La région Île-de-France compte 25,7 % de cadres supérieurs, la Basse-Normandie 9,3 %. Le paysage social des territoires français n’est pas homogène.
Le paysage social de la France est aussi varié que son environnement naturel. Certaines régions sont marquées par la tradition industrielle : la part des ouvriers y est plus importante qu’ailleurs. C’est le cas par exemple en Franche-Comté (32,5 %), en Champagne-Ardenne (31,2 %), en Alsace (30,2 %) ou en Lorraine (29,8 %).
La centralisation française persiste : l’Île-de-France attire toujours les centres de décisions. Elle comprend près de 26 % de cadres supérieurs contre moins de 10 % en Basse-Normandie, par exemple. Par contre, les services sont relativement bien répartis sur le territoire : la part des employés et des professions intermédiaires, qui en constituent les gros bataillons, diffère peu selon les régions (de 27,1 % en Franche-Comté à 30,9 % en Poitou-Charentes pour les employés, de 21,2 % en Champagne-Ardenne à 26,1 % en Île-de-France pour les professions intermédiaires).
Dans certaines zones, l’emploi agricole a quasiment disparu : l’Île-de-France (0,2 % d’agriculteurs exploitants) mais aussi l’Alsace (0,8 %) ou le Nord-Pas-de-Calais (0,9 %).
Les départements d’Outre-mer présentent un paysage social différent de celui de la métropole. Si le taux d’ouvriers est plus important à la Réunion (27,7 %), il est quasiment équivalent à la moyenne nationale en Guadeloupe (21,6 %) ou à la Martinique (23,8 %), par exemple. La part d’employés est quant à elle supérieure dans ces territoires, de 33 % en Guyane à 38,2 % à la Guadeloupe. Les cadres supérieurs sont par contre moins nombreux : de 7,6 % à la Réunion à 9,5 % en Guyane, contre 14 % sur l’ensemble de la France.
| La composition sociale des territoires et les inégalités |
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| Comment expliquer les inégalités territoriales ? Une partie des écarts qui existent entre les régions n’ont rien de spécifiquement régionaux mais sont liés à la composition démographique et sociale du territoire : l’âge ou le milieu social. Ainsi par exemple, les inégalités d’éducation dépendent bien moins de traits culturels régionaux que de la part d’ouvriers ou d’employés dans la population. |
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Ces données méritent d’être analysées de façon plus fine au niveau local pour faire apparaître encore d’autres variations de la composition sociale. Si l’on considère l’échelle des départements, Paris, les Hauts-de-Seine, les Yvelines, le Val-de-Marne, par exemple, concentrent un très grand nombre d’activités tertiaires. La proportion de cadres supérieurs y est plus importante qu’ailleurs, respectivement de 22,8 %, 17,9 %, 13,8 % et 11,1 %. Ces départements, peu ou plus industrialisés, ont les taux d’ouvriers dans la population les plus bas.
A l’inverse les ouvriers sont davantage présents en Haute-Saône (15,7 %) où le secteur industriel occupe un poids important dans l’économie, dans les Vosges (15,6 %), avec la présence d’industries de la mécanique, des métaux, de l’équipement automobile mais aussi de matériel électronique, en Vendée (15,4 %) avec des activités diversifiées comme l’agroalimentaire, la production de biens d’équipement, la construction navale.
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