Ages et générations - Emploi

L’insertion professionnelle des jeunes : de fortes inégalités selon le diplôme
le 22 mai 2012

Statut d’emploi, chômage, salaires : les conditions d’insertion des jeunes dans l’emploi sont très inégales suivant le niveau de diplôme.



Statut d’emploi, chômage, salaires : les conditions d’insertion des jeunes dans l’emploi sont très inégales suivant le niveau de diplôme. Si la jeunesse est globalement très défavorisée en France, ceux qui n’ont pas décroché le bon titre scolaire devront redoubler d’efforts pour s’en sortir. L’analyse des principales données :

Quel statut pour le premier emploi ?

Les deux tiers des jeunes sortis du système éducatif en 2007 ont signé un contrat à durée déterminée pour leur premier emploi. Mais c’est le cas des trois quarts des non diplômés contre 61 % des titulaires d’une licence et 46 % des détenteurs d’un bac+5. Le diplôme protège de la précarité dans l’emploi, mais pas totalement.

Il y a précarité et précarité. Certains contrats temporaires fonctionnent comme des périodes d’essai qui servent de tremplin vers un emploi durable. D’autres en revanche, souvent occupés par les moins diplômés, installent durablement les jeunes dans l’insécurité de l’emploi, notamment par le biais de CDD renouvelés de façon contraire au droit du travail. Dans l’industrie et le bâtiment, une partie des jeunes non qualifiés, souvent des hommes, va de mission d’intérim en mission d’intérim. 23 % des jeunes non diplômés ont obtenu leur premier contrat en intérim.

Le statut du premier emploi
Unité : %
Contrat à durée indéterminée
Contrat à durée déterminée


Non salariés
Dont intérimDont contrats aidés
Non diplômés207423196
CAP-BEP296720164
Baccalauréat247318163
Bac+230661884
Licence37611372
Bac+4 - Master 14155864
Bac+5 - Master 25146723
Doctorat3358219
Ensemble316516124
Source : Cereq - enquête 2010 auprès de la "génération 2007". Année des données : 2010

Trois ans après la fin des études : les écarts se creusent

Trois ans après la fin des études, les écarts se sont encore creusés en fonction des titres scolaires. Les jeunes ayant obtenu un diplôme niveau bac+5 sont 17 % à occuper un emploi à durée déterminée, contre 55 % des non diplômés et 40 % pour les titulaires d’un CAP-BEP. Un marché du travail à double vitesse commence alors à se constituer entre ceux qui demeurent dans l’emploi précaire et les autres (CDI et fonction publique), vis-à-vis duquel le niveau de qualification joue un rôle essentiel.

Conditions d'emploi des jeunes trois ans après la fin de leurs études
Unité : %
Contrat à durée indéterminée
Contrat à durée déterminée
Non salariés
Sans diplôme39556
CAP-BEP55405
Baccalauréat52426
Bac+268266
Licence72253
Bac+4 - Master 168275
Bac+5 - Master 279174
Doctorat602713
Ensemble61345
Source : Cereq - enquête 2010 auprès de la "génération 2007". Année des données : 2010

Le milieu social trois ans après la fin des études

Plus d’un tiers des jeunes ayant fini leurs études en 2007 appartiennent à la catégorie des professions intermédiaires en 2010, 23 % sont ouvriers, autant employés et 17 % cadres supérieurs. Neuf titulaires d’un doctorat sur dix sont cadres contre 4 % de ceux qui n’ont que le bac en poche. 55 % des non diplômés sont ouvriers, c’est le cas de 11 % des bac + 2. C’est à partir de ce niveau de diplôme que l’on trouve des jeunes majoritairement professions intermédiaires et cadres supérieurs. Dans un pays où la formation continue est relativement peu développée, les positions sociales acquises à l’entrée dans le marché du travail sont décisives pour la suite de la carrière professionnelle.

Catégorie socioprofessionnelle des jeunes trois ans après leur sortie du système scolaire selon le diplôme
Unité : %
Agriculteurs et indépendants
Ouvriers
Employés
Professions intermédiaires
Cadres supérieurs
Sans diplôme25525162
CAP ou BEPnc503612nc
Baccalauréat33135274
Bac+2nc1120617
Licencenc6176017
Bac + 4 ans master 1nc5114539
Bac + 5 master 2ncnc53162
Doctoratncncnc1188
Ensemblenc23233617
Source : Céreq - enquête 2010 auprès de la génération 2007. Année des données : 2010, ensemble des sortants de formation initiale en 2007 et en emploi

Le diplôme : un atout contre le chômage

Face au chômage, les inégalités sont encore plus fortes. 40 % des jeunes sans diplôme sortis de l’école en 2007 sont concernés, contre 9 % de l’ensemble des diplômés du supérieur et 5 % des titulaires d’un doctorat. Bien sûr, aucune catégorie n’échappe à la case Pôle emploi, mais le marché du travail est beaucoup plus ouvert pour les titulaires de diplômes. Ces jeunes au chômage perçoivent le plus souvent des niveaux d’indemnités très réduites, quand ils sont indemnisés.

Taux de chômage des jeunes en 2010
trois ans après la sortie de formation initiale en 2007
Unité : %
Taux de chômage
Sans diplôme40
CAP ou BEP24
Bac professionnel ou technologique15
Bac général19
Bac + 29
Licence, L311
DE, DESS, M2- Ecole d'ingénieurs ou de commerce9
Doctorat5
Ensemble du supérieur9
Ensemble18
Source : Céreq - enquête 2010 auprès de la génération 2007

Les niveaux de salaire des jeunes

Les non diplômés, les titulaires d’un CAP ou BEP ou d’un baccalauréat touchent un salaire net mensuel médian d’environ 1 000 euros lors de leur première embauche contre 1 775 euros pour les diplômés bac + 5.
Trois ans après la sortie du système scolaire, l’échelle des salaires reste la même : les jeunes qui n’ont pas de diplôme ont un salaire équivalent à 1 140 euros, les doctorants, 2 220 euros. 700 euros mensuels séparent ces jeunes, avec des conséquences très concrètes en termes de conditions de vie : surface et localisation des logements, consommation, vacances, loisirs, etc...

Salaire mensuel net médian des jeunes en 2010
Unité : euros
A l'embauche d'un premier emploi
Trois ans après la sortie du système scolaire
Sans diplôme1 0001 140
CAP ou BEP1 0651 200
Baccalauréat1 0001 200
Bac + 2 ans1 1901 460
Licence1 150 1480
Bac + 4 ans1 2001 730
Ecoles de commerce, Bac + 5 ans1 7752 000
Doctorat1 7402 220
Ensemble1 1001 380
Source : Céreq - enquête 2010 auprès de la génération 2007

Quels enseignements ?

Face à la précarité, au chômage et aux bas salaires, le diplôme demeure un atout essentiel pour les jeunes. Certes, pour une partie des plus diplômés - notamment des filières généralistes de l’enseignement supérieur - la situation n’est pas toujours facile et l’insertion souvent plus lente. Mais globalement, dans un pays où le titre scolaire est sacralisé, ceux qui n’en sont pas dotés connaissent une insertion dans l’univers du travail beaucoup plus difficile. Une fois dans l’emploi, la dégradation du marché du travail, le faible développement de la formation professionnelle et du niveau des promotions internes font que, malheureusement, le « ticket d’entrée » décide encore dans de trop nombreux cas de la suite du parcours professionnel. La réussite reste possible, mais au prix d’efforts beaucoup plus importants que pour les salariés diplômés.

Réduire les inégalités entre les jeunes face à l’insertion professionnelle impliquerait d’abord de réduire les inégalités à l’école entre les milieux sociaux. Et ceci dès les petites classes. Par la suite, le développement de la formation professionnelle continue (et les écoles de la deuxième chance par exemple), la validation des acquis de l’expérience et la reconnaissance de ces acquis dans l’entreprise sont essentiels. Un constat souvent réalisé, mais rarement suivi de mesures concrètes.

Pour en savoir plus :

  • Voir aussi :

La précarité de l’emploi selon l’âge

La durée de chômage selon le sexe et l’âge







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Espace Jeunes - Inégalités et discriminations

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http://inequalitywatch.eu/
Premier réseau européen indépendant d’information sur les inégalités créé par l’Observatoire des inégalités en partenariat avec des associations et des centres de recherche européens.

Objectif : Proposer à l’ensemble des citoyens européens les publications les plus pertinentes sur le thème des inégalités en Europe. Connaître et comprendre l’évolution des inégalités, les mécanismes qui sont à l’origine de leur augmentation ou de leur réduction, et leurs conséquences au sein de chaque pays européen et entre eux.


Inégalités et discriminations

http://www.discriminations.inegalites.fr/
Une plate forme d’études sur les discriminations créée par l’Observatoire des inégalités avec le soutien de l’Union européenne.

Objectifs : Recense les études récentes et rigoureuses sur la mesure des discriminations, Sans réduire leur importance, l’objectif est aussi de rappeler que l’intérêt qui est porté aux discriminations ne doit pas occulter le mécanisme des inégalités sociales.


Observatoire des inégalités territoriales

http://www.inegalitesterritoriales.fr/
Où en sont les inégalités dans votre commune, votre département ou votre région ? Un outil comparatif créé par l’Observatoire des inégalités et la société Compas-Tis, spécialisée dans l’analyse des données locales.

Objectif : Emplois, revenus, niveau d’éducation… Les moyennes nationales cachent souvent des écarts considérables entre les territoires. Cet outil permet d’accéder à un ensemble d’indicateurs sur l’ensemble des communes, des départements et des régions de France.




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