Niveau de diplôme et chômage dans les quartiers sensibles

11 mars 2014 - Près de la moitié de la population des quartiers en difficulté ne possède aucun diplôme contre 20 % des résidents hors des zones urbaines sensibles. Cet écart a des répercussions directes sur le chômage, plus élevé dans ces quartiers.


La part de la population qui ne possède aucun diplôme est deux fois plus importante dans les Zones urbaines sensibles (Zus) qu’en dehors de ces territoires : 44,3 % n’ont aucun diplôme contre 19,7 %. Les écarts sont moindres pour les niveaux BEP-CAP et bac (respectivement 22,5 % et 14,9 % dans les Zus, 18,8 % et 18,1 % hors Zus). Ceux qui ont un niveau de diplôme supérieur au bac sont deux fois moins nombreux dans les quartiers en difficulté (18,4 % contre 43,4 %).

Dans les Zus comme ailleurs, le diplôme protège du chômage : plus il est élevé, plus le taux de chômage s’abaisse. Mais la différence entre les habitants des Zus et les autres reste cependant très significative. Pour tous les niveaux de formation (des sans diplôme aux études supérieures), les taux de chômage sont environ deux fois plus élevés dans ces quartiers qu’au niveau national.

11,3 % des habitants des Zus ayant un diplôme supérieur au baccalauréat sont au chômage, contre 5,4 % de ces mêmes diplômés habitants hors de ces quartiers. 20,9 % des titulaires d’au moins un CAP ou BEP sont sans emploi dans les zones urbaines sensibles, contre 9,2 % hors de ces territoires [1].

La protection offerte par un niveau élevé de diplôme produit, dans les Zus, des effets très différenciés selon le sexe. Dans les quartiers situés hors zones urbaines sensibles, c’est-à-dire les quartiers non prioritaires ne relevant pas de la politique de la ville, l’effet protecteur du diplôme est sensiblement le même pour les hommes et les femmes. Mais dans les Zus, on constate que les hommes diplômés ont plus de difficultés à échapper au chômage, alors que les femmes bénéficient pleinement de cette certification.

Il n’est pas aisé d’expliquer ces effets inversés. Une première hypothèse tient au choix des filières et au processus d’orientation scolaire différents entre les filles et les garçons. Une autre hypothèse doit, elle aussi, être prise au sérieux : les hommes (notamment les jeunes, souvent d’origine immigrée) diplômés se confronteraient plus fréquemment à des comportements discriminatoires.



Pour en savoir plus :

  • « Rapport 2013 », Observatoire des zones urbaines sensibles, Secrétariat du Comité interministériel des villes, décembre 2013.
  • Nos articles :

La situation des zones urbaines sensibles

Le chômage dans les zones urbaines sensibles

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Notes

[1« Hors Zus » désigne les territoires hors zones urbaines sensibles des agglomérations ayant une Zus.

Date de rédaction le 17 juillet 2009

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