La France compte 25,8 millions d’emplois, dont 3 millions d’indépendants (11.6 %) et 22,8 millions de salariés (88,4 %). 12,3 % des emplois sont précaires, mais les peu qualifiés et les jeunes sont bien plus souvent concernés.
En France, 25,8 millions de personnes ont un emploi. Parmi elles, 11,6 % sont des indépendants : ils ne perçoivent pas de salaire, mais vendent leur production, des biens ou des services. A l’intérieur de cet ensemble dont on parle relativement peu souvent, les inégalités sont extrêmes, aussi bien en terme de précarité que de niveaux de vie. Quoi de commun entre l’artisan maçon soumis aux aléas du bâtiment et le chirurgien de renom dont la clientèle est assurée ? (voir notre article Les inégalités de revenus des travailleurs indépendants). A l’évidence, il faudrait intégrer une partie des indépendants les moins qualifiés au sein des emplois précaires.
Les écarts sont importants parmi les 22,8 millions de salariés. 76 % d’entre eux sont employés à durée indéterminée dans le secteur privé ou public, soit les trois quarts de l’ensemble des actifs occupés. Un peu moins d’un salarié sur cinq (et 17% du total des emplois) est employé de la fonction publique et dispose d’un statut particulièrement protecteur. Parmi les salariés du privé en CDI, les inégalités face à la sécurité de l’emploi sont importantes suivant le niveau hiérarchique dans l’entreprise, le niveau de qualification, mais aussi la taille de la société et le secteur d’activité.
Les salariés les plus soumis aux aléas économiques sont les près de 3,2 millions d’employés en statut précaire (12,3 % de l’ensemble et 14 % des salariés). Il s’agit pour une très grande part de contrats à durée déterminée, qui représentent 7,4 % de l’ensemble des emplois. Un peu plus des deux tiers travaillent dans le secteur privé. Les intérimaires, les stagiaires et les contrats aidés forment respectivement 2,1 % et 1,4 % de l’ensemble des emplois. Les apprentis (1,4 % de l’ensemble) ont une situation particulière : leur contrat est précaire mais ils reçoivent une formation.
Nos données sous-estiment l’ampleur de la précarité. Elles n’intègrent pas les emplois précaires des non-salariés et masquent le fait que le CDI ne protège plus du licenciement, notamment pour les salariés les moins qualifiés. Les moyennes tous âges confondus masquent l’impact de la précarité pour les jeunes.
Les deux seules catégories épargnées sont celles qui disposent d’un statut protecteur et celles qui détiennent un diplôme leur permettant de retrouver un emploi en cas de licenciement. Le marché du travail se fissure en deux univers opposés : des instables qui passent de CCD en intérim et des salariés qui occupent des emplois stables (fonctionnaires, salariés qualifiés).
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L’évolution de la précarité de l’emploi
Le taux de précarité (CDD, intérim et emploi précaire rapporté à l’ensemble des emplois) a essentiellement augmenté entre 1982 et 1990 avec un taux qui est passé de 5,3 à 7,6 %, puis de 1993 à 2000 (de 8 à 11,8 %). Après avoir baissé d’un point jusqu’en 2002 pour atteindre 10,8 %, il est, en 2011, à son taux le plus élevé, soit 12, 3 %. Il faut noter qu’en période de crise conjoncturelle, l’emploi précaire diminue dans un premier temps : les intérimaires et les contrats à durée déterminée ne sont pas renouvelés et se retrouvent au chômage... Ce n’est que quand l’emploi se fait rare de façon structurelle que la précarité se développe.
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