19 % des ménages les plus modestes ne sont pas couverts par une complémentaire santé contre 4 % des plus aisés.
Le système de soins français est parmi les meilleurs au monde. Mais il demeure loin d’être totalement accessible à tous dans les mêmes conditions. 19 % des ménages les plus modestes ne sont pas couverts par une complémentaire santé contre 4 % des plus aisés. Pour bon nombre de prestations, les sommes qui demeurent à la charge des malades sont importantes. Dans ce contexte, l’accès à une couverture maladie complémentaire (appelée plus couramment « mutuelle ») constitue un élément essentiel pour pouvoir bénéficier de soins de qualité en temps et en heure. Ceux qui n’ont qu’une mauvaise couverture ont notamment tendance à repousser les soins le plus tardivement possible, entraînant une aggravation des pathologies dont ils souffrent. Les inégalités de santé sont parmi celles que l’opinion publique juge les moins acceptables, et pourtant, l’accès à la couverture maladie complémentaire reste très inégal. Plusieurs facteurs sont en jeu.
La quasi-totalité de la population est couverte par l’assurance maladie de base. Les étrangers en situation irrégulière peuvent disposer d’une aide médicale très partielle.
Mais l’assurance maladie ne prend pas en charge la totalité des dépenses. Pour que la plus grande part soit prise en charge, les ménages doivent disposer d’une couverture maladie complémentaire. Or 19 % des ménages les plus pauvres n’ont pas de couverture complémentaire santé contre 4 % des plus aisés. Même quand ils sont couverts par « une complémentaire », les ménages ne bénéficient pas des mêmes remboursements. 53 % des revenus les plus élevés sont couverts par une complémentaire maladie « individuelle » et 43 % par une complémentaire « collective ». Ces couvertures collectives sont prises en charge partiellement par l’employeur et sont le plus souvent à la fois de meilleure qualité et moins chère.
Pour les plus pauvres, la situation est très différente. 38 % sont couverts par la « CMU complémentaire », [1] 33 % par une complémentaire « individuelle » et seulement 9 % par une complémentaire collective.
La dépense afférant à l’acquisition d’une complémentaire santé représente pour les cadres supérieurs une part très inférieure de leur revenu comparé aux autres catégories sociales. Leur taux d’effort (part de la dépense dans leur budget total) est ainsi de 3,8 % tandis qu’il est de 6,5 % pour les employés de commerce et de 6,4 % pour les ouvriers non qualifiés.
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L’accès varie selon la catégorie professionnelle mais aussi selon la taille de l’entreprise. 10 % des ouvriers ne sont pas couverts en 2003, contre 5 % des cadres supérieurs. 11 % des salariés des entreprises de moins de 20 personnes n’ont pas de couverture santé complémentaire, contre 5 % de ceux qui travaillent dans des établissements de plus de 500 salariés.
Parmi ceux qui disposent d’une couverture complémentaire, les inégalités sont fortes entre les contrats des plus grandes sociétés privées ou publiques, qui prennent en charge une partie importante du coût, et les contrats pris à titre individuel, onéreux et qui n’offrent qu’un complément réduit au remboursement de la Sécurité sociale pour les soins les plus coûteux (optique, prothèses dentaires, etc.).
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L’étude du ministère des affaires sociales répartit les couvertures santé en quatre groupes en fonction de leur niveau de remboursement. On va alors des meilleures couvertures (A) aux moins bonnes (D). Les différences entre couvertures sont notables. La quasi totalité des couvertures du groupe D ne prennent pas en charge les « dépassements » d’honoraires pratiqués par certains médecins, tandis que c’est le cas pour les trois quarts des couvertures du groupe A , et ce jusqu’à 200 % du tarif de l’assurance maladie.
Pour les soins dentaires, les remboursements des couvertures du groupe D pour une prothèse ne dépassent pas 75€ alors que le remboursement médian pour celles du groupe A est de 370€. Pour l’optique, les remboursements du groupe D sont inférieurs à 100€ alors que le remboursement médian dans le groupe A est de 430€.
Les couvertures qui offrent le meilleur niveau de prise en charge (A) sont plutôt des couvertures « collectives ». Les couvertures de mauvaise qualité (D) sont plutôt des couvertures « individuelles » dont le coût est supporté sans aide extérieure. Les retraités [2] , les personnes qui travaillent dans de petites entreprises, les chômeurs n’ont accès qu’à ces couvertures « individuelles ». Malheureusement, on ne dispose pas de la répartition entre les quatre groupes de contrats (des contrats qui couvrent bien à ceux qui couvrent mal) à l’intérieur des groupes de revenus.
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A qualité de contrat similaire, les contrats « collectifs » sont beaucoup moins coûteux grâce à la participation de l’entreprise à leur financement. La diminution du prix est d’autant plus importante qu’il s’agit d’un contrat de bonne qualité. Alors qu’un contrat D a un tarif en « collectif » inférieur de 4,1 % à ce qu’il est en individuel, l’écart est de 32 % pour les contrats A.
Pour en savoir plus :
[1] La « CMU complémentaire » est une couverture complémentaire dont le contenu est défini par l’Etat. Les ménages dont le revenu est inférieur à un certain seuil (621€ par mois pour une personne seule, 931€ pour deux personnes …) y ont accès gratuitement
[2] Un retraité peut conserver la complémentaire qu’il avait quand il était en activité. Mais c’est lui qui doit alors prendre en charge la part qui incombait à l’employeur avant sa retaite.
le 12 mars 2013
Les enfants inégaux face aux vacances
Un quart des enfants ne partent pas en vacances. C’est le cas pour 5 % des enfants de cadres supérieurs contre 34 % des enfants d’ouvriers et 50 % des enfants des familles les plus modestes.
le 28 mars 2012
Le poids des dépenses de logement selon les revenus
Les dépenses de logement pèsent pour 39 % dans le budget des 10 % des ménages aux revenus les plus faibles contre 15 % pour les 10 % les plus riches. La part de ces dépenses est d’autant plus lourde que les ressources des ménages sont modestes.
le 11 février 2011 19 % des Français déclarent bénéficier d’aides pour partir en vacances. Selon les revenus, l’activité, ces avantages ne sont pas répartis équitablement.
Qui reçoit des aides financières pour ses vacances ?
le 17 mars 2009
Les aides à l’emploi à domicile profitent aux plus riches
Plus de la moitié des couples au revenu mensuel supérieur à 5 000 euros emploient du personnel à domicile contre 2 % de ceux qui touchent moins de 1 500 euros. Les réductions d’impôts pour ces services vont aux foyers les plus aisés.
le 6 décembre 2007
Les dépenses des ménages selon les revenus
Le logement représente près du quart des dépenses des 20 % des ménages les moins aisés contre un dixième de celui des plus aisés.
le 28 août 2006 Seuls 7 % des habitants en pavillon trouvent que leur quartier n’est pas agréable à vivre contre 24 % des habitants des cités.
Qualité de vie et logement
le 26 novembre 2003 Dans les familles où aucun parent n’est diplômé la moitié des enfants font du sport, contre 83 % quand un parent est diplômé du supérieur.
La pratique sportive selon le diplôme et le revenu
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