Niveaux de vie : les catégories populaires décrochent

15 janvier 2016 - Toutes les catégories sociales ont vu leur niveau de vie augmenter entre 2000 et 2012. Un gain d’environ 2 000 euros pour les ouvriers, de 3 000 euros pour les cadres, de 1 000 euros pour les employés. Cependant, depuis 2008 les écarts se rouvrent.


Toutes les catégories sociales gagnent davantage en 2012 qu’en 2000. Les gains sur cette période vont de 1 150 euros pour les employés, de 1 450 euros pour les professions intermédiaires, à 1 830 euros pour les ouvriers et 2 700 euros pour les cadres supérieurs, selon les données de l’Insee, pour une personne seule, après impôts et prestations sociales. Les inégalités s’accroissent : les cadres ont chaque année l’équivalent d’un mois de travail d’un Smicard à dépenser en plus que les autres. Mais les moins favorisés voient tout de même leurs ressources augmenter. Cette période (2000-2012) est marquée par deux phases. Au début de la décennie 2000, l’élévation des bas niveaux de vie   est en grande partie due à l’augmentation du Smic liée au passage aux 35 heures. La période qui s’est ouverte depuis 2008 est très différente.


Niveau de vie annuel moyen des individus
Selon la catégorie sociale
Unité : euros 2012
2000
2012
Evolution 2000-2012 (en %)
Gain entre 2000 et 2012 (en euros)
Cadres sup.35 31037 9927,62 682
Prof. interm.24 23025 6786,01 448
Employés19 27020 4165,91 146
Ouvriers16 82018 64910,91 829
Ensemble20 89023 29011,52 400
Personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage ordinaire dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Source : Insee - © Observatoire des inégalités

Depuis 2008 : les effets de la crise

La très forte progression du chômage pèse davantage sur les revenus des catégories modestes. Les employés et les ouvriers ont connu une forte baisse de leur niveau de vie   depuis 2008, de l’ordre de 500 euros annuels. Les cadres supérieurs ont, à l’inverse, gagné 300 euros en dépit de la mauvaise situation économique. La très forte dégradation de l’emploi peu qualifié a creusé les écarts des revenus entre catégories sociales (lire notre article L’impact de la crise sur les niveaux de vie des catégories sociales).
La hausse des écarts de niveau de vie était jusqu’à la fin des années 2000 liée à une progression des hauts revenus et une stagnation ou une faible hausse des bas revenus. Désormais, elle se fait aussi par le biais d’un décrochage des niveaux de vie de la France populaire.

Les données pour les années postérieures peuvent venir atténuer ce phénomène, au moins en 2013 et 2014, qui ont été marquées par une hausse du niveau d’imposition des plus aisés. L’augmentation des minima sociaux (minimum vieillesse et allocation adulte handicapé jusqu’en 2012, RSA ensuite) a amorti le choc de la crise pour les bas revenus. Depuis 2014, la poursuite de la hausse du chômage et l’inversion de politique fiscale va très probablement conduire à une réouverture des inégalités, qui ne sera réellement mesurable par les statistiques de l’Insee qu’en septembre 2017 (revenus 2015).


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Personnes vivant en France métropolitaine dans un ménage ordinaire dont la personne de référence n'est pas étudiante.

Photo / © manipulateur - Fotolia.com

Date de rédaction le 29 novembre 2013

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