Une femme = un homme ?

10 mars 2016 - Dans la loi, les hommes et les femmes sont égaux. Un tour d’horizon de la situation à l’école, au travail, en politique et à la maison en 2016.




Cet article est la reprise de notre fiche pédagogique consacrée aux inégalités entre hommes et femmes, extraite de la pochette « Inégalités sociales et discriminations ». Vous pouvez consulter les autres fiches sur notre site www.jeunes.inegalites.fr.

A l’école, les filles têtes de classe ?

En fin de primaire, les filles obtiennent en général de meilleures notes que les garçons. Ensuite, elles ont plus souvent le bac et sont plus nombreuses à l’université. Mais les garçons sont meilleurs en maths dès le collège. Ils sont plus nombreux dans les filières scientifiques au lycée, ils décrochent davantage le bac S et après, les garçons sont plus présents dans les écoles qui mènent aux emplois les plus valorisés et les mieux rémunérés. L’école, soutenue par les représentations des rôles de la femme et de l’homme qui peuplent notre quotidien, encourage peu les garçons à s’orienter vers les écoles d’infirmiers et les filles vers les écoles d’ingénieurs.

Au travail, les femmes restent moins bien payées

A la fin des années 1960, le salaire des femmes employées à temps complet représentait les deux tiers de celui des hommes. L’écart s’est beaucoup réduit dans les années 1970 et 1980. Après avoir stagné à 80 %jusqu’au milieu des années 2000, le rattrapage progresse à nouveau, mais très lentement, pour atteindre 82,4 % en 2010. En 2012, tous temps de travail confondus, les salaires des femmes valent en moyenne 74,3 % des salaires des hommes, selon l’Insee. Les femmes touchent donc 25,7 % de moins que les hommes selon le ministère du Travail. L’écart se réduit à 16,3 % quand on ne prend que les temps complets. Cette différence s’explique notamment parce que les femmes sont plus nombreuses à travailler à temps partiel et dans des secteurs moins bien rémunérés.

Pas nombreuses dans les instances de direction

Une entreprise de moins de dix salariés sur cinq est dirigée par une femme. Pour les grandes entreprises, c’est moins d’une sur dix [1] ! Les comités de direction des entreprises du CAC 40 rassemblent très peu de femmes : par exemple, en 2009 la direction de L’Oréal n’en comptait que deux pour onze hommes et celle de Carrefour se composait de dix hommes sans aucune femme. Dans le secteur public, c’est pareil : il n’y a par exemple que 22 préfètes sur 196 préfets (données 2013 du ministère de la Fonction Publique) et 41 ambassadrices sur 179 ambassadeurs en poste (données 2016 du ministère des Affaires Etrangères). En 2014, à peine deux ingénieures sur dix sont des femmes.

Aller vers l’égalité en politique

En politique, un député sur quatre est une femme, la proportion est la même au Sénat. Pour les maires, c’est une sur six. Et elles ne dirigent que six des 41 villes de plus de 100 000 habitants. En 2012, le président de la République et le Premier ministre ont constitué un gouvernement complètement « paritaire », une première en France. Mais en Europe, seules deux femmes sont à la tête d’ un gouvernement : la chancelière allemande Angela Merkel et Beata Szydło, la présidente du conseil polonais.

A la maison

Les femmes consacrent en moyenne quatre heures par jour aux tâches ménagères. Les hommes : deux heures trente (Insee données 2009). Ces derniers font le plus souvent ce qui est visible : la cuisine pour les invités, le jardinage, le bricolage. Et les femmes prennent en charge ce qui ne se voit pas et qu’elles doivent refaire régulièrement : les repas de tous les jours, la vaisselle, s’occuper des enfants, les lessives.
Pourtant quand un couple se sépare, les pères sont bien obligés de tout faire, et ils s’en sortent ! Les choses évoluent, mais pas bien vite : en dix ans, les hommes ont augmenté d’une minute seulement leur temps consacré au ménage !

Inégaux ou différents ?

D’où viennent ces écarts ? A la naissance, une fille n’est pas davantage capable qu’un garçon de passer la serpillère, et un garçon n’est pas plus doué pour piloter un avion qu’une fille. Il existe des différences, physiques notamment : hommes et femmes n’ont pas la même musculature par exemple. Mais aujourd’hui, les métiers où la force physique compte sont de moins en moins nombreux. La différence physique devrait donc avoir moins d’impact sur la répartition des emplois. Et bizarrement, à la maison, ce sont les femmes - censées être moins fortes - qui font les tâches les plus fatigantes.

Tout petit déjà…

Les filles et les garçons ne sont pas élevés de la même façon. La société apprend aux filles à devenir des filles et aux garçons à devenir des garçons. Dans les livres pour enfants, ceux qui commandent sont presque toujours des garçons [2]. Les filles qui aiment les jeux de garçons et les garçons qui aiment les jeux de filles ne sont souvent pas bien vus. Dans le monde du travail, on retrouve surtout des femmes dans la communication, l’enseignement, le social : là où on s’occupe des autres. Comme on trouve normal qu’elles s’occupent des enfants.

En réalité, les femmes ne réussissent pas moins bien que les hommes dans certaines carrières, et les hommes ne réussissent pas plus que les femmes dans d’autres. Le problème, c’est plutôt que les femmes et les hommes n’accèdent pas aux mêmes carrières. Par exemple, en France, c’est seulement à partir de 1974 que les femmes sont autorisées à tenter l’entrée de l’Ecole nationale de l’aviation civile. La première pilote militaire date de 1985. Aujourd’hui, elles ne représentent que 7 % des pilotes de ligne professionnels.

Il y a encore du chemin à faire…

Merci la loi !

Les inégalités entre les femmes et les hommes persistent. Mais l’égalité des droits des femmes et des hommes est aujourd’hui inscrite dans la loi. Ça n’a pas toujours été le cas.

1804 : dans le Code Civil, il est écrit que « la femme doit obéissance à son mari »
1808 : création du baccalauréat réservé aux garçons
1861 : accès au baccalauréat pour les filles
1907 : les femmes ont le droit de percevoir leur salaire
1924 : programmes des baccalauréats identiques pour les garçons et les filles
1944 : les femmes obtiennent le droit de voter en France
1965 : les femmes ont le droit d’ouvrir un compte en banque sans l’accord de leur mari et peuvent travailler sans l’autorisation de leur père ou de leur mari
1982 : loi sur l’égalité des salaires entre hommes et femmes
1999 : amendement de la Constitution de la Vème République : la loi « favorise l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives »
2000 : loi sur la parité, qui oblige les partis politiques à inscrire autant de femmes que d’hommes sur les listes de candidats aux élections municipales, régionales, sénatoriales et européennes.
2008 : loi qui favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux responsabilités sociales et professionnelles
2011 : loi qui prévoit l’instauration de quotas de femmes dans les instances dirigeantes et conseils d’administration des grandes entreprises.

Cette fiche a été initialement rédigée en 2012 et actualisée le 10 mars 2016.
Illustrations de Damien Roudeau et Guillaume Reynard.

Notes

[1Insee, données 2009

Date de rédaction le 10 mars 2016

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