La faim dans le monde

11 janvier 2016 - 840 millions de personnes dans le monde sont sous-alimentées. Soit une personne sur neuf qui souffre de la faim et des maladies qu’elle entraîne. Explications.


Cet article est la reprise de notre fiche pédagogique consacrée à la faim dans le monde, extraite de la pochette « Inégalités sociales et discriminations ». Vous pouvez consulter les autres fiches dans la rubrique Comprendre.

Une personne sur neuf souffre de la faim dans le monde

La proportion de personnes sous-alimentées dans le monde a baissé, passant de 19 % dans les années 1990 à 12 % aujourd’hui. Mais dans les pays en développement, une personne sur sept souffre toujours de la faim. En Afrique, leur nombre est passé de 178 millions en 1990 à 226 millions en 2013, soit une augmentation de 152 millions de personnes. Mais la population totale de cette région a beaucoup augmenté en même temps.

Que signifie être sous-alimenté ?
Être sous-alimenté, c’est consommer moins de 1 800 calories par jour pour un adulte. Une calorie, c’est une quantité de nourriture, qui donne de l’énergie. Un enfant a besoin au minimum de 1600 calories par jour pour bien grandir.

Les causes de la faim

On parle souvent de la sécheresse dans les pays pauvres du globe et de ses conséquences. Quand elle se produit, les agriculteurs des pays pauvres ne peuvent pas piocher dans leurs réserves car stocker leurs récoltes nécessite des moyens, notamment des hangars qui protègent des aléas de la météo. Mais il existe bien d’autres raisons. D’abord, les agriculteurs des pays pauvres ne produisent pas assez. Au Mali par exemple, un hectare de céréales produit environ 650 kg de grains. En France, c’est dix tonnes ! Ces paysans n’ont pas les moyens d’acheter des pesticides (pour lutter par exemple contre les insectes ou les champignons) ou de l’engrais, qui permettent de produire davantage et sans trop de perte. Dans les pays pauvres, les animaux n’ont pas été remplacés par des machines pour labourer les champs et transporter les récoltes. Les systèmes d’irrigation sont très peu développés.

Guerres et corruption

Il y a aussi les guerres entre pays et les conflits internes. Elles ravagent tout sur leur passage : les maisons sont incendiées, les gens chassés, les marchés pillés, les puits sont détruits. Dans ces pays pauvres, la corruption est souvent forte. L’aide internationale, c’est-à-dire l’ensemble des aides financières que donnent les pays développés aux pays en développement, est parfois détournée. En Corée du Nord, le pouvoir prélève quasiment la moitié des médicaments et de la nourriture délivrés aux plus démunis.

Les choix des gouvernements

Parfois, les gouvernements de ces pays s’occupent peu des populations rurales. Ils n’investissent pas beaucoup d’argent pour moderniser l’agriculture. Pour la croissance de leur pays, ils misent sur le développement des villes ou bien sur une agriculture qui exporte ses produits à l’étranger, mais qui ne sert pas à nourrir la population locale. Il y a donc de grandes inégalités entre une agriculture moderne qui produit beaucoup avec peu de main d’œuvre et une agriculture familiale qui vivote.

Les riches produisent trop...

Il y a trop de produits à vendre sur le marché mondial. Cela entraine une baisse des prix. Les agriculteurs des pays riches qui ont les moyens de produire beaucoup et de vendre leurs produits moins chers, les exportent à l’étranger. Ces produits deviennent ainsi moins chers que ceux qui sont cultivés sur place. Les agriculteurs locaux n’ont pas les moyens de produire beaucoup et de vendre moins cher en se rattrapant sur la quantité. A Dakar, au Sénégal, à la Sandaga, le plus grand marché de biens de consommation courants d’Afrique de l’Ouest, les légumes et les fruits européens sont vendus au tiers ou à la moitié du prix des produits équivalents du pays.

...et exploitent les terres

L’arrivée de beaucoup de produits peu chers de l’étranger permet aux pays en développement de nourrir des villes de plus en plus peuplées par les paysans notamment qui abandonnent leurs terres. Les grandes sociétés agricoles des pays riches récupèrent ces terres et les exploitent à l’aide de leurs techniques très performantes. Ils profitent aussi de la main d’œuvre, pas chère, restée sur place. Beaucoup de ces fruits et légumes vont aux marchés européens : ils y sont vendus plus chers que dans les pays pauvres, où ils sont pourtant cultivés à bas coût.

Les chiffres de la faim
Pays développés (Amérique du nord, Europe, Océanie) : 16 millions
Amérique latine et Caraïbes : 47 millions
Afrique subsaharienne : 223 millions
Asie : 552 millions
(Source : FAO, 2013, personnes sous-alimentées)

L’accès à l’eau potable

Dans les villes des pays en développement et de plus en plus peuplées, l’accès à l’eau potable est compliqué : construire de nouveaux réseaux d’eau est très coûteux. Ceux qui existent sont vétustes : les tuyaux sont percés et parfois 50 % de l’eau se perd dans le sol avant d’arriver au robinet ! Dans les campagnes, les techniques d’arrosage des champs ne sont pas bonnes. L’agriculture « boit » presque toute l’eau disponible : 88 % en Afrique, contre 33 % en Europe. Pour vivre correctement (boisson, cuisine, toilettes), un homme a besoin de 75 litres d’eau par jour.

Illustrations de Damien Roudeau et Guillaume Reynard.

Date de rédaction le 11 janvier 2016

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