Grandes villes, le cœur des inégalités

16 mai 2017 - Les zones rurales isolées affichent le niveau de vie le plus faible. Mais c’est dans les villes-centres que les inégalités de revenus sont les plus fortes. La grande richesse de quelques quartiers favorisés y côtoie l’extrême pauvreté.


Les zones rurales isolées sont celles où le niveau de vie médian est le moins élevé : 1 495 euros par mois, selon les données 2012 de l’Insee [1]. Les territoires les plus aisés sont les banlieues des grands pôles urbains (1 718 euros) et leurs couronnes (1 748 euros). Avec 1 561 euros, les villes-centres occupent une position intermédiaire. Les couronnes périphériques des grandes villes sont le plus souvent occupées par des ménages des couches moyennes qui disposent d’un niveau de vie leur permettant d’accéder à la propriété individuelle. Le milieu rural isolé est, lui, en partie composé de ménages d’agriculteurs âgés avec de faibles retraites du fait notamment de l’inactivité (officielle) des femmes.

Ces données doivent être relativisées en tenant compte de la taille de la population concernée. Les territoires ruraux isolés abritent moins de 5 % de la population, alors que cette dernière habite désormais à 57,8 % dans les grands pôles urbains et à 19,6 % dans leur couronne. Les seules banlieues regroupent huit fois plus d’habitants que les zones rurales isolées. Leur niveau de vie médian est celui d’un ensemble qui regroupe des banlieues très favorisées et des banlieues très pauvres, situées bien en dessous du niveau de vie observé en milieu rural.

Niveau de vie médian selon le type de territoire
Répartition de la population par type de territoire
en %
Niveau de vie médian mensuel
en euros
Grands pôles urbains 57,81 657
- dont villes-centres23,01 561
- dont banlieues34,81 718
Périurbain25,0n.c.*
- dont couronne des grands pôles urbains19,61 748
- dont communes multipolarisées5,31 615
Petits et moyens pôles6,4n.c.
- dont moyens pôles3,61 537
- dont petits pôles2,81 519
Rural non isolé6,3n.c.
- dont couronne des moyens pôles0,61 613
- dont couronne des petits pôles0,31 584
- dont autres communes multipolarisées5,41 551
Rural isolé4,51 495
Ensemble1001 649
* non communiqué. Lecture : dans les villes-centres, la moitié de la population a un niveau de vie inférieur à 1561 euros par mois. L'autre moitié a un niveau de vie supérieur.
Source : Insee - Données 2012 - © Observatoire des inégalités
De la ville-centre au rural isolé
Le découpage géographique de l’Insee comprend plusieurs types de territoires. Nous en présentons une version simplifiée. Tout d’abord les grands pôles sont des ensembles urbains qui comprennent au moins 10 000 emplois. Ils se décomposent en villes-centres et en banlieues. L’habitat périurbain est composé des communes dont 40 % des actifs travaillent dans les grands pôles. Les petits et moyens pôles sont des aires urbaines qui comprennent entre 1 500 et 10 000 emplois. Nous avons qualifié de "rural non isolé" les communes proches de ces petits ou moyens pôles, à 90 % ruraux. Enfin, le "rural isolé" est composé des communes rurales non reliées aux pôles.

Les grandes villes : des pauvres plus pauvres, des riches plus riches

Les niveaux de vie des 10 % les plus pauvres sont au plus bas dans les villes-centres : ils touchent au mieux 768 euros mensuels (après impôts et prestations sociales). Vient ensuite le milieu rural isolé avec 833 euros. Dans les petites villes et le rural non isolé, ce niveau se situe entre 850 et 973 euros. C’est dans l’habitat périurbain (les couronnes des grands pôles) que le niveau maximum de ces 10 % les plus pauvres est le plus élevé (1 025 euros mensuels).

Quant aux 10 % les plus riches, ils perçoivent un minimum situé entre 2 600 et 2 748 euros par mois dans les zones rurales et les petits et moyens pôles respectivement. Dans les zones périurbaines, le seuil d’entrée dans la tranche des 10 % des plus riches est de 3 007 euros. Il est de 300 euros supplémentaires dans les grands pôles.

Les grands pôles urbains, et tout particulièrement les villes-centres, réunissent les situations les plus contrastées. Ils sont à la fois le lieu des revenus les plus élevés et celui de la plus grande pauvreté. C’est dans les grands pôles que se trouvent l’essentiel des logements sociaux. Le périurbain se distingue par des revenus médians plus élevés et par une plus grande homogénéité sociale. Quant au rural isolé, il abrite une population pour partie très défavorisée. Le poids désormais très faible dans la population totale de ces populations rurales très modestes accentue encore leur sentiment d’isolement.

Niveau de vie des 10 % les plus pauvres et des 10 % les plus aisés
selon le type de territoire
Unité : euros
Niveau de vie maximum des 10 % les plus pauvres
Niveau de vie minimum des 10 % les plus riches
Grands pôles urbains 8303 296
- dont villes-centres7683 300
- dont banlieues8823 293
Périurbain
- dont couronne des grands pôles urbains1 0253 007
- dont communes multipolarisées9362 748
Petits et moyens pôles
- dont moyens pôles8532 748
- dont petits pôles8592 669
Rural non isolé
- dont couronne des moyens pôles9732 671
- dont couronne des petits pôles9272 655
- dont autres communes multipolarisées9092600
Rural isolé8332 660
Ensemble8753 103
Lecture : dans les grands pôles urbains, les 10 % de la population les plus pauvres ont un niveau de vie de moins de 830 euros par mois.
Source : Insee - Données 2012 - © Observatoire des inégalités

Photo / © MurielleB - Fotolia.com

Notes

Date de rédaction le 11 décembre 2014

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