3,2 millions de salariés précaires en France

6 novembre 2015 - La France compte 25,8 millions d’emplois, occupés par 22,8 millions de salariés et 3 millions d’indépendants. 12,3 % des salariés, soit 3,2 millions de personnes, ont un emploi précaire, le plus souvent les peu qualifiés et les jeunes.


Les trois quarts des emplois sont des postes de salariés du privé en contrat à durée indéterminée (59 %) ou des fonctionnaires (17 %) selon les données 2014 de l’Insee. 12,3 % des emplois sont précaires, ce qui représente 3,2 millions de personnes, principalement des contrats à durée déterminée (7 % du total des emplois) et des intérimaires (2,1%).

Ces données sont discutables. Les apprentis et une partie des contrats aidés reçoivent une formation, il est possible de les compter à part, même si leur contrat de travail est bien précaire. En revanche, elles n’intègrent pas les précaires non salariés, dont on sait pourtant qu’un certain nombre vivotent au gré des contrats. Elles masquent aussi le fait que, malgré leur CDI, une partie des salariés les moins qualifiés, notamment dans les PME, sont très peu protégés des fluctuations économiques. Enfin, ces données moyennes cachent l’impact de la précarité pour les jeunes (voir notre article La précarité de l’emploi selon l’âge).

Dans une période de chômage de masse, le statut de la fonction publique et le diplôme constituent une protection essentielle, qui permet de se projeter dans l’avenir [1]. La précarisation ne frappe pas l’ensemble du marché du travail. Celui-ci se fissure en deux univers opposés : des instables qui passent de CDD en intérim (surtout des jeunes peu qualifiés) et des salariés qui occupent des emplois stables (fonctionnaires, salariés qualifiés).

Et les trois millions d’indépendants ?
11,5 % des emplois - trois millions au total - sont occupés par des indépendants : ils ne perçoivent pas de salaire, mais vendent leur production, des biens ou des services. A l’intérieur de cet ensemble - dont on parle peu -, les inégalités sont extrêmes, aussi bien en matière de précarité que de niveau de vie  . Quoi de commun entre l’artisan maçon soumis aux aléas du bâtiment et le chirurgien de renom dont la clientèle est assurée (voir notre article Les inégalités de revenus des travailleurs indépendants) ? A l’évidence, il faudrait intégrer une partie des indépendants les moins qualifiés au sein des emplois précaires.
Répartition de l'emploi selon le statut
Nombre
en milliers
Répartition
en %
Ensemble25 802100
Non salariés2 96811,5
Salariés22 83288,5
* Dont salariés en contrat à durée indéterminée19 65076,2
- du privé15 29659,3
- du public4 35416,9
Salariés précaires3 18212,3
* Dont intérimaires5302,1
* Dont apprentis3631,4
* Dont CDD du privé1 2574,9
* Dont CDD du public5872,3
* Dont stagiaires et contrats aidés du privé2390,9
* Dont stagiaires et contrats aidés du public2060,8
Population active occupée de 15 ans et plus. Lecture : parmi l'ensemble des actifs occupés, 12,3 % ont un statut précaire. France métropolitaine.
Source : Insee - Données 2014 - © Observatoire des inégalités

L’évolution de la précarité de l’emploi

Le taux de précarité (CDD, intérim et apprentissage rapporté à l’emploi total des 15 ans et plus) a essentiellement augmenté entre 1982 et 1990, avec un taux qui est passé de 5,3 à 7,7 %, puis de 1993 à 2000 (de 8 à 11,9 %). Après avoir baissé d’un point jusqu’en 2003 pour atteindre 10,9 %, il est en 2013 de 12 %. Il faut noter qu’en période de crise conjoncturelle, l’emploi précaire diminue dans un premier temps (11,4 % en 2009) : les intérimaires et les contrats à durée déterminée ne sont pas renouvelés et se retrouvent au chômage. C’est dans les premiers temps des périodes de reprises, ou quand l’emploi se fait rare de façon structurelle, que la précarité se développe : le taux s’élève à 12 % depuis 2011.


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Salariés en CDD, intérimaires et apprentis. France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans et plus. Données de 1982 à 2013, corrigées pour les ruptures de série.

Pour en savoir plus :

Photo / © jolly - Fotolia.com

Notes

[1Ce constat n’implique en rien que précariser ces statuts stables procure un quelconque bénéficie aux instables.

Date de rédaction le 27 novembre 2012

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