Comprendre -
Analyses
Inégalités de revenus : des données inédites
le 28 mars 2010
Les inégalités de revenus, mesurées par le niveau moyen de chaque tranche de 10 % de la population, sont encore plus importantes que les données habituelles ne le laissent penser. Des chiffres inédits. Une analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.Trop lentement sans doute, la connaissance des revenus en France progresse. De plus en plus, on découvre pourquoi le « ressentiment » de la population en matière d’inégalités est fondé : l’écart entre les revenus se creuse de plus en plus [1]. Selon nos calculs, réalisés à partir de données non publiées par l’Insee, entre 1997 et 2007, le niveau de vie moyen des 10 % les plus pauvres a progressé de 25 %, soit 1 600 euros, une fois l’inflation déduite. Le niveau de vie moyen des 10 % les plus riches a augmenté de 23,8 %, soit… 9 760 euros. L’écart relatif entre ces deux catégories n’a pas changé : les seconds touchent toujours 6,6 fois moins. En valeur absolue, l’écart est passé de 34 900 à 43 000 euros.
Que peut-on en conclure ?
1- Si l’on raisonne de façon relative, les gagnants sont les plus démunis et les plus riches. La France moyenne (autour de 20 000 euros par an pour une personne seule, après impôts et prestations sociales) voit ses revenus augmenter le moins. L’écart entre les couches populaires et moyennes se resserre, il augmente entre les couches moyennes et les couches aisées.
2- Si l’on raisonne de façon absolue, plus on est riche, plus on s’enrichit. Les 10 % les plus aisés (50 000 euros l’an) ont gagné près de l’équivalent de 10 mois de Smic sur l’ensemble d’une année. Les couches moyennes ont perçu environ 3 000 euros supplémentaires. Les plus démunis, 1 600.
3- On ne connaît pas la valeur des fractions les plus élevées des revenus : à ce niveau, les progressions sont considérables en valeur absolue et beaucoup plus élevées en pourcentage. Réponse : « en avril 2010 », selon l’Insee.
En moyenne, la France continue donc de s’enrichir. Mais les comparaisons ne se font pas sur des hausses relatives mais bien sur la valeur de ce que touche son voisin. Dans ce domaine, on a clairement une hausse des écarts de niveau de vie.
| Des chiffres inédits. Pour la première fois, nous disposons d’éléments sur dix ans, qui portent sur la moyenne des niveaux de vie – revenus après impôts et prestations sociales pour une personne seule – par tranche de 10 %. Auparavant, on ne connaissait que les bornes de ces tranches. Par exemple, la valeur du revenu qui sépare les 90 % aux revenus les plus faibles aux 10 % aux revenus les plus élevés. Une valeur qui ne change pas quand les 3 ou 4 % plus riches s’enrichissent encore davantage. Désormais, on connaît donc, tranche par tranche, la valeur moyenne de ce que touchent les individus concernés. |
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Source photo : tompagenet
[1] Pour une analyse très détaillée des facteurs : « La France malade des inégalités » ? Denis Clerc, Lettre de l’insertion par l’activité économique, décembre 2009. (Lire en ligne).














































