L’évolution du taux de chômage selon l’âge

5 juin 2014 - Entre 1975 et 2012, le taux de chômage a été multiplié par cinq pour les 20-24 ans et par presque autant pour les 25-49 ans. Depuis 2008, la crise a particulièrement touché les plus jeunes. Le taux de chômage des moins de 25 ans atteint désormais un niveau record en France. Mais les plus âgés ne sont pas épargnés non plus.


État des lieux et évolution depuis 1975

L’évolution du taux de chômage pour tous les actifs entre 20 et 54 ans est significative de la dégradation de l’emploi depuis les années 1970. En 2012, plus d’un jeune actif sur cinq (22 %) de 20 à 24 ans est sans emploi. C’est cinq fois plus qu’en 1975 (4,4 %). Une part importante de la hausse du taux de chômage des jeunes a eu lieu entre 1975 et 1985, passant de 4,4 % à 15,5 %.

Les actifs de 25 à 49 ans sont beaucoup moins touchés que les 20-24 ans : en 2012, leur taux de chômage est 2,5 fois moins élevé (8,6 %) que les 20-24 ans, même s’il a aussi progressé (il était de 1,8 % en 1975).

Le taux de chômage des 50-54 ans reste le plus faible même s’il est passé de 1,8 % en 1975 à 6,9 % en 2012, soit près de quatre fois plus de chômeurs de cet âge sur la période. Pour cette tranche d’âge, le chômage a des conséquences désastreuses en termes de niveaux de vie  , car passé un certain âge, il devient plus complexe de retrouver un emploi. Il s’agit souvent d’un processus dont il est plus difficile de se défaire : la durée du chômage des plus de 50 ans est très supérieure à celle des plus jeunes (lire La durée de chômage selon le sexe et l’âge). Passé un certain âge, il devient plus complexe de retrouver un emploi.

Le chômage des jeunes atteint des records depuis 2008

Depuis 2008, année de début de la crise financière, les données moyennes trimestrielles publiées par l’Insee montrent une nette augmentation du taux de chômage pour les trois tranches d’âge, mais tout particulièrement pour les plus jeunes. Celui-ci a augmenté de quatre points en quatre ans pour les 20-24 ans, contre trois points pour les 25-49 ans et deux points pour les 50-54 ans. Mais d’une certaine façon, pour les jeunes, c’est comme si le mal était déjà fait : le chômage est massif, mais ce n’est pas nouveau. La majorité des jeunes peu qualifiés savent qu’ils passeront par le chômage et la précarité avant de pouvoir s’intégrer dans la vie professionnelle. Pour eux, le niveau actuel du chômage a des répercussions qui vont au-delà des niveaux de vie : difficultés à se stabiliser, à trouver un logement, à partir en vacances, à s’établir en couple, etc.


Photo / Pôle emploi Pantin

Date de rédaction le 13 décembre 2012

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