Statut d’emploi, chômage, salaires : les conditions d’insertion des jeunes dans l’emploi sont très inégales suivant le niveau de diplôme.
Statut d’emploi, chômage, salaires : les conditions d’insertion des jeunes dans l’emploi sont très inégales suivant le niveau de diplôme. Si la jeunesse est globalement très défavorisée en France, ceux qui n’ont pas décroché le bon titre scolaire devront redoubler d’efforts pour s’en sortir. L’analyse des principales données :
Quel statut pour le premier emploi ?
Les deux tiers des jeunes sortis du système éducatif en 2007 ont signé un contrat à durée déterminée pour leur premier emploi. Mais c’est le cas des trois quarts des non diplômés contre 61 % des titulaires d’une licence et 46 % des détenteurs d’un bac+5. Le diplôme protège de la précarité dans l’emploi, mais pas totalement.
Il y a précarité et précarité. Certains contrats temporaires fonctionnent comme des périodes d’essai qui servent de tremplin vers un emploi durable. D’autres en revanche, souvent occupés par les moins diplômés, installent durablement les jeunes dans l’insécurité de l’emploi, notamment par le biais de CDD renouvelés de façon contraire au droit du travail. Dans l’industrie et le bâtiment, une partie des jeunes non qualifiés, souvent des hommes, va de mission d’intérim en mission d’intérim. 23 % des jeunes non diplômés ont obtenu leur premier contrat en intérim.
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Trois ans après la fin des études : les écarts se creusent
Trois ans après la fin des études, les écarts se sont encore creusés en fonction des titres scolaires. Les jeunes ayant obtenu un diplôme niveau bac+5 sont 17 % à occuper un emploi à durée déterminée, contre 55 % des non diplômés et 40 % pour les titulaires d’un CAP-BEP. Un marché du travail à double vitesse commence alors à se constituer entre ceux qui demeurent dans l’emploi précaire et les autres (CDI et fonction publique), vis-à-vis duquel le niveau de qualification joue un rôle essentiel.
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Le milieu social trois ans après la fin des études
Plus d’un tiers des jeunes ayant fini leurs études en 2007 appartiennent à la catégorie des professions intermédiaires en 2010, 23 % sont ouvriers, autant employés et 17 % cadres supérieurs. Neuf titulaires d’un doctorat sur dix sont cadres contre 4 % de ceux qui n’ont que le bac en poche. 55 % des non diplômés sont ouvriers, c’est le cas de 11 % des bac + 2. C’est à partir de ce niveau de diplôme que l’on trouve des jeunes majoritairement professions intermédiaires et cadres supérieurs. Dans un pays où la formation continue est relativement peu développée, les positions sociales acquises à l’entrée dans le marché du travail sont décisives pour la suite de la carrière professionnelle.
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Le diplôme : un atout contre le chômage
Face au chômage, les inégalités sont encore plus fortes. 40 % des jeunes sans diplôme sortis de l’école en 2007 sont concernés, contre 9 % de l’ensemble des diplômés du supérieur et 5 % des titulaires d’un doctorat. Bien sûr, aucune catégorie n’échappe à la case Pôle emploi, mais le marché du travail est beaucoup plus ouvert pour les titulaires de diplômes. Ces jeunes au chômage perçoivent le plus souvent des niveaux d’indemnités très réduites, quand ils sont indemnisés.
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Les niveaux de salaire des jeunes
Les non diplômés, les titulaires d’un CAP ou BEP ou d’un baccalauréat touchent un salaire net mensuel médian d’environ 1 000 euros lors de leur première embauche contre 1 775 euros pour les diplômés bac + 5.
Trois ans après la sortie du système scolaire, l’échelle des salaires reste la même : les jeunes qui n’ont pas de diplôme ont un salaire équivalent à 1 140 euros, les doctorants, 2 220 euros. 700 euros mensuels séparent ces jeunes, avec des conséquences très concrètes en termes de conditions de vie : surface et localisation des logements, consommation, vacances, loisirs, etc...
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Quels enseignements ?
Face à la précarité, au chômage et aux bas salaires, le diplôme demeure un atout essentiel pour les jeunes. Certes, pour une partie des plus diplômés - notamment des filières généralistes de l’enseignement supérieur - la situation n’est pas toujours facile et l’insertion souvent plus lente. Mais globalement, dans un pays où le titre scolaire est sacralisé, ceux qui n’en sont pas dotés connaissent une insertion dans l’univers du travail beaucoup plus difficile. Une fois dans l’emploi, la dégradation du marché du travail, le faible développement de la formation professionnelle et du niveau des promotions internes font que, malheureusement, le « ticket d’entrée » décide encore dans de trop nombreux cas de la suite du parcours professionnel. La réussite reste possible, mais au prix d’efforts beaucoup plus importants que pour les salariés diplômés.
Réduire les inégalités entre les jeunes face à l’insertion professionnelle impliquerait d’abord de réduire les inégalités à l’école entre les milieux sociaux. Et ceci dès les petites classes. Par la suite, le développement de la formation professionnelle continue (et les écoles de la deuxième chance par exemple), la validation des acquis de l’expérience et la reconnaissance de ces acquis dans l’entreprise sont essentiels. Un constat souvent réalisé, mais rarement suivi de mesures concrètes.
Pour en savoir plus :
La précarité de l’emploi selon l’âge
La durée de chômage selon le sexe et l’âge
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Objectif : Emplois, revenus, niveau d’éducation… Les moyennes nationales cachent souvent des écarts considérables entre les territoires. Cet outil permet d’accéder à un ensemble d’indicateurs sur l’ensemble des communes, des départements et des régions de France.
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