176 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans sont contraints de travailler dans le monde. Même si ce chiffre est important, le travail des enfants est de moins en moins répandu…
En 2008, 176 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans, soit 14,5 % de la population de cette classe d’âge, étaient « occupés économiquement » selon l’Organisation internationale du travail, c’est-à-dire qu’ ils ont travaillé au moins une heure au cours de la période d’observation (voir encadré ci-dessous pour les définitions). Parmi eux, 86 % - soit 152 millions - exercent une activité de manière illégale, notamment parce qu’ils n’ont pas l’âge légal pour travailler. C’est ce cas précis qui est appelé « travail des enfants », qui comprend donc tous ceux qui ont une activité économique et dont l’âge est inférieur à l’âge légal, différent selon les pays. Parmi eux, 35 %, soit 52 millions d’enfants, ont un travail jugé dangereux pour leur santé, en raison du type de travail (dans des mines ou avec du matériel dangereux) ou des conditions de travail pénibles (horaires trop longs, travail de nuit, etc.).
Entre 2004 et 2008, le nombre d’enfants occupés économiquement a diminué de 20 millions et la proportion est passée de 16 à 14,5 %. Le nombre et la part des enfants qui travaillent de manière illégale et qui occupent un emploi dangereux ont également diminué. Comme dans de nombreux domaines en matière de développement, il faut considérer avec précaution ces évolutions. Les données sont en effet très fragiles dans les pays pauvres, d’autant plus quand il s’agit de mesurer un phénomène illégal. L’ Afrique subsaharienne, région où la proportion d’enfants occupés économiquement est la plus élevée (28 % de la population de cette classe d’âge) reste à l’écart du processus d’amélioration : en 2008, on comptabilisait 58 millions d’enfants occupés économiquement contre 49 millions en 2004 (26 % de la population), soit 9 millions d’enfants supplémentaires au travail.
La plupart des enfants occupés économiquement vivent en Asie – Pacifique : 96 millions sont concernés dans cette région du monde, soit 14,8 % de la population des enfants de 5 à 14 ans. Parmi eux, 81 millions travaillent illégalement et 16 millions dans des conditions dangereuses.
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Les garçons sont plus nombreux que les filles à être occupés économiquement : ils sont 99 millions à être concernés contre 77 millions pour les filles. De même, 86 millions de garçons travaillent illégalement dans le monde (87 % des garçons occupés économiquement), contre 66 millions de filles (86 % des filles occupées économiquement). Ils sont enfin plus nombreux à travailler dans des conditions dangereuses (32 millions de garçons contre 20 millions de filles).
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Si l’on considère la tranche d’âge des 5 à 17 ans, 68 % des enfants qui travaillent de manière illégale sont employés par leur famille et ne sont pas rémunérés. Seuls 21 % occupent des emplois salariés et 5 % sont considérés comme des travailleurs indépendants. Une grande majorité d’entre eux sont employés pour des travaux liés à l’agriculture (60 %), un quart dans les services et 7 % dans l’industrie. Ces données ne distinguent malheureusement ni le type précis d’activité, ni l’âge des enfants : travailler à 5 ou à 17 ans (comme c’est d’ailleurs possible en France) n’a nullement la même signification. Aider de temps à autre ses parents à s’occuper du bétail ou laver les vitres des voitures dans les rues des villes du tiers-monde n’est pas comparable. Sans relativiser l’importance du travail des enfants, la plus grande prudence s’impose donc quand on raisonne au niveau planétaire.


Source : Bureau international du travail
| Définitions Les enfants « occupés économiquement » sont ceux qui ont effectué au moins une heure de travail au cours de la semaine d’observation. Le « travail des enfants » est une sous-catégorie de l’occupation économique. Elle inclut l’ensemble des enfants dont l’activité économique est illégale, notamment au regard de leur âge. Les enfants qui occupent un travail dangereux sont ceux dont le travail est susceptible d’avoir des conséquences sur leur santé. Le travail de nuit, la présence de produits chimiques, etc., sont autant de cas de travaux jugés dangereux. |
Yacouba Diallo, Frank Hagemann, Alex Etienne, Yonca Gurbuzer et Farhad Mehran, Évolution du travail des enfants au niveau mondial : Évaluation des tendances entre 2004 et 2008, Organisation internationale du Travail, Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC) – Genève, BIT, 2011, disponible ici.
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