pour assainir les comptes publics, rénover les services publics et réduire les inégalités.
L’alternative aux baisses d’impôts
le 28 septembre 2007
Inégalités écologiques, inégalités sociales Développement Durable et Territoire, revue scientifique consacrée au développement durable à l’échelle du territoire, vu à travers plusieurs disciplines, propose sur son site un dossier « Inégalités écologiques, inégalités sociales : interfaces, interactions, discontinuités ? ». Lorsqu’il s’agit de parler des inégalités, l’environnement passe souvent au second plan, après les facteurs sociaux. Un ensemble de chercheurs (en économie, sciences politiques, sciences naturelles, géographie, urbanisme, sociologie, philosophie) propose des pistes de réflexion que ce soit au niveau national ou international et tente, dans ce dossier très complet, de répondre à la question : « Comment, dans un même mouvement théorique, associé à une vision programmatique, faire se rencontrer les questions sociales (pauvreté, précarité, chômage, vulnérabilité de certaines populations, exclusion, mais aussi différenciation sociale, inégalités socio-économiques, etc) avec des questions environnementales ? ».
le 28 septembre 2007
Les inégalités hommes-femmes dans l’emploi en Europe L’écart moyen de rémunération entre les sexes atteint 15 % en 2005 dans l’Union européenne à 27, selon le quatrième rapport de la Commission européenne sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Même si l’emploi féminin est en hausse, il se cantonne à certaines professions : le secteur public est le premier employeur des femmes, 46 % contre 20 % de l’emploi masculin. À l’opposé, les activités industrielles sont globalement masculines, 37 % des hommes y étant employés contre seulement 13 % des femmes.
le 24 septembre 2007
Vie familiale et vie professionnelle en Loire-Atlantique Les inégalités sexuelles et socioculturelles, la répartition traditionnelle des rôles au sein de la famille et leurs incidences sur la vie professionnelle, semblent persister, comme ailleurs, dans le département de la Loire-Atlantique, selon une étude « Conciliation vie familiale et vie professionnelle en Loire-Atlantique » menée en 2006 par l’Observatoire de la Famille de l’Union des associations familiales de ce département. A la maison, un peu plus de 74% des femmes contre à peine 20% des hommes s’occupent des tâches domestiques. Côté vie professionnelle, le travail à temps partiel est beaucoup plus important chez les femmes que chez les hommes : 31,5% des salariées travaillent moins de 30 heures par semaine contre aucun homme. Parmi les personnes interrogées pour cette étude, 18% sont des femmes au foyer. L’échantillon ne comprend aucun homme au foyer... Comme le soulignent les auteurs de ce rapport : « Ainsi, et pour schématiser, les hommes, se spécialisent dans la vie professionnelle et les femmes dans la vie familiale ».
le 18 septembre 2007
Spirou s’engage contre le racisme et les exclusions
le 13 septembre 2007
"Même pas peur", c’est le titre du numéro spécial du magazine Spirou, consacré au racisme et à la lutte contre les exclusions et la peur, réalisé en collaboration avec la Ligue belge des Droits de l’Homme. Ce numéro, disponible dans les kiosques depuis le 12 septembre, se veut un outil pédagogique tout en restant sur le credo de l’humour et de la BD.
La Ligue des Droits de l’Homme a également réalisé un dossier pédagogique sur le site du magazine Spirou permettant aux parents et aux enseignants d’aller plus loin sur le sujet.
Etats-Unis : le taux de pauvreté baisse, mais le nombre de personnes sans assurance médicale augmente Pour la deuxième année consécutive, en 2006, , le revenu moyen des ménages a légèrement augmenté de 0,7% selon l’enquête annuelle du Bureau américain du recensement (voir en ligne). Le taux de pauvreté, pour la première fois depuis ces dix dernières années, a reculé, passant de 12,6% à 12,3%*. Toutefois, 36,5 millions de personnes vivent toujours dans la pauvreté. Dans le même temps, le nombre de personnes sans assurance médicale a augmenté, passant de 44.8 millions (15,3%) en 2005 à 47 millions (15,8%) en 2006.
Cette enquête montre par ailleurs de grandes disparités de revenus, que ce soit entre les hommes et les femmes, les catégories de population ou les territoires. * Cette mesure n’est pas comparable avec les données françaises ou européennes compte tenu des différences de définition
le 4 septembre 2007
Les transports moins chers pour une partie des Franciliens En date du 1er juillet, les zones 7 et 8 de la carte orange ont été supprimées par le conseil d’administration du Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF ). Par conséquent, c’est le tarif de la zone 6 qui s’applique, ce qui représente par exemple une économie de 10 à 18 % pour les habitants des communes concernées, se rendant régulièrement à Paris. La Région Ile-de-France et les conseils généraux de huit départements franciliens
prendront en charge le coût de cette mesure qui bénéficie à 386 000 usagers des transports en commun. Une avancée appréciable compte tenu des prix de l’immobilier qui obligent les Franciliens à résider de plus en plus loin de leur lieu de travail ou d’études.
le 4 septembre 2007
août 2007 La Martinique est marquée par la pauvreté et les inégalités, compensés partiellement par des transferts sociaux importants. Afin de dresser un portrait détaillé et de mieux comprendre la situation sociale martiniquaise, une équipe du Centre de recherche sur les pouvoirs locaux de la Caraïbe (CRPLC) a publié les résultats d’une enquête intitulée "Pauvreté, précarité et formes d’exclusion en Martinique : une approche qualitative". Outre les données statistiques, c’est surtout l’approche qualitative qui est mise en avant dans ce rapport très complet. “Il s’agit davantage de tenter d’apporter un éclairage nouveau sur des phénomènes dont on mesure chaque jour l’ampleur et les conséquences au sein de la société, en essayant de réaliser la soudure entre les catégories abstraites dégagées des enquêtes statistiques et le statut social des pauvres, tel qu’il se construit au croisement de leurs propres perceptions et représentations, de celles des acteurs institutionnels qui interviennent auprès d’eux et plus généralement du regard de l’autre”, écrit le CRPLC.
Pauvreté, précarité et formes d’exclusion en Martinique
le 28 août 2007
La pauvreté en hausse La pauvreté augmente en France, indiquent les données de l’Insee (voir sur le site). Entre 2004 et 2005, le taux de pauvreté est passé de 6,2 à 6,3 % si l’on considère que le seuil de pauvreté équivaut à la moitié du revenu médian*, et de 11,7 à 12,1 % si l’on considère 60 % du revenu médian. Dans le premier cas le seuil de pauvreté est fixé à 681 euros pour un individu, dans le second cas à 817 euros. Pour l’heure, le mouvement reste mesuré, mais la tendance est inquiétante : assiste-t-on au début d’une remontée durable de la pauvreté ? Entre les années 70 et le milieu des années 90, la pauvreté avait fortement diminué. Depuis 2001, le taux de pauvreté était resté quasiment stable. Depuis 2005, la situation de l’emploi s’est améliorée et le nombre de Rmistes a diminué : 2006 et 2007 ne devraient pas être marquées par une forte hausse de la pauvreté. Encore faut-il mesurer la qualité des emplois (certains sont rémunérés à un niveau inférieur au seuil de pauvreté) et ne pas oublier que la situation d’un grand nombre de personnes pauvres ne dépend en rien de celle de l’emploi (personnes âgées, enfants, handicapés, etc.). * Le revenu médian est celui qui partage les ménages en deux, la moitié touche moins, la moitié touche plus.
le 20 août 2007
La complémentaire santé se généralise mais des inégalités d’accès subsistent La couverture maladie complémentaire* se généralise. En 2003, 90 % des français en bénéficiaient contre 69 % en 1981, selon une enquête de l’Insee Insee Première n°1142. Plus on est riche, plus on bénéficie d’une couverture complémentaire : « En 2003, 21 % des individus appartenant aux 20 % des ménages ayant le niveau de vie le plus faible ont déclaré ne pas avoir de complémentaire contre 4 % pour le quintile le plus élevé, soit un rapport de un à cinq. », rapporte l’Insee. Les chiffres globaux cachent aussi de forte inégalités d’accès de certaines populations : les étrangers notamment restent les moins couverts : 46 % des Africains (hors Maghreb) et 42 % des personnes nées dans les pays du Maghreb vivant en France ne sont pas couverts par une mutuelle, contre 8% des Français de naissance. * communément appelée "mutuelle", même si une partie des complémentaires ne sont pas gérées par le secteur mutualiste.
le 14 août 2007
La pauvreté en Picardie
le 10 août 2007
14% des allocataires des caisses d’allocations familiales de Picardie vivent en dessous du seuil de pauvreté selon une étude publiée par la Caf dans Recherches et Prévisions n°87 – mars 2007. Ce chiffre un peu plus élevé que le niveau national (13%) s’explique en partie par un fort taux de chômage et par le nombre, supérieur à la moyenne française, de familles monoparentales, souvent plus touchées par la pauvreté. Pour une personne seule vivant sous le seuil de pauvreté, de grands écarts de revenus existent, allant de 367 euros à 735 euros. La région n’est pas touchée de façon homogène : les allocataires les plus pauvres vivent surtout dans le Nord de la Picardie, région désindustrialisée, mais aussi dans les grandes villes (Amiens et Saint Quentin par exemple).
PIB : de grandes disparités entre les pays européens Le produit intérieur brut (PIB) par habitant varie de un à 4* parmi les pays membres de l’Union européenne et les candidats à l’entrée, selon les premières estimations d’Eurostat pour l’année 2006. Si l’on élimine l’effet des différences de prix entre les pays et pour un indice 100 pour l’Union européenne (27 pays), l’indice est de 144 pour l’Irlande, de 113 pour la France, mais de 37 en Bulgarie. A part l’Italie et l’Espagne, les pays du Sud et de l’Est sont ceux dont la richesse est en dessous de la moyenne. La Roumanie et la Bulgarie, tout nouveaux membres des pays européens, ont un PIB 60% en dessous de la moyenne de l’Europe à 27. Voir les chiffres. * Luxembourg non pris en compte.
le 7 août 2007
juillet 2007 Le montant de l’impôt sur la fortune (ISF) est en augmentation de 22% par rapport à 2006 et rapportera à l’Etat 3,96 milliards d’euros selon les premières estimations du ministère du Budget. 518 000 contribuables, c’est-à-dire ceux qui possèdent un patrimoine d’une valeur nette supérieure à 760 000 euros, devraient payer cet impôt en 2007, contre 445 000 en 2006, soit 17% de foyers fiscaux concernés en plus. Cette hausse s’explique par la flambée de l’immobilier et de la bourse qui déjà en 2006 avait eu pour conséquence l’augmentation du montant de l’ISF. Les recettes publiques ne devraient cependant bientôt plus bénéficier de cette manne puisque le "paquet fiscal" voté en première lecture à l’assemblée nationale au début de l’été prévoit différentes mesures destinées à alléger cet impôt.
Le produit de l’impôt sur la fortune en augmentation
le 26 juillet 2007
Des aides au départ en vacances inéquitablement réparties Près de trois millions d’enfants de 5 à 19 ans ne sont pas partis en vacances en 2004. Dans son bulletin n° 18 de juillet 2007, l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (OVLEJ), constate que les aides au départ, provenant principalement des Caf et des comités d’entreprises ne bénéficient pas de la même manière aux enfants selon les revenus, la situation dans l’emploi et la taille de la famille. 14.6 % des 5-19 ans profitent d’aides des comités d’entreprise, 4.8 % des aides de la Caf (qui visent les familles nombreuses, les revenus bas et moyens et les ménages en difficulté sociale et économique). Ainsi, seulement un enfant sur dix d’une famille dont le quotient familial est inférieur à 426 euros est concerné par ces aides alors que, au-dessus d’un revenu annuel de 23 000 euros, jusqu’à un peu plus de 25% des enfants partent en vacances grâce aux comités d’entreprises présents le plus souvent dans les grandes entreprises. Une importante partie de la population, salariés de PME et familles en grande difficulté sociale et économique, ne bénéficient pas de ces avantages. Les aides au départ en vacances varient également selon le territoire. La proportion des enfants aidés varie de 5% à 41% selon la région, certaines collectivités territoriales disposant de dispositifs propres. Pour se procurer le bulletin de l’OVLEJ : observatoireVLEJ@aol.com.
le 23 juillet 2007
Les familles monoparentales en France Le Centre d’études de l’emploi (CEE) vient de publier un rapport très complet sur les familles monoparentales en France. Ces familles, selon la définition de l’Insee, composées d’une mère ou d’un père de famille sans conjoint avec un ou plusieurs enfants, sont de plus en plus nombreuses et difficiles à cerner tant elles recouvrent des situations diverses. Les politiques publiques mettent déjà en place des dispositifs particuliers pour ces familles “sous forme de prestations et d’allocations mais également sous forme d’aides au recouvrement des pensions familiales ou à la pacification des conflits parentaux”. Cependant, le risque de pauvreté reste plus marqué pour cette frange de la population en raison très souvent “d’un cumul de vulnérabilités : jeunesse du parent et de ses enfants, faible niveau de formation et de qualification, faible revenu, mauvaises conditions de logement, forte exposition au chômage, à la précarité de l’emploi”. Cette étude montre également la nécessité d’agir pour faciliter l’accès ou le retour à l’emploi de ces parents, souvent des femmes qui élèvent seules leurs enfants, afin de minimiser la précarité de ces familles et par la même celle des enfants.
le 18 juillet 2007
Baisse de la pauvreté et allègement de l’impôt sur la fortune
le 14 juillet 2007
Le Président de la République donne cinq ans au gouvernement pour faire baisser d’un tiers la pauvreté en France qui touche 3,6 millions de personnes (voir notre article La pauvreté en France). Dans un même temps, un amendement au projet de loi pour le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat (Tepa) soumis actuellement aux députés, préconise une hausse de l’abattement de l’impôt sur la fortune sur la résidence principale de 20% à 30%. Cette mesure permettrait à certains détenteurs de biens immobiliers touchés par la flambée des prix de ne pas atteindre la barre des 760 000 euros au-delà de laquelle les contribuables sont assujettis à l’impôt sur la fortune. On prive encore un peu plus les comptes publics de ressources qui seront nécessaires à lutte contre la pauvreté en réduisant les impôts des couches sociales les plus aisées.
Etudiants étrangers : petites discriminations à l’université Il existe des discriminations qui paraissent mineures, mais qui ont une importance symbolique. Ainsi, l’université de Tours - comme d’autres probablement - facture 20 euros la réception du dossier d’inscription en master 2 (5e année) pour les étudiants étrangers de l’Union européenne et 50 euros hors Union européenne. Un montant qui est loin d’être négligeable pour les jeunes des pays les plus pauvres. L’administration indique bien que la somme ne pourra "en aucun cas être remboursée". Bien entendu, les étudiants étrangers sont victimes de bien d’autres discriminations, parfois plus graves. Mais on peut s’interroger d’abord sur les choix budgétaires de l’université qui, en mal de finances, grappille tout ce qui est possible. Mais aussi sur les valeurs du Conseil d’administration d’une université qui prend une telle décision. On peut imaginer ce qu’il en sera demain quand ces conseils auront des marges accrues de liberté avec la nouvelle loi sur l’autonomie des universités.
le 12 juillet 2007
Les assistés ont le vent en poupe
le 9 juillet 2007
L’assistance est une "activité en plein essor", comme le note le quotidien économique "La Tribune" (6 juin 2007). Le marché a progressé de 10 % en 2006, pour atteindre 3,6 milliard d’euros. En 2006, 13 millions de Français ont fait appel à l’assistance.
Mes ces "assistés" ne sont pas ceux dont on parle le plus souvent et que l’on montre du doigt, les plus démunis. Il s’agit de propriétaires d’automobiles en panne, d’employeurs de services à domicile, ou de voyageurs à l’étranger, qui ont beaucoup besoin de l’aide de ceux que la profession appelle - véridique - "les assisteurs". Ces assistés aisés ont aussi parfois besoin d’un coup de pouce de la collectivité. Une partie du secteur profite des subventions publiques que sont les réductions d’impôt pour l’emploi de personnel à domicile.
Davantage d’enfants handicapés accueillis dans les collèges 200 unités pédagogiques d’intégration (UPI) supplémentaires seront ouvertes dans les collèges dès la rentrée prochaine et, en 2010, on en comptera au final 2 000 de plus selon l’annonce du ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos. Ces unités, créées dans le cadre du plan Handiscol en 1999, en même temps que les classes d’intégration scolaire (Clis) dans les écoles élémentaires, ont pour objectif l’intégration des enfants handicapés en milieu ordinaire. Il existe actuellement 900 UPI en France. D’après les chiffres du ministère, 150 000 enfants handicapés étaient scolarisés en juin 2006, dont 104 000 dans des classes ordinaires, contre 90 000 en 2002. C’est 13% de plus qu’en 2005. On estime cependant à environ 20 000 le nombre d’enfants ou d’adolescents qui ne sont accueillis ni en classe spécialisée, ni en milieu ordinaire. Voir aussi “La scolarisation des enfants
et adolescents handicapés”, note d’information 07-23.
le 5 juillet 2007
Ecole : les filles réussissent mieux que les garçons
le 2 juillet 2007
En 2005, 68 % des filles et 57 % des garçons ont décroché le bac. Dans « Filles et garçons à l’école, sur le chemin de l’égalité », le ministère de l’Education Nationale réunit les statistiques sur… les inégalités en matière de taux de réussite et d’orientation entre garçons et filles. Contrairement à ce qu’annonce le titre, on peut y vérifier que ces dernières réussissent mieux à tous les niveaux : elles se débrouillent mieux dans l’apprentissage de la lecture, redoublent moins et réussissent davantage aux examens, que ce soit au brevet, ou au bac. Mais elles s’orientent très différemment : elles boudent les séries scientifiques (sauf en Guadeloupe et à Paris où elles sont plus de 40 % à aller en S, STI ou STL, contre 35 % à Rouen), vont peu en apprentissage et sont largement sur-représentées dans les sections puis les études supérieures littéraires, ainsi que dans les carrières sanitaires et sociales.
juin 2007 Les 0,01% des foyers les plus riches ont vu leur revenu augmenter de 42,6 % entre 1998 et 2006, contre 4,6 % pour les 90 % des foyers les moins riches, indique une étude menée par Camille Landais de l’Ecole d’économie de Paris (voir l’étude). Le document présente des données très détaillées sur l’évolution récente des hauts revenus qui progressent notamment du fait de la hausse des revenus du patrimoine, mais aussi des inégalités de salaire. Contrairement aux indications de l’étude récente de l’OCDE (voir notre article), Camille Landais montre - avec des données plus récentes et portant sur les très hauts revenus - que les inégalités salariales s’accroissent : "La France rompt avec 25 ans de grande stabilité de la hiérarchie des salaires", écrit le chercheur. Le voile se lève enfin sur la hausse des inégalités de revenu en France, phénomène que l’Observatoire des inégalités décrit depuis quatre ans maintenant, en dépit du discours officiel sur la stagnation voire la baisse des écarts. Le mouvement observable n’a pas la vigueur qu’il a pu avoir aux Etats-Unis, mais, symboliquement, il constitue un tournant fort après 30 années de réduction des écarts. Il faut noter enfin que l’étude de Camille Landais porte sur les revenus avant impôts. Les importantes réductions de l’impôt sur les revenus décidées depuis 2000, qui profitent essentiellement aux plus favorisés, ont aggravé les écarts de niveau de vie en réduisant la redistribution.
Les hauts revenus en forte hausse en France
le 29 juin 2007
Hommes-femmes : le partage inégal au Royaume-Uni Pour la moyenne des femmes britanniques, la vie en couple signifie davantage de tâches domestiques et un bien-être réduit, indique une étude réalisée par l’économiste française Hélène Couprie, publiée dans le numéro de janvier de l’Economic Journal (1). Les femmes célibataires passent en moyenne 10 heures aux tâches domestiques, contre 15 quand
elles vivent en couple, quand la variation est de 5 à 7 heures pour les hommes.
L’auteure estime, à partir des enquêtes "emploi du temps" britanniques, que les femmes ne bénéficient que de 40 % du bien-être d’un couple, évalué à partir du temps libre. Les inégalités de revenus constituent un des éléments des inégalités dans la sphère privée, les femmes se chargeant le plus souvent des tâches contraintes. A leur tour, ces inégalités au sein du couple se répercutent dans le domaine professionnel ou les autres activités extérieures : les femmes ont moins de temps pour s’investir dans l’univers professionnel, les associations, etc. Un cercle vicieux d’où il n’est pas facile de sortir. (1) « Time Allocation within the Family : Welfare Implications of a Life in a Couple », Hélène Couprie, Economic Journal, janvier 2007.
le 28 juin 2007
Avoir un emploi rend la pauvreté plus difficile à vivre En France, 19% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (seuil défini à 60% du revenu médian). Une recherche du CREDOC, reposant sur l’exploitation de l’enquête Permanente sur les Conditions de Vie de l’INSEE, montre qu’au sein des ménages pauvres, ceux qui travaillent ressentent plus durement la précarité financière. En effet, 73% des travailleurs pauvres déclarent avoir beaucoup de mal à joindre les deux bouts, contre "seulement" 66% de l’ensemble des individus percevant des revenus inférieurs au seuil de pauvreté — y compris les inactifs. Ce paradoxe s’explique ainsi : l’exercice d’un emploi va de pair avec de fortes attentes en terme de niveau de vie ; lorsque ces attentes sont déçues, les difficultés financières du quotidien sont encore plus mal vécues que lorsqu’on n’a pas d’emploi.
le 25 juin 2007
L’Assemblée nationale se féminise
le 22 juin 2007
L’Assemblée nationale compte depuis hier 18,54% de femmes contre 12,1% lors de la précédente législature. 107 femmes, sur les 577 sièges pourvus, ont été élues députées, elles étaient 71 depuis 2002. La loi du 6 juin 2000 sur la parité, qui contraint sous peine d’amendes les partis politiques à compter moitié de candidates pour les élections, a certainement permis cette avancée. Cette augmentation significative de la représentation des femmes dans l’hémicycle est pourtant encore loin d’une réelle parité qui, au rythme d’une évolution de 36 sièges obtenus par législature, ne sera effective que dans ....environ 25 ans ! Voir aussi La représentation des femmes parmi les élus ; La représentation des femmes dans les partis politiques et La représentation des femmes dans les parlements mondiaux.
Plus d’un travailleur sur cinq dans le monde est assujetti à des horaires de travail excessifs
le 18 juin 2007
Le Bureau international du travail (BIT) estime que 22% de la main d’œuvre mondiale - soit 614 millions de personnes – travaille plus de 48 heures par semaine, seuil considéré comme excessif par le BIT.
Parmi les pays industrialisés, c’est le Royaume-Uni qui a le plus fort taux (26%) devant les Etats-Unis (18%) et le Japon (environ 17%). A l’opposé, la Norvège et les Pays-Bas ont les taux les plus bas, respectivement près de 5% et 8%.
La France compte le plus fort pourcentage de travailleurs indépendants qui travaillent plus de 48 heures par semaine (60%) contre seulement 28,5 % aux Etats-Unis.
Des médecins répartis inégalement sur le territoire français Le nombre de médecins reste stable en France. Cependant, qu’il s’agisse des généralistes ou des spécialistes, leur répartition sur le territoire est inégale selon le bilan démographique de la population médicale française au 1er janvier 2007, publié par le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom). Des régions situées au Nord, comme la Picardie, la Basse-Normandie, le Nord, au Centre comme le Limousin et l’Auvergne, mais aussi dans l’Est, manquent de médecins. Quarante départements de la métropole ne disposent par exemple que de zéro à deux médecins gériatres, la moyenne française étant de trois par département. A l’inverse, le nombre de praticiens, rapporté à la densité de la population, est élevé en Île-de-France et dans le Sud-Est. Les zones rurales et les quartiers défavorisés sont également souvent désertés. Cette disparité de répartition géographique devrait s’accentuer dans les dix années à venir compte tenu de la baisse annoncée du nombre de médecins.
le 14 juin 2007
Donations : 600 000 € sans payer d’impôts “Nous allons mettre le paquet sur les donations, afin d’inciter à la transmission des patrimoines” avait indiqué le ministre du Budget Eric Woerth, le jeudi 24 mai au quotidien Les Echos. C’est donc fait. Dès le vote de la prochaine loi "portant sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat", chaque parent pourra donner 150 000 € tous les six ans à chacun de ses enfants sans payer de droits de succession. Le chiffre de 150 000 €, le plus souvent cité, fait comme si notre société n’était constitué que de familles avec un parent et un seul enfant. Concrètement, un couple avec deux enfants pourra transmettre 600 000 € (deux fois 150 000 € pour chaque enfant). Autrement dit, à terme les droits de successions seront supprimés en France, compte tenu des possibilités de défiscalisation qu’apportent les donations. Ces droits visaient à éviter la reproduction trop aisée des fortunes de génération en génération. Alors même qu’une grande partie des commentateurs s’inquiètent du sort des jeunes générations, le gouvernement favorise la reproduction des inégalités entre groupes favorisés. Ces transformations auront des conséquences fortes sur les structures mêmes de la société française. En outre, chaque année, l’ensemble des réductions de droits de successions représenteront de l’ordre de 4 milliards d’euros, 4 fois plus que ce qui devrait être investi dans les Zones d’éducation prioritaires.
le 8 juin 2007
Difficultés scolaires : la faute aux familles
le 6 juin 2007
Pour 69,5 % des enseignants de primaire et 63,5 % de ceux de collège,
c’est l’environnement des élèves qui est à l’origine des principales
difficultés scolaires, selon une étude du ministère de l’Education Nationale.
« l’absence d’intérêt des familles » serait principalement en cause, d’après les enseignants. Seuls 16,7 % de ceux de primaire et 26,4 % de ceux du collège estiment que c’est « l’organisation du système scolaire » qui pose problème. Beaucoup souhaiteraient recevoir une aide pour élaborer des réponses adaptées aux besoins des élèves. En dehors de la prise en charge scolaire, les
enseignants estiment que ces élèves ont le plus besoin de « retrouver
l’estime de soi » et d’« avoir confiance ».
Pauvreté et inégalités au Royaume-Uni
le 1er juin 2007
Les inégalités augmentent au Royaume-Uni. Entre la période avril 2004 - mars 2005 et avril 2005- mars 2006, les revenus des 20 % les moins bien rémunérés ont diminué de 0,4 % quand ceux des 20 % les mieux rémunérés augmentaient de 1,5 %, indique un rapport de l’Institute for Fiscal Studies (télécharger le rapport). C’est la quatrième année de suite que les inégalités augmentent outre-Manche. Le nombre de personnes qui vivent dans la pauvreté (avec moins de 60 % du revenu médian) a lui aussi augmenté, passant de 12,1 à 12,7 millions, de 20,5% à 21,6 % pendant la période observée. Cependant on constate une diminution sur le long terme puisque l’on comptait 25 % de personnes pauvres au milieu des années 90.
mai 2007 La région Rhône-Alpes a connu en 2006 une baisse sensible du chômage, un recul de la pauvreté (si l’on considère le taux de pauvreté et le nombre d’allocataires à bas revenus des caisses d’allocations familiales) et une augmentation de 47% du nombre de logements sociaux par rapport à 2002. Cet état des lieux pour les années 2005-2006 est publié par la Mission régionale d’information sur l’exclusion (MRIE) Rhône-Alpes. Malgré l’amélioration de ces chiffres, due notamment dans le domaine du logement à la dynamique des politiques locales, les auteurs de ce rapport constatent des situations de pauvreté qui se renforcent. Les inégalités ont même tendance à s’accentuer entre ceux qui sont exclus de l’emploi et/ou du logement et le reste de la population. La région Rhône-Alpes connaît également des disparités face à la précarité et à l’exclusion selon son territoire.
Pauvretés, précarités, exclusions en Rhône-Alpes
le 29 mai 2007
Le paquet sur les donations “Nous allons mettre le paquet sur les donations, afin d’inciter à la transmission des patrimoines” a indiqué le ministre du Budget Eric Woerth, le jeudi 24 mai au quotidien Les Echos. Aujourd’hui, un couple avec deux enfants et quatre petits-enfants peut déjà donner 440 000 euros tous les six ans sans payer aucun droit. Ce cadeau fiscal ne concernera qu’une infime proportion de la population : selon l’Insee,
10 % des ménages ont un patrimoine supérieur à 380 000 euros et 5 % à 570 000 euros. En revanche, l’ensemble des réductions de droits de succession et de donation envisagées - qui devraient exonérer d’impôt 95 % des héritages selon le chef de l’Etat - représente un manque à gagner considérable pour les finances publiques. Leur coût est
estimé à 5 milliards d’euros, soit 5 fois plus que les moyens supplémentaires qui devraient être dégagés pour les zones d’éducation prioritaires selon le ministre de l’Education. Pour en savoir plus : "Faut-il réduire encore les droits de succession", sur le site d’Alternatives Economiques.
le 24 mai 2007
De fortes discriminations à l’embauche en France
le 22 mai 2007
Quatre fois sur cinq, les employeurs français préfèrent embaucher un candidat « d’origine hexagonale ancienne » plutôt qu’un jeune visiblement, par son nom et son apparence, issu de l’immigration. Ces constats sont rapportés par le Bureau international du travail (BIT) qui a mené une enquête nationale "testing" de grande ampleur en France avec le soutien de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Cette enquête, menée en 2005 et 2006, révèle qu’à peine 10% des employeurs « ont respecté tout au long du processus de recrutement une égalité de traitement entre les candidats ». 90% de la discrimination intervient avant même que le postulant ait pu obtenir un entretien. Même si la loi française interdit de telles pratiques, la réalité reste bien différente. Voir le site du BIT.
L’obésité progresse en France Les Français prennent du poids depuis 20 ans. Mais pas tous au même rythme. Ce constat est dressé par l’Insee. En 2003, 3,6 millions d’adultes de moins de 65 ans étaient atteints d’obésité.
Cette maladie ne progresse pas au même rythme dans tous les milieux sociaux. L’augmentation est plus soutenue chez les agriculteurs et les ouvriers que chez les cadres. Et pour l’Insee « Les écarts entre catégories sociales en matière d’obésité pourraient donc encore s’accroître dans les prochaines années ». « Les personnes vivant en milieu rural sont plus corpulentes que celles qui vivent en milieu urbain » , estime l’Insee. La maladie touche particulièrement les régions du nord (14% de la population) et de l’est (13%) de la France. Beaucoup moins l’Ile-de-France (8%). De multiples facteurs sociaux expliquent ces écarts, notamment la proportion de telle ou telle catégorie sociale dans un territoire donné puisque, on l’a vu, l’obésité ne les touche pas de la même façon. Les agriculteurs et les ouvriers sont plus représentés dans le Nord qu’en Ile-de-France. Mais à diplôme et niveau de vie identique, un Parisien pèse en moyenne 2 kg de moins qu’un habitant d’une petite commune.
Serait-il davantage soumis à la pression des normes sociales ? L’obésité peut avoir des conséquences graves sur la situation de santé et les pratiques alimentaires doivent évoluer. En même temps le traitement de cette "déviance" par rapport à un idéal de minceur des catégories favorisées, la stigmatisation des kilos superflus est, aussi, une façon pour ces couches aisées d’afficher une supériorité esthétique...
le 18 mai 2007
Les dépassements d’honoraires médicaux sources de fortes inégalités Les dépassements d’honoraires médicaux ont doublé depuis 1990, passant de 760 millions à 1,5 milliard d’euros en 2005, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Ils constituent « un recul de la solidarité nationale » et sont « contraires aux principes fondateurs de l’assurance maladie », selon l’Igas. Ces dépassements sont très fréquents chez les spécialistes. Les établissements de santé ne sont pas en reste puisqu’ils ont pratiqué des dépassements à hauteur de 530 millions d’euros. Ces surcoûts frappent au premier chef les moins bien couverts : les jeunes et les plus démunis, ceux qui n’ont pas de couverture maladie complémentaire ou ceux qui disposent d’assurances « bas de gamme ». Ainsi, par exemple un accouchement coûterait 74 euros à l’hôpital et 178 euros en clinique. Ils posent une question d’éthique aux médecins qui font payer la santé plus cher. Surtout, le paiement à l’acte et l’absence de politique de régulation des revenus des médecins entre de plus en plus en contradiction avec l’accès de tous aux soins.
le 15 mai 2007
Inégalités et pauvreté toujours en hausse, selon le BIP 40 Le réseau d’alerte sur les inégalités (RAI) a publié sa nouvelle édition du « Bip 40 » (Baromètre des inégalités et de la pauvreté). Un constat : cet indicateur synthétique de l’insécurité sociale est à son plus haut niveau depuis 1980. Si pendant la période 2002-2005, la montée du chômage et la précarisation de l’emploi ont fortement contribué à faire monter ce baromètre, il apparaît que la hausse constatée sur les années les plus récentes est due à l’aggravation importante des inégalités en matière de logement : « le creusement des inégalités en matière de logement a eu un impact majeur : il explique environ la moitié de la hausse du Bip 40 entre 2002 et 2005 » selon le Réseau d’alerte sur les inégalités et le Collectif « Autres Chiffres Du Chômage » (Note n°5 du 25 avril 2007). Le nombre de personnes qui basculent vers les minima sociaux à cause du chômage, ou qui ont des emplois précaires mal rémunérés, augmente. Conséquence : cette population peine à se loger et n’a plus les moyens financiers pour acquérir son propre habitat, alors que le marché de l’immobilier, qui se porte bien, est un excellent gage de sécurité pour tous les propriétaires. Par ailleurs, le RAI constate également que les inégalités en matière de réussite scolaire ne diminuent plus.
le 11 mai 2007
Le futur président part en yacht
le 8 mai 2007
"J’ai voulu parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés, aux artisans, aux agriculteurs, à la France qui donne beaucoup et qui ne reçoit jamais rien, à la France qui est exaspérée et qui souffre, celle des banlieues en difficulté, des bassins industriels en déclin, des cantons ruraux abandonnés", a indiqué le 22 avril Nicolas Sarkozy (lire le discours), qui deviendra donc président de la République le 16 mai. En attendant, après une nuit au Fouquet’s où la suite digne de son rang vaut 2 000 euros la nuit , il est parti en jet privé rejoindre un yacht au large de Malte. Prix de la location à la semaine : 150 000 euros, soit 12 ans et demi de salaire net d’un Smicard. Mais il n’y restera sans doute pas l’ensemble de la semaine. Ce qui ne trouble pas le premier secrétaire du parti socialiste : "Chacun peut partir en vacances, ça ne me gêne pas", a indiqué François Hollande au micro de RTL. "Je trouve normal qu’après une campagne difficile aussi pour lui il ait besoin de repos".
Les habitants des Zus se disent en moins bonne santé que le reste de la population Près du tiers des résidents (32 %) en Zone urbaine sensible (Zus) se jugent en mauvaise santé contre un quart des personnes (26 %) qui ne vivent pas en Zus, selon les résultats d’une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) publiés dans Questions d’économie de la santé n°117. Ce sentiment d’être en mauvaise santé, alors que la déclaration d’une maladie chronique ou d’une réelle incapacité est identique que l’on réside en Zus ou non, peut s’expliquer d’une part par « la concentration de la pauvreté et d’une moindre qualité de l’habitat et de l’environnement dans ces quartiers ». D’autre part, selon que l’on soit une femme ou un homme, de telle ou telle catégorie socioprofessionnelle, chômeur ou pas, il existe aussi des différences de perception de son état de santé toujours plus défavorables pour les habitants des Zus. Le fait d’être locataire ou propriétaire influe également sur son état de santé selon cette enquête : « Nous constatons qu’être locataire en Zus est la situation la moins favorable. Toutes choses égales par ailleurs, les locataires, et plus précisément ceux du parc HLM (résidant en Zus ou hors Zus), ont une plus forte probabilité de se déclarer en mauvaise santé que les propriétaires ». Ces résultats peuvent traduire un réel mauvais état de santé des habitants des Zus qui, plus qu’ailleurs, sont touchés par la pauvreté ou un sentiment de mal-être causé par un environnement de moindre qualité qui influence la perception de leur état de santé.
le 7 mai 2007
avril 2007
Une prime de cinq siècles de Smic
le 21 avril 2007
Tous les salariés ne sont pas égaux face aux indemnités de licenciement. Exemple : Noël Forgeard. Pour récompenser ses sept années passées chez Airbus, l’ex-PDG pourrait bénéficier d’une prime de départ de 4 893 268 euros. Pour la même durée, un smicard aurait touché environ 5 580 fois moins ! A cela s’ajoutent ses six mois de préavis, une indemnité pour clause de non concurrence, etc. Au total, son licenciement lui rapportera 8,52 millions d’euros, soit environ 565 années de Smic. Et ce, pour une gestion qui motive la suppression de 10 000 emplois…
Les salariés jugent les contrats à durée déterminée
le 20 avril 2007
Que les salariés soient en CDD (contrat à durée déterminée) ou en intérim, ils sont respectivement 85% et 89% à dire que le principal inconvénient de ce type de contrat de travail est de ne pas pouvoir faire de projets personnels de long terme, selon une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) publiée dans Premières informations et synthèses n°12.3 de mars 2007. Le risque de chômage accru arrive en seconde position de leurs préoccupations. Si pour 69% d’entre eux, le statut de salarié en CDD ne constitue pas un frein à leur intégration dans l’entreprise et si 71% déclarent que leurs tâches ne sont pas moins intéressantes que celles des salariés en CDI (contrat à durée indéterminée), 75 % des salariés en contrat court déclarent qu’ils auraient préféré obtenir un CDI.
Niveaux de vie et inégalités sociales
le 17 avril 2007
Le 5 décembre 2006 nous avions signalé sur notre site la parution des premières estimations de la répartition des revenus du patrimoine en France dans un rapport du Cnis (Conseil national de l’information statistique). Ce document intitulé Niveaux de vie et inégalités sociales est désormais disponible sur le site du Cnis. Le groupe de travail à l’initiative de ce rapport fait le constat et propose des pistes pour améliorer la collecte, l’analyse et la diffusion des données sur les inégalités de revenus, de conditions de vie et face à l’emploi.
Accroissement des inégalités de revenus aux Etats-Unis Les revenus des 10% des américains les plus riches représentent 48,5% des revenus de l’ensemble de la population. Ils en représentaient 33% à la fin des années 70, rappelle un article du New York Times du 29 mars 2007... Ce pourcentage est en hausse de 2 points sur un an, et il est le plus haut enregistré depuis la dépression de 1928.
Les nouvelles statistiques sur les revenus de 2005 (publiées par le département américain du Trésor, l’équivalent du ministère du Budget en France) montrent que les 300 000 américains les plus riches gagnent autant que les 150 millions d’américains les moins aisés. Le plafonnement des impôts pour les foyers les plus riches, les hausses des revenus des capitaux et de l’immobilier expliquent une partie de cet accroissement des inégalités de revenus aux Etats-Unis. La pression fiscale est restée sensiblement la même pour l’américain moyen depuis 40 ans alors qu’elle a été divisée par 2 pour les plus riches. Voir aussi en ligne "Riches et pauvres, le grand écart américain".
le 10 avril 2007
Inégalité des femmes en matière de salaire et d’accès aux emplois de cadres 23 % des salariés masculins des entreprises de plus de 10 salariés du secteur privé sont cadres contre seulement 15 % des salariées, indique une étude de la Direction de l’animation et de la recherche des études et des statistiques (Dares), basée sur des données de 2002, publiée dans Premières synthèses informations n° 10.3 de mars 2007. Trois emplois de cadre sur quatre sont occupés par des hommes. Cet écart peut s’expliquer, à diplôme égal, en partie par une expérience professionnelle et une ancienneté plus faibles, dues notamment aux interruptions de carrière pendant les congés maternité, qui limitent l’accès des femmes aux emplois de cadres. Mais ces raisons ne justifient pas à elles seules cette différence. Cette étude souligne le rôle de la situation familiale pour tenter de trouver d’autres causes. Tandis que les femmes vivant seules, sans enfant, ont une probabilité 13% plus faible que les hommes d’être cadre, elle est de 27% pour celles vivant seules avec des enfants et de 29% pour celles vivant en couple, avec ou sans enfants. Autrement dit, le fait que les femmes consacrent plus de temps aux tâches domestiques et à l’éducation des enfants limite leur disponibilité et devient un frein non quantifiable mais observable pour accéder, au même titre que les hommes, aux emplois de cadres.
le 5 avril 2007
Les discriminations à l’embauche des jeunes des banlieues d’Île-de-France Alors que pour un poste de comptable les candidats ayant un nom et un prénom français obtiennent un rendez-vous après l’envoi de 19 curriculum vitae, il en faut 277 pour qu’un candidat marocain soit convoqué à un entretien d’embauche. Tels sont les résultats d’une recherche menée à l’automne 2006 par le Centre d’étude des politiques économiques de l’université d’Évry-Val d’Essonne auprès d’hommes de moins de 22 ans habitant des banlieues d’Île-de-France. Cette enquête permet d’évaluer les chances d’obtenir un entretien d’embauche pour des emplois de serveurs et de comptables, selon la commune de résidence, la nationalité et la consonance des nom et prénom des candidats. Tandis que les écarts les plus forts entre les candidats sont liés à l’origine, leur localité de résidence différencie surtout les candidats aux emplois dans la restauration : habiter dans une localité dite favorisée augmente de 61 % les chances d’obtenir un entretien d’embauche. Cette étude, réalisée avec le soutien du Centre d’analyse stratégique, est publiée dans la Note de veille n°48 de mars 2007.
le 2 avril 2007
mars 2007
La Cour des comptes pointe les insuffisances des politiques d’aide aux sans domicile
le 27 mars 2007
La Cour des comptes pointe dans un récent rapport (voir la synthèse) les insuffisances des politiques d’aide aux personnes sans domicile. Malgré les 800 millions d’euros affectés par l’Etat en 2005, les magistrats remarquent « la disproportion entre le nombre des personnes concernées (quelques dizaines de milliers) et les difficultés de mise en oeuvre de solutions adaptées ». Sont, entre autres, mis en cause : « l’imbrication compliquée des compétences » entre les différents intervenants (Etat, collectivités locales..), la difficulté des situations à traiter et la multiplicité des structures et des outils. En matière d’hébergement d’urgence, malgré l’augmentation des capacités (de 16 400 à 20 838 places de 2001 à 2005), les structures restent saturées. Hors Paris, les durées moyennes de séjour sont couramment de un à deux mois dans ces centres. Enfin, la Cour conclut à « l’absence d’une politique d’aide alimentaire ».
Inégalités hommes-femmes
le 26 mars 2007
L’Insee vient de publier dans Economie et Statistiques n°398-399 un ensemble de données et d’analyses sur les inégalités hommes-femmes. Un tour d’horizon des évolutions, ou des résistances, des écarts de salaires, des niveaux de retraite, de la place des femmes dans le monde du travail. Cette synthèse aborde également un aspect plus social des inégalités hommes-femmes comme, par exemple, la différence de traitement de la scolarité des filles et des garçons par leurs parents et les conséquences sur leur avenir professionnel. Une mine d’informations pour avoir une vision d’ensemble de ces inégalités. Toutes ces données sont disponibles en ligne.
Le débat autour des statistiques ethniques Un ensemble de chercheurs et de représentants du monde associatif a publié une pétition "Engagement républicain contre les discriminations" pour s’élever contre la possibilité d’établir des statistiques sur des critères ethniques. Ses auteurs mettent en avant les difficultés de l’utilisation de ce type de critères, très subjectifs.
Selon les signataires, il existe déjà des données permettant d’évaluer les discriminations face à l’emploi ou à l’accès au logement notamment. Ils argumentent en disant, par exemple, que le prénom est un élément donnant suffisamment d’informations. Des critères comme le pays de naissance ou la nationalité des parents sont des informations à même de mettre en évidence des discriminations, le "testing" pouvant être utilisé pour démontrer telle ou telle pratique. La construction des catégories est d’ailleurs particulièrement difficile à mettre en oeuvre concrètement : à partir de quel degré de couleur est-on noir ou blanc ? Ils soulignent enfin les dangers d’un fichage de la population suivant la couleur de la peau ou l’orientation sexuelle. A l’opposé, les partisans de telles statistiques pensent que les outils actuels ne sont pas suffisants pour mettre à jour en profondeur les discriminations. Ainsi par exemple, la nationalité ou celle des parents ne permet pas de déterminer précisément la couleur de la peau, alors que celle-ci constitue un élément de discrimination. Le débat est ouvert. Dans un article du Monde du 13 mars dernier, un autre groupe de chercheurs souligne que les outils disponibles ont leurs limites méthodologiques et ne permettent pas d’avoir une vision globale des problèmes de discrimination et déclarent “nous sommes convaincus de l’urgente nécessité pour la société française de renouveler ses outils pour mettre en oeuvre l’égalité. Aujourd’hui, ce ne sont pas les "statistiques ethniques" qui menacent la cohésion sociale, mais bien les discriminations”. Trop peu de statistiques sont produites aujourd’hui pour apporter un éclairage sur les inégalités dont sont victimes les populations "visibles", qui comprennent une part de discrimination et une part liée à l’origine sociale. S’il n’est pas possible de construire des fichiers administratifs, rien n’interdit les travaux de recherche à ce sujet, or ceux-ci ne sont pas légion.
le 22 mars 2007
Pas de quartier pour les inégalités L’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev) lance un appel sur son site Pas de quartier pour les inégalités pour dénoncer et déclarer cause nationale la situation des jeunes des quartiers défavorisés face à l’éducation. L’Afev a pour vocation, grâce à plus de sept mille étudiants bénévoles, d’aider les élèves en difficulté scolaire.
L’association s’insurge contre l’immobilisme face à “ l’exclusion d’une partie de la jeunesse (qui) est l’une des causes des troubles violents qui agitent les banlieues, les discréditent injustement et plongent leurs habitants et ceux qui y travaillent chaque jour un peu plus dans le découragement”. Les signataires demandent l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire afin de réaliser un état des lieux des inégalités scolaires notamment dans ces quartiers défavorisés et d’aboutir à des actions concrètes qui garantiront à tous l’accès à l’éducation. Dans de nombreuses villes de France, cet appel sera relayé lors de manifestations afin d’alerter les élus sur l’urgence des décisions à prendre pour ne pas laisser au bord de la route les jeunes sans qualifications.
le 19 mars 2007
Riches et pauvres : le grand écart américain La grande pauvreté a augmenté de manière importante aux Etats-Unis depuis le début des années 2000 pendant que le pays connaissait une forte croissance, selon une étude publiée par la McClatchy Newspapers analysis . D’après les chiffres du recensement de 2005, 16 millions de personnes avaient un revenu annuel inférieur à 9 903 dollars (pour une famille de deux adultes et de deux enfants). La hausse du nombre d’Américains ayant des revenus en-dessous de 5 080 dollars par an a été de 26% entre 2000 et 2005. Pourtant la richesse des Etats-Unis a progressé pendant cette période. Mais si la croissance a conduit à une hausse de la productivité, à l’enrichissement d’une frange de la société, celle-ci n’a pas créé d’emplois en conséquence et n’a pas profité aux salaires. C’est pourquoi un grand nombre d’Américains appartenant à la classe moyenne ont perdu du pouvoir d’achat ou leur travail et ont rejoint le rang des précaires voire des plus pauvres. D’après les conclusions du journal, les politiques américaines de lutte contre la précarité et la pauvreté occupent une petite part du produit intérieur brut du pays et s’avèrent peu efficaces pour aider les populations les plus fragilisées.
le 13 mars 2007
L’impact de la pauvreté sur la vie familiale et sociale en Savoie L’Observatoire de la famille a publié les résultats d’une étude menée auprès d’allocataires « à bas revenus », c’est-à-dire situés en dessous du seuil de pauvreté, de la Caisse d’allocations familiales de la Savoie, sur l’impact de la pauvreté sur la vie de famille à travers la parentalité, l’éducation des enfants, la vie sociale. On retrouve des tendances quelque peu similaires aux nationales : 85% de ces allocataires touchés par la pauvreté monétaire sont des femmes, vivant souvent seules avec des enfants, 45% ont alterné des périodes d’emploi et de chômage, 55% sont des travailleurs pauvres, 50% des enfants de 10 à 15 ans de ces allocataires rencontrent des difficultés scolaires, 40% ont redoublé une classe. L’Observatoire a ainsi pu dégager quatre profils : « Les exclus du marché du travail » (22% des allocataires à « bas revenus »), « Les familles nombreuses » (35%), « Les travailleurs pauvres » (18%) et « Les familles monoparentales » (24%). L’étude porte également sur les conditions de vie des personnes interrogées. La moitié d’entre elles se trouve dans une situation d’isolement relationnel : “44 % ont rencontré ou eu au téléphone entre une et quatre personnes durant les sept derniers jours, et 6 % n’ont eu aucun contact avec de la famille ou des amis”. 46% des enfants de 6 à 15 ans ne fait pas partie d’un club de sport, de musique ou autre. 72% sont locataires de leur logement.
En ce qui concerne la consommation, 40% des personnes touchées par la pauvreté ne se nourrissent pas convenablement, 62% ne chauffent pas leur logement à bonne température, et 84 % n’achètent pas de vêtements neufs en raison de leur situation financière.
le 12 mars 2007
Les jeunes ne comptent plus pour du beurre
le 2 mars 2007
Le gouvernement, par une ordonnance du 2 août 2005, permettait aux entreprises de ne pas prendre en compte les jeunes de moins de 26 ans dans le calcul du nombre de salariés des entreprises. Cette mesure devait favoriser l’emploi des jeunes en évitant aux entreprises de dépasser les seuils fatidiques rendant obligatoires des procédures en matière de licenciements collectifs, l’élections d’instances représentatives des salariés, ou certains avantages sociaux (droit au logement, formation...). Les cinq syndicats représentatifs avaient déposé des recours au Conseil d’Etat, qui s’en était remis à la Cour européenne de Justice, laquelle leur a donné raison par un arrêt du 28 janvier dernier. Cette décision a une portée symbolique en considérant qu’un travailleur de moins de 26 ans est l’égal de ses collègues. Elle permettra aussi à certains de ces derniers d’avoir des droits qui auraient pu leur être refusés si ce texte avait été appliqué. En effet, il aurait alors fait diminuer les effectifs pris en compte pour la représentation des salariés.
février 2007 Le 7ème rapport du centre de recherche Innocenti de l’Unicef, La pauvreté des enfants en perspective : vue d’ensemble du bien-être des enfants dans les pays riches, débute par cette phrase : « Le niveau réel d’un pays se mesure à l’attention qu’il accorde à ses enfants, à leur santé et à leur sécurité, à leur situation matérielle, à leur éducation et à leur socialisation, ainsi qu’à leur sentiment d’être aimés, appréciés et intégrés dans les familles et les sociétés au sein desquelles ils sont nés. ». Ce bilan réalisé au sein des pays de l’OCDE a pour but de mesurer dans le temps l’amélioration du bien-être des enfants. Il permet de savoir si leurs conditions de vie sont les meilleures possibles et si chaque Etat favorise ou non un bon environnement. Plusieurs critères ont été pris en compte pour cette étude : le bien-être matériel, la santé et la sécurité, l’éducation, les relations avec la famille, les comportements et risques et le bien-être subjectif. Le classement ainsi obtenu, même si les données sont quelques fois partielles pour certains pays, montre que l’Europe, et tout particulièrement les Pays-Bas, offre le maximum de garanties qui favorisent le bien-être de l’enfant. Mais tous montrent une carence dans l’une ou l’autre des dimensions ainsi retenues. On y apprend aussi que le rapport entre le bien-être et le PIB par habitant n’est pas lié, la pauvreté étant en effet un facteur de mauvaises conditions de vie mais elle n’est pas la seule en cause. Pour preuve, le Royaume-Uni et les Etats-Unis se placent bons derniers dans cinq des six critères. Quant à la France, elle est plutôt en queue de peloton en matière d’éducation et de bien-être subjectif et obtient de bons résultats en ce qui concerne la santé et la sécurité.
Le bien-être des enfants dans les pays riches
le 26 février 2007
Un hors-série de Télérama « Quelle égalité voulons-nous ? »
le 23 février 2007
Télérama vient de publier un hors-série Egalité « Quelle égalité voulons-nous ? » (7,80€), dans la lignée de deux autres hors série consacrés l’un à la liberté et l’autre à la fraternité. Le magazine propose ainsi de faire le tour de la question d’une des devises républicaines françaises. Tout d’abord d’un point de vue historique, puis en donnant des définitions de termes, précisions utiles tant ils sont souvent vidés de leur sens, comme égal, équité, discrimination positive, identité, différence, redistribution, etc.. Patrick Savidan, président de l’Observatoire des inégalités, aborde quant à lui le thème « Egalité et équité : deux visions de la justice ». Ce panorama sur l’égalité passe aussi par les disparités des richesses, les discriminations, la question hommes-femmes, l’école mais aussi la situation mondiale. Ce hors série mérite d’être signalé tout d’abord pour le fond, l’ensemble des contributions d’historiens, de philosophes, d’écrivains, de sociologues, de journalistes éclairent notre vision de l’égalité telle qu’elle est vraiment vécue aujourd’hui en France, mais aussi pour la forme particulièrement bien réalisée.
Le système de santé en chiffres
le 20 février 2007
L’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes) publie sur son site www.ecosante.fr dans un document “Eco-santé 2007” une somme conséquente de données chiffrées actualisées sur le système de santé français. C’est à peu près deux millions de chiffres provenant d’organismes officiels publics ou privés du domaine sanitaire et social qui sont centralisés et accessibles. L’état de santé, les dépenses de santé, la protection sociale, la couverture maladie universelle, des données plus générales sur la démographie ou les indicateurs économiques (revenu, consommation des ménages, etc.) sont les principaux thèmes abordés dans cette synthèse. Les données sont disponibles au niveau national mais aussi par région et département. Des chiffres concernant l’OCDE et le Québec sont également disponibles sur ce site.
Une amélioration des conditions de travail : oui, mais pas pour tous Les conditions de travail des salariés restent bien différentes suivant les catégories socioprofessionnelles. Mais selon une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) parue dans Premières informations et premières synthèses n° 01.2 de janvier 2007, l’intensité du travail s’est stabilisée, selon les salariés, depuis la dernière enquête réalisée en 1998. En même temps, la pression des clients, les tensions avec le public mais aussi avec les collègues ne s’accroissent plus, comme cela a pu être le cas dans les années 90. La polyvalence des postes est considérée comme « positive pour l’intérêt de leur travail » par 71% des salariés en 2005 contre 66% en 1998. Globalement la pénibilité des tâches a diminué... sauf pour les ouvriers et les employés, en particulier dans l’exercice physique du métier. De plus en plus déclarent porter des charges lourdes (64 % des ouvriers non-qualifiés en 2005 contre 60 % en 1998), subir des secousses ou des vibrations (29 % contre 22,6 %), être exposés à un bruit intense (40 % contre 37 %), faire des mouvements douloureux (69 % contre 61,6 %), etc. Une évolution (il faut entendre par là une détérioration des conditions de travail en bas de l’échelle et une amélioration significative en haut) qui laisse présager une augmentation des inégalités face aux conditions de travail.
Enfin, il faut noter que les horaires atypiques (travail de nuit, en 2x8, le dimanche) se sont répandus, et ce dans toutes les catégories socioprofessionnelles, pour devenir des formes de travail de plus en plus habituelles, et de moins en moins occasionnelles comme cela était davantage le cas en 1998. 7 % des salariés travaillaient habituellement de nuit en 2005 contre 4 % en 1998.
le 15 février 2007
Population noire et discrimination : des chiffres à l’appui
le 12 février 2007
56 % des personnes noires vivant en France se sont senties au moins une fois victimes de discrimination liée à leur couleur de peau. 37% estiment que ce phénomène de discrimination s’est aggravé, 17% qu’il s’est réduit et 40% qu’il n’a pas changé. Faute de données quantitatives sur les discriminations dont la population noire fait l’objet en France, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a fait réaliser, du 3 au 23 janvier 2007 par TNS-Sofres, un sondage auprès de 13 059 personnes pour mesurer les discriminations dont la population noire peut se dire victime, mais aussi pour mieux connaître les caractéristiques de cette population en France. Ce premier baromètre nous apprend que 81% des Noirs ont la nationalité française ; 81 % des personnes interrogées font confiance aux associations pour lutter contre les discriminations, à l’école (72%), à la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) (68%) et à eux-mêmes (65%).
2007 : année européenne de l’égalité des chances pour tous
le 9 février 2007
l’Union européenne a déclaré 2007 « l’année de l’égalité des chances pour tous ». L’Europe veut ainsi « sensibiliser davantage les Européens à leur droit à l’égalité de traitement et à une vie exempte de discrimination ». Une campagne d’information sera lancée autour de quatre objectifs : les droits ; la représentation des femmes et des minorités ; la reconnaissance de chacun dans la société, quelque soit son origine ethnique, sa race ou son sexe ; le respect des valeurs d’égalité de traitement et la lutte contre la discrimination. A cette occasion, un site internet rassemblant toutes les informations concernant « l’année de l’égalité des chances pour tous » a été spécialement créé. L’Union européenne présente également son « Eurobaromètre sur la lutte contre la discrimination ».
A la recherche de nouvelles solidarités Les temps changent. Pendant des années, la France a vu, à travers les réductions d’impôts, se réduire le niveau de solidarité nationale. La campagne électorale est l’occasion pour de plus en plus d’institutions de défendre cette solidarité et de chercher à lui donner de nouvelles bases, afin de réduire les inégalités qui marquent la société française. Le magazine Alternatives Economiques (partenaire de l’Observatoire des inégalités), vient de lancer une pétition intitulée « Pourquoi nous consentons à l’impôt », qui critique les propositions de réduction de l’impôt sur les successions et rappelle que les dépenses publiques "ne sont pas seulement un coût, elles sont aussi un investissement, gage à la fois de justice et de dynamisme". Dans l’appel rendu public le mois dernier intitulé « Parlons solidarité », un ensemble d’intellectuels interpelle les candidats à l’élection présidentielle. "Aurait-on peur de parler soldiarité ?", questionnent-ils. "L’investissement dans le capital humain, dans la protection sociale, dans des emplois de qualité ne constitue pas une dépense superflue. Il s’agit au contraire d’accroître notre efficacité collective pour sortir la France par le haut.", indiquent les auteurs. Rappelons que l’an dernier avait vu le jour l’Agence Solidarités Actives, sous la houlette de Martin Hirsch, le président d’Emmaüs France (aussi partenaire de l’Observatoire des inégalités). Objectif de l’agence : "mettre en œuvre des actions locales, expérimentales, innovantes, originales de lutte contre la pauvreté, en partenariat avec les pouvoirs publics et les entreprises". Reste à espérer que ce foisonnement d’initiatives débouche rapidement après l’élection présidentielle, quel que soit le candidat (e) choisi(e), sur des mesures concrètes pour réduire les inégalités.
le 6 février 2007
Les inégalités de santé persistent
le 5 février 2007
L’espérance de vie à 35 ans pour un cadre était en 1999 de 46 ans contre 39 ans pour un ouvrier. Les plus démunis n’ont pas accès aux soins aussi facilement que le reste de la population. Tels sont quelques-uns des constats de l’Institut de veille sanitaire (IVS) dans le n° 2-3 du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 23 janvier 2007. En se fondant sur des enquêtes régionales, sur des données européennes et sur des études comme par exemple l’impact de l’état de santé des français sur le travail à temps partiel ou sur la situation des personnes handicapées, l’Institut met en évidence la persistance des inégalités de santé. Une étude sur le recours au dépistage du cancer chez les femmes de la région Nord-Pas-de-Calais montre que celles d’entre elles qui vivent dans un ménage dont le revenu est essentiellement composé du RMI ont été seulement 36% à avoir bénéficié d’un dépistage contre 70,4% pour le reste de la population féminine. En Alsace, une enquête auprès des enfants des grandes sections de maternelle montre que 19,7 % des enfants d’ouvriers, contre 11,2 % des enfants de cadres, présentent un surpoids. Comme le fait remarquer Martin Hirsch, Président d’Emmaüs France, dans l’éditorial de ce BEH, ces inégalités de santé représentent un problème majeur de santé publique.
Le mal-logement mine la société
le 2 février 2007
Le mal-logement ne se résume pas à la situation des sans domicile fixe, loin de là, comme le montre le rapport 2007 de la Fondation Abbé Pierre. On compte environ 100 000 SDF, 40 000 personnes vivant dans des abris de fortune (cabanes, constructions provisoires, etc.), 100 000 en camping ou en mobil-home : une situation indigne de l’un des pays les plus riches au monde. Mais le mal-logement ne se résume pas à ces situations. Selon la fondation, 3,2 millions de personnes "connaissent une problématique forte de mal-logement", autrement dit, vivent dans des conditions d’habitat qui sont sans rapports avec les normes de la société actuelle. Une population qui vit à l’hôtel ou dans des meublés, dans des logements exigus, chez un tiers faute d’autre solution, en structure d’hébergement social, etc. Pour la fondation Abbé Pierre, on compte en outre 6 millions de personnes en situation "de réelle fragilité à court ou moyen terme", et notamment 3,5 millions vivant dans des logements auxquels il manque une pièce par rapport aux normes de peuplement de l’Insee, 750 000 vivant dans des copropriétés dégradées et 720 000 connaissant des impayés de loyer de plus de deux mois.
La fondation dénonce le manque criant de constructions de logements accessibles aux catégories les plus défavorisées, alors que les mises en chantier de bâtiments neufs ont nettement augmenté depuis une vingtaine d’années. La restriction de l’offre de logements sociaux fragilise encore plus ceux qui sont dans une situation déjà difficile et touche maintenant les classes moyennes qui, devant la flambée des prix de l’immobilier, ne disposent plus des revenus nécessaires pour acquérir leur logement.
La nouvelle loi sur la parité s’appliquera aux élections municipales et cantonales de mars 2008
le 2 février 2007
La loi n° 2007-128 du 31 janvier 2007 "tendant à promouvoir l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives" est parue au Journal Officiel n°27 du 1er février 2007. La principale nouveauté, qui s’appliquera lors des élections municipales de mars 2008 pour les communes de plus de 3 500 habitants (voir notre brève du 1er décembre 2006), réside dans l’obligation pour chaque liste qui présentera des candidats d’y inscrire autant d’hommes que de femmes. Au niveau du département, chaque conseiller général devra avoir un remplaçant du sexe opposé.
janvier 2007
Une nouvelle rubrique « pauvreté » sur le site du Cerc
le 29 janvier 2007
Le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) présente sur son site internet une nouvelle rubrique « pauvreté » totalement remise à jour. On peut y trouver des documents généraux sur les définitions de la pauvreté, des statistiques, des études, une présentation des différentes politiques mises en œuvre ainsi que des liens vers d’autres sites producteurs d’informations sur ce sujet. Les textes et chiffres sur la pauvreté sont également proposés par type de population (travailleurs pauvres, familles, genre, minorités, etc.) et concernent aussi bien la France que les autres pays européens, les États-Unis, le Canada ou l’Australie. Une mine d’informations, même si elles ne sont pas toutes récentes, qui permet d’appréhender de manière globale les inégalités liées aux revenus et aux conditions de vie.
Forum Egalité : un site internet lyonnais contre toutes les pratiques de discrimination
le 25 janvier 2007
Des syndicats de salariés, d’étudiants et de professionnels de la justice, des associations de lutte contre les discriminations, contre le racisme se sont associés pour créer dans la région de Lyon Forum Egalité. Leur objectif commun est d’"agir ensemble pour un monde plus égal et plus solidaire, contre les inégalités sociales et contre les divisions communautaires". Leur site internet permet d’accéder aux textes législatifs qui concernent la lutte contre les discriminations et conseille également les démarches à effectuer pour les victimes. Ce regroupement se donne aussi comme cheval de bataille la mise en œuvre de tous les moyens juridiques pour que soient respectés pour tous, et en particulier pour les populations les plus démunies, les droits fondamentaux d’accès au travail, au logement, à l’éducation et aux loisirs.
Décès de l’Abbé Pierre
le 22 janvier 2007
L’Abbé Pierre est décédé le 22 janvier 2007. Il restera pour tous le représentant des plus pauvres, le défenseur de la cause des sans-abri, notamment depuis son appel à l’aide de l’hiver 1954. Il n’a eu de cesse que de se battre en faveur des exclus de la société pour qu’ils aient le droit de vivre dignement, en les aidant à s’insérer dans l’emploi, via le mouvement Emmaüs. Mais aussi, plus globalement en faisant pression sur les gouvernements quels qu’ils soient, pour que des mesures en faveur du logement social soient appliquées. Son dernier combat dans ce domaine date de l’automne dernier, quand il s’est insurgé contre la volonté des parlementaires de réduire la portée de la loi Solidarité renouvellement urbain, qui impose la construction de logements sociaux dans les communes qui en comptent le moins.
Depuis l’hiver 1954, l’Abbé Pierre a contribué à mettre au grand jour les inégalités de conditions de vie entre les riches et les pauvres. C’est dans ce contexte qu’il a soutenu l’action de l’Observatoire des inégalités, par le biais d’Emmaüs France et de la Fondation Abbé Pierre.
Qui sont les travailleurs pauvres en Europe ?
le 19 janvier 2007
On estime à 11 millions le nombre de travailleurs pauvres en Europe selon une publication du mensuel Connaissance de l’emploi n°36 de novembre 2006 du Centre d’études de l’emploi (CEE) . Grâce notamment à la création d’un indicateur spécifique de mesure de la pauvreté des travailleurs, l’Union européenne cherche à dresser un portrait précis de cette catégorie de la population et surtout à suivre les résultats des politiques sociales de chaque pays visant à réduire cette forme de pauvreté. Si celle-ci touche principalement les bas salaires, les situations sont différentes suivant les pays européens. Ainsi “au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, les bas salaires proviennent davantage de l’emploi à temps partiel, très répandu, en particulier chez les femmes,
alors qu’en Espagne et en Grèce, par exemple, c’est surtout la faiblesse des salaires horaires qui est en cause”. Cette étude indique également que les salariés sont moins touchés que les indépendants et que les ménages constitués d’une seule personne qui travaille sont plus souvent pauvres. Voir aussi Les travailleurs pauvres dans l’Union Européenne.
Les hommes vivent plus longtemps en Ile-de-France
le 15 janvier 2007
C’est en Ile-de-France que l’espérance de vie est la plus longue pour les hommes (77,3 ans), d’après les chiffres publiés dans Insee première n°114 de décembre 2006. Au niveau national, elle est de 75,7 ans pour les hommes, 82,9 ans pour les femmes. Des différences existent toutefois entre les départements de cette région, toujours pour les hommes : 78,1 ans à Paris, 78 ans dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine contre 75,8 ans en Seine-et-Marne et 76,1 ans en Seine-Saint-Denis. Ces disparités sont liées à l’activité économique : les catégories les plus avantagées (cadres et professions intellectuelles supérieures), dont l’espérance de vie est plus élevée que celle des ouvriers, se concentrent dans quelques villes ou départements. Quant aux femmes, c’est dans les Pays de la Loire qu’elles vivent le plus longtemps, jusqu’à 83,7 ans. L’espérance de vie est toujours plus longue en métropole que dans les départements d’outre-mer, même si elle a progressé entre 1990 et 2002 en Guyane et à la Réunion.
Pauvreté et précarité dans la Communauté d’agglomération de Metz métropole
le 11 janvier 2007
41% des habitants des Zones urbaines sensibles (Zus) de la Communauté d’agglomération de Metz métropole vivent avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté selon un document de l’Insee Lorraine Economie lorraine n°70 - décembre 2006 . Cette étude dresse un portrait complet de la précarité qui touche plus particulièrement cette partie de la Moselle, et surtout ses quartiers dits sensibles, que le reste du département : les femmes sont plus souvent pauvres que les hommes surtout si elles ont moins de 24 ans et vivent dans les Zus ; les personnes sans revenus du travail sont les plus nombreuses parmi la population touchée par la précarité.
Bruxelles compte 24 % de pauvres
le 8 janvier 2007
La région de Bruxelles-Capitale (qui comprend la ville de Bruxelles et 19 communes environnantes) compte parmi ses un peu plus de un million d’habitants 24 % de personnes vivant sous le seuil de pauvreté selon le baromètre social 2006 de l’Observatoire de la santé et du bien-être en région bruxelloise. Ce chiffre est nettement au dessus de ceux des autres régions belges (entre 11% et 18%). Alors que la capitale européenne s’enrichit, d’après les revenus déclarés par ses habitants, elle n’échappe pas au phénomène de paupérisation et d’exclusion d’une partie de sa population. Le chômage y est très élevé (22,1%), les personnes à faibles revenus ont beaucoup de mal à accéder à un logement social et les jeunes sont les plus touchés par la pauvreté. Comme dans la plupart des grandes villes, les ménages qui le peuvent quittent Bruxelles pour la périphérie où le niveau de vie est moins élevé tandis que les plus pauvres, qui n’ont pas les moyens de partir, restent dans la capitale où leurs conditions de vie sont de plus en plus en médiocres.
Vers un droit au logement opposable Bonne nouvelle en ce début d’année : un projet de loi sur le droit au logement opposable devrait être présenté au conseil des ministres du 17 janvier prochain. Ce droit au logement existe juridiquement depuis la loi Besson de 1990 pour le logement des personnes défavorisées et des milliers de personnes sont malgré tout encore mal logées en France. Les sans abri font l’actualité en ce moment grâce aux actions menées par les Enfants de Don Quichotte, dans la même lignée que celles de Médecins du monde il y a quelques mois. Cette initiative citoyenne vise à alerter sur les conditions de vie plus que précaires des sans logis en partageant des moments de la vie de ces personnes dans la rue et en proposant à chacun d’adhérer à la charte du Canal Saint Martin pour l’accès de tous à un logement (accessible sur leur site). Ce droit au logement opposable qui permettrait aux personnes qui ne trouvent pas d’hébergement digne de ce nom de déposer un recours devant les tribunaux pour justement faire valoir ce droit, est une bonne solution parmi d’autres déjà existantes. Il devrait signifier un engagement plus large de la collectivité à loger les plus démunis, on ne peut donc que s’en réjouir. Tout le problème sera de le faire appliquer concrètement. Si le mal logement persiste, c’est que l’offre n’est pas suffisante. Durant des années, l’Etat et les collectivités se sont renvoyées la balle. L’essentiel est donc d’accroître le nombre le logement sociaux, comme l’a fait partiellement le plan Borloo, mais en produisant des catégories de logements sociaux plutôt destinés aux catégories moyennes qu’aux plus démunis. Il s’agit de passer à la vitesse supérieure, l’un des enjeux pour cela étant de réduire la proportion de logements non occupés par les propriétaires et de les mettre à la disposition des mal logés. On notera tout de même qu’il y a quelques semaines à peine, les députés de la majorité tentaient de réduire encore la portée de la loi de solidarité renouvellement urbain (SRU) qui vise à faire en sorte que chaque commune de plus de 3 500 habitants s’engage à proposer au minimum 20% de logements sociaux. Cette loi a du mal à être appliquée, les collectivités préférant souvent payer les pénalités financières prévues en cas de non respect de leurs obligations (voir l’article). Voir aussi notre rubrique “logement”.
le 5 janvier 2007
Monter dans la hiérarchie sociale est plus facile grâce au travail.
le 2 janvier 2007
Une personne sur cinq âgée de 30 à 54 ans et ayant un emploi a changé de groupe social entre 1998 et 2003 contre une sur huit entre 1980 et 1985 selon une étude de l’Insee parue dans Insee première n° 1112 de décembre 2006. Les changements de profession se traduisent par une montée dans la hierarchie sociale, phénomène plus marqué chez les ouvriers non qualifiés qui passent en plus grand nombre vers des emplois qualifiés ou des postes de cadres de la filière technique. Cette mobilité touche plus les hommes et la tranche des 30-34 ans. A l’inverse, le fort taux de chômage qui a caractérisé cette période est certainement l’une des causes qui a fait augmenter le taux de déclassement qui était, par exemple pour les hommes cadres, de 2% entre 1980 et 1985 contre 9% entre 1998 et 2003.


