Les inégalités de niveau de vie continuent à augmenter

22 avril 2015 - La France a connu une réduction des inégalités de revenus au cours des quarante dernières années, mais depuis 15 ans la tendance s’est inversée.


Les écarts de niveau de vie   ont baissé si l’on prend comme point de comparaison la société des années 1970. Mais depuis une quinzaine d’années ces inégalités repartent à la hausse. Au départ, parce que les niveaux de vie   des très riches se sont envolés, mais depuis quelques années ceux des plus pauvres diminuent. Le jugement que l’on peut porter sur les inégalités de revenus dépend de l’échelle de temps et de l’instrument de mesure que l’on utilise.

L’évolution depuis 40 ans

  • Comparaison entre les 10 % les plus pauvres et les 10 % les plus riches

L’outil le plus souvent utilisé pour mesurer les inégalités de revenus est appelé « rapport interdécile   ». Il s’agit du rapport entre le niveau de vie minimum des 10 % les plus riches (ce qui s’appelle un décile, le neuvième) et le niveau de vie maximum des 10 % les plus pauvres (un autre décile, le premier). Tout cela, après impôts directs et prestations sociales, pour une personne seule.

Avec cet outil, et si l’on observe les choses depuis les années 1970, la diminution est nette : le rapport interdécile est passé de 4,6 à 3,5 en 2014. La baisse des inégalités de revenus a été continue des années 1970 au début des années 1990. Depuis, ce rapport stagne aux alentours de 3,5 avec un pic en 2011 où il a atteint 3,7.


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Revenu après impôts et prestations sociales. Lecture : en 2014, le niveau de vie minimum des 10 % les plus riches était 3,5 fois supérieur au niveau de vie le plus élevé des 10 % les plus pauvres.
  • L’indice de Gini, indicateur des inégalités

Plus l’indice de Gini est proche de zéro, plus on s’approche de l’égalité (tous les individus ont le même revenu). Cet indicateur décrit mieux la réalité des inégalités que le rapport interdécile, car il synthétise en quelque sorte l’information sur l’ensemble des revenus. Plus il est proche de un, plus on est proche de l’inégalité totale (un seul individu reçoit tous les revenus). Là aussi, la situation s’est nettement améliorée entre les années 1970 et le début des années 1990 : cet indice est passé de 0,337 à 0,282. Puis de 2008 à 2013 : il a baissé de 0,295 à 0,291. En revanche, si l’on se place sur une échelle de dix ans, de 2003 à 2014, le raisonnement est inversé : l’indice a augmenté de 0,286 à 0,291.


Les 10 dernières années

Le niveau de vie moyen [1] des 10 % les plus pauvres évolue en dents de scie. Entre 2003 et 2013, il a diminué de 8 euros mensuels et même perdu 20 euros entre 2008 et 2013. Ces évolutions globales masquent des périodes de progrès (2005-2008, puis 2013) et de vaches maigres (2004, puis 2008-2012). Sur l’ensemble de la période, les plus pauvres s’appauvrissent alors que jusque dans les années 2000 leurs revenus continuaient à augmenter. Une évolution sociale majeure : les inégalités ne s’accroissent plus seulement par le haut.


L’évolution du niveau de vie moyen des 10 % les plus aisés est marquée par une progression quasiment ininterrompue entre 2003 et 2011, en dépit de la crise. Au cours de cette période, les plus riches ont gagné 660 euros supplémentaires par mois. Depuis 2012, leur niveau de vie diminue sous l’effet notamment des hausses d’impôts. En deux ans, leur niveau de vie s’est réduit de 430 euros. Ceci dit, sur l’ensemble de la période, leur gain de 230 euros mensuels contraste avec la perte des plus pauvres. La reprise récente des baisses d’impôts devrait être plus favorable à ces catégories.


Pour en savoir plus :

Photo / © Gina Sanders - Fotolia.com

Notes

[1Qu’il ne faut pas confondre avec la valeur limite qui sépare les 10 % les plus pauvres des 90 % les plus aisés, que les statisticiens appellent le "1er décile.

Date de rédaction le 24 avril 2013

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