Le taux de chômage des immigrés en France

27 décembre 2011 - Près d’un cinquième des immigrés sont au chômage, contre 9 % des Français nés en France.


En France, le chômage frappe beaucoup plus les immigrés [1] que les Français nés en France : 17,2 % sont sans emploi, contre 9 % des Français. Le taux atteint 21,2 % pour les actifs non-ressortissants de l’Union européenne.

De très nombreux facteurs expliquent ce phénomène. Le premier tient au niveau de diplôme : les immigrés sont en moyenne moins qualifiés que les personnes nées en France où le diplôme joue un rôle déterminant dans l’accès à l’emploi. En 2013, selon l’Insee [2], 45,3 % des immigrés de 15 à 64 ans disposent au maximum du brevet des collèges ou du certificat d’études primaire, contre 28,1 % pour l’ensemble de la population vivant en France. Mais, comme le montre le ministère de l’Immigration [3], à niveau de diplôme équivalent, le taux de chômage des immigrés demeure bien supérieur. 6,1 % des Français nés de parents français titulaires d’un bac sont au chômage, contre 18 % des immigrés non ressortissants de l’Union européenne, soit un taux trois fois supérieur. Pour les titulaires d’une licence et plus, les chiffres sont respectivement de 4,7 % et 14,8 % (données 2011).

Il faut donc aller chercher plus loin pour comprendre d’où proviennent ces écarts. Tout d’abord, si les diplômes obtenus sont de niveaux identiques, ils ne sont pas similaires : les enfants d’immigrés sont souvent orientés dans des filières dites « moins nobles », conduisant moins facilement à l’emploi [4]. Disposer d’une licence de lettres modernes n’est pas équivalent à un diplôme d’ingénieur, en termes d’intégration professionnelle. Ensuite, les immigrés ne disposent pas tous des mêmes réseaux de relations que les Français nés en France pour s’intégrer dans le monde du travail : rien de tel pour obtenir un bon stage ou un poste que de connaître des personnes qui sont dans le même type d’univers professionnel. Or, les immigrés sont davantage représentés chez les ouvriers ou les employés. Enfin, on l’oublie souvent, les immigrés qui n’ont pas la nationalité française sont exclus d’environ 5,3 millions d’emplois (instituteur, policier, mais aussi architecte et buraliste), soit un poste de travail sur cinq. Il est logique dès lors que leur taux de chômage soit supérieur. Mais les étrangers subissent aussi des discriminations plus difficiles à quantifier [5].

Taux de chômage selon la nationalité et le sexe
Unité : %
Hommes
Femmes
Ensemble
Français nés en France9,28,99,0
Immigrés17,017,517,2
Dont ressortissants de l'Union européennens*ns7,4
Dont non ressortissants de l'Union européenne20,721,921,2
Ensemble10,09,79,8
Union Européenne à 27 pays. * Non significatif.
Source : Insee - Enquête emploi- Données 2013 - © Observatoire des inégalités, France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus
Taux de chômage selon le diplôme et l'origine
Unité : %
Licence et plus
Bac, BTS, DUT
Brevet, CAP, BEP
Sans diplôme
Français de parents nés français4,76,18,914,1
Immigrés de l'Union européenne7,48,07,08,9
Immigrés hors Union européenne14,818,024,423,8
Source : ministère de l'Immigration - Données 2011 - © Observatoire des inégalités

Photo / © defun - Fotolia.com

Notes

[1Un immigré est une personne vivant en France, née étrangère hors de France, mais qui peut être de nationalité française. Un étranger est une personne qui n’a pas la nationalité française (elle peut être née en France).

[2« Enquête emploi en continu 2013 », Insee Résultat n° 161 - société, octobre 2014.

[3« L’insertion professionnelle des immigrés et de leurs descendants en 2011 », Infos migration n°48, janvier 2013.

Date de rédaction le 27 décembre 2011

© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

Soutenir l'Observatoire des inégalités

Sur le même sujet

La moitié des chômeurs touchent moins de 500 euros par mois

30 janvier 2015
Un tiers des chômeurs ne touche aucune indemnité. La moitié d’entre eux ne reçoivent pas plus de 500 euros par mois et les trois quarts moins du Smic.

Le taux de chômage selon le diplôme

30 janvier 2015
Le taux de chômage des non diplômés est trois fois supérieur à celui des diplômés d’études supérieures. Le diplôme est plus que jamais un atout pour accéder à l’emploi.

L’évolution du taux de chômage selon l’âge

5 juin 2014
Entre 1975 et 2012, le taux de chômage a été multiplié par cinq pour les 20-24 ans et par presque autant pour les 25-49 ans. Depuis 2008, la crise a particulièrement touché les plus jeunes. Le taux de chômage des moins de 25 ans atteint désormais un niveau record en France. Mais les plus âgés ne sont pas épargnés non (...)

La durée de chômage selon le sexe et l’âge

5 juin 2014
Les chômeurs restent en moyenne 14 mois sans emploi, mais près de 20 % d’entre eux connaissent une période d’inactivité professionnelle forcée de plus de deux années.

Femmes et hommes, égaux devant le chômage

12 février 2014
L’égalité entre femmes et hommes existe désormais au moins dans un domaine : le chômage. La crise a davantage frappé les seconds que les premières.

FERMER