Français et étrangers - Emploi

Le taux de chômage selon la nationalité
le 27 décembre 2011

Près d’un quart des actifs non-ressortissants de l’Union européenne sont au chômage contre 9,4 % de l’ensemble de la population active et 8,9 % des Français.



Le chômage frappe beaucoup plus les étrangers que les Français : 17,3 % sont sans emploi, contre 8,9 % des Français. Le taux atteint 23,1 % pour les actifs non-ressortissants de l’Union européenne. Une partie de cet écart tient au niveau de diplôme : les étrangers sont moins qualifiés en moyenne que les Français (et les diplômes de certains d’entre eux ne sont pas reconnus) et au fait qu’une partie importante des emplois, notamment dans la fonction publique, leur sont interdits (lire notre article). Mais les étrangers subissent aussi des discriminations.

Taux de chômage selon la nationalité et le sexe
Unité : %
Homme
Femme
Ensemble
Français8,69,28,9
Etrangers15,319,917,3
- dont Union européenneN.SN.S8.5
- dont non UE20,527,023,1
Ensemble9,09,79,4
UE : Union Européenne à 27 pays
Source : Insee - Enquête emploi en continu. Année des données : 2010, France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus

Le chômage touche tout particulièrement les jeunes de moins de 29 ans en France (16,8 %) et davantage les jeunes étrangers non ressortissants de l’Union européenne pour qui ce taux grimpe à 28,9 %. Les écarts entre les Français et les étrangers se retrouvent dans toutes les tranches d’âge.

Taux de chômage selon la nationalité et l'âge
Unité : %
Français
Etrangers de l'union européenne
Etrangers hors union européenne
Ensemble
15 à 29 ans16,815,228,917,2
30 à 49 ans6,88,422,47,5
50 ans et plus6,05,619,76,3
Ensemble8,98,523,19,4
UE : union Européenne à 27 pays
Source : Insee - Enquête emploi en continu. Année des données : 2010, France métroplitaine, population des ménages, personnes de 15 ans et plus

Le secteur d’emploi entre aussi en considération. Une partie des étrangers (c’est le cas de ceux qui sont originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne), ont été plus fortement touchés par la crise des grandes industries françaises (l’automobile et la sidérurgie notamment), alors que d’autres (Italiens, Espagnols et Portugais par exemple) étaient plus souvent employés dans des secteurs qui ont moins perdu d’emplois, et où le réseau familial joue davantage pour trouver du travail, le bâtiment par exemple. C’est ce qui explique pour partie les écarts de taux de chômage selon la nationalité, avec le fait qu’un grand nombre d’emplois sont interdits aux nationalités hors Union européenne.

Taux de chômage selon la nationalité détaillée
Données pour les 30-39 ans
Unité : %
Taux de chômage
en %
Ensemble des étrangers23,7
Union européenne10,9
Espagnols15,1
Italiens13,8
Portugais10,1
Algériens37,3
Marocains35,4
Tunisiens35,8
Autres nationalités de l’Afrique(*)36,8
Turcs31,6
Vietnamiens, Laotiens et Cambodgiens26,4
Autres23,3
(*) Anciennes colonies françaises
Source : Insee - Recensement de la population. Année des données : 1999

Chez les jeunes

Entre les jeunes dont les parents sont nés en France et ceux dont au moins un des deux parents est né à l’étranger, les différences de taux de chômage après trois ou cinq années de vie active, pour ceux qui sont entrés sur le marché du travail en 1998, sont considérables. Le taux de chômage des jeunes dont au moins un des parents est né en Turquie atteint même 26 % (en 2003).

Taux de chômage des jeunes issus de l'immigration entrés dans la vie active en 1998
Unité : %
Un des parents né en Europe du Sud
Un des parents né au Maghreb
Un des parents né en Afrique subsaharienne
Un des parents né en Asie du Sud-Est
Un des parents né en Turquie
Les deux parents sont nés en France
Taux de chômage au bout de 3 ans de vie active11,820,121*14,3*19,6*10,2
Taux de chômage au bout de 5 ans de vie active12,621,119,4*12,926,1*10,4
* chiffres donnés à titre indicatif. Ils ne sont pas pleinement fiables compte tenu du faible effectif des catégories correspondantes.
Source : Céreq - Enquêtes Génération 1998

A diplôme équivalent, en l’occurrence pour cette étude du Céreq, un CAP ou un BEP, les jeunes d’origine maghrébine ont entre 1,3 et 1,6 fois plus de risques que ceux d’origine française de se retrouver au chômage. Ce risque est d’autant plus fort que le temps passé sur le marché du travail est bref, et a augmenté pour ceux qui sont entrés dans la vie active en 1998 par rapport à 1992.

Les jeunes d'origine maghrébine face au risque de chômage
Probabilité pour les titulaires d'un CAP ou d'un BEP d'être au chômage par rapport à un Français de même niveau de diplôme
Entrés dans la vie active en 1992 et 3 ans passés sur le marché du travail
Entrés dans la vie active en 1992 et 5 ans passés sur le marché du travail
Entrés dans la vie active en 1998 et 3 ans passés sur le marché du travail
Entrés dans la vie active en 1998 et 5 ans passés sur le marché du travail
D'origine maghrébine1,61,31,61,5
D'origine française (référence)1111
Source : Céreq - Enquêtes Génération 92 et Génération 98






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