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Les sports d’hiver, une pratique de privilégiés

3 février 2017 - 40 % des cadres partent en vacances l’hiver au moins une fois tous les deux ans, contre 9 % des ouvriers. Seuls 8 % des Français partent au ski au moins un an sur deux.


Les deux tiers des Français ne partent jamais en vacances l’hiver (de début décembre à fin mars) selon le Crédoc [1]. Moins d’un Français sur cinq (17 %) part au moins une fois tous les deux ans, un sur dix tous les ans. Partir skier est encore plus rare. 8 % des Français partent au ski au moins une fois tous les deux ans (voir encadré).

Seuls certains groupes - les cadres (40 %), les hauts revenus [2] (31 %) ou les diplômés du supérieur (33 %) - plient bagages au moins un an sur deux à cette période de l’année. Et parmi ceux qui partent, moins de la moitié vont à la montagne.

Pour partir l’hiver, il faut tout d’abord disposer de congés. La majorité des salariés qui en ont utilisent leurs cinq semaines l’été et à Noël. Il faut aussi en avoir les moyens : les prix des stations de ski sont prohibitifs pour la plupart des ménages. Certains salariés des grandes entreprises disposent toutefois du soutien d’un comité d’entreprise et d’autres utilisent leurs réseaux familiaux ou d’amis [3].

Enfin, voyager en hiver s’inscrit aussi dans le cadre d’une pratique de loisirs propre à certaines catégories sociales. On part d’autant plus en hiver qu’on a l’habitude d’aller au cinéma, de rencontrer fréquemment des amis ou que l’on pratique régulièrement un sport. Réservés à des populations aisées et friandes d’activités en tous genres, ces séjours constituent, encore plus que les départs d’été, un très fort signe de distinction sociale.

Les sports d’hiver occupent-ils une place aussi grande dans les médias parce que le tourisme est un enjeu économique important et que le ski fait partie des pratiques de l’univers des journalistes ? Il suffit qu’une fraction très réduite de la population se déplace pour alimenter les médias en reportages sur les embouteillages télévisions et radios, en complet décalage avec les pratiques de l’immense majorité de la population. La fréquentation des stations se maintient pour une raison simple : les catégories qui profitent de la neige ne sont pas concernées par la montée du chômage et la baisse des niveaux de vie.



Qui part au ski ?
Les vacances d’hiver regroupent toutes sortes de congés, du Noël en famille dans la Creuse à la semaine de ski à Val d’Isère en février. Un peu moins de la moitié des partants vont skier au moins une année sur deux, soit environ 8 % de la population. Il faut dire qu’une semaine aux sports d’hiver pour une famille équivaut au minimum à trois mois de Smic.

- A lire sur notre site :

Les inégalités face aux vacances

Photo / © Patrick Poendl - Fotolia.com

Notes

[1"Un désir de renouveau des vacances d’hiver", enquête "Conditions de vie et Aspirations des Français, Crédoc, juillet 2010.

[2Supérieurs à 3 100 euros mensuels par foyer.

Date de rédaction le 17 février 2015

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