Conditions de vie



Qui va partir en vacances ?

6 juillet 2015 - 80 % des cadres supérieurs partent en congés chaque année, contre 50 % des ouvriers. Et encore, entre catégories, on ne part ni aussi souvent, ni aussi longtemps, ni dans les mêmes conditions.


Près des deux tiers des Français déclaraient partir en vacances au milieu des années 1990 (66 %). Le taux de départ en vacances a ensuite diminué petit à petit jusqu’à tomber à 52 % en 2008, en pleine crise économique. Depuis 2011, il repart à la hausse et atteint 60 % selon les données du Crédoc (juin 2014) [1].

Pour partir, il faut d’abord en avoir les moyens. 40 % des personnes aux revenus inférieurs à 1 200 euros mensuels ont quitté leur domicile pour des congés en 2014, contre 86 % de celles qui disposent de plus de 3 000 euros. Un « budget vacances » pour une famille peut représenter plusieurs milliers d’euros : impossible pour la majorité des bas salaires.

Partir dépend aussi du milieu social. 82 % des cadres supérieurs partent en congés contre 47 % des ouvriers. Plus on monte dans l’échelle sociale, plus on a de chances de partir en vacances. Parce que l’on gagne davantage, mais aussi parce que cela fait partie de son mode de vie, par exemple qu’on a eu l’habitude de partir étant jeune.



Des inégalités qui se creusent

Au cours de dernières années, le taux de départ en vacances a eu tendance à augmenter pour toutes les catégories, ce qui peut paraître paradoxal en temps de crise. Mais si l’on remonte davantage dans le temps, on observe que les plus modestes [2] n’ont pas encore rattrapé leur niveau de départ en vacances de la fin des années 1990 (44 % en 1998, contre 40 % aujourd’hui). Tandis que le taux de départ des plus aisés [3] a augmenté sur la période de 3 points, passant de 83 % en 1998 à 86 % en 2014. Quand on observe les données de plus près, on remarque que les taux de départ progressent beaucoup plus fortement chez les retraités, qui ne subissent pas l’impact de la montée du chômage [4].


Les raisons de ceux qui ne partent pas

En 2014, près de la moitié des personnes déclaraient ne pas envisager de partir en vacances dans les prochains mois pour des raisons financières. Il faut dire qu’une semaine de location équivaut souvent au minimum à un demi-Smic. D’autres ne prévoyaient pas de partir pour des raisons de santé (16 %), professionnelles (9 %) ou familiales (8 %). Un peu plus d’une personne sur dix n’est pas partie par choix (13 %).


Ceux partent plusieurs fois dans l’année

Partir est une chose, mais seule un minorité privilégiée peut le faire plusieurs fois par an. C’est le cas pour 22 % de la population (données Crédoc 2009). Les cadres sont 43 % à être dans ce cas, mais les ouvriers quatre fois moins nombreux. Pouvoir prtir en vacances hors de l’été reste le plus souvent un luxe.


Prendre l’avion, un privilège
Prendre l’avion pour ses déplacements personnels ou professionnels est loin d’être une pratique démocratisée. La moitié des voyages sont réalisés par les 2 % des personnes les plus riches. En 2008, les 10 % des habitants les plus riches ont fait en moyenne 1,3 voyage aérien, alors que jusqu’aux 50 % les plus pauvres, le nombre moyen de vols est proche de zéro (moins de 0,2, soit un voyage tous les 5 ans). Pour la grande majorité des personnes, prendre l’avion est impossible financièrement, en dépit du développement des compagnies à bas prix.

Source : La mobilité des Français, panorama issu de l’enquête nationale transports et déplacements 2008, ministère des transports, décembre 2010.

Qu’est-ce que partir en vacances ?

Les données présentées ici considèrent que l’on part en vacances quand on quitte son domicile au moins quatre nuits consécutives pour des raisons non-professionnelles. Du coup on englobe dans le même mot des congés très différents : une semaine à la campagne vaut autant que quatre semaines aux Seychelles.

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Notes

[1« Vacances 2014 : l’éclaircie », enquête « Conditions de vie et Aspirations des Français », Crédoc, janvier 2015.

[2Qui vivent avec moins de 1 200 euros par mois pour une personne seule, et avec moins de 3 000 euros pour un couple avec deux enfants.

[3Qui déclarent des revenus supérieurs à 3 000 euros par mois pour une personne seule.

[4Voir les données du Centre d’observation de la société.

Date de rédaction le 15 juillet 2012

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